Le combat intérieur :

Elle se réveilla des heures plus tard, le sang battant à ses tempes, sur un canapé de velours rouge, Damon et Elena à ses côtés.

- Qu'est-ce…, balbutia-t-elle.

- Claire, mon dieu, ça va ? s'écria Elena, les yeux gonflés d'avoir trop pleuré.

- Juste mal à la tête, grimaça-t-elle en s'asseyant délicatement. Elle palpa délicatement sa tête, ouf pas de sang en vue, juste une énorme bosse, heureusement, parce qu'elle aurait du mal à expliquer une nouvelle blessure à sa mère. On est où ?

- Chez moi, répondit Damon. Stefan est enfermé en bas shooté à la veine de Vénus, grâce aux bons soins d'Elena.

- Arrêtes ! Il s'en veut horriblement. Il ne voulait pas te faire de mal. Il est si désolé.

- Je sais, t'inquiètes. Je ne lui en veux pas.

- Quoi ? s'exclama Damon outré. Et moi tu m'en veux pour t'avoir juste laissée au bord de la route ! Il aurait pu te tuer.

- Ce n'était pas volontaire et je suis sûre que c'est toi qui l'a influencé à abandonner son régime. T'as juste envie qu'il retrouve son côté vampire pour que vous soyez pareil, rétorqua-t-elle.

- Bah oui, bien sûr. Damon le monstre psychopathe. De toute…

- Bon ça suffit, intervint Elena, épuisée.

Claire lui passa un bras autour de ses épaules et tira la langue à Damon qui lui lança un regard noir.

- Je vais te ramener Claire. Ta voiture est restée chez les Lockwoods.

- Tu peux rester si tu veux, proposa Damon. La maison est assez grande et je suis sûr qu'on trouvera de quoi s'amuser.

Sa voix ne laissait plus place aux sous-entendus.

- Sans façon, répliqua-t-elle. Mais Elena ça te dérangerais si j'allais voir Stefan. Je suis inquiète et je veux lui dire que je ne lui reproche rien. A un autre moment, ajouta-t-elle en voyant son visage se décomposer.

- Bien sûr que non, repasses quand tu veux.

- Et moi j'ai pas mon mot à dire, s'emporta Damon. C'est quand même ma maison.

- T'as décidé d'être chiant ? lui lança Claire, agacée.

- J'aimerais qu'on respecte un peu plus mon intimité, s'indigna-t-il.

- De toute manière, je ne suis pas un vampire, je n'ai pas besoin qu'on m'invite, alors je viendrais quand je voudrais.

Damon leva les yeux au ciel et les deux filles s'en allèrent. Dans la voiture, Elena ne desserra pas les dents.

Le lendemain, de bonne heure, Claire alla chercher sa voiture et se rendit chez les Salvatore. Elle sonna. Une demi-seconde plus tard, Damon lui ouvrit la porte.

- Je croyais que tu entrerais quand tu voudrais, persifla-t-il.

- Je suis quelqu'un de poli, moi, commenta-t-elle simplement. Il va mieux ?

- Non pas vraiment, il refuse de boire quoique ce soit et pourtant c'est du sang d'animaux que je lui ai apporté.

- Il s'en veut, expliqua Claire

- Et pourquoi ? ça fait partie de son état naturel. Il a craqué une fois, bon. Il ne recommencera plus. Voilà tout.

- Si les choses pouvaient être si simples… .

- Bref, Elena va passer aussi après, je pense. Amusez-vous bien avec le martyre de service. Je vais faire un tour avec le professeur.

- M. Salzmann ? Depuis quand vous êtes amis ?

- On ne l'est pas. On cherche des infos sur la présumée mère biologique d'Elena et il pense avoir trouvé une piste.

- Très bien, bonne journée.

Il ne répondit pas et s'en alla. Claire descendit dans les sous-sols, armée d'une lampe. Devant la chambre où était enfermé Stefan, elle s'arrêta pour l'observer. Il avait l'air vraiment mal en point et la tête dans les mains, il ne bougeait plus.

- Stefan ?

Il ne fit pas un mouvement.

- Stefan, s'il te plaît, c'est moi Claire.

Toujours pas de réponse.

- Bon, très bien. Je peux rester là toute la journée et je ne bougerai pas jusqu'à ce que tu me répondes.

Il leva la tête et murmura :

- Je suis tellement désolé.

- Je ne t'en veux pas Stefan. Sincèrement c'est pas grave. Ç'aurait pu être mille fois pire, tu ne m'as rien fait.

- J'ai perdu le contrôle, dit-il d'une voix posée en la regardant droit dans les yeux. Ça n'aurait jamais dû arriver.

- Mais tu te bats, Stefan, tu te bats. Tu vas t'en sortir.

- Tu n'en sais rien.

- Bien sûr que si, je le sais. T'as réussi une fois, tu y arriveras bien une nouvelle fois. Surtout que tu as Elena que tu aimes et tu dois protéger. Tu hais peut-être ce que tu es devenu, mais sans toi Elena serait morte depuis un moment. Et ça, ça compte plus que le reste. Tu te bats depuis des années et des années. Pourquoi abandonner maintenant ?

Il resta silencieux quelques secondes, puis finit par répondre :

- C'est trop dangereux, pour tout le monde.

- ça l'était également avant, Stefan, argumenta-t-elle, on connait tous les risques, Elena, Bonnie, moi. On t'a fait confiance et ça n'a pas changé. Tu ne nous ferais pas de mal volontairement, on n'a pas peur. Tu vas t'en sortir. Alors n'abandonne pas, tu ne dois pas te laisser mourir.

- C'est tout ce que je mérite.

- C'est faux, tu le sais bien ! Ne dis pas ça.

Un bruit de pas retint. C'était Elena.

- Claire, tout va bien ?

- Oui, je … je vais vous laisser.