Posté le : 10 /09 / 2013

Note (about you & me) : « This is the end, my friend », « Goodbye Lovers & Friends » ... On se retrouve après l'épilogue pour les remerciements et mes pleurnicheries.

R.A.R (guests) :

ArtemisSnape : Heureusement que tu pleures aussi, je me sens moins seule. Pour le pressentiment, je suis assez contente d'avoir réussi mon coup, dans ce cas : j'ai vraiment essayé de vous amener doucement vers la mort de George, pour qu'elle ne soit pas brutale comme celle de Fred. Pour moi, c'est la seule solution qui existe pour lui, pour son personnage. La seule solution, et la meilleure, même si elle est d'une grande tristesse.

Pour les sentiments, l'écriture... Je fais toujours avec ce que j'ai, avec ce que je pense, avec ce que je sens. Je le fais avec le cœur. Je crois que c'est le seul moyen pour que ça marche à peu près. En tous cas, je suis ravie que ça plaise, d'arriver à vous toucher, c'est le plus grand des cadeaux. Merci beaucoup pour tous tes compliments, ça me fait vraiment plaisir.

Enfin, pour Drago, mon Drago, finalement, puisque c'est bien le principe de la fanfiction : s'approprier les personnages tout en restant fidèle à leur esprit, il m'a causée beaucoup de souci et, pourtant... Je vais être un peu prétentieuse mais je suis assez satisfaite ce que j'ai fait de lui. Il y a pleins de Drago différents et j'aime la plupart d'entre eux mais... Celui-ci, je crois vraiment que c'est le mien. Drago, mon Drago, LE Drago. Et s'il t'a plu aussi, alors, c'est fantastique.

Encore merci.

Fullmoon :

Dis donc, tout le monde pleure ici ! Oui, tu as raison, j'ai vraiment essayé de rendre la mort de George plus douce, par ma préparation et puis par les paroles de Ron aussi, mais ça reste la mort de George. Personnellement, la mort de Fred m'a profondément émue, ce sont vraiment deux personnages fantastiques.

Je suis contente que mon Harry et mon Drago – oui, ceux-là, ce sont les miens, je me les suis appropriés – aient autant de succès, ça fait vraiment plaisir ! Et oui, Drago aime Harry, oui, Harry aime Drago... Alors on peut espérer que ça suffise.

Tous tes compliments me vont droit au cœur, c'est fantastique, merci beaucoup, je suis très touchée. J'espère vraiment que cet épilogue sera à la hauteur, même s'il est très court (après tout, J.K n'en a pas fait un beaucoup plus long – et aurait mieux fait de s'abstenir, sans doute, pour nous, les fans à l'imagination débordante). Merci encore et bonne lecture.

Note (about disclaimer) : Épilogue est le titre de l'épilogue de... Hé, non, je ne suis pas obligée de poser un disclaimer pour ça ! Sinon l'univers de Harry Potter appartient à notre fantastique Mrs Rowling que je respecte profondément, même si on ne dirait pas toujours. Elle m'a tellement fait rêver.

"HERE COMES THE SUN, HERE COMES THE SUN

AND I SAY IT'S ALL RIGHT

LITTLE DARLING, IT'S BEEN A LONG COLD LONELY WINTER

LITTLE DARLING, IT FEELS LIKE YEARS SINCE IT'S BEEN HERE

HERE COMES THE SUN, HERE COMES THE SUN

AND I SAY IT'S ALL RIGHT"

[Here comes the sun - The Beatles]


Épilogue

Cette année-là, l'heure de la fin arriva comme le reflux de la mer : avec douceur et bien plus tôt qu'on ne l'attendait. Alors que le mois de juin tirait vers ses derniers jours, la matinée était fraîche, toute parfumée d'été. Le ciel brillait d'éclats rosés, tandis que le souffle frais d'un vent glorieux gonflait les rideaux d'un des dortoirs de la tour de Gryffondor.

Harry se détourna de la fenêtre pour ramasser le dernier livre trônant encore sur sa table de chevet. Sans grande surprise, il s'agissait des Jardins de Pourpre, le roman offert par Drago, bien des mois auparavant. Il ne l'avait toujours pas terminé. Il ne savait pas s'il le ferait. Il lui semblait qu'il avait répondu à ses propres questions. Mais, après tout, il aurait bien le temps de s'en occuper un jour... Peu importait vraiment.

Harry caressa doucement la couverture, amusé, avant de déposer l'ouvrage au sommet d'une pile de vêtements, dans sa lourde valise.

« Je n'arrive pas à croire que, d'ici deux mois, d'autres garçons viendront coucher dans cette pièce. Dans nos lits. Dans mon lit, bordel. J'ai occupé ce lit pendant quasiment huit ans », dit soudain Seamus.

Il avait fermé sa malle une dizaine de minutes auparavant et, depuis, il était assis sur son matelas, les coudes sur les genoux et les mains croisées. Pendant un long moment, il était resté muet. A la vue de son visage clos, Harry avait deviné qu'il revivait sans cesse des instants de ces fameuses années enfuies... Perdu dans son passé.

Harry n'éprouvait pas le même sentiment. Il se souvenait bien sûr de leur première discussion de dortoir, dans l'obscurité, faite de chuchotements rieurs et enfantins. Il se rappelait les disputes, les non-dits, les heures heureuses, les pleurs, les combats, les objets perdus et tout ce qu'ils avaient trouvé, puis retrouvé ici. Mais il n'y avait pas que ces fantômes-là qui le touchaient, glissaient contre sa peau, jusqu'à le faire frissonner, semblables à des courants d'airs. Il avait l'impression de ressentir également les colères et les fêtes de tous les garçons qui avaient dormi dans cette tour depuis mille ans. Et peut-être aussi, d'une certaine façon, celles de tous les garçons qui y dormiraient un jour.

Il avait, au creux du ventre, cette agréable impression de faire partie de quelque chose de très grand, de fantastique. De faire partie de Poudlard, de son histoire et de sa mémoire. Mais pas à la manière dont le monde extérieur ou les ouvrages le raconteraient, pas en héros de guerre, non. Plutôt comme l'un de ces innombrables jeunes, arrivés émerveillés, repartis meilleurs, qui faisaient tous Poudlard, bien plus que le château ou son histoire.

« Par Merlin, commenta Ron, quand je pense à toutes les choses que tu as faites dans ce lit... Non, finalement, je préfère ne pas y penser. Surtout, dis-leur de laver les draps sept fois plutôt qu'une. »

Debout à côté de son propre lit, des rouleaux de parchemins dans les bras, Dean leva les yeux au plafond, un sourire frémissant sur ses lèvres. Neville, lui, à l'autre bout de la chambre, à demi-enseveli sous tout son bazar, grimaça d'un air dégoûté :

« Tant qu'à faire dans le nostalgique, vous ne pourriez pas être un peu plus mélos ? Là, vous êtes juste dégueulasses.

― Je crois que c'est dans la mesure du possible, répondit Seamus d'un ton léger en s'appuyant contre un mur. Vous vous souvenez du jour où on s'est préparés pour le Bal de Noël, en quatrième année ? Neville a déchiré sa robe dans la bataille d'oreillers...

―Je ne voulais pas participer, rétorqua celui-ci en arrêtant de jeter ses paires de chaussettes dans sa valise. Je savais qu'on risquait d'avoir des problèmes de ce genre. Alors estime-toi heureux que je ne t'aie pas fait manger ta baguette !

― Ne recommence pas avec cette histoire, prévint Seamus.

Tu as abordé le sujet !

― Evitons-le, d'accord ? intervint précipitamment Ron. Vous êtes ridicules. C'était il y a plus de quatre ans... Et c'étaient de belles journées. Toute cette agitation... A l'époque, on prenait ça tellement au sérieux, ce bal de collégiens : inviter une fille, se préparer, danser devant tout le monde... Et aujourd'hui, je n'en garde qu'un souvenir amusant, même si j'ai toujours un peu honte d'avoir demandé à Fleur Delacour... Par Morgane...

― Tu n'étais pas le bon Weasley, plaisanta Neville. Moi, j'étais avec Ginny. On s'était bien amusés. Je l'aimais beaucoup. Ce sont vraiment des bons souvenirs, murmura-t-il. Ce n'était pas comme avec Luna. C'était différent. Mais c'était fantastique. »

Harry sourit d'un air attendri en refermant sa valise. Il se satisfaisait de les regarder et de les écouter, sans avoir trop besoin de parler lui-même, parce qu'ils étaient là, ses amis de toujours et pour toujours. Il était content qu'ils soient là, ensemble, pour affronter la fin, pour faire face au début.

« J'avais déjà envie de t'inviter, dit tout d'un coup Dean en relevant la tête vers Seamus. C'est la vérité. Je te l'assure. »

Seamus rougit brusquement et baissa rapidement les yeux. Harry haussa les sourcils d'un air entendu en direction de Neville et de Ron.

« Le baiser ? fit ce dernier en riant.

― Arrête de faire ça, ce n'est pas drôle », répliqua Dean d'un ton presque agressif.

Il se remit à trier les cours qu'il gardait et ceux qu'il jetait tandis que Seamus semblait brusquement passionné par ses propres mains.

« En fin de compte, je suis d'accord avec Blaise, lâcha Ron. Je trouvais qu'il comptait large avec le mois d'octobre mais à vous voir comme ça, on n'est pas prêts d'en finir...

― Tu as mis sept ans pour sortir avec Hermione », fit remarquer Neville.

Ron lui jeta un regard assassin mais ne trouva rien à rétorquer. Il laissa retomber ses bras le long de son corps, signe qu'il abandonnait déjà.

« Bien sûr, bien sûr, marmonna-t-il. Prenez votre temps. »

Dean fit semblant de n'avoir rien entendu, d'être totalement étranger à tout ça, tandis que Harry se laissa aller à sourire, encore, de plus en plus.

« Est-ce que vous croyez qu'on va tous finir avec nos amours de jeunesse ? demanda soudain Seamus, à la surprise générale. Je veux dire Ron avec Hermione, Neville avec Luna, Harry avec Drago... Est-ce qu'on va tous se marier avec quelqu'un de Poudlard ? Qu'on a connu ici, pendant la guerre, pendant les cours ?

― Ce serait complètement dingue, répondit Neville en secouant la tête d'un air résigné. Je ne veux pas avoir l'air d'un rabat-joie mais toutes les histoires ne peuvent pas durer éternellement. Le monde ne va pas se figer maintenant. Au contraire. Tout va aller de plus en plus vite. On va faire des études, trouver du travail, rencontrer pleins d'autres gens... C'est impossible que tous les couples tels que nous les connaissons aujourd'hui existent encore dans trente ans, ou même vingt.

― Tu n'as pas seulement l'air rabat-joie, remarqua Seamus sombrement, tu es rabat-joie.

― C'est pour ça qu'il faut en profiter maintenant », lui glissa Ron en lançant un coup d'œil en direction de Dean.

Cette fois, ils éclatèrent de rire tous ensemble. Cependant Harry ne put pas s'empêcher de penser que Neville avait sans doute raison. En regardant ses amis, il s'efforça de ne pas imaginer qui resterait, qui partirait.*

Enfin, d'un tour de magie, il boucla le cadenas de sa valise.

« Je vais faire un tour avant le départ », décida-t-il brusquement.

Son dernier tour, il en avait conscience. Mais il ne voulait pas donner à cette fin des accents pathétiques dignes du film préféré de la tante Pétunia.

« Je viens avec toi », dit Ron.

Il acheva son bagage d'un coup de baguette magique et ils quittèrent le dortoir ensemble.

La salle commune était déserte, éclaboussée par les rayons du soleil. Il n'y avait plus personne, seulement Pattenrond, le vieux chat malade de Hermione, lové au pied d'un canapé. D'ailleurs, il n'y avait plus rien du tout. Toutes les affaires qui s'étaient entassées sur les tables, tour à tour, avaient été récupérées par leurs propriétaires. Les boîtes à flemme, les cours, les livres, les sacs, les babioles... Tout avait disparu. Il ne restait plus que la boîte aux mille malices, soigneusement posée sur un guéridon par quelque main attentionnée.

« Il ne faut pas que tu l'oublies », dit Ron.

Il la saisit par le haut et la balança négligemment entre ses mains tout en balayant la salle des yeux.

« Non, sûrement pas », fit Harry.

Il rejoint Ron, récupéra son cadeau, un peu mal à l'aise. Depuis les examens, il avait perdu l'habitude d'une pièce aussi déserte, aussi silencieuse.

Comme s'il avait lu dans ses pensées, Pattenrond miaula bruyamment. Harry et Ron se retournèrent vers lui d'une même mouvement.

« On va devoir le ramener avec nous, finalement, constata Ron.

― Qu'est-ce tu croyais ? Qu'on allait le laisser ici ? » plaisanta Harry.

Il attrapa le chat par le ventre et s'assit sur l'accoudoir du canapé, comme il l'avait souvent fait. Pattenrond se blottit en ronronnant contre son torse.

« Non. Qu'il allait mourir ici, répondit Ron.

― Oh Ron ! » s'esclaffa Harry en ébouriffant les poils de l'animal.

Il lui gratta le sommet du crâne, entre ses oreilles tordues.

« Eh bien ? Il est vieux et malade. Je ne pensais pas qu'il survivrait si longtemps, en tous cas pas jusqu'à l'appartement... Je n'ai pas vraiment envie d'avoir un chat.

― Ne dis surtout pas ça à Hermione.

― Bien sûr que non, tu me prends pour qui ? Mais je sens qu'on va devoir se traîner cette pauvre bête encore un bon moment. »

Il le considéra d'un œil mauvais et Harry eut envie de rire.

« Il nous enterra tous », plaisanta-t-il.

Ron le regarda d'un air effrayé.

« Je rigolais.

― J'espère bien. En tous cas, rends-toi service, n'achète jamais d'animaux autre qu'un rat ou un hibou. Hermione en est dingue, encore plus depuis qu'il est malade. Je sens qu'elle va le laisser dormir dans le lit s'il souffre trop...

― Avec Drago, ça ne risque pas, soupira Harry.

― Non, c'est sûr... Pas même un reptile ?

― Tu te rappelles qu'il est phobique ? demanda Harry en haussant un sourcil.

― Ah oui, c'est vrai... Tu seras gentil de me le rappeler pour le prochain 1er avril. Je lui ferais vivre un enfer. En l'honneur de Fred et de George, ajouta-t-il solennellement. Ils en auraient fait un martyr s'ils... S'ils avaient dû l'accepter comme membre de la famille.

― C'est sans doute vrai », admit Harry, le cœur serré.

Ron resta silencieux un moment, un silence un peu douloureux. Puis il reprit :

« Il va y avoir beaucoup de changements.

― C'est vrai, dit Harry.

― Mais j'espère que, d'une certaine façon, tout va rester pareil. Que Neville a tort. Que, malgré des bouleversements dans les lieux et les activités, on sera tous toujours ensemble. »

Harry se mordit la lèvre inférieure en secouant la tête.

« J'en sais rien, Ron. Je ne peux pas le garantir pour nous tous, pour tout le monde. Je ne dis pas que ça ne se fera pas, je l'espère, vraiment. On a vécu beaucoup de choses tous ensemble à Poudlard, pendant la guerre, avec l'A.D. alors... Il y a de fortes chances pour que les liens ne se brisent pas. Mais je ne peux pas le garantir. Pas pour nous tous. Mais... Pour toi, Hermione et moi, j'en suis convaincu. A trois cents pour cent. »

Ron acquiesça du menton et se détourna maladroitement de lui, marchant un peu à travers la pièce.

« Et avec Drago ? demanda-t-il, sans oser le regarder.

― J'y crois aussi, répondit Harry. Surtout depuis qu'il m'a promis qu'on allait être heureux... Ron, reprit-il d'un ton plus assuré, je ne sais pas ce qu'il va se passer pour tous nos couples, pour tous nos amis... Pour ta famille. Mais je sens que les années à venir, peu importe de quoi elles seront faites, vaudront le coup d'être vécues à fond. C'est bon. »

Ron se retourna. Un sourire confiant renaissait sur son visage.

« J'en suis persuadé », répondit-il.

Harry libéra Pattenrond sans y penser quand Ron vint poser sa main sur son épaule. Il sourit, lui aussi. Il croyait et il espérait. Il avait toujours été une sorte de croyant.

« Ah, vous êtes là. Harry, tu as reçu une lettre. »

Hermione entrait dans la salle commune à son tour. Étonnamment, elle ne revenait pas de son dortoir et franchissait tout juste le portrait de la grosse Dame.

« Tu étais où ? demanda Ron.

― Partie rendre des livres à la bibliothèque. Tiens, Harry. Le hibou est arrivé en retard. . »

Elle tendit une enveloppe à Harry en se rapprochant d'eux.

« Qu'est-ce que c'est ?

― Je n'en sais rien. Je n'ai jamais vu l'écriture. »

Harry sortit un petit carton mauve, imprimée de dorures. Il le parcourut rapidement du regard. les sourcils froncés, puis il eut un petit rire idiot.

« Qu'est-ce qu'il y a ? fit Ron. On peut voir ?

― C'est un faire-part. Je suis invitée aux fiançailles de Gloria Rubio et de... mon cousin Dudley.

― Ils ne perdent pas de temps, dis donc, dit Ron.

― Oh, Harry, c'est vraiment... ! s'exclama Hermione. Il faut que tu y ailles !

― Il fait comme il veut, grimaça Ron.

― Bien sûr que j'y vais, répondit Harry, avec beaucoup de sérieux. Les Dursley sont ma famille. La dernière famille qu'il me reste. »

Il tordit maladroitement le carton d'invitation entre ses doigts.

« C'est important... Et puis... »

Il se remit à rire, un peu bêtement.

« Je peux venir avec un « plus un », comme on dit. J'ai hâte de présenter Drago à mon oncle Vernon.

― Oh, Harry, tu crois que...

― Je trouve que c'est une très bonne idée, intervint Ron avec un large sourire. La famille, c'est sacré. Il ne faut rien se cacher et c'est l'occasion ou jamais de sortir de ton placard pour la deuxième fois. Ils ont essayé de t'empêcher d'être un sorcier, ils ne t'empêcheront pas d'aimer les hommes... »

Harry lui donna un coup de coude entre les côtés tandis que Hermione levait les yeux au plafond.

« Enfin, bref, je sens que ça va être amusant, reprit Ron.

― Moi, je suis content pour Dudley, répondit Harry en souriant. Et content de lui, aussi. »

Il hocha la tête et rangea le carton dans l'enveloppe. Ron lui frictionna le sommet du crâne tandis que Hermione lui pressait doucement le bras.

Il se surprit à songer à l'année écoulée. Une volonté de changement avait failli tous les détruire mais, finalement, des changements avaient tout de même lieu. Les quatre maisons de Poudlard étaient à nouveau unies comme au premier jour de la fondation ; l'Angleterre se relevait d'une lourde guerre, douloureuse, à présent achevée. Certaines personnes avançaient, progressaient ; d'autres acceptaient les mains qu'on leur tendait, le secours qu'on leur proposait.

Les choses peuvent changer, pensa Harry avec force. Et parfois, c'est vraiment pour le meilleur.


La longue file des élèves quittait enfin Poudlard, sous un soleil heureux. Certains reviendraient, d'autres pas. Pour tous, Poudlard demeurerait Poudlard. Indescriptible.

Harry, lui, ne reviendrait pas. Mais, à présent, il l'acceptait vraiment. Il savait que c'était un bon changement. Et, tout en marchant, il pensait à l'avenir.

Il savait qu'il se battrait contre d'autres dangereux mages, contre le mal, parce que ce serait son métier. Qu'il se battrait aussi, aux côtés de Hermione, pour les droits et les libertés des créatures magiques. Ni lui ni Ron ne pourraient y échapper, cette cause deviendrait également la leur. Il se battrait par amour du monde, pour les changements, parce qu'il était homme à se battre, pour tout, depuis toujours et pour toujours.

Et il savait également que, le soir, quand il rentrerait chez lui, où que ce soit, il se battrait encore. Au nom d'une autre sorte d'amour. Un amour unique qui n'existe véritablement qu'entre deux êtres – peu importe leur sexe, peu importe leur genre.

Mais toutes ces batailles, Harry était persuadé qu'il les remporterait, comme il avait remporté toutes celles qui avaient précédé : dans un violent mélange de joie et de douleur. Il était convaincu qu'il ne reverrait pas de sitôt le quai de la gare de King's Cross désert.

Il avait en tête l'idée qu'il avait la vie devant lui, et c'était à la fois effrayant et merveilleux. Il se sentait un peu perdu, mais ni seul, ni découragé. Il ne pouvait pas ne pas se sentir confiant et gonflé d'espoir en une si belle journée d'été.

Alors, en même temps que Ron, Hermione et Drago, il franchit les grilles du château, emporté par le flot des élèves. Il marcha encore un peu, puis il voulut se retourner une dernière fois, regarder Poudlard se dresser, immuable et victorieuse, comme depuis mille ans. Mais les sortilèges de protection l'avaient déjà fait disparaître. Il reprit donc sa route, glissant sa main dans celle de Drago.

Tout était bien.


* En regardant ses amis, il s'efforça de ne pas imaginer qui resterait, qui partirait. J'ai choisi de laisser le champ libre à votre imagination pour la fin de ces histoires. Les couples qui vont plairont resteront toujours, pour vous ; et ceux qui vous déplaisent se reconstitueront d'une autre façon. Parce que c'est ça, pour moi, la fanfiction. C'est notre perception personnelle d'un monde. Et personne ne peut nous dire ce qu'il va se passer ensuite. A nous de croire ce qu'il nous plaît. N'oubliez pas. Rien n'est impossible. Tout change. Et parfois pour le meilleur.

Note (about you & me) :

Dans un épisode de Doctor Who, celui-ci arrache les dernières pages d'un livre, pour que celui-ci ne se termine jamais, parce qu'il déteste les fins. Mais les histoires finissent toujours par s'achever ; et c'est ici que se termine celle-ci, parce qu'il le fallait. J'espère qu'elle vous a plu.

En tous cas, pour moi, ça a été un réel plaisir de vous lire, de savoir que vous étiez là. Je tiens réellement à vous remercier parce que vous êtes fantastiques. Vous m'avez pardonnée mes retards, réconfortée quand je craignais ne pas être à la hauteur, et vous m'avez donnée espoir et confiance. Merci beaucoup à vous.

Quelqu'un m'a demandé si j'avais d'autres projets. La réponse est non, pas pour le moment, en tous cas, en dépit de quelques vagues idées et d'un éventuel projet personnel. J'ai besoin de vous dire que ce projet-ci, cette histoire, c'était beaucoup. J'ai beaucoup appris ; ça m'a beaucoup apporté ; mais c'était aussi beaucoup. Beaucoup de bonheur, de sourires, de joie, de satisfaction, de discussions ; cependant également beaucoup de travail, beaucoup de stress, beaucoup de temps, beaucoup de larmes, beaucoup d'inquiétude. Bien sûr, ça en valait la peine et aujourd'hui, je pleure un peu, une masse énorme dans la gorge, parce que les fins, c'est toujours difficile.

Mais je suis à la fois épuisée, soulagée et triste. Alors peut-être qu'on se reverra... Ou peut-être que non. Mais je n'oublierais pas.

Encore merci à vous,

Light.