Merci à tous pour vos reviews !

Vous avez tous plus ou moins supposé qu'Abby avait été enlevée. En êtes-vous sûrs ? Le chapitre du jour vous amènera des réponses.

Bonne lecture !


Chapitre 6 – Alex

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Gibbs se décida rapidement. Face à la disparition de la serveuse, il n'y avait pas grand chose à faire.

- McGee, appela-t-il, les caméras de surveillance.

Ordre laconique, mais explicite. L'informaticien se précipita à son bureau pendant que le patron se plaçait devant l'écran plasma.

- Gibbs, reprit Tony, il n'y a pas de caméras, comment…

- Il n'y en avait pas, DiNozzo.

Face à son regard interrogatif, il s'expliqua.

- McGee en a posé une en face de chez elle.

- Et tu comptais nous le dire quand ?

- Je viens de le faire.

- À quoi ça sert qu'on l'ait suivi puisque…

- Il n'y en a que devant chez elle, Tony.

- Je l'ai ! s'exclama Tim alors que l'agent allait répliquer.

Il pianota quelques instants et afficha la vidéo sur l'écran. La rue du pseudo-immeuble où résidait Alex Kem n'était bordée que d'un côté par des bâtiments, l'autre longeant le début d'une des innombrables forêts présentes dans la région. De ce qu'ils pouvaient en juger, la caméra était fixée sur un des lampadaires de ce côté-ci de la rue.

- Ça, commenta-t-il, c'est son arrivée.

Le taxi se gara le long du trottoir, laissant descendre la serveuse. Elle disparaissait dans l'immeuble quand la voiture des agents se gara au bout de la rue, la caméra étant placée à son autre extrémité, seul endroit où McGee avait pu la mettre.

- Fais une marche rapide, demanda Tony, jusqu'au moment où on est entré et fais un zoom.

Il s'exécuta.

- Là, dit DiNozzo, on est à l'intérieur et elle… elle ressort !

Effectivement, la jeune femme passa dans la rue. Elle accorda un bref regard à la voiture des agents et s'éloigna à toute vitesse dans l'autre sens, son sac à dos gris à l'épaule.

- Dé-zoome, vite ! commanda Tony.

Tim obéit. Ils virent Alex Kem se mettre à courir dans leur direction. Elle jeta un œil de chaque côté de la rue, puis traversa. Elle arriva à la hauteur de la caméra. Elle riva son regard sur l'objectif, porta deux doigts de sa main droite à son front et salua tout en poursuivant sa route

- Voilà pourquoi vous ne l'avez pas vu sortir, dit l'informaticien. Elle était toujours à l'intérieur.


Lorsqu'Abby reprit connaissance, elle nota toute de suite une grande différence par rapport à son dernier réveil. Elle n'avait pas froid. Dire qu'elle avait chaud aurait été exagérer, bien sûr, mais elle ne grelottait plus. Elle ne ressentait plus l'humidité également.

Elle ouvrit les yeux en portant sa main à sa poitrine pour comprendre ce qu'il se passait, fronçant les sourcils en entendant un froissement quasi métallique. Elle identifia aussitôt une couverture de survie. Elle entourait son corps. Elle ouvrit des yeux étonnés en constatant la disparition d'une partie de ses vêtements.

- Ils étaient mouillés, déclara une voix. Je vous les ai enlevés. Ça vous évitera de mourir de froid.

Bizarrement, ça ne la ravit plus que ça. Elle préférait encore quand elle tremblait. Savoir qu'on l'avait dévêtue sans en avoir conscience…

- J'ai aussi immobilisé votre jambe, ajouta la voix.

Cette fois, elle ne précisa pas pourquoi.

- Tenez, dit-elle en présentant un goulot à ses lèvres, buvez, ça vous réchauffera.

Abby ne se fit pas prier. Elle avala une gorgée du breuvage brûlant, puis une autre, sans chercher à identifier ce dont il s'agissait. Si l'autre avait voulu la tuer, elle serait déjà six pieds sous terre. Elle ne craignait donc pas grand-chose à accepter la boisson.

- Ça va mieux ? demanda la voix.

- Oui, souffla-t-elle sans parvenir à voir son propriétaire.

- Comment vous êtes-vous retrouvé là ? questionna l'autre.

- Enquête… murmura-t-elle.

- Dans le Prince William Forest Park ?

- Oui.

- C'est pourtant loin de chez vous !

Abby fronça les sourcils.

- J'ai trouvé vos papiers. Abigail Sciuto, Washington, c'est ça ?

- Abby.

- D'accord, Abby. Les portables ne passent pas ici. Alors on va attendre que vous ayez recouvré un peu de forces pour partir d'ici. Ça marche ?

Elle cligna des paupières pour acquiescer.

- Au fait, je m'appelle Alex.

La gothique fronça les sourcils.

- Alex… murmura-t-elle.

Ce nom lui disait quelque chose.

- Alex Kem, poursuivit l'autre. Je travaille au Monty's, là où se rendait le général Petersen. C'est sur sa mort que vous enquêtez.

Abby s'agita. Elle n'aimait pas être à côté d'elle. Ce n'était pas…

- On se calme ! s'écria la serveuse en la voyant bouger. Je ne vais pas vous faire de mal ! Mais si vous continuez, vous allez aggraver votre état !

Logique imparable, surtout qu'elle n'irait pas loin. Abby s'immobilisa.

- Je vais tout vous expliquer, Abby, reprit la serveuse, mais, s'il vous plait, arrêtez de bouger !

Abby s'apprêta à répliquer, avant de se décider à lui obéir. Elle était venue chercher des réponses dans cette forêt. Alex Kem lui proposait de les lui donner. Pourquoi refuser ?

- Je vous écoute.

- Alors voilà…

Elle commença à raconter ce qu'il lui était arrivé ces derniers jours, terminant par son retour chez elle.

- Je savais que vos collègues me surveillaient. Ils n'allaient pas me laisser rentrer tranquillement ! Alors une fois à l'intérieur, j'ai attendu. Si je ne bougeais pas, ils commenceraient à se poser des questions, ils viendraient voir. Dès qu'ils sont entrés, je suis partie. Je me doute que ça ne va pas les ravir, l'agent Gibbs surtout.

Ce qui n'étonna en rien Abby.

- Bref, je suis partie. Au passage, j'ai vu qu'ils avaient posé une caméra sur un lampadaire, pas très discrète d'ailleurs. Enfin, ça n'a pas beaucoup d'importance.

- Et ensuite ?

La serveuse se rapprocha, jusqu'à ce que son visage entre dans son champ de vision.

- Ensuite, je suis venue vous chercher.

- Pourquoi ? voulut savoir Abby.

- Vos collègues pensent tous que je suis responsable de la mort du général et de votre disparition. Ils voient en moi la seule façon de vous retrouver. Alors j'ai décidé de vous chercher.

- Vous avez fait ça pour eux ?

Elle la vit hausser les épaules.

- S'ils sont trop butés pour m'écouter quand je dis que je suis innocente, je ne vois pas trop ce qu'il me restait à faire d'autre.

Abby fronça les sourcils. La jeune femme sous-entendait qu'elle avait ça dans son unique intérêt.

- Je ne vous crois pas, dit la gothique.

- Comme eux. Alors je ne crois pas que ça serve à grand chose de continuer sur ce sujet.

- Vous n'avez pas fait ça pour vous, persista Abby.

La serveuse planta son regard dans le sien, incertaine de ce qu'elle devait comprendre.

- Rien ne vous obligeait à me retrouver, poursuivit la laborantine.

- Si je ne l'avais pas fait, qui aurait réussi ? Tout le monde vous cherche dans les environs de Washington et du Monty's, pas aussi loin.

Ce qui amenait une nouvelle question.

- Comment ?

- Je vous ai retrouvée ?

- Oui.

- En réfléchissant. J'ai eu deux jours pour ça, même si je n'ai su où vous trouver qu'après avoir été relâchée.

Elle marqua une pause, rassemblant ses pensées, avant de reprendre l'histoire par le début.

- Le général Wallace Petersen a été retrouvé mort dans le parc d'Anacostia. Ce n'est pas logique.

- Pourquoi ? Il…

- Habite Norfolk. Il met quatre heures pour venir au Monty's lorsque ça circule bien. Mais faire la route ne le gêne pas. Au contraire, il aime ça. C'est ce qu'il m'a dit et je le crois. Sinon je ne comprends pas pourquoi ni comment il pouvait faire ça une fois par semaine, voire deux ou trois. Or il a été retrouvé à l'opposé de la direction qu'il prend habituellement, dans Washington alors qu'il restait toujours en périphérie.

- Et ?

- Si le tueur veut détourner l'attention, mettre son corps là-bas était la meilleure solution. S'il l'a mis dans une forêt, c'est qu'il l'a tué dans une autre.

- Il en existe beaucoup.

- Mais le Prince William Forest Park est la plus grande se trouvant entre Washington et Norfolk sur la route que prenait chaque fois le général de ce côté du fleuve.

Abby acquiesça.

- Vous êtes parvenue à la même conclusion ? demanda la serveuse.

- Oui, murmura-t-elle, mais après.

- Après quoi ?

- Sur les pneus de la voiture.

- Celle du général ?

- Oui.

- Il y avait des essences de bois qu'on ne trouve pas dans Anacostia mais ici ? supposa Alex.

- Comment… s'étonna Abby devant l'exactitude de ses propos.

- Simple déduction, j'ai vu dans vos affaires que votre travail est de faire des analyses et vous avez parlé des pneus. D'ailleurs, vous l'avez retrouvée où sa voiture ?

- Près de son corps.

- Et la vôtre ? Où est-elle ?

- Près de chez vous.

Un éclair de compréhension apparut sur le visage d'Alex Kem.

- Voilà pourquoi il ne me croyait pas.

- Gibbs ?

- Oui, mais ça n'a plus vraiment d'importance maintenant.

Elle se leva, fit quelques pas.

- Comment êtes-vous arrivée ici ?

- J'ai loué un 4x4.

- Je l'ai vu en arrivant, mais c'est étonnant que vos collègues ne vous aient pas retrouvée grâce à lui.

- Il est vieux.

- Pas de GPS, c'est ça ? Et la boite de location ?

- Encore plus vieille. Et vous ?

- Taxi.

La serveuse se tut, le regard perdu sur la végétation autour d'elles. Pour la première fois depuis son réveil, Abby s'attarda à détailler les alentours. Alex l'avait tirée du trou où elle était tombée pour l'emmener dans une clairière toute proche.

- Comment… commença Abby.

- Plus tard, coupa la serveuse en venant s'accroupir près d'elle.

Elle passa une main sous sa tête, la levant légèrement avant de s'immobiliser, puis amena une gourde thermos à ses lèvres.

- Buvez, dit-elle en la soutenant, ça vous fera du bien.

La gothique obéit.

- C'est du thé, expliqua la serveuse, à la menthe. J'ai mis pas mal de sucre, mais je l'aime comme ça et vu votre état je crois que c'est mieux.

- Merci, murmura Abby après avoir bu.

- Reposez-vous maintenant.

- Mais…

- Tout ira bien, Abby. Je vous le promets.


*sifflote*

Alors ? Vous en pensez quoi ?