Précisions: Slash, Univers Alternatif, vingt chapitres prévus.

Disclaimer: Pas à moi.

Note: Je conseille vivement d'écouter Home de Will Hanson en lisant car je pourrais presque dire que ce morceau est l'inspiration même de ce prologue.


Prologue

Préambules


La période estivale se laissait mourir de jour en jour.

Et ça faisait mal. Tellement mal. C'était l'agonie de l'été. Symptôme: nostalgie. Symptôme: mélancolie. Symptôme: appréhension.

Et votre plus grand mal? La Chanson. Avec des majuscules. Tu sais très bien de quoi on parle. La chanson, c'est celle que tu as entendu tout l'été. Celle qui t'a bercé sur les routes. Celle qui t'a fait danser jusqu'à ce que le soleil se lève.

Et ça pouvait être du rock ou de la pop. Du punk ou du rap. De la dance ou du métal. Du reggae ou du ska. Du jazz ou du hip-hop.

Et ça pouvait être un genre habituellement détesté ou l'opposé de l'inverse. Peu importe. On s'en fout. Ce n'est pas ça qui est important. Ce qui est important: trois notes. C'est tout ce qu'il faut. Trois notes. Des souvenirs. Ils vous inondent, vous noient, vous étouffent.

Et exquise douleur que c'était, que de se souvenir. Tu sais. Les longues aubes derrière la fenêtre où on dormait encore. Les interminables matins au lit où on émergeait. Les belles matinées dans l'herbe où on buvait un café dégueulasse. Les longs jours devant soi où l'horizon semblait si éloigné. Les chaudes journées sur le sable où on fumait sa dernière cigarette. Les douces après-midi ensoleillées sur la route où on observait les kilomètres et les heures s'échapper. Les romantiques crépuscules en ville où tout semblait sombrer peu à peu dans les ténèbres. Les fraîches soirées au bord de mer où on entendait l'eau clapoter. Les folles nuits en boîte où on dansait à perdre le souffle.

Vous vous faites du mal.

C'est incurable. Non. Vous ne pouvez rien faire. C'est inévitable. Oui. C'est une phase terminale.

Dans l'appartement, Tony est assis devant son ordinateur, il ouvre un nouveau fichier protégé par un mot de passe, tu sais; le genre de choses que personne ne doit voir.

Dans le magasin, Loki se balade entre les rayons, il choisit deux carnets de croquis et un joli journal, tu sais; un avec du beau papier tout lisse.

Dans la maison, Thor fait ses bagages, il jette un carnet dans son sac, tu sais; avec des lignes genre écolier.

Dans l'agence immobilière, Bruce remplit les dernières formalités pour son nouvel appartement, il glisse deux feuilles dans une farde, tu sais; celle où tu mets toute la paperasse que t'as.

Dans le café, Steve trie quelques-unes de ses affaires, il met un cahier de côté, tu sais; un avec de grandes pages blanches.

Dans l'avion, Natasha fait glisser ses doigts sur l'écran de son iPod, elle ouvre un document, tu sais; avec une application qui permet de prendre des notes.

Dans le parc, Clint est assis sur le banc, il arrache quelques pages d'un vieux bloc-notes, tu sais; un à spirales.

C'est une période de paradoxe. Vous êtes impatient pour quelque chose que vous n'avez pas envie de voir arriver. Oui, la vie est drôle de cette manière-là.

Et puis Clint se lève et passe par le supermarché, Natasha arrive à l'aéroport et récupère ses bagages, Steve termine sa tasse et demande l'addition, Bruce passe par un magasin de mobilier et regarde le prix d'une étagère, Thor ferme son sac et sort, Loki paye ses achats et rentre chez soi, Tony prend son téléphone et compose un numéro.

Bientôt, l'un répondra au coup de fil de l'autre après avoir envoyé un message à un troisième. Bientôt, l'autre raccrochera et appellera un quatrième qui ne répondra pas parce qu'il parle au cinquième qui vient de voir le sixième passer et se diriger vers le septième. Etc., etc.

Et vraiment, vous savez, ce ne sont que des vies parmi tant d'autres. D'un côté tout le monde est unique, d'un autre tout le monde est pareil. On peut se perdre encore longtemps dans les vérités générales.

Il y a sept personnes qui sont en train de jouer avec un crayon. Sentir un clavier sous leurs doigts. Déchirer un morceau de papier. Effleurer un écran. Mordiller un stylo. Appuyer sur une touche. Repasser sur les lignes d'une feuille.

Tourner les pages.

La vie aussi est en train de tourner la page. On arrive à un moment dans le livre où l'intrigue est soudain bouleversée.

Ces sept personnes qui, qu'elles soient ici ou là-bas, bientôt, écriront une première ligne. Elles écriront toutes la même chose au même moment et laisseront une trace, un souvenir. Ils inscriront sans le savoir les premiers mots des moments forts de leur existence.

Et que ce soit d'une écriture ronde, soigné, patte de mouche, penché, police Times New Roman ou Trebuchet MS. Cochez la case de votre choix.

En attendant, Tony sort dans la rue, prend sa voiture et va en ville. Parfois, il faut se perdre pour retrouver quelque chose.

En attendant, Loki ouvre la fenêtre, regarde dehors et voit le soleil qui va bientôt se coucher. Parfois, il faut s'arrêter sur une chose simple pour réaliser qu'on est vivant.

En attendant, Thor arrive à la gare, monte dans le train et s'assied à sa place. Parfois, il faut vivre en mode automatique pour pouvoir avancer.

En attendant, Bruce commande du nouveau mobilier, sort du magasin et se dirige vers son appartement. Parfois, il faut innover son extérieur pour un meilleur départ intérieur.

En attendant, Steve passe devant l'arrêt, voit le bus arriver et décide de marcher à pied. Parfois, il faut laisser passer des opportunités pour en saisir d'autres.

En attendant, Natasha prend le taxi, voit à travers la vitre un avion s'envoler dans le ciel orangé et ferme les yeux. Parfois, il faut souffrir un peu pour être plus humain.

En attendant, Clint marche dans la rue, rentre chez soi par un chemin différent de l'habituel et trouve dix dollars par terre. Parfois, il faut écouter ses instincts pour être un peu plus heureux.

Vous tombez sur une photo. Le soleil et la plage. Les nuages blancs et l'herbe verte. Le ciel bleu et la ville. Votre lieu de vacances immortalisé à jamais. Votre plus grand mal numéro deux.

En haut, le ciel écarlate. En bas, les rues de la ville. Vous avez très chaud. Le soleil se couche. Ce soir, il y aura de l'orage. Elle est baignée d'orange, la ville.

Ah, l'été. On aurait dit; les derniers moments d'une existence. C'était comme une chute éternelle. Un monde qui s'écroule. Un idéal qui s'évanouit, peut-être.

Et ça sent la cigarette. Quelque part, au loin, hurlent les sirènes de police.

Tu sais, c'est une année pour une vie.


A suivre.


Dans l'espoir que vous ayez aimé. Chapitre un dans une semaine.