Note de l'auteur : Bonsoir à tous, chers lecteurs, voici la fiction que je vous propose, vous qui êtes passionnés de vampires, de romance, de roman gothique, ou tout simplement en quête d'un nouvel univers avec toujours plus de suspense et de rebondissements.

L'univers et les personnages ont été entièrement inventés. Tout commentaire, que ce soit pour me faire part de vos impressions, de votre avis, ou de vos suggestions d'amélioration, est le bienvenu. Pour toute autre demande ou conseils, vous pouvez me joindre par MP.

Thèmes de la fiction : Vampire / Gothique / Fantastique / Romance / Suspense / Drame

Bonne lecture à tous !

IMPORTANT : Cette fiction ne pouvant être classée dans aucune catégorie du site Fanfiction (personnages et univers totalement inventés), merci aux non-intéressés de ne pas m'en tenir rigueur. Toutefois, je tiens à préciser que je publierai uniquement cette fiction dans des catégories dont l'univers sera proche de celui-ci (Twilight, Vampire Diaries...). Merci pour votre compréhension.


Thiers, mai 2011

« Angie, je n'arrive pas à le croire, j'ai réussi à en trouver… J'ai déniché quatre places pour ce soir ! »

Cette voix… elle la connaissait. Elle lui paraissait si lointaine… Elle posa une main sur ses paupières. La lumière l'éblouissait.

« Angie, réveille-toi, c'est un miracle ! »

Encore cette même voix… elle ouvrit lentement les yeux pour sortir du gouffre du sommeil et se mit à bâiller. Esther venait d'arriver. Chargée de sacs de commissions qu'elle déposa sur une petite table en verre, elle laissa le décolleté de son débardeur découvrir une partie de ses formes généreuses. Un sourire se dessinait sur ses lèvres. Elle semblait si enchantée… Angelina l'observa longuement. Esther rangeait ses achats dans le frigidaire de la salle de séjour. Sa forte corpulence la rendait douce et maternelle. Angelina resta attentive à ses faits et gestes jusqu'à ce qu'une sensation de vertige la saisisse. Cela faisait plusieurs mois qu'elle n'avait pas aperçu le moindre sourire sur le visage d'Esther.

« Tu as parlé… d'une soirée ? » s'enquit-elle à demi réveillée.

Aucune réponse. Esther triait les produits achetés, ignorant la question posée.

« Esther… de quelle soirée s'agit-il ? » s'étonna Angelina, en soulevant sa tête.

Mais, son amie éluda à nouveau la question. Et d'une voix forte, elle lança :

« Hé ! Les filles ! Venez voir ce que je vous ai acheté ! »

Des pas se précipitèrent autour d'elle : c'étaient ses deux autres colocataires.

« QUATRE PLACES ! s'écrièrent-elles d'une même voix, ahuries.

- Oh Esther ! Tu es vraiment formidable ! Elles sont tellement rares ! » continua l'une d'entre elles, très excitée.

Angelina entendit ensuite les trois jeunes femmes glousser et sautiller. Cette joie les agita pendant de longues minutes, puis le silence plongea à nouveau la salle de séjour dans un calme apaisant. Ses paupières se refermèrent, comme si une force l'incitait à se rendormir. Mais, un cri strident la réveilla aussitôt :

« Quoi ?! Esther s'est donné de la peine pour trouver des entrées de cette valeur et toi tu ne dis rien ? Tu comptes probablement rester en nuisette ? Qu'attends-tu donc pour aller te préparer ? »

Angelina ouvrit les yeux soudainement. Un visage maigre lui apparut. Veronica. Ses cheveux courts ébouriffés faisaient ressortir son regard noir. Ce soir-là, elle était vêtue d'un short en jean déchiré, ainsi que d'un haut ample qui mettait à nu les articulations de ses épaules.

Juste avec quelques mots, cette trentenaire avait réussi à la rendre mal à l'aise. Angelina porta une main à son crâne. Sa tête lui semblait lourde. Puis, sans tenir compte de l'humeur exécrable de sa colocataire, elle demanda :

« Quelle soirée ?

- Ben "L'Etrange", quand même ! s'exclama Esther, dépitée.

- Co… comment ?! balbutia Angelina, interloquée. Dis-moi que ce n'est pas sérieux… Vous ne comptez pas réellement aller là-bas ? »

Esther était distraite par l'euphorie des deux autres. Elle ne l'écouta pas. Angelina s'adressa aux trois filles :

« Ecoutez-moi… il y a un truc bizarre dans cette boîte…

- Bah ! C'est bien pour ça qu'on l'appelle "L'Etrange" ! rit Veronica, incitant les autres filles à faire de même.

- Je suis sérieuse ! On ne devrait pas aller là-bas.

- Si tu ne veux pas y aller, on donnera ta place. » conclut Esther.

Angelina sentit la peur la saisir. Ses mains se mirent à trembler.

« Angie ? Est-ce que tout va bien ? »

Son regard dévia instantanément.

Mélaine. Ses deux nattes d'un blond céleste la rendaient toujours aussi innocente et sublime. De plus, on pouvait lire dans ses grands yeux bleus une douceur naturelle et attachante.

« Tu as encore fait un cauchemar, c'est cela ? »

Ses petites lèvres arrondies bougeaient à peine et ses mains étaient jointes dans son dos, derrière une robe à la blancheur éclatante.

Angelina confirma d'un mouvement de tête. Mélaine soupira alors et s'assit à ses côtés.

« Je vois… murmura-t-elle.

- Je… je ne le supporte plus, Mel ! C'est… c'est comme si quelque chose s'emparait de mon esprit sans que je puisse en avoir le moindre contrôle ! Je m'endors soudainement… à n'importe quel moment… puis je vois ces choses… ces images… mais je ne les comprends pas. Et, lorsque je me réveille, elles disparaissent soudainement comme si elles n'avaient jamais réellement existé. Toutes ces images se succèdent mais elles n'ont rien en commun. Comme des pièces d'un puzzle incomplet qui se construit petit à petit mais qui ne se termine jamais… Enfin… vous voyez de quoi je veux parler ?

- Tu as juste fait un rêve, rien de plus, intervint Esther qui releva ses cheveux à l'aide d'une pince. Tout le monde fait des rêves. »

Angelina fut prise d'un rire amer.

« Juste un rêve ? reprit-elle. Esther, cette nuit, j'ai aperçu ce lieu. J'ai vu qu'on irait à cette soirée alors même que j'ignorais que tu avais ces places ! Il semblerait bien que ce simple rêve dont tu parles se réalise vraiment ! »

Des exclamations se firent entendre. Veronica protesta la première :

« Vous êtes idiotes, mes pauvres ! Vous n'allez pas croire à… à ses délires ! Elle est victime de folie là, pas de visions.

- Véro a raison, ajouta Esther, tu ne peux avoir de véritables prémonitions, Angie. C'est impossible. Tu ne peux prédire l'avenir. Personne ne le peut. »

Puis, elle décréta :

« La voiture que l'on m'a réservée ne va pas tarder à arriver. Tu as un quart d'heure pour te changer, pas plus. Si tu n'es pas prête d'ici là, on partira sans toi. »

Angelina entra dans la salle de bains et laissa glisser sa nuisette à ses pieds, alanguie. Son corps lui semblait toujours aussi pesant et sa tête était de plomb. Elle savait formellement que cela provenait de son cauchemar. Elle s'appuya à la paroi de la douche et étudia son visage dans le miroir du mur opposé. Une légère touche de violet ombrait le vert de ses yeux. Sa chevelure de jais ondulait dans son dos, contrastant avec la lueur de son regard et la clarté de son visage légèrement rosé au niveau des pommettes. Elle se regardait souvent en se demandant de qui elle tenait ses traits. Orpheline, elle n'avait jamais eu l'occasion de connaître ses parents. Son passé était un trou noir, un vide dans lequel il était impossible de saisir un détail. Elle n'avait d'ailleurs jamais compris pourquoi sa vie contenait cette part d'ombre.

Angelina se détourna de son reflet et enclencha le mécanisme qu'elle aimait tant, celui qui la détachait de ses interrogations et la ravivait. La fraîcheur de l'eau se répandit sur ses joues. Elle ferma les yeux et essora d'une torsion sa chevelure lorsque soudain la porte s'ouvrit.

« Oh ! Désolée… » bredouilla Mélaine, les yeux écarquillés.

- Ce n'est pas grave, Mel. J'avais justement fini, la rassura-t-elle en se recouvrant immédiatement d'une serviette.

- Je… je voulais te donner ta place, déclara son amie avec une toute petite voix en lui tendant l'invitation.

- Ah merci. C'est gentil de ta part. »

Angelina se saisit de l'invitation et la scruta attentivement. Un pentagramme inversé recouvrait le papier et semblait s'enflammer. Il était entouré par une sorte d'Hydre de Lerne à trois têtes. L'une d'entre elles se mordait la queue, une autre le corps, et la dernière était au centre du symbole, la gueule béante, deux longs crocs luisant de leurs pointes tranchantes et aiguisées.

Un pentacle… aux crocs de vampire.

À la vue de cette image, elle fut parcourue de légers frissons. Elle lui paraissait étrangement familière.

« J'ai déjà aperçu ce symbole… médita Angelina sans détacher son regard de l'invitation.

- C'est le symbole de "L'Etrange", expliqua Mélaine, il est très connu en Auvergne... et partout ailleurs… "L'Etrange" est une boîte très renommée, tu sais…

- Non… poursuivit Angelina. Ce n'est pas ça… La première fois que j'ai aperçu ce pentacle, c'était dans mes rêves. »

Mélaine baissa les yeux et se mordilla pensivement la lèvre inférieure.

« Tu ne me crois pas, toi non plus, hein ? Tu ne penses pas que ces visions existent réellement, n'est-ce pas ? » s'enquit Angelina.

Elle vit son amie hausser les épaules avec timidité.

« C'est si… bizarre, Mel ! commença Angelina en se laissant glisser au sol. Cette sensation… elle est encore présente… et ces images… elles sont horribles ! Mais je n'arrive plus à savoir de quoi il s'agit ! Je n'y parviens plus ! »

Sa voix se brisa et son teint devint blême. Mélaine, penchée vers elle, se releva instantanément.

« Tu n'es pas en état de sortir. Je vais prévenir les autres. Nous partirons toutes les deux un peu plus tard.

- Non… ça va, je… »

Angelina poursuivit, hésitante :

« En fait… je me rappelle juste un détail, il me revient par bribes… Il y avait ce jeune homme… Il m'incitait à le suivre… »

Son amie s'arrêta, surprise par cette révélation, mais Angelina n'en tint pas compte et continua, le regard absorbé par le vide :

« Il était… différent. Son teint d'une lividité cadavérique… et ses yeux d'une transparence bleuâtre… »

Elle prit une courte pause puis conclut :

« Il avait des crocs. »

Mélaine déglutit et chuchota :

« Ce n'était qu'un affreux cauchemar.

- Non ! Non Mel ! Cette vision était belle et bien réelle ! Je l'ai vue comme je te vois à présent ! Je ne me souviens pas de tout mais je te garantis qu'il n'y avait rien de bon dans ce que j'ai aperçu ! »

Mélaine s'apprêtait à repartir mais Angelina la retint aussitôt, lui empoignant l'avant-bras.

« Qu'est-ce qu'il se passe, Mel ? Dis-moi ce qu'il se passe ! Pourquoi est-ce qu'elles ne m'écoutent pas ?

- Je ne sais pas…

- Ne feins pas l'innocente ! Je sais très bien que tu me caches quelque chose ! Pourquoi veulent-elles aller à tout prix à cette soirée ?

- Elles souhaitent juste… s'amuser un peu.

- S'amuser ?! Mais cette soirée risque de mal se finir, Mel ! Tu ne me crois pas ?

- Désolée… »

Sur ce dernier mot, Mélaine se détacha de son emprise et sortit de la pièce.

Angelina se retrouva encore seule, perdue face à son propre reflet. Les souvenirs lui paraissaient lointains, et le bonheur, enterré au fond d'un gouffre. Était-elle de nature trop pessimiste ou vivait-elle vraiment dans un univers dépourvu de sentiments ?

Elle se releva calmement. Puis, elle ouvrit l'armoire à sa gauche et enfila avec désinvolture une de ses plus belles robes noires à corset.

« Mel ! » s'écria-t-elle avec regret.

Ses doigts resserrèrent avec maladresse les lanières en cuir qui se prolongeaient au bas de son dos.

« Mel ! » appela-t-elle.

Des bruits de pas retentirent dans le couloir. Un instant plus tard, son amie apparut au seuil de la porte.

« Ah Mel ! soupira-t-elle. Est-ce que tu peux m'aider ? »

Mélaine s'exécuta lorsqu'un bruit strident retentit au dehors. Elle sursauta, tirant d'un coup sec sur les lanières du corset de son amie sans même s'apercevoir de son geste. Quel était ce klaxon qui résonnait bruyamment sur la route isolée ? Angelina, dans un premier temps surprise par ce bruit inattendu, se retrouva à court de souffle, étouffant dans la pression exercée par son amie.

Intriguée, Mélaine se précipita vers la fenêtre la plus proche et se pencha pour mieux observer le spectacle. Quant à Angelina, elle resta un instant à la même place, en l'observant d'un regard sombre, les lèvres entrouvertes de suffocation. Les cheveux de sirène de Mélaine scintillaient à la lueur des lampadaires et le vent les faisait ondoyer délicieusement sur sa peau à la clarté angélique. Elle semblait abasourdie, en admiration face à la pénombre qui couvrait l'étendue de la ville d'une nuit de plus.

Angelina la rejoignit. Là-bas, Esther et Veronica, toutes deux vêtues de minishorts, marchaient gaiement en direction d'un cabriolet probablement neuf aux vitres teintées de noir. Elles chantonnaient au rythme de leur déhanchement. Angelina et Mélaine échangèrent plusieurs regards étonnés. Elles ignoraient à qui appartenait la luxueuse voiture. Elles restèrent ainsi, à contempler sa splendeur jusqu'à ce qu'elle glisse le long de la route isolée. Angelina remarqua au loin deux chevelures voleter sous l'effet de la vitesse. Puis, successivement, des cris hystériques remplacèrent le silence des rues.