Disclaimer : En apesanteur dans le ciel ou l'espace, le droit d'auteur est-il suspendu ? Non n'est-ce pas ? Donc même pour cette fic, ben ils ne sont toujours pas à moi alors. … Sauf si je les kidnappe ni vu ni connu dans mes baguages ! ^^

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Note : Petite escale sentimentale imprévue entre Atalante la « sérieuse » et Cascades en série la « délirante ». Cependant, ne vous attendez pas à atteindre le septième ciel ! Surtout si des fautes gâchent votre plaisir de me lire. Mais le temps était compté si je voulais publier aujourd'hui ! Désolée ! ^^

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«Jet lag sentimental»

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- « Chers passagers, la navette en partance pour la colonie L2 est retardée pour causes de problèmes techniques. Veuillez-nous excuser pour ce désagrément. Nos équipes mettent tout en œuvre pour y remédier et vous satisfaire en attendant. Merci de votre compréhension. » annonce au micro une sensuelle voix féminine, résonnant dans tout le hall 12 de l'aéroport de Sank.

- « Moi et ma chance ! »

Je soupire doucement tout en imitant la brochette de voyageurs assis. Retombant lamentablement sur mon inconfortable fauteuil, fixé à l'une des interminables rangées alignées en parfaits rangs d'oignons, je contemple sans enthousiasme le terne paysage qui s'offre à moi via la gigantesque baie vitrée. Quoi de plus récréatif qu'une vue imprenable sur le tarmac ? Absolument parfait pour vous filer une déprime carabinée dans l'attente du décollage !

Bien qu'en vérité, ce retard ne m'incommode pas réellement. En mission d'infiltration, il en aurait sûrement été autrement, mais aujourd'hui il n'en est rien. J'ai tout mon temps. Oui, plus rien n'urge à présent. Je suis libre ! Libre d'attendre une éternité s'il faut dans ce maudit aéroport.

Depuis ce matin, 6h30, mon accréditation aux forces des Preventers est caduque. Mon supérieur m'a fusillé d'un regard noir et estampillé « malade profond » à mon incongrue et soudaine annonce. Ma démission est irréfléchie selon lui. Aussi, durant près d'une heure, a-t-il cherché à me convaincre de rester. Employant les stratagèmes les plus stupéfiants. Me certifiant même qu'il me validerait, sans réticence, un break afin que je puisse me requinquer. Assurément ma conduite le mettait aux abois pour m'octroyer aussi aisément une pause ! D'après sa fine et pertinente analyse, ma requête résulte de l'issue désastreuse de ma dernière opération. Un véritable carnage où j'ai perdu pas moins de neuf hommes ! Inadmissible pour moi. De quoi motiver ma décision non ?

Le pauvre homme croyait me comprendre et usait de tous les subterfuges pour me remettre sur la voie de la raison. En vain, est-il nécessaire de le préciser ? Personne n'est assez doué pour m'obliger à renoncer. Quand Duo Maxwell décide, le choix est définitif ! Je suis connu pour être tête de mule, ce n'est pas à tort ! J'y tiens à ma réputation ! Pourtant, si cette perte me rend plus amère que jamais, elle n'a aucune influence sur ma résolution. Loin d'être subite à dire vrai. Voilà des mois que j'y songe, sans trouver le courage de la rendre effective, réelle. L'amitié inconditionnelle de mes quatre compagnons, devenus amis intimes depuis la dernière bataille, me rendant trop couard pour mettre un terme radicale à la passivité de … ma vie amoureuse.

Oui c'est elle la fautive : ma vie amoureuse. Quelle blague ! Un preventer terrassé de la sorte est proprement risible, non ? Peut-on décemment qualifier de vie amoureuse une relation à sens unique ? Je sais que je suis pathétique et grotesque. Des années que j'essaye d'attirer l'attention d'Heero Yuy. Des années à me démener pour rien. Mes seules récompenses se limitant à de vagues similitudes de sourires, quand nous étions seuls. Aussi, je ne saurais trop expliquer pourquoi, ce matin en me levant pour rejoindre le quartier général des Preventers j'ai ressenti le besoin de rédiger ma démission. Fallait que ça change ! A vingt quatre ans, il est temps que j'aille voir ailleurs ! Oublier ce sentiment qui ne mène nulle part. Oublier ce ressentiment qui me bouffe un peu plus chaque jour. Le joker n'a plus envie de rire. Trop las, épuisé, pour continuer la médiocre représentation. Fin du spectacle !

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Désabusé, je me plonge dans la lecture du magazine people que je tiens fébrilement entre mes doigts. Les derniers ragots et déboires sentimentaux des stars s'étalent en couverture. Je n'ai même pas conscience d'avoir pris ce torchon abandonné sur le fauteuil près de moi. Malgré ma désapprobation de ce genre de lecture, je ne la repose pas. Etonnant ? Pas vraiment. Entre la vue bétonnée du tarmac et cette revue, mon choix est vite fait ! Pas la peine de tergiverser mille ans, je suis suffisamment mélancolique sans en rajouter ! Faut que je me foute de la gueule de quelqu'un. Le dicton ne veut-il pas que le malheur des uns fasse le bonheur des autres ? Si oui, lire les ennuis de vedettes me consolera peut-être de ma détermination à fuir Heero.

Je le feuillette plus par automatisme que par intérêt quand bizarrement je me sens observé. Levant les yeux prêt à injurier superbement l'importun malpoli, histoire de me défouler un peu, je vois l'impensable. Devant moi se tient, dans son impeccable uniforme, celui que je n'espérais plus. Ma fantaisie se transforme en aliénation ! La folie vient de gagner irrémédiablement mon esprit dément et psychotique !

- « Heero ? » laisse-je échapper sans maitriser le trouble causé par sa présence.

Automatiquement, je me redresse pour lui faire face. Laissant choir à nos pieds l'immonde revue qu'il épie brièvement. A cet instant furtif, j'ai cru deviner un lever de sourcil interrogateur. Sûrement un mirage, car en un battement de cil il est tout aussi impassible qu'à l'accoutumée.

- « Est-il possible qu'il vienne me souhaiter bon voyage ? Je ne peux le concevoir. Ca ne lui ressemble pas. … C'est plus probable qu'il veuille me tuer ! S'il est informé, ce dont je ne doute pas, c'est l'évidence même. Sa présence signifie ma mort ! »

Dans les pires missions je n'étais pas aussi déboussolé ni terrifié. Mon cœur s'emballe de plus belle. Son rythme est infernal. Mes mains deviennent moites. Mes jambes supportent difficilement le reste de mon corps. Oui, je l'avoue : en ce moment j'ai peur ! Peur d'Heero. Car je ne donne pas cher de ma peau s'il sait que je déserte par lâcheté.

- « Que viens-tu faire ici ? »

J'affiche une expression qui se veut aussi neutre que la sienne. Cela me ressemble si peu. Moi souriant et blagueur au quotidien, je n'ai nullement le désir de jouer la comédie à cet instant. Faut dire que la situation ne s'y prête guère. Comme dans mon enfance, j'ai une envie irrépressible de courir. Son regard inflexible me transperce pareille à la plus affûtée des lames. Je le sens prêt à porter le coup fatal. Il s'avance vers moi. Un stupide réflexe me pousse à fermer les yeux. Comme si le danger allait disparaître par magie !

- « Reste. » exige-t-il, succinctement et doucement à mon oreille, me prenant entre ses bras.

Je délire ! Jamais il n'agirait ainsi ! Surtout devant tant de monde. Non pas en plein hall, véritable fourmilière vivante ! Tandis que l'homme que j'aime depuis si longtemps me serre éperdument, j'ouvre mes yeux et je balaye le lieu d'un regard incrédule. Les passagers et leurs accompagnateurs nous dévisagent. Certains sont émus, d'autres choqués. Pourquoi suis-je aussi préoccupé par cette foule anonyme quand mon amour m'emprisonne enfin contre lui ?

- « Heero, nous nous donnons en spectacle. »

Je bafouille sans autre trouble que la gêne de tous ces visages vissés sur nous. Bien que je passe pour un illuminé déluré, je suis en vérité un être particulièrement sensible et pudique. Surtout en matière de sentiment. Inattendu ? Non, juste la parfaite maitrise des masques émotionnels !

- « M'en fous. » me rétorque-t-il laconiquement, sans me lâcher pour autant.

Vraiment nous sommes diamétralement différents. Oui, désespérément rien en commun. Moi, fantasque et loquasse invétéré en temps normal, éprit d'un pragmatique et austère soldat comme lui, quoi de plus improbable en somme ? Le moindre de ses gestes est mûrement réfléchi. Idem pour ses paroles lapidaires énoncées que pour optimiser ses missions. Ah les missions ! Oui, il ne semble vivre que pour elles quand moi je ne vis que pour lui. Constat qui a d'ailleurs fortement motivé mon intention. Car rien n'évoluera. Non, rien ne changera jamais malgré mes efforts.

Pourquoi je me questionne autant ? Peut-être parce que je suis tétanisé d'espérer à présent. Comprenez-moi ! Je suis confus. Son attitude me déstabilise. Je ne peux la classer dans aucun des compartiments répertoriés pour « Robot-boy » ! Raisonnablement, pareille conduite est tout bonnement surréaliste pour Heero Yuy. A moins d'un méga bug virulent et dévastateur ! Oui, comprenez-moi ! L'espoir est le pire des maux, j'en sais douloureusement quelque chose !

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- « Les autres sont des détails insignifiants comparés à ma mission. » ajoute-t-il avant de prendre mes lèvres, sans hésitation aucune mais avec une délicatesse toute particulière que je n'aurai jamais soupçonnée chez lui.

Ai-je précisé que son comportement me déconcerte ? Non parce que si l'action de m'enlacer m'a déconnecté momentanément de la réalité, imaginez le choc ressenti à sa langue s'immisçant volontairement dans ma bouche ! De surprise, je garde les yeux ouvert durant tout le baiser. Je me répète, mais suis-je en train de devenir fou ? Assurément ! Cette attention, que je pensais ne jamais pouvoir capturer, m'explose littéralement en pleine gueule dans ce hall d'aéroport bondé. Désagrégeant la moindre fonction neuronale encore vivace dans mon cerveau de dérangé.

- « Ne me quitte pas. » me confie-t-il, à la fin du baiser, d'une voix que je qualifierai de tremblante. Seulement l'espace d'une seconde, bien évidemment !

Là, dans ses yeux merveilleusement bleus, je devine la tendresse qu'il me porte. Est-ce là la dernière torture à la mode ? Expérimente-t-il une nouvelle manière d'anéantir l'ennemi ? Cherche-t-il réellement à me tuer ? Si oui, il ne peut s'y prendre de plus agréable façon. Sans un mot de plus, j'entends son cœur me hurler combien il tient à moi. Oserai-je dire qu'il m'aime ?

Avant, cet aveu m'aurait convaincu et m'aurait directement mené au nirvana. Mais aujourd'hui, je ne peux l'accepter. Bon sang ! N'ai-je pas décidé d'aller de l'avant ? De ne plus piétiner ma fierté, si souvent bafouée et rabrouée devant mes échecs, à cause de lui ? Rien ne me garantit que cette euphorie va perdurer. Faut que je me réveille !

- « Ma navette va bientôt décoller. Je dois embarquer. »

Je rétorque brusquement cette pitoyable excuse, en détournant les yeux. Je ne peux soutenir son regard perçant. J'ai honte. A coup sûr, il va me prendre pour quelqu'un d'indécis. Un baka, champion toutes catégories ! Le séduire durant tant d'années pour me défiler quand lui fait enfin un pas, rien de plus déplorable !

- « Impossible. J'ai donné l'ordre de la retenir. » me confie-t-il dans un second baiser qui emporte toute ma résistance.

De nouveau, je lui cède sans réticence. Plus que la chaleur incendiaire de ses mains sur moi, c'est celle du sous-entendu évoqué qui achève irrémédiablement mon cœur. Pour m'empêcher de fuir loin de lui, Heero a planifié une parade en moins de quatre heures. Usé de son influence pour retenir mon vol jusqu'à me rejoindre. J'étais sa mission ! Sachant l'importance de ces dernières dans son existence, cela suffit amplement à mon bonheur. Après cette initiative et ces deux premiers baisers, je ne peux plus avoir de doute sur le partage et la réciprocité de mes sentiments. Ouais je suis versatile et je vous emmerde !

- « J'ai peur de te perdre. … Apprendre ta démission a été révélateur. … Ta présence à mes côtés était acquise définitivement, je n'ai donc jamais jugé opportun d'avouer combien tu m'importes. » ajoute-t-il comme pour éliminer tout malentendu.

Heero ne parle jamais à tort ni inconsidérément. Cette particularité, qui m'horripilait légèrement par le passé, réjouit infiniment mon âme maintenant. Oui, plus que tout, j'aime à présent cette discrétion et cette réserve si souvent reprochées.

- « Plus jamais de jet lag entre nous. »

Cette prière, je la ponctue d'un baiser. Je réponds désormais pleinement à ses lèvres. Ma timidité s'envole, emportant mes infâmes craintes. Peu m'importe la foule avide autours de nous, nos cœurs ont réussi à se trouver enfin. C'est là l'essentiel. Rien ne saurait me perturber à l'avenir.

Euh ! En vérité si, un léger détail m'intrigue. J'ai la nette impression qu'Heero n'est pas totalement soucieux de notre vrai premier baiser. Aussi inimaginable que ça paraisse, il est déconcentré. Méticuleusement, ses mains fouillent les poches de ma veste. Que croit-il y dénicher ? Une fulgurante idée déroute mon cerveau. Non, trop saugrenue ! Impossible qu'il cherche un préservatif ! Pourquoi farfouille-t-il alors ? Minute, j'y suis ! Mon billet est l'objet de sa quête ! A peine ai-je le temps de formuler cette brillante hypothèse que ma pauvre carte d'embarquement se fait prestement et littéralement déchirer. Déchiqueter en minuscules confettis, je précise. Croit-il sincèrement que j'ai l'intention de la recoller pour m'enfuir loin de lui ? Qui est le « baka » maintenant ? Comment pourrai-je l'abandonner après avoir goûté à pareils prémices ?

- « Ah ! Enfin tu es sérieux ! Finie la distraction. … Voilà qui est bien mieux. »« Vas-y, enserre ma taille possessivement. … Brise ma liberté. … Attache-moi à toi. »

A la réflexion, dès le départ, mon jugement était faussé. Il existe, effectivement, une personne suffisamment douée pour me faire changer d'avis. Seul, Heero Yuy, mon « perfect soldier » pouvait relever cette mission impossible !

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********** Fin **********

(Embarquement immédiat pour … Bluette-land ! ^^)

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Note : Petit OS bref sans grande originalité qui m'est tombé du ciel hier matin. Soyez indulgentes avec moi pour cette médiocre intervention qui n'a rien de planant ! La rentrée a une néfaste influence sur mon neurone ! Il devient urgent que je redevienne sadique non ? Dois-je prendre un billet pour les abysses sans retour vers FFnet ? Dites-moi sincèrement si je dois m'abstenir de publier des histoires pareilles ! Merci ! ^^