Note de la traductrice : La saga Twilight appartient à Stephenie Meyer, et la version anglaise de cette histoire, A Betting Man, est l'œuvre d'une infirmière très sympathique qui a pour nom de plume mybluesky (C'est moi qui lui ai suggéré d'ajouter le label 'humor' à sa fic tellement je m'étais bidonnée en la lisant). Je lui ai demandé la permission de traduire cette fic peu de temps après sa publication en anglais en décembre 2009. Elle me l'a accordée. J'ai donc priorité en ce qui concerne la traduction de la version française. Mais j'aimerais que vous sachiez, chers amis lecteurs(lectrices), que personne n'a de droits particuliers sur cette fic (autrement dit elle n'appartient à personne en particulier), car pour faire bonne mesure, depuis septembre 2011 mybluesky autorise tout le monde à traduire son œuvre.

Bonne lecture.

Parier n'est pas jouer

Chapitre 1

Je vérifie mon téléphone pour la énième fois de la journée – je n'ai pas manqué d'appel, sauf si on compte celui de ma mère qui a laissé un message me demandant si j'ai vu son collier de perles blanches. C'est celui que Phil lui a acheté pour leur anniversaire, il y a deux ans. Désolée, Maman… pas de chance de mon côté.

Je pousse un profond soupir, qui résonne étrangement dans la pièce vide. Mes doigts errent sur les touches du téléphone, indécise que je suis à lui envoyer un autre texto…

Il y a une part de moi qui est dégoûtée par ses agissements. Je me sens abandonnée – bafouée. Une autre part – la part la plus importante, la plus effrayante – est carrément hors d'elle.

James et moi nous sommes disputés pas plus tard qu'hier lorsque je lui ai dit, encore une fois, que je ne suis tout simplement pas prête à coucher avec lui. Appelez-moi vieux jeu si vous voulez, mais ça fait deux mois que nous nous fréquentons, et je ne suis toujours pas sûre de la nature de mes sentiments envers lui. Ce n'est pas un truc sur lequel j'arrive à mettre le doigt – il est séduisant et fortuné, drôle et intelligent. Mais est-ce que je souhaite vraiment être avec quelqu'un qui se met en colère parce que je refuse de coucher avec lui ?

Où est mon chevalier dans son armure rutilante – celui prêt à attendre toute sa vie si ça signifie qu'il pourra la partager avec moi ? Est-ce qu'il existe ? Est-ce que lui aussi se demande où je suis ?

Je commence sérieusement à douter de son existence. Je sens que j'ai mis la barre un peu trop haut quant à mes attentes en matière d'hommes. Ça doit être à cause de tous ces livres de Jane Austen que j'ai lus…

Je me rappelle vaguement que Jane Austen ne s'est jamais mariée. Souffrait-elle du même problème que moi ?

Je soupire encore – ça m'aide à évacuer un peu de la tension accumulée – et je reprends le téléphone, prête à composer le numéro. Je suis partagée entre l'envie de m'excuser et celle d'écorcher vif ce trou du cul merdeux. Avant que je me décide, le téléphone sonne dans ma main, me faisant sursauter.

C'est Rosalie, ma meilleure amie et ma confidente. Je suis heureuse de l'avoir à l'autre bout du fil. Peut-être qu'elle pourra me donner quelques conseils.

« Hé, bébé, » me salue-t-elle. « As-tu rappelé l'enfoiré, ou pas encore ? »

Je lui ai sans doute raconté le petit incident survenu hier.

« J'allais justement le faire, » je lui réponds. « Le hic, c'est que je n'ai aucune idée de quoi lui dire… »

« Dis-lui d'aller se faire foutre, c'est pas plus compliqué que ça. »

Cette fille a tout pour elle elle a dû être bénie des dieux à la naissance. Elle a la beauté d'Aphrodite et la langue aussi bien pendue que celle d'un marin unijambiste. Une combinaison explosive qui rend tous les hommes fous.

« Tu ne penses pas que j'exagère ? Je ne voudrais pas avoir l'air d'une détraquée non plus… »

« T'aurais l'air d'une détraquée si tu ne le larguais pas. Je suis sérieuse – appelle-le maintenant. »

Elle a de l'autorité et sait comment s'en servir. Exactement ce dont j'ai besoin dans de pareilles circonstances.

« Mais si je fais ça, je n'aurai personne pour m'accompagner au mariage de Jake… » PA-THÉ-TIQUE. Je n'ai pas besoin d'entendre le commentaire de Rose pour savoir à quel point je suis pitoyable. Je suis péniblement consciente que mon dernier lambeau de dignité a pris le train pour aller se perdre quelque part en Chine. Je le vois qui me fait signe de la main au loin…

Mais pour empirer les choses, j'entends Rose soupirer bruyamment dans l'appareil. Et ensuite… plus rien. Ça ne lui ressemble pas du tout. Je sais que ça n'annonce rien de bon.

Si je pouvais voyager dans le temps, je retournerais trente secondes en arrière et je ferais en sorte d'avoir l'air moins pathétique en gardant ma bouche fermée. Oui, c'est définitivement ce que je ferais.

« Bella, » me dit-elle lentement, comme si elle s'adressait à une personne attardée, « je vais faire comme si tu ne venais pas de dire cette énormité. Je veux dire, es-tu vraiment en train d'insinuer que tu préférerais te présenter à un mariage avec ce connard que d'y aller sans cavalier ? Sérieusement ? Je veux dire… sérieusement ? »

Qu'est-ce qu'elle m'aurait balancé si elle avait voulu mettre l'emphase sur "l'énormité" au lieu de prétendre ne pas l'avoir entendue ?

« Ce n'est pas ce que j'ai dit. Mais j'ai le droit de me plaindre – »

« Eh bien moi, je vais bientôt me plaindre du fait que tu n'aies pas encore largué ce trouduc. Appelle-le. Maintenant. Et rappelle-moi quand ce sera fait. Je veux entendre les détails. » Elle me raccroche au nez.

Je regarde le téléphone d'un œil méfiant. Maudit soit-elle, elle a raison. Il faut que je le fasse.

Je compose son numéro en vitesse avant de me dégonfler. La sonnerie se fait entendre une fois, deux fois… quatre fois, puis la boîte vocale se met en marche. Je fulmine – est-ce que le trou du cul essaye vraiment de m'éviter ? – puis je laisse un message.

« Salut, James. » Je dis son nom comme s'il me donnait envie de vomir. « Si tu as le temps au cours du prochain mois, j'apprécierais grandement que tu me rappelles. Il faut qu'on se parle. » Je coupe la communication sans dire au revoir. Tiens ! Prends ça !

Il n'y a rien que je puisse faire tant qu'il ne m'aura pas rappelée. Je me lève pour me préparer un sandwich au thon avec des petits cornichons en extra. Je regarde Lost et Happy Days avant de m'endormir sur le sofa, un sachet de croustilles saveur barbecue en équilibre précaire sur ma poitrine. Rose me rappelle, mais notre échange est de courte durée puisque je n'ai rien à lui rapporter.

Je décide de me mettre au lit et d'oublier James. Peut-être qu'il s'agit de la rupture la plus facile jamais enregistrée dans les annales historiques ? Finalement ce n'est pas plus mal…

Le malaise persiste, pourtant. Je me sentirais probablement mieux si j'avais pu lui dire ma façon de penser. Je déteste qu'il se croie meilleur que moi, l'imbécile.

Je me change pour la nuit, brosse mes dents et passe de l'eau sur mon visage pour me rafraîchir. Il faut que je laisse tomber pour cette nuit, mais aussitôt que ma tête entre en contact avec l'oreiller, mon téléphone s'illumine sur ma table de chevet. Je m'empresse de le prendre et de vérifier la provenance de l'appel – c'est lui.

Hum. Il a finalement la décence de me rappeler, hein ? Je réponds. « Allô ? » Ça n'a rien de joyeux, car après tout je n'ai pas besoin qu'il pense que je suis heureuse qu'il ait retourné mon appel.

« Hé, Bella, » dit-il. Il a l'air presque… lassé ? « Je suis navré d'avoir manqué ton appel. J'étais occupé. »

« Dans ce cas, y a-t-il une raison pour que tu aies décidé de m'appeler en plein milieu de la nuit ? » Je demande avec une pointe de sarcasme.

« Ce n'est pas le milieu de la nuit, Bella. Il est 21h45. » Merde. J'avais oublié qu'il était si tôt. Végéter toute la soirée peut bousiller la notion du temps, apparemment.

« J'essayais quand même de dormir. »

« Okay, alors. Je vais te laisser faire dodo. »

« Attends ! » Il fait une pause. « Je pense qu'il faut qu'on se parle, James. » Je l'entends soupirer à l'autre bout de la ligne.

« Bon, d'accord. » Les mots qu'il prononce par la suite sont lents et délibérés. « Je ne pense pas que ça puisse marcher nous deux, Bella. Je pense… » Il soupire en signe de frustration. « Je pense que nous devrions voir d'autres gens. »

Attendez… Quoi ?

« Quoi ? »

« Je pense que nous ne voulons pas la même chose, » poursuit-il. « Ce sera mieux pour tous les deux. »

Je peux sentir mon visage s'enflammer sous l'effet de la colère. Comment ose-t-il me dire ce genre de truc ?

« Attends une seconde – tu es en train de rompre avec moi… au téléphone ? »

« Ce n'est pas exactement comment j'avais prévu ça- »

« Est-ce que c'est parce que je ne veux pas coucher avec toi ? »

« Je n'ai jamais dit ça, Bella. Je te prierais de ne pas me faire dire ce que je n'ai pas dit. »

« Ça va, j'ai compris. Et je suppose que tu aurais pris ce que tu voulais hier et que tu aurais rompu par la suite malgré tout ? Ou bien peut-être que, pour faire bonne mesure, tu aurais remis ça une fois avant de te retirer du jeu et de passer à autre chose ? »

« Bella- »

« Rose avait raison à ton sujet, » je souffle. « Tu es un trouduc. J'aurais dû te larguer il y a des semaines de ça. » Je raccroche, déterminée à avoir le dernier mot. Trouduc

À ma grande consternation, il ne rappelle pas pour s'excuser… ou me supplier de lui pardonner. Une partie de moi s'y attendait, minuscule et honteuse, ce qui m'enrage encore plus. Non seulement je n'ai plus de compagnie pour le mariage, mais j'ai également perdu ma fierté. Plus dégoûtée que jamais, j'envoie un rapide texto à Rose.

Tu seras heureuse d'apprendre que c'est terminé.

Je laisse de côté les détails, en vue de préserver le peu de dignité qu'il me reste. Mais ce n'est pas facile à présent, elle me glisse entre les doigts comme un insecte gluant et gigotant.

Elle me répond : Tu es épatante, ma belle -)

Si seulement elle savait.

Le lendemain soir, Jake et Rose me sortent en boîte pour m'aider à oublier mes déboires amoureux. Ils précisent même que c'est pour "noyer mon chagrin", façon de parler, bien qu'en réalité mon chagrin ressemble davantage à une terrible colère qui me fait momentanément voir la vie tout en rouge. Je dois les aimer beaucoup, par contre, car j'accepte de boire tout ce qu'ils m'offrent. Lorsque j'en suis à mon quatrième verre, j'ai tout oublié de James. En fait, ma tête ne contient à peu près plus rien…

Je ne suis pas vraiment le genre de fille à fréquenter les clubs. Je préfère mes livres et mon écriture. J'apprécie les soirées tranquilles chez moi, en tête-à-tête avec Brontë, un verre de vin pour accompagner ma lecture. Je me fais aussi des marathons de Lost et de Law and Order.

Je n'ai pas la vie la plus excitante qui soit, mais elle me convient très bien. Je vois mes amis Jake et Rosalie, je cuisine, je fais du shopping, et je passe du temps avec ma famille. Je n'ai jamais été dans une relation sérieuse avec un mec, n'ayant pas encore trouvé "le bon", et parfois je songe que de toute façon, je suis peut-être trop inintéressante pour attirer son attention si d'aventure il se pointait.

J'ai toujours été très proche de Jake car nous avons grandi ensemble. Ses meilleurs amis, Quil et Embry, m'ont taquinée sans pitié au sujet de ma vie amoureuse insipide. C'est la raison principale pour laquelle je tenais tant à venir au mariage avec James. Je voulais prouver à tout le monde que je pouvais dégoter un gars décent si je le voulais.

Bien entendu, j'ai fini par réaliser que James est loin d'être décent.

Qu'est-ce que je cherchais à prouver, au juste ? Je n'en ai aucune idée. C'est un désir tout simple, comme quand on achète une voiture neuve – ça les aurait fait taire et ça aurait éliminé les idées fausses qu'on a à mon sujet.

Mais s'agit-il vraiment d'idées fausses ?

Le club est bruyant et sombre, et les tables sont collantes de tous les cocktails renversés dessus. Je suis en sueur d'avoir dansé – Rose a réussi à me traîner sur la piste de danse, et de manière tout à fait étonnante, je m'y suis éclatée. C'est incroyable qu'un peu d'alcool puisse me faire autant d'effet.

Je retourne aux toilettes une autre fois, et lorsque je reviens, je remarque l'expression inquiète de Jacob, et je le vois froncer les sourcils en signe d'anxiété. Je le questionne et il m'attire dans un coin relativement moins bruyant, là où je pourrai entendre ce qu'il veut me dire. Il colle ses lèvres contre mon oreille et crie, « J'ai de mauvaises nouvelles – mais je ne voudrais pas que tu te fâches. »

Hum, hum. Ça n'annonce rien de bon. « Que se passe-t-il ? »

« James est ici. »

Bon sang de merde. Ou bien attendez – est-ce que c'est si épouvantable que ça ? Peut-être que c'est ma chance de me vider le cœur une bonne fois pour toutes…

« Et j'étais dans une des cabines dans les WC, et je l'ai entendu parler… » Continue Jake. « Il parlait à propos de toi. »

Il surveille attentivement ma réaction. S'attend-il à ce que je me cogne la tête contre le mur ou autre chose ? Je relève un sourcil. « Ah bon ? »

Il se contente de hocher la tête.

« Eh bien, qu'est-ce qu'il a dit ? »

Jacob semble ne pas vouloir en dire plus, mais il se ravise. « Il est venu avec un ami – un type au regard perçant, et il lui racontait que tu ne voulais pas coucher avec lui. Alors l'ami en question lui a répondu qu'il n'avait jamais eu ce genre de problème, et James a parié avec l'autre qu'il n'arriverait jamais à te mettre dans son lit… »

Je suis mortifiée par ce que Jake vient de me dire. Le trouduc veut remettre ça ! J'ai peine à en croire mes oreilles. Je sais qu'il m'a menti la nuit dernière… « Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit, Bella, » a-t-il dit… Ha !

Et qu'est-ce que Jacob fout là, à écouter sans honte les conversations des autres ?

« Pourquoi n'as-tu rien dit ? » Je hurle. « Tu sais – te porter à la défense d'une amie ? Tu n'as jamais entendu le concept ? »

« J'utilisais les toilettes, » dit-il, gêné, bien qu'il soit impossible de voir son teint basané changer de couleur dans la noirceur environnante. Je roule des yeux. C'est consternant de voir à quel point les hommes peuvent être pathétiques à l'occasion. « Je t'ai prévenue afin que tu ne tombes pas dans le piège. Je vais lui botter le cul s'il te touche, Bella. » Il essaye d'avoir l'air dur à cuir et menaçant.

Cette conversation a eu pour effet de me dégriser. Je suis prête à partir. « Où est passée Rose ? »

« Elle danse toujours, je pense. »

« Eh bien moi, je suis prête à m'en aller d'ici. »

« Ne laisse pas cet incident ruiner ta soirée, Bells. On s'amuse tellement ! Je vais t'offrir un autre verre… »

Je soupire.

« Commande un double, alors. »

« Oui madame ! » Il me sourit de toutes ses dents avant de se précipiter vers le bar.

Je me rassois à la table collante, prenant bien soin de ne pas mettre mes coudes dessus, et envisage de retourner danser. Je repère Rose – elle est au milieu de la piste, se déhanchant comme une diablesse pour le bénéfice d'un mec super mignon. Enfin, je suppose qu'il l'est, sinon elle ne lui accorderait pas une demi seconde d'attention. Elle danse seulement comme ça quand elle est vraiment intéressée. Je sens qu'il ne serait pas judicieux de ma part d'intervenir. Peut-être que Jake acceptera de venir danser avec moi. Leah, sa fiancée, est à l'extérieur de la ville pour un congrès. Elle sait que nous sommes amis depuis des lustres – et qu'il n'y a rien d'autre entre nous. Elle comprend notre relation et n'est pas jalouse.

Seigneur que j'aime cette fille. Il n'aurait pas pu trouver mieux même en essayant.

Je sens une présence derrière moi, si proche que je peux sentir la chaleur émaner du corps de cette personne. Je me retourne, pensant que c'est Jake et prête à lui arracher des mains la boisson qu'il me tendra… seulement pour me retrouver face à face avec une paire de magnifiques yeux verts. Ils brillent intensément même dans la pénombre.

Oui, ils sont intenses et… renversants de beauté. J'essaye de retrouver mes esprits, remarquant un visage aussi beau que les yeux avec une mâchoire forte et bien dessinée et des cheveux indisciplinés couleur du bronze. L'homme à qui appartiennent ces traits remarquables est de surcroît vêtu à la fine pointe de la mode. Il porte un jeans ajusté et une chemise noire assortie.

Je le fixe pendant un long moment, hypnotisée par sa beauté. Est-ce qu'un homme peut être beau ? Je ne savais pas que la chose était possible… Je m'avise que ma bouche est entrouverte et m'empresse de la refermer.

Il me regarde, amusé, ses yeux pétillants riant de façon silencieuse. Je sens l'embarras me gagner. Je ne sais pas ce qu'il veut. Avant même que je ne puisse le questionner, il se penche vers moi, tellement près de mon oreille que je peux sentir son souffle chaud, et il me dit, « Salut, je suis Edward Cullen. Tu danses avec moi ? » Ses paroles sont si simples, et pourtant si séduisantes…

Je prends une profonde respiration pour m'aider à revenir sur terre et me penche en arrière dans une tentative de retrouver ma contenance. Ce dieu fait homme, cette créature presque mythique veut danser avec moi ?

Je jette un coup d'œil en direction du bar et aperçois tout de suite Jacob. Il nous observe avec des yeux énormes, et aussitôt que son regard rencontre le mien, il se met à gesticuler, passant la main sur son cou rapidement et à répétition, comme un avertissement.

Je finis par comprendre que le dieu qui vient de m'inviter à danser est l'ami de James.

J'en suis extrêmement déçue. Comment James peut-il avoir des amis aussi beaux ? Beaux et inatteignables ? Edward me dévisage, attendant patiemment ma réponse. Il n'a aucune idée que je suis au courant de son petit pari. Je ne sais pas si je devrais le percer à jour ou tout simplement refuser poliment de danser avec lui.

Je choisis la deuxième option. « Je ne suis pas très douée pour la danse. » Voyons voir comment il réagira à cette admission.

Il hausse les épaules, pas du tout déconfit. Un sourire en coin illumine son visage, et je sens ma respiration se faire plus dense. Il est tellement beau.

« Je t'ai vue tout à l'heure, » dit-il, se penchant à nouveau à mon oreille. Son souffle génère un agréable frisson le long de mes vertèbres. « Tu sembles tout à fait à l'aise sur un plancher de danse. »

Je lance des regards autour de moi une autre fois… que faire, que faire ? Tout à coup je repère James au bar. Il parle au barman, riant de ce que ce dernier vient de dire. Il prend une énorme gorgée de bière, et un regain de fureur s'allume en moi.

Ce tas de merde. Sa simple vue suffit à me mettre hors de moi. Je ne peux pas croire que je représente si peu pour lui que j'ai fait l'objet d'un pari ! Soudainement, il me vient une idée. Oh qu'il serait surpris si je mordais à l'appât juteux qu'il me tend… bien sûr je ne coucherai jamais avec l'appât en question. J'ai de toute évidence de l'expérience en matière de contrôle sur ma personne – je peux le faire encore.

Je me demande combien de temps cet Edward Cullen est prêt à investir sur moi. James a duré deux mois. Est-ce qu'Edward pourra durer deux semaines ? Si c'est le cas, j'aurai le cavalier le plus séduisant lors du mariage et je pourrai peut-être m'amuser un peu avec lui d'ici là ?

Je suis prête à accepter le défi, Edward Cullen. Je souris un peu, étonnée d'être aussi astucieuse. Il se penche encore.

« Tu ne m'as jamais dit ton nom, » dit-il. Seigneur, cette voix…

Je cligne des yeux – doucement, Bella ! Comment peut-il me faire cet effet là ? « Bella Swan, » je réponds d'une voix tremblante.

Il sourit, me coupant le souffle une fois de plus. « Eh bien, Bella, est-ce que tu vas m'accorder cette danse ? » Il me tend la main – une grande main très attrayante.

Un dernier coup d'œil en direction de James, et ma décision est prise. Je me lève et place ma main dans la sienne – une sensation étrange me parcoure juste par ce contact. C'est différent de tout ce que j'ai connu avant.

Je lui souris, ma confiance quelque peu vacillante. Quelque part, derrière moi, Jake est figé, la bouche grande ouverte. Je lui donnerai les détails de ma démarche plus tard. Parce que maintenant, j'ai une mission à accomplir.

« Certainement. »