Voilà le chapitre 4, et l'enquête se précise! J'ai un aveu à vous faire: je n'ai pas été une très bonne élève pendant les vacances, il me reste encore le chapitre 10 à traduire, soit environ 2 600 mots. Autant vous dire tout de suite que le deuxième volet n'est pas du tout entamé: je n'ai même pas encore découpé les chapitres, c'est vous dire. A ma décharge, j'avais six bouquins à lire pour les cours, et deux bébés de 1 an et 3 mois qui n'arrêtaient pas de sourire et de babiller, alors voilà, quoi.

Et maintenant, place à la lecture!

Chapitre 4 :

Scully se réveilla le lendemain matin juste après 7h. Même si elle ne reconnaissait pas le décor autour d'elle, elle n'en était pas surprise : elle avait été dans tellement de motels au cours de ses cinq années dans les affaires non-classée qu'elle était habituée à se réveiller dans des lieux inconnus. La seule chose à laquelle elle n'était pas habituée, cependant, était le bras musclé autour de sa taille. Après tout, Mulder et elle n'avait passé qu'une seule nuit ensemble avant son départ, et la dernière fois qu'elle avait passé la nuit avec un homme avant cela…et bien, c'était avant qu'elle ne débute aux affaires non-classées.

Même si ce n'était pas familier, ce n'était pas du tout désagréable. En fait, c'était très réconfortant d'être étendue, serrée dans les bras de Mulder, et d'écouter son souffle régulier près de sa tête. Pour la première fois depuis plus d'un mois, elle se réveillait parfaitement reposée.

Précautionneusement, Scully se retourna pour lui faire face. Sa bouche était légèrement ouverte, et son nez était à moitié enfoui dans l'oreiller. Il était couché sur le côté et ne portait qu'un caleçon vert qui était seulement en partie recouvert par la couverture qui lui arrivait aux hanches. De là où elle était, Scully voyait parfaitement ses bras et son torse musclés et ses cheveux noirs qui couvrait légèrement le haut de son front. Il sentait les fraises et la crème car il avait obligé d'utiliser son gel douche la veille, mais derrière ce parfum, elle sentait une autre odeur, plus forte et moins facilement identifiable : mais cette odeur lui était propre. Au fil des années, elle en était venue à associer cette odeur au réconfort et à la sécurité. Et maintenant, cette odeur la submergeait, la faisant se sentir vraiment bien.

Il ouvrit les yeux, et un mince sourire apparut sur son visage lorsqu'il vit qu'elle le regardait.

- Bonjour, beauté, dit-il en la serrant plus fort.

- Mulder, nous devons nous lever, dit-elle alors qu'il se penchait pour l'embrasser.

- Non, non, non. C'est samedi, le jour de la grasse matinée.

- Mulder…

- Scully, je ne t'ai pas vu depuis plus de cinq semaines. Est-ce que tu es en train de dire que tu n'as pas envie de rester un peu au lit avec moi ?

Et cette fois, lorsqu'il la serra contre lui, elle ne fit aucune objection.

Un peu plus tard, ils étaient tout deux assis à la petite table de la salle à manger et prenaient leur petit-déjeuner. Mulder avait mis un T-shirt par-dessus son boxer, et Scully portait une robe de chambre par-dessus son pyjama de soie, étant incapable de sortir de sa chambre avec seulement son pyjama depuis une expérience embarrassante à l'Université.

- Je pense que je vais aller m'habiller et me coiffer un peu pour aller à la morgue, dit Mulder comme s'ils parlaient de la pluie et du beau temps.

- J'espérais vraiment que tu aurais renoncé, dit Scully, bien qu'elle sache pertinemment qu'il ne l'écouterait pas. Une fois que Mulder avait décidé quelque chose, il était pratiquement impossible de l'en détourner.

- Tu n'es pas obligée de venir avec moi

- Tu sais très bien que je vais venir quand même.

- Je sais, je voulais juste pointer que c'est ton choix, de venir avec moi. Je ne te force à rien.

Il prit une gorgée du café qu'elle avait préparé un peu plus tôt, notant au passage qu'il était plus fort que d'habitude. Apparemment, elle avait tenu compte de ses plaintes à propos de son « jus de chaussettes » habituel.

Une heure plus tard, ils se tenaient devant la morgue de la ville. C'était un lourd bâtiment en briques, étrangement semblable à ses voisins. Il n'y avait aucun panneau, strictement rien pour indiquer la fonction du bâtiment. La seule chose qui leur permettait d'en deviner la fonction était le petit numéro à côté de la lourde porte de fer, numéro qui correspondait à celui qu'avait trouvé Scully sur Internet lorsqu'elle avait cherché l'adresse de la morgue.

- Charmant endroit, remarqua Mulder, sarcastique, en se garant dans l'une des nombreuses places de parking vides. Remarquant toutes les places vides autour d'eux, il ajouta :

- Ca semble assez mort.

Scully leva les yeux au ciel, et il ricana doucement en descendant de la voiture.

A l'intérieur du bâtiment, l'impression de vide semblait imprégner l'atmosphère, étouffant les deux agents. La première pièce qu'ils traversèrent était très grande, carrelée, et ne contenait que quelques chaises en métal poussées sur le côté. Le silence était complet.

Un peu agacée, quoique refusant de l'admettre, Scully s'approcha d'une grande porte en métal qui ne portait aucun panneau. Elle s'ouvrait sur un long et étroit couloir, dont le sol était couvert du même carrelage blanc cassé que la première salle.

- Il y a quelqu'un ? appela-t-elle, se demandant s'il y avait quelqu'un d'autre qu'eux dans le bâtiment.

Cependant, elle reçut une réponse quand l'une des portes sur le côté gauche du couloir s'ouvrit pour laisser passer un homme d'âge mur en tenue de nettoyage. Il dévisagea Scully à travers les verres épais de ses lunettes à mesure qu'il s'approchait d'elle.

- Puis-je vous aider ? demanda-t-il.

Apparemment, il n'avait pas l'habitude de recevoir des visiteurs, et Scully savait pourquoi : la morgue n'est pas le lieu le plus accueillant du monde.

- Oui, je suis l'Agent Spéciale Dana Scully, et voici mon partenaire, l'Agent Spécial Fox Mulder, dit Scully, en montrant Mulder qui l'avait rejoint dans le couloir. Ils montrèrent tous les deux leurs badges.

- Nous sommes du FBI, ajouta-t-elle, et nous voudrions savoir si nous pouvons jeter un œil au corps de Theresa Fowler.

- Je ne savais pas que le FBI était impliqué dans l'affaire

-Nous voudrions voir le corps, dit Mulder, éludant la question.

- Certainement. Je n'ai pas encore eu le temps de pratiquer l'autopsie. Nous avons eu beaucoup d'accidents de la route, ces derniers temps. Tous ces adolescents qui viennent d'avoir leur permis de conduire et qui se croient indestructibles. C'est triste, vraiment.

- Justement, l'Agent Scully est médecin et est parfaitement qualifiée pour pratiquer une autopsie. Je suis sur qu'elle sera prête à faire celle de Theresa Fowler, surtout si cela peut vous faire gagner du temps, dit Mulder avec un sourire radieux vers Scully qui le foudroya du regard en réponse.

Le coroner ne sembla pas remarquer l'apparente mauvaise volonté de Scully.

- Ce serait super, je déteste être en retard. Je vais vous montrer où c'est.

L'homme les conduisit le long du couloir jusqu'à une seconde porte située à quelques pas de celle dont il était sorti. Il l'ouvrit, révélant une petite salle contenant une seule table d'examen en métal en son centre. Sur le côté, il avait un certain nombre de tiroirs, certains portant un nom, d'autres temporairement vides. Le coroner chercha un instant parmi les noms avant de trouver celui de Theresa Fowler.

- La voila, annonça-t-il en ouvrant à moitié un tiroir révélant un corps recouvert d'un drap blanc. Merci de vous en occuper, Agent Scully : Michael, mon seul collègue depuis le départ de Julia, est absent depuis une semaine, et je commence à être vraiment en retard. Je suis juste à côté, si vous avez besoin de quoique ce soit.

Sur ce, il sortit, laissant Scully qui regardait toujours Mulder comme si le regarder était la meilleur façon de le faire terminer dans l'un des tiroirs réfrigérés près d'eux.

- Maintenant, tu peux faire l'autopsie comme tu le voulais, lui dit-il.

- Mulder, si je mets mon nom dans le rapport, Skinner saura que j'ai désobéi aux ordres.

- Je pense qu'il te le pardonnera, surtout si nous arrivons à résoudre cette affaire.

Il l'aida à mettre le corps sur la table d'examen.

- De toute façon, nous avons fait pire qu'autopsier un corps, et nous sommes toujours là tous les deux, alors je pense que ça devrait aller.

- Je croyais que tu ne cherchais qu'un peu de boue.

- Oui, mais c'est encore mieux. Nous allons savoir exactement de quoi elle est morte.

Mulder se retourna vers la porte.

- Une seconde, où vas-tu ?

- Je voudrais vérifier quelque chose, dit-il évasivement.

- Attends, tu ne peux pas me laisser ici.

- Calme-toi, je reviens d'ici deux heures. Appelle-moi si tu trouve quoi que ce soit d'intéressant.

- Pourquoi est-ce que je me retrouve tous les samedis à autopsier un cadavre ?

- Tu es dévouée à ton travail.

- Samedi prochain, nous ferons quelque chose de normal pour changer. Je ne veux pas voir un seul cadavre, ni même en entendre parler, d'accord ?

- Je verrais ce que je peux faire.

Mulder s'arrêta à la bibliothèque pour faire des recherches. L'une des bibliothécaires l'aida à trouver une grande partie des vieux journaux de la ville mis sur microfilms, et il commença à les visionner. Au bout de trente minutes d'infructueuses recherches, il commença à sentir la familière migraine que les gros titres défilant à cette vitesse semblaient toujours provoquer. Il releva les yeux et ajusta ses lunettes de lecture, mais le mal de tête ne s'arrangea pas. En se pinçant l'arrête du nez, il se renversa en arrière sur sa chaise. Une voix qui avait un je-ne-sais-quoi de familier le fit se redresser et manqua de la faire tomber de sa chaise. Il se tourna et vit un homme qui avait à peu près le même âge que lui. L'homme avait les cheveux noirs, et était parfaitement rasé, ce qui révélait une mâchoire assez forte. Il portait un jean ajusté et un polo orange.

- M. Hardy, je ne m'attendais pas à vous voir ici, dit l'homme.

Mulder chercha un moment dans sa mémoire avant de trouver son nom.

- Eh bien, M. Yeats, je me suis dit que si je voulais obliger mes élèves à venir à la bibliothèque, il serait de bon ton que je m'y rende moi-même de temps à autre.

- C'est très noble de votre part. Que cherchez-vous ?

- Oh, rien de très passionnant, juste quelques documents pour mes cours.

Yeats baissa les yeux et vit les quatre journaux étalés devant Mulder sur toute la table. Ils étaient tous trop récents pour avoir été mis sur microfilm. Mulder les avait récupérés car chacun parlait d'un des meurtres.

- Je suppose que vous avez trouvé tout ce qu'il vous fallait, commenta Yeats en voyant les journaux.

Mulder se maudit lui-même silencieusement en baissant les yeux à son tour et en voyant le gros titre écrit en haut de la page ouverte devant lui : « La professeure de biologie devient la quatrième victime des meurtres de l'école privée ». Il s'obligea cependant à rester impassible en répondant.

- Je voulais simplement savoir ce que les gens pensent qu'il s'est passé.

- Les gens pensent beaucoup de choses, M. Hardy, répondit Yeats. Si vous voulez mon avis, Miss Fowler n'a eu que ce qu'elle méritait.

En entendant cela, Mulder se sentit soudain très intéressé par ce que lui disait le professeur. Après tout les interrogatoires déguisés qu'il avait menés, après toutes les tentatives qu'il avait faites pour découvrir un mobile, allait-il résoudre cette affaire grâce à un prof fouineur qui avait pratiquement explosé sa couverture ?

- Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? demanda Mulder d'un ton qui se voulait désinvolte.

- Vous n'avez pas entendu la rumeur ?

- Quelle rumeur ?

- La rumeur selon laquelle Miss Fowler avait une aventure avec M. Pearson.

- Non. Qui l'a lancée ?

- Oh, presque tout le monde en parlait, surtout après que M. Jameson les aient trouvés ensemble il y a quelques mois. Naturellement, ils ont tout nié en bloc, et prétendu qu'elle « ne faisait que l'aider à ranger sa salle ». Mais ça n'a pas empêché les rumeurs de circuler.

- Comment se fait-il que je n'en n'aie pas entendu parler ?

- Probablement parce que vous êtes nouveau et que personne ne vous fait encore trop confiance.

- Vous pensez que c'est vrai ?

- Ouais, j'en suis pratiquement certain. C'est de notoriété publique que Pearson n'est pas heureux avec sa femme : il râlait à propos d'elle toute la journée en salle des professeurs. Et il semblait plutôt intéressé par Miss Fowler : il ne cherchait toujours des prétextes pour aller la voir dans sa salle ou pour lui parler après le déjeuner. En fait, la plupart des professeurs hommes de l'école étaient attirés par Miss Fowler, et ce n'est pas moi qui leur jetterais la pierre. Elle était belle à tomber par terre. Et la nouvelle prof de biologie qui vient d'être embauchée est encore mieux. Vous l'avez déjà vue.

Mulder acquiesça.

- Nous nous sommes rencontrés vendredi.

- Dans ce cas, vous voyez ce que je veux dire quand je dis qu'elle est étourdissante. J'espère seulement qu'elle est célibataire, parce que j'aimerai vraiment mieux la connaitre, si vous voyez ce que je veux dire.

Mulder eut du mal à contenir la vague de jalousie qu'il sentait bouillir dans son ventre.

- En fait, il me semble qu'elle m'a parlé d'un petit ami, dit-il.

- Les petits amis vont et viennent, répondit Yeats avec un haussement d'épaule.

S'obligeant à se concentrer sur l'affaire et non sur l'incroyable envie qu'il avait de mettre un coup de poing à l'homme assis en face de lui, Mulder demanda :

- Vous disiez que beaucoup des professeurs hommes étaient attirés par Miss Fowler. Vous pensez qu'un d'entre eux ait pu avoir une liaison avec elle ?

- J'en doute. Elle ne leur aurait pas accordé le temps d'une seule journée. Je n'ai jamais compris pourquoi elle avait fait une exception pour Pearson. En fait, je n'y aurais jamais cru si Jameson ne les avait pas vus ce jour-là.

- Au fait, qui est ce M. Jameson ? Je ne crois pas l'avoir déjà rencontré.

- C'est parce qu'il a disparu il y a environ quatre mois.

- Disparu ?

- Oui : un soir, il n'est pas rentré chez lui, alors sa femme a appelé les flics. Ils ont trouvé sa voiture juste à la sortie du bois. La batterie était morte, alors ils ont supposé qu'il avait essayé de prendre un raccourci à travers bois jusqu'à la station-service la plus proche.

- Et ils ont retrouvé son corps ?

- Non. Ils ont cherché un certain temps, mais ils ont fini par conclure qu'il a probablement fini au fond d'un marais. Vous ne voyez vraiment rien dans ces bois la nuit : c'est pas difficile de prendre un mauvais chemin et de se retrouver dans ces marais. Une fois que vous avez commencé à vous enfoncer, vous ne pouvez plus sortir.

- Mais personne ne l'a vu ou n'en a entendu parler depuis ce moment ?

- Bien sur que non : il est mort, nous le savons tous. Mais pourquoi toutes ces questions, au fait ?

- J'essaye juste de me faire une meilleure idée de l'école.

- Alors sachez que d'habitude, ce n'est pas aussi intéressant. J'enseigne dans cette école depuis pratiquement quinze ans, et il n'y avait jamais eu auparavant de disparition ou de meurtre d'élève et de professeur avant ces cinq-là. Mais maintenant, c'est la tempête. Les parents retirent leurs enfants de l'école, certaines grosses pointures menacent de retirer leur progéniture, et j'ai entendu dire qu'il était question de nous faire arrêter. Et puis la police qui ne fait rien pour arrêter ça. Ils disent qu'ils travaillent sur cette affaire, mais les gens continuent de mourir. Honnêtement, je serai surpris si cette école reste ouverte l'an prochain.

- Vous ne semblez pas si inquiet.

- J'ai un doctorat en physique théorique, M. Hardy. Croyez-moi, j'ai reçu une foule d'offres d'emplois depuis des années. Si j'étais vous, je commencerais déjà à chercher une solution de secours.

- Merci, j'y penserai.

- Bien, je vais devoir y aller. Je vous laisse retourner à vos recherches.

- Content de vous avoir vu, répondit Mulder avec une sincérité inhabituelle pour ce genre de phrase. Mais il avait vraiment apprécié parler avec Yeats : le professeur lui avait donné des renseignements précieux pour résoudre cette affaire. Désormais, Mulder avait une nouvelle théorie, il n'avait plus qu'à trouver les preuves pour la confirmer. Avec un soupir, il retourna à nauséabonde machine à microfilm et étendit sa recherche à des journaux plus anciens.