Aha ! Et voici le dernier épisode de Promesse ! Big dédicace à toutes celles et tous ceux (je sais pas s'il y a des éléments masculins, dans le tas) qui ont reviewé depuis la sortie de Promesse : lisou52, ahotep84, MissJones et Lil' Djinn. Je vous embrasse tous très fort et je vous dis à bientôt (enfin, bientôt… Faut le dire vite…) pour une longue fic à chapitres narrant ce qui s'est passé depuis Est-ce que notre avenir ressemblera à ça ?

Peter songea que le destin avait fermement décidé de lui mettre des bâtons dans les roues, lorsqu'il descendit de voiture, ce matin-là. Walter étant déjà sur place avec Astrid, il avait dû renoncer à profiter du trajet entre le labo et la scène de crime pour annoncer la grande nouvelle à son père et le calmer avant de rencontrer Broyles. Olivia s'était moquée de lui, et il s'était aperçu qu'il s'en foutait complètement parce qu'aujourd'hui il était encore plus amoureux d'elle que d'habitude –il ne voyait pas bien comment c'était possible, mais bon… À présent, alors qu'ils se penchaient tous les quatre sur la victime, il songea que ce n'était pas le moment d'annoncer un heureux événement, et fut de nouveau contraint de remettre à plus tard. N'empêche, il n'avait pas intérêt à trop tarder, sinon il allait avoir des ennuis pharamineux… Déjà qu'il n'était pas tout à fait certain que le savant fou lui pardonne de ne pas lui avoir téléphoné en pleine nuit, dès qu'il avait su… Parce que, soyons sérieux : il était absolument hors de question de lui expliquer qu'il était trop occupé à fêter ça avec Olivia pour le prévenir, hein ?

L'occasion lui fut finalement donnée aux alentours de midi. Olivia était partie interroger un suspect sans lui, elle devait passer par le bureau de Broyles en revenant et de toutes façons Walter avait besoin de lui. Astrid, de son côté, venait de sortir chercher de quoi manger, il se retrouvait donc seul avec son père pour la première fois de la journée. Et la vache, certes, mais Gene ne comptait pas vraiment. Au contraire, elle pouvait parfois être d'une grande aide en détournant au bon moment l'attention du savant fou par un beuglement judicieusement placé. Parfois, Peter se demandait sincèrement si Gene n'était pas une autre des victimes des expériences de son père… Qui sait ? Un jour, Walter avait bien coincé son esprit dans le corps d'un chat pendant quarante-huit heures –quarante-huit longues heures au cours desquelles, à de bien nombreuses reprises, il avait sincèrement envisagé le meurtre par étouffement comme une option… Alors coincer un esprit humain dans une vache…

- Qu'est-ce qui te rend si joyeux, fils ?

Arraché à ses pensées divagantes, Peter leva le nez de son écran d'ordinateur. Walter était rarement perspicace quand il était concentré sur une expérience, il ne pouvait pas l'avoir grillé aussi rapidement, si ?

- Hum ?

- Tu souris bêtement depuis un bon quart d'heure…

- Oh, ce n'est rien, des pensées stupides qui me traversent l'esprit…

Il comprit qu'il aurait mieux fait de se taire à l'instant où il eut parlé : Walter se tourna aussitôt vers lui avec un sourire réjoui, et la même expression d'Aaron quand il venait de comprendre qu'il était question de quelque chose d'intéressant, et qu'il comptait bien se faire expliquer de quoi il s'agissait. Pas bon, ça…

- Quel genre de pensées stupides ?

- Tu ne veux pas le savoir, et tu as une affaire en cours !

- Le mort peut attendre, ça m'intéresse.

- Moi pas. Mais si tu veux tout savoir, je repensais à cette désastreuse expérience incluant un chat et mon esprit se baladant hors de mon corps… !

- Oh…

Se souvenant avec la précision que confèrent les grosses émotions de la colère de Peter suite à cet incident –bien qu'il n'ait jamais vraiment compris en quoi toute cette affaire pouvait bien être si dramatique dans la mesure où les choses avaient fini par rentrer dans l'ordre-, Walter préféra abandonner la conversation et retourner à son cadavre. Peter, qui avait définitivement cessé de travailler, le regarda pendant quelques minutes, pesant le pour et le contre. Finalement, il se lança :

- Hum… Walter ?

- Je travaille, je travaille.

- J'ai vu. C'est bien. Tu peux… Lâcher ce scalpel deux minutes, tu me rends nerveux ?

- Je peux t'écouter et travailler en même temps.

Peter leva les yeux au plafond, aussi amusé qu'exaspéré.

- Je ne sais pas si tu t'en rends compte, mais parfois, quand on se parle, j'ai l'impression d'avoir une conversation avec mon fils de cinq ans…

- Oh, ça me fait penser que j'ai fini d'améliorer son train électrique, s'exclama aussitôt Walter, en lâchant son scalpel pour courir à l'autre bout du labo, abandonnant dans son sillage ses gants de chirurgien ensanglantés.

- Walter…

Complètement sourd aux protestations de son fils, le savant fou farfouilla durant quelques minutes dans divers cartons et caisses, et revint avec une petite locomotive, cadeau de Noël offert à son petit-fils deux ans plus tôt.

- J'ai retiré la pile, il a tendance à se mettre en marche tout seul et ça peut devenir dangereux…

Peter se pinça l'arrête du nez.

- Dangereux ? Walter, tu te fous de moi ? Tu as vraiment transformé le jouet préféré d'Aaron en quelque chose de dangereux ?

- Pardon, j'ai dis dangereux ? Je voulais dire un tout petit peu risqué. Si tu attends qu'il soit sur les rails pour le mettre en marche, ça va très bien. Enfin, à condition que personne ne laisse traîner ses doigts ou ses orteils sur le chemin de la locomotive… Ou n'importe quelle autre partie de son corps, d'ailleurs…

Le fils du savant fou s'obligea à inspirer et à expirer profondément, deux fois, avant de prendre son père par les épaules pour le regarder bien en face.

- Walter, je ne peux pas permettre que des objets dangereux traînent parmi les jouets de mon petit garçon, a fortiori dans la mesure où un bébé touche à tout pourrait très facilement se retrouver –comment tu as formulé ça, déjà ? Ah, oui : « sur le chemin de la locomotive » !

- Voyons, Peter, s'exclama son père en serrant le jouet contre lui comme s'il craignait de le voir confisquer d'un instant à l'autre. Aaron est un garçon sensé qui sait respecter quelques simples règles de sécurité. Et d'ailleurs il n'est plus un bébé touche à tout depuis longtemps, ou alors sous estimes grandement ses capacités intellectuelles…

Tout en parlant, le savant fou avait tourné le dos à son fils et s'était éloigné vers son bureau, probablement dans l'intention de bouder en bricolant, de bricoler en boudant, de faire un paquet cadeau et de bouder en même temps, ou n'importe quoi d'autre qui puisse se faire en boudant. Peter croisa les bras sur sa poitrine avec un grand soupir.

- Je ne pensais pas à Aaron, Walter !

Le dis Walter se figea sur place, un pied à mi-chemin du sol. Dans cette position, il lui fut impossible de conserver bien longtemps son équilibre, et il faillit tomber, d'autant plus qu'il essayait de se retourner en même temps pour faire face à Peter.

- Qu'est-ce que tu dis ?

- Réfléchis cinq minutes, tu es sensé être un génie, tu devrais trouver tout seul…

- Peter ! C'est pas drôle !

« Définitivement Aaron quand on se moque de lui », songea le jeune homme, pris d'une soudaine bouffée de tendresse, tant à l'égard du vieil homme un peu frappé qui lui tenait lieu de père qu'à celui du petit bonhomme haut comme trois pommes et malin comme un singe qu'il avait le bonheur d'appeler son fils. Souriant, il décroisa les bras, mit ses mains dans les poches de son pantalon et lança, l'air de rien, en regardant ailleurs :

- Olivia attend un bébé…

Il se rendit bien compte qu'il était incapable de maîtriser l'onde de joie pure qui déferlait en lui et illuminait son visage simplement lorsqu'il prononçait cette phrase. Levant les yeux, il croisa le regard de Walter et y aperçut une étincelle de bonheur complètement indépendante de sa folie latente. Et, en dehors du fait de songer qu'il allait être père une deuxième fois, qu'il allait avoir un autre bébé avec Olivia, il n'y avait pas grand chose qui pouvait rendre Peter aussi heureux que le fait de prononcer une phrase qui efface, le temps d'un instant, la folie de Walter.

Puis, le moment de grâce passa, et son père se mit à bondir dans tout le laboratoire en poussant des cris de joie auxquels Gene ne tarda pas à joindre sa voix. Peter dut faire preuve de toute la patience du monde pour l'empêcher d'endommager une part non négligeable du matériel coûteux qui se trouvait là. Heureusement pour lui, Astrid ne tarda pas à rentrer de ses courses et, ensembles, ils parvinrent à maîtriser Walter. Ils allèrent même jusqu'à l'amadouer avec des sucreries pour le faire asseoir. Ce n'est qu'une fois le savant fou calmé et occupé avec un paquet de fraises Tagada qu'Astrid se permit de demander, tout en s'épongeant le front avec sa manche :

- Et je peux savoir ce qui l'a mis dans cet état ?

- JE VAIS ÊTRE GRAND-PÈRE ENCORE UNE FOIS !, hurla Walter en guise de réponse.

Bien. Au moins, comme ça, tout Harvard était au courant, c'était toujours ça de fait.