Yami Flo présente

Lettres Mortes : Samouraïs

YST : Alternate Saga

Livre 1 : Genèse

Résumé de Alternate Saga : Dans un univers où les héros ont échoué et où Arago a étendu sa domination à la Terre, tout espoir n'est peut-être pas perdu. Car les armures ne sont pas entre ses mains, et certaines ont déjà choisies de nouveaux porteurs, dont les visages pourraient être étrangement familiers à certains…

Genre : AU basé sur « et si les Samourais avaient échoué ? ». Univers plus ou moins apocalyptique, mort, violence, flashbacks, destruction, langage, relations sexuelles (enfin, ça aurait pu si ça avait décollé), nombreux OCs, réutilisation de personnages canon (qui n'apparaissent pas dans la série, mais qui ont une existence officielle)…

Histoire écrite en 2005, ça a été mon « bébé » pendant un temps. En tout cas, ce fut l'un des UA dans lequel je me suis le plus investi…

Chapitre 2 : Yomigaere, Tenku No Yoroi !

(Réveil-toi, armure de Tenku !)

Le destin était un peu comme un jeu, un jeu dangereux qu'il n'est jamais bon de croire, car il peut se révéler traître. La roue tournait, inlassablement. Si les démons avaient gagné hier, gagneraient-ils demain ? Et à l'inverse, les hommes glorieux d'autrefois deviendraient-ils les monstres de l'avenir ? Les armures étaient nées d'Arago, nul ne pouvait le nier. Mais, la soif de pouvoir pouvait-elle quoique ce soit sur un esprit juste ?

Le prélude à la bataille était amorcé. Le temps des conflits prenait place, et les armures reprenaient vie en ce bas monde, sur les épaules de nouveaux porteurs…


La nuit était d'ébène. Le mal flottait dans l'air. C'était ainsi depuis de nombreuses années et, désormais, les humains y prenaient à peine garde. Non pas qu'ils s'y habituaient, mais ils avaient appris à se taire, à courber l'échine et à tout supporter sous peine de voir leur sort devenir pire que l'enfer et la mort.

Durant la nuit, plus de youja et divers démons arpentaient les rues et les terres, et les hommes sages évitaient de mettre les pieds dehors s'ils tenaient à rester en vie. Dans les villes, les choses n'allaient pas jusque là. Les massacres n'y étaient pas nombreux, mais retrouver des cadavres désarticulés au coin d'une rue n'avait rien de surprenant.

Pourtant, même pour les dormeurs, les choses n'étaient pas tranquilles.

Camille frissonnait. Mais ce n'était pas le froid qui agitait son corps de tremblements, bien au contraire. C'était la peur. Dans son sommeil, l'adolescente à la chevelure rose se retournait sans cesse, en proie à des terreurs secrètes que l'observateur anonyme serait bien en peine de comprendre. Mais, pour la silhouette sombre qui se profilait à la fenêtre, ces terreurs nocturnes revêtaient un sens distinct. Le corps de l'occidentale s'arqua brusquement, et un cri assourdissant franchi ses lèvres.


Courir. Courir encore et toujours plus vite. Où court-elle ? Elle n'en sait rien. Mais elle sait qu'elle ne doit pas s'arrêter. Sa vie en dépend. L'avenir en dépend. Elle doit y arriver. Elle doit rejoindre le lieu convenu. Pour former le sceau. Pour sauver des vies. C'est leur dernier recours avant la fni. Pour ceux qu'ils aiment. Ils sont tous prêts à faire un ultime sacrifice.

Elle l'aperçoit, ça y est ! Cet immeuble…elle saute, elle rebondit contre les façades des bâtiments alentours. Elle n'a pas peur. C'est devenu naturel pour elle, presque une seconde nature. Elle est enfin au sommet. Elle regarde au loin, vers le Nord, vers l'Est, vers l'Ouest. Elle voit les faibles lueurs en haut des grattes ciel, et elle sourit.

Elle sait que ces amis y sont parvenus. Eux aussi attendent. Loin, dans les profondeurs de la ville, une colonne rouge apparaît. Elle tombe à genoux, et se met à prier. Désormais, même si elle meure, elle sait que rien n'aura été en vain. L'humanité bénéficiera d'un court répit. Un choc dans son dos la propulse sur le sol de béton. Elle ne peut saisir son arme.

Elle est à terre. Une voix se fait entendre à son oreille. Quelqu'un la retourne sur le dos. Elle ne peut plus bouger. Elle sait que la fin est finalement là. Elle ferme les yeux. Elle a peur, mais elle s'efforce de le cacher. Elle ne fera pas ce plaisir à son tortionnaire.

-Ils sont déjà morts, tu sais. Kourin, Kongo,…Maintenant, c'est ton tour.

La voix ne reflète ni animosité, ni malice. Elle est neutre. Son ennemi obéit aux ordres, c'est tout. Elle ouvre les yeux, elle veut voir celui qui va la détruire, celui qui va la tuer. Son regard n'est pas haineux. Il est, au contraire, chargé de regret.

Mais elle doit mal voir. Après tout, cet homme est leur ennemi, c'est un démon…Ou un humain ? Shuten était humain, sous son casque. Peut-être l'est-il aussi, et ses compagnons avec lui ? Elle ne le saura jamais pour sûr, maintenant. Un petit mystère qu'elle n'éclaircira jamais.

Une épée se dresse. L'homme, si s'en est un, qui se tient au-dessus de lui, hoche vaguement la tête. Il ne porte pas le coup tout de suite. Respect pour cet adversaire qu'il va mettre à mort ? Arrière pensée à l'idée de se débarrasser d'elle ? Elle ne saurait le dire. Et puis, cela a-t-il une quelconque importance, maintenant ?

-Adieu…Tenku no Touma !

Et la lame s'enfonça dans sa poitrine. Le goût du sang envahi sa bouche. Celle-ci s'ouvre sur un cri silencieux…


-NOOOOOOOOOOONNNNNNNNNNNNNNNN N !

Le hurlement échappa à Camille bien malgré elle. La jeune fille s'était brusquement redressée sur son lit, haletante, trempée de sueur. Sa respiration saccadée ne se calmait pas, malgré ses efforts. Des larmes perlèrent aux coins de ses yeux.

Elle avait vu la mort. Elle s'était vue mourir. Non, pas elle, se corrigea-t-elle. Elle avait vu la mort par les yeux d'une autre personne. Tremblante, incapable de raisonner, elle resserra ses bras autour d'elle. Perdue dans ses terreurs, elle ne remarqua pas la faible lueur bleutée qui s'échappait de la petite commode à côté de son lit.

Si elle avait jeté un coup d'œil par la fenêtre, elle aurait certainement vu, au milieu de la cour, devant la petite chapelle où s'officiaient les messes, la silhouette assombrie d'une adolescente nattée, qui regardait vers la fenêtre de sa chambre avec insistance.

La porte de sa chambre s'ouvrit à la volée. Une femme brune se dessina dans l'encadrement, vêtue seulement d'une longue chemise de nuit.

-Camille, tout va bien ? Je t'ai entendu hurler, s'enquit la femme. Que c'est-il donc passé ?

-Ma…maman, sanglota l'adolescente avant de quitter le lit vivement.

Maman…Sœur Marie-Angélique se figea en plein milieu de ses mouvements en entendant ce mot dans la bouche de l'adolescente. Elle regarda Camille avec surprise et…douceur.

Se prenant à demi les pieds dans les couvertures, elle s'écroula en pleurant dans les bras de la femme qu'elle considérait comme sa mère. Sœur Marie-Angélique était surprise de ce débordement, mais néanmoins, elle n'en laissa rien paraître et, s'asseyant au bord du lit, entreprit de bercer la jeune orpheline contre elle pour la calmer.

Elle fredonna à voix basse une vieille berceuse, espérant ainsi l'aider à se calmer. Ceci faisant, elle réfléchissait.

Autrefois, elle avait été mère. Mais son enfant n'avait guère vécu vieux, tué dans un accident de la circulation avec son père. Et elle, minée par le chagrin, avait senti l'appel, s'était réfugiée dans la prière et était devenue religieuse. Elle travaillait dans un orphelinat, adjacent à l'église où elle s'était retirée. Ne s'attachant pas plus que cela aux enfants, sachant qu'elle les verrait vite partir.

Eternellement triste et seule.

Et Camille était arrivée.

Sœur Marie-Angélique l'avait connu nourrisson. C'était elle qui l'avait découverte, un beau matin, au pas de la porte du couvent. Elle avait longuement cherché les parents du nouveau-né, qui n'était guère âgé de plus de quelques semaines, espérant redonner au petit être innocent un foyer. La police avait pris le relais quand elle avait échoué.

Et quand les recherches s'étaient finalement arrêtée, sans avoir rien donner, quand rien ne put être apporter pour déterminer l'identité du bébé, elle lui avait donné des prénoms, un nom de famille, et l'avait considérée comme son propre enfant.

Camille Angélique Marie Grandier était presque sa fille, dans le fond.

Et le temps avait passé. Camille avait grandi à ses côtés, suivant son exemple, sans jamais oublier qu'elle était avant tout une épouse de Dieu, et non sa véritable mère. Qu'un jour, elle pourrait être adoptée. Mais ce jour n'était jamais venu. Et Camille était demeurée avec elle et les autres sœurs du couvent, les accompagnant même jusqu'au Japon.

Parfois, sœur Marie-Angélique songeait qu'il y avait bien plus que son affection pour ses tutrices qui avait poussé l'adolescente aux cheveux roses à les suivre à l'autre bout du monde. Un appel du destin ? Un commandement de Dieu ? Qui pouvait le dire, dans le fond ?

Qui pouvait savoir ? Certainement pas elle. Mais elle le sentait parfois. Camille était destinée à faire de grandes choses. En bien ou en mal, elle l'ignorait, mais tout au fond d'elle, elle le savait. Camille se serra plus près d'elle et commença à parler.

-J'ai…j'ai vu la mort, Maman, sanglota la jeune fille de plus belle. Cet homme…l'armure…Il m'a tué…l'épée…mal…pouvait plus respirer…du sang…partout…la lumière…

-Chut, mon enfant, chut. Tout va bien, ce n'était qu'un mauvais rêve. Tu es vivante. Bien vivante, dans ton lit.

Camille releva la tête vers elle. Ses yeux étaient dilatés par la peur.

-Mais…c'était si réel !

-Ce n'est rien, Camille. Tu vas bien. Je vais bien. Nous allons toutes très bien. Les enfants n'ont rien. Tu as juste fait un rêve.

-Oui…oui…juste un rêve, murmura finalement la jeune fille en frissonnant. Je…je suis désolée de vous avoir réveiller, ma sœur, ajouta-t-elle, un peu plus calme.

-Ce n'est rien, fit Sœur Marie-Angélique avec un sourire indulgent. Ce ne sera pas la première fois, et probablement pas la dernière non plus.

Ah, ça…Quand Camille faisait un cauchemar, elle avait le don de réveiller n'importe qui. C'était une chose que les religieuses avaient apprise rapidement au cours des années.

Gentiment, elle recoucha Camille dans le lit, réarrangea les couvertures, embrassa la jeune fille sur le front et sortie. Elle ne pouvait faire plus. Camille n'était plus une enfant, et elle devait affronter ses peurs.

Sans le savoir, l'une des pires terreurs de la jeune fille allait bientôt se réaliser. Sur la table de chevet, l'orbe bleu scintillait doucement, et dans ses profondeurs, l'observateur averti aurait pu apercevoir un kanji chatoyant, semblant irradiait la jeune fille à nouveau endormie de sa lumière.


La salle du trône du palais de l'Empereur des Youjas était plongée dans l'obscurité. Pas une seule flamme ne l'éclairait de sa lumière. Mais il y avait bien quelqu'un. Et ce quelqu'un, c'était l'Empereur lui-même, perdu dans ses pensées.

-Cette sensation…C'est une armure, j'en suis persuadé. Mais c'était différent…Que se passe-t-il ? Le porteur rejetterait-il l'appel ? Intéressant…Il faut que j'en aie le cœur net. Mais qui envoyé ? Mes Mashos ne sont pas la discrétion même, ils ne conviendraient pas pour ce genre de mission. Alors, qui ? Kayura ? Non, ce serait révélé trop tôt une de mes meilleures cartes. Qui pourrait… ? Ah, ça y est, je sais !

Un appel retentit dans le palais silencieux.

-Gashura ! Je t'appelle !

Un instant plus tard, glissant de l'ombre comme s'il en avait toujours fait parti, un homme se trouvait agenouillé devant l'Empereur Arago. Enfin, un homme…Il s'agissait d'un youja, mais il ne ressemblait pas à la majeure partie de ses congénères. Au contraire, l'armure abritant son esprit était moins massive, plus discrète…

-Que puis-je pour votre service, Arago-sama ?


Tranquillement, la jeune fille marchait dans les rues de la ville, les mains dans les poches, comme si de rien n'était. Parfois, elle apercevait un youja ou deux aux intersections des rues, mais elle n'y prêtait pas attention outre mesure. Tout au plus se contentait-elle de faire taire ses instincts qui lui disaient de les détruire à vue, de la façon la plus abominable et douloureuse possible.

Elle secoua la tête avec irritation. Parfois, ces instincts l'énervaient plus qu'autre chose. Surtout lorsqu'elle devait restée discrète, comme maintenant. Serrant les dents en voyant l'une de ces armures démoniaques maltraiter un homme, elle quitta rapidement la rue principale pour s'engager dans une mince allée.

Au bout de quelques mètres, elle tomba sur un petit bar. Elle le regarda d'un air critique. C'était un vieux bâtiment quelque peu miteux, rien à voir avec celui dans lequel elle avait rencontré Sora la veille au soir.

Sora…Elle sourit. Ce garçon était plutôt mignon. Gentil, aussi. Elle se demanda vaguement ce qu'en dirait sa camarade. Kongo ne manquait jamais de flair concernant le caractère des individus. Si elle approuvait Sora, alors elle serait plus qu'heureuse d'avoir un flirt pour se détendre. Dommage qu'elle soit toujours à Tokyo…

L'espace d'une minute, une curieuse sensation lui étreignit le cœur. S'en était-elle tirée contre les youjas ? Avait-elle été blessée ? Etait-elle morte ? La dernière idée lui donna envie de se gifler. On parlait de Kongo, allons. Elle ne se laisserait pas avoir si facilement…Si elle se laissait seulement avoir.

Sarcastiquement, une petite voix au fin fond de son esprit lui fit remarquer qu'elle pensait la même chose de son Grand Frère, et que ce n'était pas ça qui l'avait empêché de se faire assassiné par ces fichus démons…

Une larme roula sur sa joue. Même cinq ans après, elle ne parvenait pas à oublier. Et elle ne le pourrait sans doute jamais, même si elle en avait l'envie un jour. Car sa haine et sa tristesse étaient ses raisons de se battre contre ces monstres qui lui avaient pris un être cher.

Essuyant sa joue avec le revers de sa main, elle pénétra dans le pub, s'avança jusqu'au bar et interpella le barman.

-Pourrais-je utilisé votre téléphone, s'il vous plaît ?

Le barman, un homme chauve entre deux âges, lui lança un regard perçant. La jeune fille le soutient du mieux qu'elle put. Et certains disaient que son regard à elle était terrifiant !

-Vous consommez quelque chose, Mlle… ?

-Meikaeru, répondit-elle avec indifférence.

-Meikaeru, murmura-t-il pour lui-même. Ce n'est pas courrant.

-C'est comme ça, fit-elle en hochant les épaules. Je prendrais un verre de sake.

Le barman hocha la tête et sortit la bouteille, versant généreusement l'alcool de riz dans une coup sur le comptoir.

-Le téléphone se trouve dans le fond à gauche. Vous ne pouvez pas le manquer. Cependant, vous aurez peut-être des difficultés à joindre votre correspondant.

-Pourquoi ? Il y a plus de youjas en ville dernièrement, demanda-t-elle innocemment ?

-On dit qu'il y a un maître assassin avec son escouade qui fait une enquête. Plusieurs de mes clients ont été assez secoués par la rencontre. Si j'étais à votre place, Mam'selle, je ne m'attarderais pas ici.

-Merci de votre sollicitude, Monsieur. Ne vous inquiétez pas, je n'en ai pas pour longtemps.

Elle but sa commande, songeuse. Qui pouvez bien être venu à Kobe ? Et pourquoi ? Ce n'est pas comme si quelqu'un d'autre pouvait se douter que…

Elle faillit s'étouffer quand elle fut frappée par la réalisation. La fille n'avait aucun contrôle sur l'armure, elle n'y était pas totalement liée. Mais l'armure cherchait tout de même à la contacter, si ce qu'elle avait senti hier devant l'orphelinat était juste. Stupide ! Comment avait-elle pu penser qu'elle était la seule à avoir senti la manifestation de Tenku ?!

Arago savait que Tenku était là. Et il venait en force le récupérer. Elle sauta du tabouret et se dirigea vers le téléphone, tapant rapidement le numéro. Pas un instant à perdre. Mettre les autres au courrant, puis filer retrouver cette gamine, Kamiiyu. Avec de la chance, elle arriverait avant que les choses ne deviennent chaotiques.

La sonnerie retentit trois fois. Finalement, quelqu'un reçu l'appel.

-Allô ?

-Hi, Kazu-kun ! C'est Midori-chan ! Comment ça va ?

-Oh, salut Midori ! Comment se passe ton séjour à Kobe ?

-Bien, bien. Tu verrais leurs boutiques on y trouve vraiment tout ce qu'on cherche. C'est autre chose que Tokyo, tu peux me croire.

-Nous n'y pouvons rien si Tokyo est plus touché par la foule que Kobe ou Nagoya.

-Si tu le dis.

-Tu veux que je te passe Aï-chan ?

-Oui, ce serait très gentil de ta part.

La minute d'après, une voix féminine au combien familière se faisait entendre au bout du fil.

-Yo, Midori.

-Salut Aï. Ravie d'entendre ta voix à nouveau. J'en conclu que tout c'est bien passé ?

-Absolument. J'ai gagné ce match haut la main. Ils n'ont même pas venu venir ce qui les a frappé.

-Je n'en doute pas.

Sa voix avait pris une intonation urgente. Kongo dut le sentir aussi, car elle cessa immédiatement de parler de ce ton gai qu'elle avait adopté pour banalisé la conversation.

-Tu as des problèmes.

-J'ai bien trouvé ce que nous cherchions. Mais je ne suis pas la seule.

-Comment ?

-Décharge énergétique de l'armure vers son porteur, apparemment. Et je ne suis pas la seule à l'avoir senti, comme je l'avais imaginé au début. Il y a du monde sur le coup.

-Combien ?

-Une dizaine de gars facilement. Plus un assassin.

-C'est pas bon, ça, maugréa 'Aï'. Ecoutes, va la chercher, embarque-la de force s'il le faut, mais met la en sûreté. Essaies de rester discrète, mais si ça ne marche pas, tu as ma bénédiction pour foncer dans le tas.

-Okay. Je ferais vite.

-Tu penses pouvoir rejoindre la base de Tokyo par tes propres moyens ?

-Non, trop loin. Je ne pourrais pas avancé jusque là avec elle s'ils sont sur nos traces. Je vais rejoindre Akimura et me débrouiller avec lui pour gagner le point de rendez-vous 3.

-Entendu, je vous rejoindrais là-bas. Et, Kourin ?

-Oui ?

-Evites de te faire tuer, tu veux ?

Kourin eut un curieux sourire.

-T'inquiètes pas pour ça.

Et elle raccrocha.


(Ici, un passage qui n'a jamais été écrit. Pour résumé, disons que d'une façon ou d'une autre, Gashura a trouvé la piste de Camille, mais que Kourin est intervenu à temps pour éviter un désastre.

Reprenons l'histoire avec la scène finale du chapitre – et oui, je n'écris pas forcément de façon linéaire, surtout si j'ai plus d'idées pour une scène que pour une autre.)


Camille trembla quand le guerrier en armure verte se tourna vers elle et l'observa attentivement, laissant errer son regard sur sa jambe blessée, que sa robe avait découverte en se relevant jusqu'à mi-cuisse. Rougissante, Camille la rabaissa et la plaqua avec ses deux mains.

-Est-ce que tu peux marcher ? Où est-ce que ta jambe te fait trop mal pour ça ?

Camille sursauta en entendant l'armure lui parler. Non, elle savait qu'il s'agissait d'un être humain sous le métal, elle le sentait. Ce n'était pas une de ces armures corrompues par le mal qu'elle croisait si souvent. Et cette personne l'avait protégé…

Doucement, l'homme en armure s'approcha d'elle. Tremblante, elle recula un peu, sans le quitter du regard. Elle crut percevoir un battement de paupière derrière le masque sans émotion de l'armure.

-Je te fais peur ? Tu n'as aucune raison, tu sais. Attends…

Camille le vit porter les mains à son casque et incliner légèrement la tête. Elle entendit un tintement métallique quand le masque se sépara en deux, et finalement l'homme –non, la jeune fille – dégagea une longue natte noire de son dos, secouant la tête.

-Tu…Tu es une fille ?

La question lui parut stupide, mais elle n'avait pas pu se retenir de la poser.

-Bien sûr. Tu ne l'avais pas remarqué, s'étonna la fille – comment avait-elle dit qu'elle s'appelait, déjà ? A bien y réfléchir, elle n'avait pas donné de nom…

Camille cligna des yeux, frappée par le côté saugrenu de la question. D'un certain côté, il était évident que le guerrier qui l'avait secouru était une jeune femme : une taille mince, des membres fins même si on devinait leur musculature, une voix plus aigu que bien des hommes, une manière de bouger gracieuse…De l'autre, on imaginait mal un visage féminin se cachant sous cette armure, surtout après qu'elle est…

-Ta voix…avec l'armure sur le dos était très grave. Et comme elle n'a pas un design très féminin…Je, je suis désolée si je t'ai offensé…

-Je vois, fit pensivement la brune. Ce qui signifie qu'il a aussi de fortes chances pour que les youjas n'aient rien remarqué non plus. Hum, c'est plutôt une bonne nouvelle…Et je ne suis pas du tout offensée par ton erreur, je la trouve même…amusante.

-Je suis, comme l'a dit Gashura, Kourin. Je suis le guerrier de la Lumière. Et si je suis venue ici, c'est pour te chercher, guerrière de Tenku.

-Moi ? Une guerrière ? Tenku ?

-Oui. Tu es la nouvelle élue, choisie par l'armure pour la porter. Tu es Tenku, le guerrier du Ciel.

Camille donna l'impression d'être frappée par la foudre. Tremblante, elle recula de deux pas, secouant frénétiquement la tête de droite à gauche.

-Non…non…Tu mens !

Kourin regarda l'adolescente en face d'elle avec un étrange mélange de pitié et de résolution. Comme l'avait dit Jun, Camille était une jeune fille sensible et assez fragile. Pas du tout une combattante. Pourtant, elle était l'élue. C'était son destin de porter l'armure.

Mais, l'accepterait-elle ? La bataille qui venait de se dérouler dans les rues de Kobe l'avait marqué.

-Je ne te mens pas, Kamiiyu-chan. Après tout, tu as l'orbe.

Camille porta instinctivement une main à sa poche.

-Ce…cet objet ? C'est sûr cela que tu te bases pour dire que… ?

-Oui. C'est l'armure, sous une autre forme.

-Si ce que tu dis est vrai…comment as-tu su que je l'avais en ma possession ?

-Jun-kun nous l'a dit.

-Jun ?

Kourin hocha solennellement la tête. Camille se sentit toute drôle. Jun-kun, son petit Jun, le garçonnet dont elle s'occupait si souvent, à qui elle racontait des histoires, l'avait dénoncé…non, pas dénoncé, le mot était trop fort…à cette fille et à ses amis ?

-Nous ne nous étions pas trompé, sourit Kourin. Tu es des notre, Kamiiyu. Combattant le mal avec Connaissance, tu es Tenku no Kamiiyu.

Camille cligna des yeux. Une fois. Deux fois. Et elle s'effondra au sol, complètement assommée par la nouvelle et par les derniers événements.

Ce n'était pas vrai. C'était impossible. Elle n'était pas une guerrière. Elle n'était qu'une banale adolescente comme les autres pas…pas une machine à tuer ! C'était faux ! Cette fille mentait ! Elle devait mentir ! Ce n'était pas possible !

Mais, dans sa tête, une petite voix sarcastique lui fit remarquer que Arago et le Youjakai étaient bien réels, eux. A quoi bon douter ?

Une unique larme roula sur sa joue. Elle ne su jamais très exactement ce qui se passa par la suite. Uniquement qu'elle se sentit partir en arrière, et que seul un bras passé autour de sa taille l'empêcha de heurter le sol alors qu'elle s'évanouissait, abandonnant son esprit troublé aux bienfaits de l'inconscience.


(Et voilà. C'est ici que s'arrête ce que j'avais écris pour Alternate Saga, malgré un découpage en chapitres et un vague plan pour continuer. Mince, j'avais même des fiches techniques plus ou moins complètes sur les cinq nouveaux porteurs ! J'ai fini par perdre l'inspiration et tout laisser tomber. Dommage, mais bon, je me console en me disant que j'avais fait de mon mieux.

Pour ceux qui n'auraient pas compris ou qui n'ont pas eu accès à toutes les infos de background de la série, Kongo et Kourin sont Rinfi et Satsuki, les soeurs officielles de Shuu et Seiji. Je me disais que les armures pouvaient bien rester dans la famille.

Au revoir... et à bientôt.)