N d' A :Bonjour, je sais que ce n'est pas raisonnable mais voici une nouvelle histoire, j'espère qu'elle vous plaira. Si vous avez des remarques j'en prendrais note, de même si vous croisez des fautes d'orthographe merci de les signaler.

A mes lecteurs et pour ma jumelle Merci.

Les personnages de cette fisc ne m'appartiennent pas sauf Kinuko et Arima.

Et avant qu'on ne pose la question non Kinuko ce n'est pas moi mais un personnage de fiction que j'ai créé.


Labyrinthe de soie

La femme regarda son jardin à travers la baie vitrée et pencha un peu la tête sur le coté. Pas que l'enclos de verdure soit négligé ou peu esthétique mais il dégageait une austère solitude. Comme sa maison vide. Elle se laissa tomber dans son canapé et ramassa son téléphone. Elle fit le numéro deux amies qui pourraient peut être tromper son ennui, mais aucune n'était disponible. Elle contempla songeuse le combiné. Il y avait bien une amie qui répondrait à son appel, encore. Elle soupira, elle aimait beaucoup cette jeune femme qui répondait à ses coups de bleus, mais c'était peut être exagérer de la déranger encore une fois. Elle avait l'impression d'être égoïste, après tout son amie était jeune et avait sa vie.

Depuis plus d'un an elle côtoyait cette jeune femme, elles s'étaient rencontrées par des connaissances communes qui avaient voulu la sortir. Des vieilles camarades de classe qui l'appelaient encore par son nom de jeune fille. Elle poussa un long soupir. Kinu chan aurait presque pu être sa fille, elle avait même envisagé de la présenter à son fils. Sauf quelle était son amie et sa confidente sur les désillusions de son mariage. Dans cet ordre des choses elle n'osait même pas imaginer lui proposer de vivre la même déchéance avec un Toya. Elle était mère mais d'un joueur de go qui à l'instar de son époux ferait peu de cas de sa famille.

En plus Kinuko lui avait dit avoir un enfant et ne pas vouloir d'un époux. Une fille moderne capable de dire qu'un homme serait surtout un bagage encombrant dans son existence.

La femme sourit puis prit un rendez vous pour aller se changer les idées.


La jeune femme marchait dans les rues une fois de plus. Elle était pressée mais pourtant elle n'avait pu résister à l'envie de se balader dans ce quartier. Pourquoi ? Parce qu'il y avait quelques mois alors qu'elle était dans une boutique, elle avait cru apercevoir une personne particulière. Le temps de sortir elle l'avait perdue de vue mais elle était certaine que ce n'était pas un inconnu. Alors depuis à chaque fois qu'elle était dans le secteur elle passait se promener dans ce quartier. La personne qu'elle cherchait lui avait semblée accompagnée d'un adolescents aux mèches décolorées, c'était assez peu typique ainsi que ses vêtements pour que sa mémoire en garde le détail. Depuis il lui arrivait de croiser le garçon mais seul. Peut être n'y avait il aucun lien. C'était dommage, il faudrait sans doute qu'elle se fasse une raison, elle avait peut être rêvé cette personne. Ce serait sans doute plus probable, en tous cas plus raisonnable.

Elle vit le garçon passer devant elle pour se rendre à l'institue de Go, une coïncidence peut être, lui aussi il aimait le go. Elle devait être fatiguée. Après tout comment cette si veille connaissance aurait elle pu se trouver ici.

Elle pressa le pas vers le métro pour rejoindre son rendez vous. Akiko était une dame charmante dont elle appréciait la compagnie. Elles avaient peu en commun si on les regardait de près, l'enfant de l'automne et la fille de soie même leur prénom avait des images bien différentes.


Dans les rues de tokyo il marchait le nez levé sur les bâtiments autour de lui, il cherchait un nouveau magasin. Pas qu'il soit vraiment nouveau mais le propriétaire s'était déplacé avec son échoppe depuis Kyoto. Son plan en main il repéra le Mc do, la librairie et en poussant un peu plus la fédération de go. Il s'amusa en réalisant qu'il se tenait devant. Donc si il réfléchissait il devait aller par là non ? Toute à sa réflexion il ne vit pas un adolescent qui lui fonçait dessus. Ils se percutèrent et se trouvèrent assis sur le sol. Le garçon bondit sur ses pieds en s'excusant, stoppa net sa phrase et lui tendit la main comme à un ami. Le contact de sa peau le fit frémir, cette empreinte, ce petit parfum étrange, cette infime sensation, la marque d'une exception. Cet adolescent conservait sur lui la trace d'un fantôme ou de quelque chose d'avoisinant. Surpris il resta un instant indécis, le garçon l'attrapa par le poignet et le tira vivement à sa suite.

« Qu'est ce que tu fous ! Viens ! »

Sans savoir pourquoi il se trouva tiré dans le bâtiment de l'institut de go. Son guide le catapultant presque devant un goban ou un adversaire l'attendait la mine peu réjouie. D'ailleurs les rares regards qu'il avait interceptés n'étaient pas vraiment amicaux. Hostile, froid, distant, sa mère lui avait toujours dit que les joueurs de go étaient désespérant, mais il n'aurait pas imaginé à ce point. Il sursauta quand le joueur en face de lui s'inclina pour lui souhaiter bonne partie, il en fit autant en souriant. Son adversaire le regarda bizarrement. Enfin ils commencèrent à jouer. Pas qu'il n'aima pas le go, sauf qu'il jouait généralement pour s'amuser, c'était pas sensé être un jeu le go ?

Ne voulant pas créer d'incident diplomatique il fit ce qu'on semblait attendre de lui, sauf qu'il s'ennuyait ferme. Ce n'était pas très gentil mais celui en face tirait une tronche pas possible, son jeu était triste, pas comme celui qu'il affrontait d'habitude sous un adorable sourire féminin. Il regarda dans la salle, ce devait être jour de deuil pour qu'ils aient tous des têtes d'enterrement. Il suivait le jeu assez facilement presque trop, normalement il aurait dû plus réfléchir et batailler. Enfin son adversaire abandonna lui laissant un sentiment étrange. Il fit un grand sourire au garçon devant lui et lui proposa une autre partie. Ce n'aurait pas était gentil de sa part de le laisser sur une défaite, et pas une petite. Sa mère lui avait pourtant répété au moins mille fois de compter les points, pour s'arranger soit perdre de peu soit gagner d'aussi peu pour ménager la personne en face. Le garçon semblait plutôt abattu ne sachant que faire il s'excusa dans un grand sourire contrit, il avait copieusement manqué de tact. Il était bien conscient d'avoir fait une bêtise. Le garçon qu'il l'avait traîné de force se leva et alla à une petite table dans un coin de la pièce avant de revenir vers lui.

« Tu enregistres pas ta victoire ? Par abandon ? »

Il hocha la tête en se demandant dans quel asile il était tombé, il sortit de la pièce en suivant son guide non sans offrir un sourire à ceux qui le dévisageaient, quelques filles dans les couloirs se mirent à rougir en bredouillant. Décidément quelque chose devait clocher. Sans dire un mot il le suivit hors du bâtiment dans un café assez éloigné. A peine assis le garçon au mèches décolorées regarda son portable, sembla lire un sms

« Tu me fais quoi ?! Tu es malade ?! Non tu me fais marcher qu'est ce qui te prends en plus d'envoyer des sms idiots»

Le téléphone se mit à sonner, l'ado décrocha en hurlant.

« Akira arête ! T'as fumé le goban… »

Le regard du garçon passa de son portable à la personne en face de lui, il pâlit affreusement

« Akira tu vas bien ? Tu me le dirais sinon… tu es certain… c'est juste un retard de train, tu n'as pas eu d'accident. Jure moi que je ne vois pas ton fantôme. Si tu es mort je te tue. Je suis au café. »

Le brun pencha la tête de coté, pourquoi avait il une impression étrange, ce n'était pas tous ça mais il avait ses achats à faire. Et sa commende à récupérer à la boutique, il sentit ses yeux s'embuer quand il vit l'heure. La vie était trop injuste parfois.

« Passe chez moi, c'est bizarre… »

Shindo suivait l'évolution de son vis-à-vis de plus en plus surpris par sa mimique. A quelques détails il aurait cru voir Sai quand il le privait de go.


Après une bataille longue et un trajet fortement perturbé Hikaru traîna le jeune homme dans sa chambre. Il hésita un instant à fermer la porte à clé, le brun ayant tenté au moins cinq fois de lui fausser compagnie. A coté même Sai était facile à vivre, à moins qu'il n'ait perdu l'habitude d'avoir un compagnon exubérant capable de s'arrêter pour n'importe quoi, vitrine, librairie, musicien ambulant il commençait à fatigué un brin là. Il se contenta de fermer là porte. Son regard croisa celui de l'autre garçon qui semblait gêné.

« Je te laisse, t'es pas vraiment mon genre. »

Le blond faillit s'étrangler, Toya avait intérêt d'avoir une explication.

« On joue ! »

« Encore ! »

Hikaru prit sur lui, il allait finir par l'étrangler, si c'était une plaisanterie elle avait assez duré. En plus sa mère montait les escaliers, la porte coulissa, il jeta à peine un œil mais la personne en face de lui se figea.

« Shindo je veux… une explication. »

« Moi aussi… deux Akira ? T'as un jumeau ? »

« Je vais y aller…. »

Les deux rivaux échangèrent un long regard qui fit froid dans le dos du troisième garçon.

« Hikaru je peux entrer, je porte du thé pour tes amis. »

Le panneau coulissa, la mère de famille entra pour poser son plateau. Le double d'Akira s'inclina respectueusement devant son hôtesse et se releva avec un grand sourire irrésistible. La dame rougit intensément devant ce si beau garçon.

« Enchanté de faire votre connaissance, je suis Arima Fujimya. »

« Enchantée je savais pas que mon fils avait des amis aussi charmants. »

La dame redevint écrevisse sous le deuxième sourire étincelant du beau gosse.

« Arima Fujimya. »

« Mais arrête c'est ma mère ! »

Akira toussota pour ramener l'attention des deux excités. Son regard se posa sur son double. Il pouvait se voir comme dans un miroir.

« J'ai rien fait. C'est ton petit ami ? Je comprends mieux pourquoi tu m'as traîné avec toi. Mais c'est bizarre pour un rendez vous la fédération de go. »

Les deux rivaux pâlirent, rougirent et explosèrent de concert, deux bosses plus tard pour le malheureux Arima et il put formuler la question qu'il se posait depuis quelques heures.

« Vous êtes quoi alors ? Et pourquoi tu m'as kidnappé ? »

« Des rivaux, de go. »

« Des joueurs de go ? Rivaux ? »

A cet instant Arima regarda les deux adolescents comme des martiens, Ils étaient fous, ce n'était pas une raison. Quoique si il les comparait aux deux passionnés de go qu'il connaissait c'était possible, Il resta méditer sur la question un moment.

« Akira, désolé mais il a joué ta partie »

Le brun tiqua mais fit un effort pour ne rien laisser paraître.

« Le pire c'est qu'il a gagné et il s'est excusé. »

Toya déglutit, il devait jouer contre un troisième dan, comment ce type sorti de nulle part avait pu réussir.

« Monsieur Fujimya »

L'autre brun fit un bond.

« Mais je suis pas si vieux ! »

Le fils de l'ancien meïjin reprit un peu embarrassé.

« Arima quel est votre… ton niveau »

« Mon niveau ? En quoi ? En go ? J'en sais rien moi je joue rarement. Je perds contre tonton mais bon. »

« C'est quoi le niveau de ton oncle dans ce cas ? » s'enquit le blond.

« Il est neuf machins... »

Toya se contint difficilement, ce garçon lui ressemblait mais il avait l'impression de voir mentalement un autre Shindo.

« Machin ? kyu ? dan ? C'est un professionnel ou un amateur. »

« Je vais lui demander. »

Les deux professionnels hochèrent la tête en le voyant sortir son portable et composer un numéro. Sans être indiscret ils entendirent la conversation tronquée.

« Salut tonton comment vas tu ? Non, mais je voudrais savoir c'est quoi déjà ton niveau, ha et c'est beaucoup ? QUOI MAIS J'EN SAIS RIEN MOI ! Non je ne veux pas un descriptif complet du système. Devenir pro non merci tonton… t'as fumé ton goban, c'est non. Non je ne passerais pas dans ta secte, un tortionnaire par jour c'est suffisant. De quoi ? Non je me suis fait traîné par un décoloré dans la fédération. »

« SHINDO ! »

« Tu le connais ? Arête de me flinguer les tympans ! Justement moi j'ai l'oreille absolue et j'y tiens. A bientôt tonton tu cris trop fort pour moi. »

« Shindo ? Tonton te passe le bonjour. »

« Ton oncle c'est pas Morishita ! »

« Oui ? Il est neuvième dan pro, il parait que c'est bien. »

Shindo et Toya le dévisagèrent, bien d'être neuf dans, mais c'était l'apanage de quelques élus. Il devait être idiot pour trouver la chose négligeable.

« Arima c'est Morishita qui t'a appris le go ? »

« Non pourquoi ? C'est ma mère. »

« T'es comme Akira alors, c'est une grande joueuse ? »

« Maman… Elle est très forte mais c'est pas sa passion. »

« On fait une partie. »

« Encore ?! »

Le brun regarda sa montre et enleva sa veste qu'il se coltinait depuis qu'il avait croisé le décoloré. Il crevait littéralement de chaud mais l'autre ne lui avait pas laissé l'occasion de se dévêtir. Il déposa son vêtement à coté de lui et passa une main dans ses cheveux. Les deux autres restèrent perplexe, Arima était le portrait craché d'Akira avec les cheveux long dans le dos, seules les mèches de devant s'arrêtaient en un carré long.

« Pourquoi pas. Je te dois une partie. »

« Avec plaisir. »

Arima prit place et regarda Akira, visiblement ils ne devaient pas avoir la même définition du plaisir. Il lui ressemblait vraiment trop pour que ce soit un hasard mais il y avait quelque chose de troublant chez son double. C'était lui mais en froid, distant, triste. Triste, oui il ne l'avait pas vu sourire une fois. Comme si leurs existences les avaient modelés à l'opposé. Son père était un grand joueur d'après ce qu'il avait compris, un père joueur de go ce devait pas être joyeux tous les jours. Lui avait la chance d'avoir une mère parfaite, sa mère était une déesse. Comment aurait il pu vivre sans elle, sans doute comme Akira. Il fut envahi par un sentiment de pitié pour le garçon.

Ils firent le nigiri et commencèrent à jouer, l'adolescent était vraiment bon, pas autant que ses rares adversaires mais quand même. Il resta un moment à réfléchir ou porter son prochain coup.

« Tu es très fort Akira. »

Son attention passa sur Shindo qui avait silencieusement approuvé.

Noir et blanc avancèrent leur position, puis se livrèrent combat. Plus de la moitié de la partie s'était écoulée. Akira le regard vissé au quadrillage cherchait les différentes issues.

« Je connais ce coup, c'est pas un joseki très employé. »

Le blond étudia davantage les formes des pierres, pourquoi lui rappelaient elles à cet endroit le jeu de Sai. Cette séquence de coup démodés mais toujours aussi efficace.

Arima ne dit rien mais enregistra l'information, cet enchaînement il le tenait d'elle. Elle lui avait expliqué, il se jouait il y avait bien des années. Si le blond pouvait en voir la signification soit il était vraiment pas ordinaire soit il avait une grande culture. Quel dommage dans un sens qu'Akira soit présent, il aurait aimé pouvoir lui poser plein questions, mais elles étaient trop particulières pour les formuler devant une tierce personne. Comme comment lui demander si il connaissait un fantôme sans passer pour un fou. Un autre jour peut être.

Le jeu s'achevait Arima compta ses territoires et sourit.

« Je gagne de cinq points et demi. »

« Merci pour cette partie. »

« Whaou t'as vaincu Akira, là t'es bien le neveu favori de Morishita ! »

« Merci pour cette partie, zut il faut que je parte »

« Arima tu veux pas rejouer et on a pas fait le commentaire. »

« Désolé j'ai un shinkansen à prendre et un engagement à Sapporo. »

Le ton sérieux et le regard d'Arima surprit les deux joueurs, cette expression Shindo la connaissait bien. C'était celle empreinte de gravité qu'abordait généralement Toya. Le brun passa sa veste et sortit deux cartes de sa poche interne.

« On discutera une autre fois, Si vous êtes libres samedi je serais à Tokyo. »


La jeune femme devant sa coiffeuse prit distraitement un pinceau. Elle se perdit un moment dans ses pensées son amie lui avait parlé des nombreux problèmes de sa vie de famille encore une fois. Une vie sans doute normale pour une japonaise aisée. Akiko avait une jolie maison, l'aisance financière, un mari et un fils ; une vie normale dans la bourgeoisie nipponne. Elle ne travaillait pas non plus.

La vie dont devait rêver les jeunes filles, la voie royale et sage. Elle donna un coup de pinceau sur ses sourcils. Une vie sans âme faite de solitude pour son amie. Elle avait osé gentiment lui prôner la patience, de ne pas agir sur un coup de tête quand elle avait émis l'hypothèse d'un divorce.

Sauf que comme Akiko l'avait justement fait remarquer elle ne savait rien faire de ses dix doigts, et ne trouverait sans doute pas d'emplois. Elle était la prisonnière de sa maison. C'était dur à dire au vingt et unième siècle, mais elle ne devait pas être la seule.

Elle soupira en posant son rouge à lèvre. Devait elle l'aider, elles étaient si différentes toutes les deux.


Assise sur son sofa Akiko feuilletait un magasine, la télé distillait un bruit de fond qui cachait mal le vide des autres occupants. La porte d'entrée s'ouvrit, son fils passa la saluer avant de s'enfermer dans sa chambre. Décidément elle avait de moins en moins sa place dans cette maison dédiée au go.

Kinuko elle était libre, elle avait son travail, son chez elle. Elle était jeune, douce et belle, une éducation parfaite. Elle avait une culture incroyable qu'elle cachait derrière son apparence juvénile. C'était une amie chère, une confidente et un mystère. Elle avait tout de la jeune femme parfaite à une exception, elle était indépendante, capable d'affirmer qu'elle n'avait pas besoin d'un époux. Elle lui avait une fois dit au détour d'une conversation qu'elle était aussi maman d'un garçon.

Elle était indubitablement moderne alors qu'elle incarnait la jeune fille traditionnelle de bonne famille au premier regard. Elle paraissait si jeune. Si jeune avec un enfant. Elle avait envisagé plusieurs fois de la présenter à son fils, un rendez vous arrangé. Elle pouvait passer outre un enfant d'ailleurs vivre avec un Toya c'était vivre avec un goban. Le go prenait tout et ne donnait rien, l'amour, le temps, la passion tout lui revenait de droit. Elle aimait son fils mais plus il avait grandi moins elle le reconnaissait. Comment vivre du go quand on le haïssait. C'était cette vie qu'elle proposait à son amie, sauf que Kinu chan n'avait pas la même docilité qu'elle. Sous ses sourires et ses rires elle lui semblait parfois défier les convenances.

Plus elle y avait pensé plus elle avait eu envie d'organiser cette rencontre, Kinuko et Akira. Ce serait une bonne chose pour les deux. Akira ne s'intéressait qu'au go et Kinu chan n'envisageait pas de se casser, pourtant avec un enfant ce serait mieux de rester à la maison. Elle pourrait se consacrer à des activités plaisantes. Ce ne serait pas son fils qui surchargerait ses journées, même pour ses nuits, elle serait comme elle un ornement à ses cotés. En plus Akira n'avait pas de petite amie à sa connaissance.

Cela assurerait leur avenir à tous deux, elle gagnerait une bru adorable, un petit fils qu'il serait toujours temps de reconnaître et une maison moins vide. Même son couple s'en porterait mieux.


Assis devant son goban Morishita repensait au coup de téléphone de son neveu. Arima était rentré dans la fédération c'était un grand jour. Il se servit une coupe de saké pour fêter l'événement. Shindo l'y avait traîné, ce petit avait un bon instinct.

Arima au quel Akira ressemblait tant, l'éclat en moins. Ce serait bien que le petit poussé par son disciple devienne pro, il avait le talent, un talent qui ne demandait qu'à s'épanouir. Il devait avoir un niveau de six dan au moins avec un peu travail ce petit génie irait loin. Il irait si quelqu'un arrivait à l'emmener dans cette voie, le premier pas était fait.

Il se resservit avec un grand sourire et salua son verre d'un grand cri d'allégresse

« A bas Toya ! »

A suivre