Labyrinthe de soie 15

Arima enleva son casque et se resservit de la bouteille de soda. Il était sortit de l'hôpital la veille et avait courut chercher le premier studio d'enregistrement libre que sa maison de disque pouvait lui mettre à disposition. Il balaya des yeux le local, ce n'était pas le plus beau ni le plus grand mais il lui convenait. Il refit passer la dernière piste et s'étira content de lui. Il jeta un œil à Hiro qui dormait sur un siège, ce qui n'avait rien d'étonnant puisque depuis qu'ils avaient échouer ici la veille ils avaient travaillé non stop. Le résulta était là dans ce premier morceau prêt à envoyer sous presse.

Il pensa à son frère et son père qui devait être chez eux. Est qu'Akira allait bien ? Il avait dû passer sa première nuit seul. Il aurait aimé le garder près de lui, mais avec le travail qu'il avait s'était totalement impossible. Il n'aurait même pas le temps de passer le voir avant plusieurs jours, pas tant que le gros des musiques pour le concert ne soit écrit et enregistrer pour les sortir en album le 15 mars. Moins d'un mois pour écrire et sortir un single, un album et un concert, c'était totalement dingue, il était fou, mais ça en valait la peine.

Pourtant cela l'ennuyait d'abandonner son petit frère au moment où il en avait besoin. Les derniers changements dans ses capacités l'avaient assez perturbé. Bien sûr en temps normal Akira aurait trouvé refuge à la maison, mais il sortait juste de l'hôpital et ses parents devaient penser plus naturel qu'il reste en convalescence chez eux. Si il n'était pas aussi overbooké il aurait demandé à leur père si il pouvait rester quelques jours. Il n'y aurait certainement vu aucune objection et aurait même sans doute était ravi.

Le musicien se massa les tempes en évaluant la montagne de travail qu'il avait et le temps qui lui restait. Il ne pouvait en aucun cas déléguer les travaux d'écriture à Hiroshi dont les productions étaient du niveau d'un collégien et lui demander de le remplacer comme grand frère était inenvisageable. Kinu-chèrie depuis son réveil à l'hôpital avait repris ses activités à une cadence indécente. Il devait bien y avoir une personne capable de prendre soins d'Akira. Ses neurones firent une étincelle : Shindo ! Il était la personne la plus proche de son frère et s'inquiétait sincèrement pour lui. Ils avaient l'habitude d'être ensembles dés qu'ils le pouvaient, c'était la personne idéale.

Il chercha son portable pour composer le numéro d'Hikaru et fut saisi par rapidité avec la quelle il décrocha. Ils parlèrent un peu puis le musicien raccrocha très satisfait de son idée. Maintenant il allait pouvoir retourner à sa musique l'esprit tranquille.

Plusieurs heures après alors qu'il mangeait avec son guitariste les plats qu'ils avaient commandés il remarqua le texto qu'il avait reçu de Shindo l'informant qu'il passait la nuit avec Akira comme il le lui avait suggéré.


Shindo inspira calmement avant de sonner à la porte des Toya. Il s'était engagé au près d'Arima à passer voir son rival. Dans un sens cela n'avait pas vraiment dû surprendre Akira qu'il lui téléphone pour lui proposer de venir jouer chez lui. Ils avaient l'habitude d'aller presque tous les jours se retrouver au club de go. Ce qui le dérangeait plus c'était qu'Akira serait certainement pas seul, il y aurait sans doute sa mère mais surtout son père et pire peut être maître Ogata. Il manquait plus qu'ils veuillent lui parler de Sai, son regard passa sur son spectre et il fit une grimace en ce demandant qui serait le pire entre l'obstiné maître Ogata ou Sai avec ses cris. Quoique le judan avait jouer avec Kinuko depuis, il avait peut être changé d'avis, si il pouvait rêver de rejouer avec elle cela lui conviendrait. Mais il avait vu Sai chez la brune, il avait probablement fait le rapprochement en étudiant la partie dantesque où c'était affronté Kinuko et Sai.

La porte s'ouvrit enfin devant lui, si il avait pensé se trouver en face de la mère d'Akira il sursauta presque en découvrant son père. Un peu surpris et tendu il salua le maître, c'était la première fois qu'il le voyait chez lui, et il lui sembla encore plus intimidant que pour sa première partie de professionnel.

« Bonjour Shindo, Akira est dans sa chambre. »

« Bonjour maître Toya. » Balbutia le garçon.

L'adolescent se contenta de remercier son ôte avant de le suivre, puis il continua seul vers la chambre de son rival. La porte coulissa pour le lui laisser entrevoir assis devant son ordinateur, la seule chose moderne de la pièce. Il vit les traits tirés du brun qui ne semblait pas au mieux de sa forme.

« Akira ? Tu joues sur Internet ? » S'enthousiasma le fantôme.

Un sourire passa sur le visage d'Hikaru en voyant Sai se jeter sur le brun comme un chaton en manque d'affection.

« Bonjour Sai, Bonjour Hikaru. »

« C'est pas du go… c'est quoi ce charabia ? C'est pire que l'écriture d'Hikaru.»

« C'est du français, pour le lycée. »

« Et tu comprends ? Ça dit quoi ? »

« Pas vraiment, je crois que c'est un extrait d'un livre pour enfant. Un garçon parle d'une fleur à un renard. »

« C'est peut être un conte ? Dis tu veux pas jouer au go ?»

« Sai t'as pas arrêté de jouer contre moi. »

« Je veux bien, je vais chercher un goban. » répondit le brun soulagé d'abandonner le texte.

« Sai ! Toya doit se reposer, il n'a pas besoin que tu le massacres. »

« C'est pas vrai ! Je ne joue jamais de toute ma force contre un enfant. »

« Et moi alors ? Je suis quoi ? »

« Toi c'est différent. »

Shindo poussa un lourd soupir alors que son rival déposait la table de jeu sur le sol, il s'assit devant en face d'Akira et fit le nigiri. Le brun posa sa première pierre puis Sai indiqua son coup et les suivants. Ils firent plusieurs partie touts les trois jusqu'à ce que la clochette de l'entrée retentisse.

« Mon père a son groupe d'étude ce soir, on devrait le rejoindre. »

Le fantôme sauta sur ses jambes en gigotant comme un fou trop heureux de pouvoir découvrir un nouveau groupe d'étude alors qu'Hikaru le regardait faire blasé et qu'Akira esquissait un sourire amusé. Il n'aurait pas cru que l'idée d'aller voir le groupe de son père puisse rendre quelqu'un aussi euphorique. Ils traversèrent la maison puis entrèrent dans la pièce de travail. Son attention se posa sur son père puis sur Ashiwara qui venait d'arriver.

« Akira tu es là ! Comment te sens tu ? Tu ne devrais pas te reposer ? Mais Shindo nous a rejoint ? Bonsoir Shindo.»

« Bonsoir Ashiwara, je vais bien merci et Shindo est venu jouer avec moi. Père pouvons nous rester ? »

« Bien sûr. »

La cloche tinta à nouveau puis la porte de la pièce s'effaça devant maître Ogata qui salua ses collègues et le maître avant de prendre place. Son regarda tomba sur l'intrus et il se demanda ce qu'il pouvait bien faire ici puisqu'il avait décliner son offre de les rejoindre il y a plusieurs années.

« Shindo, je ne pensais pas que tu changerais d'avis. »

« Changer d'avis ? » releva Akira.

« Maître Ogata m'avais invité à votre groupe d'étude, il y a un certain temps. »

« Akira doit être plus persuasif que toi Ogata. » constata maître Toya.

« Tu me l'avais pas dit. »

« On se croissait pas à l'époque, à part ta façon de surgir devant moi tout les quatre matins on était pas ami. »

« Je surgissait pas tout les quatre matin ! »

« C'est amusant de vous voir vous chamailler, on dirait presque un couple qui se dispute. »

Les garçons consternés dévisagèrent Ashiwara qui avait osé proférer une telle énormité. Puis le groupe commença à étudier une partie. Akira leva un moment les yeux du goban pendant que les joueurs débattaient du meilleur coup à jouer. Il vit Sai penché au dessus du jeu près de son père, son éventail désigna une intersection alors qu'il étayait sa conclussions. Hikaru semblait réfléchir mais il n'était pas certain qu'il ait vu le geste du fantôme. Son père finit par donner son avis puis ils passèrent à une autre séquence. Les choix de Sai avaient quelque chose de fascinant, comme les explications qu'il donnait mais que seul Hikaru et lui-même pouvaient entendre. C'était assez miraculeux de partager le secret d'Hikaru, de pouvoir voir Sai tout le temps, de l'entendre, c'était en outre un joueur fantastique de la force de son père. Mais il prenait aussi conscience avec le groupe de la barrière qui isolait le fantôme et peut être eux aussi qui faisaient la jonction entre les mondes.

L'étude toucha à sa fin, Akira se leva pour aller chercher du thé suivit par Shindo. Il allait le renvoyer mais s'en abstint cela le dérangeait mais c'était très attentionné de sa part de venir lui apporter son aide, même si il n'en avait nul besoin. Il mit l'eau à chauffer puis sortit les tasses. Ils revinrent quelques minutes plus tard avec un plateau chargé des boissons puis Akira regarda son père.

« Maman ne rentre pas ? »

« Non, pas avant très tard. Tu devrais commander le repas, Ogata et Ashiwara se joindront à nous. »

Akira hocha la tête avant d'aller contacter un restaurant par téléphone, en repassant par le couloir il regarda l'heure puis repris sa place. Ses aînés parlaient go.

« Akira j'allais encore oublier, j'ai le livre que tu voulais » Fit Ashiwara en allant le tirer de son sac. Le brun le prit en le remerciant puis le feuilleta rapidement, son front se plissa alors qu'il tournait les pages en sens inverse.

« Ça ne va pas Akira ? »

« Si c'est juste que c'est bizarre, la fin n'est pas la bonne. »

« Pas la bonne ? Tu l'as déjà lu ? Pourquoi le voulais tu alors ? » Fit Ashiwara en s'approchant pour regarder le livre.

« Je l'ai mais il est illisible, pourtant je suis certain que c'est pas cette fin. »

« C'est un livre pour enfant, ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants. C'est la fin classique. »

« Dans le miens elle choisit de devenir écume de mer. »

« Là je comprends pas ta fin, elle est mieux celle-ci non ? Si tu comparais avec ton exemplaire.»

« Je vais le chercher. »

« Non j'y vais, tu dois te ménager et pas courir partout ! »

« Je suis pas handicapé ! »

« Et je fais quoi moi si mon partenaire de go n'est plus en état de jouer ? »

« Je suis là moi aussi, et Ogata. » Fit remarquer Ashiwara un peu vexé.

Les deux rivaux se regardèrent puis le brun indiqua où il rangeait le volume, il leva les yeux au plafond excédé en trouvant que le blond mettait un temps infini alors qu'il aurait été dix fois plus rapide. Enfin il le vit réparait et lui prit le volume qu'il tendit à Ashiwara. Il le laissa tourner les pages et vit sa mine déconfite alors qu'il ne pouvait que regarder les gravures.

« Tu peux m'éclairer Akira ? C'est quoi comme langue ? »

« Je sais pas… c'était un cadeau. Pour l'histoire ce qui change c'est que le prince épouse l'autre princesse et les sœurs de la petite sirène offrent leurs cheveux contre la vie de leur sœur. Elle doit transpercer le cœur du prince avec un poignard mais elle refuse parce qu'elle l'aime. Elle se transforme donc en écume de mer. »

« Les images sont sublimes, mais j'avoue préférer l'autre histoire. Pas toi ? C'est triste comme fin. »

« Je ne sais pas. Elle est peut être contente de le savoir heureux. »

Ashiwara tourna la dernière page et sourit.

« Je retire ce que j'ai dit, Il n'y a rien à changer à part le prince, il fallait qu'elle tombe sur Ogata il lui aurait passé la bague au doigt dans l'instant et transformé son appartement en aquarium géant. Ils auraient vécu heureux avec plein de petits poissons. »

Ogata sursautant en entendant la remarque assez singulière d'Ashiwara qu'il rappela à l'ordre, mais il était assez intrigué. Il se rapprocha donc du groupe des plus jeunes pour voir ce qui avait motivé la plaisanterie douteuse. Ses yeux passèrent sur la peinture qui représentait une femme poisson, il s'attarda sur la poitrine nue, la taille fine puis remonta sur le visage à l'expression espiègle et la longue chevelure qu'elle arrangeait négligemment en chignon. C'était une beauté atrocement suggestive, très appréciable. Il nettoya ses lunettes pour se donner une contenance, il ne pensait pas qu'Akira puisse posséder ce style de peinture.

« Pour ce poisson votre aquarium est trop petit mon cher Ogata. Mais Je ne te connaissais pas ce genre d'ouvrage Akira ? » S'étonna le père de l'adolescent.

« C'est un cadeau... »

Après l'incident il avait était temps de préparer la table pour le repas, aussi Akira avait discrètement rapatrié son livre et la peinture compromettante dans sa chambre. Le livreur ne s'était pas fait attendre et dés la vaisselle posée il avait entendu la sonnette. Le repas s'était déroulé dans un calme relatif mais dans l'ensemble tout avait été bien. Si il avait craint un instant que son père ne lui fasse une remarque cela n'avait pas était le cas. Après le départ d'Ogata et Ashiwara il avait fait la vaisselle avec Shindo avant d'aller se coucher.

Hikaru étouffa un bâillement en se callant confortablement sur son oreiller. Après l'appel d'Arima il avait proposé à Akira de passer jouer chez lui. Son rival lui en avait parut assez content. Ils avaient beaucoup joué puis il était resté manger et dormir chez les Toya. Il adressa un dernier regard à Sai avant de s'endormir en songeant qu'il était bien frustrant pour son fantôme de voir l'ancien meijin sans pouvoir faire une seule partie avec lui. Il devrait leur proposer de rejouer sur Internet maintenant que Sai était revenu ou mieux peut être qu'ils pourraient se voir chez Kinuko un jour. Enfin pas tant qu'il ne lui en aurait pas parlé. Mais maître Toya ne souhaiterait sans doute pas se rendre chez la brune. Il avait l'impression que la situation familiale entre le maître, son fils et sa mère était un peu particulière. L'accident n'avait pas dû arranger les choses puisque Arima et Akira avaient partagés la même chambre, leurs parents avaient dû se croiser.

En tout cas maître Toya semblait être resté en contact avec Arima puisque quand Akira avait regretté que son frère ne soit pas avec eux il lui avait rappelé qu'Arima était très occupé mais qu'il lui avait parlé le matin.

Hikaru sentit le sommeil lui tomber dessus comme une chape de plomb, ses dernières pensées se perdirent dans des brumes obscures alors que ses yeux se fermaient.


Akira frissonna dans son demi état léthargique, son oreille restait à guetter le moindre bruit dans la maison. Un léger changement de luminosité le mit plus mal à l'aise. Il ouvrit tout grands les yeux en essayant de calmer son cœur qui battait trop fort. Déjà la nuit dernière il n'avait que très peu dormi sans la présence chaude et rassurante de son frère. Une forme blanche bougea prés de lui et il fit un bond de terreur dans son lit.

« Akira ? » demanda Sai

Il fallut quelques instants au joueur pour reconnaître le fantôme et se reprendre.

« Pardon Sai. »

« Tu ne dors pas ? »

« Non… »

« Quelque chose te tracasse ? Tu as fait un mauvais rêve ?»

« Un peu des deux. »

« C'est ma faute ? »

« Non pas vraiment, j'ai juste l'impression de voir des choses ou d'entendre des bruits. Il parait que c'est normal… Mais je ne m'y fais pas. »

Le spectre tendit la main pour toucher le garçon dans un geste qu'il pensait réconfortant.

« C'est étrange… Ca me fait un peu peur, vous voyez d'autre fantôme Sai ? »

« Non, jamais pourquoi ? »

« C'est rien… »

« Tu devrais te rendormir sinon demain tu vas être trop fatigué pour jouer au go. »

« Oui. »

Akira se rallongea puis tourna la tête vers le lit voisin où son rival dormait du sommeil du juste. Il ressentit une pointe d'envie à le voir se reposer si facilement. Il se fit violence pour fermer les yeux et attendre en oubliant les bruits parasites qui lui tapaient sur les nerfs. Si il attendait assez le sommeil viendrait peut être. Ou pas, soupira le jeune joueur. Les paupières closes le moindre craquement prenait une proportion démesurée. Renonçant à ses rêves de repos Akira se retourna une nouvelle fois si il avait été seul, il se serait installé à son ordinateur, mais il ne souhaitait pas réveiller Shindo.

« Tu ne dors toujours pas Akira ? » s'inquiéta Sai.

« Heu…Non… »

« Tu fais quoi d'habitude pour t'endormir ? »

« Rien… » Rougit le garçon.

« Vraiment ? » insista le fantôme.

« Je… Je dors avec Arima. » Finit par murmurer Akira.

« C'est si différant ce soir ? Fais comme si Hikaru était Arima. »

« Mais je ne peux pas… C'est gênant… »

« Mais si, mais si. Il faut que tu sois en forme pour jouer.»

Akira finit par pousser un soupir trop fatigué pour résister plus long temps au fantôme qui le bousculait bien déterminé à le voir dormir. Et quelques heures de repos prenaient une signification particulière après une nuit blanche accompagnée de la fatigue nerveuse accumulée. Le souffle du dormeur se transformait en un chant des sirènes qui attirait de plus en plus son regard vers la couche de son rival. Le brun déglutit et s'approcha à genoux du bord du futon, il ne devrait pas. Shindo n'aurait jamais accepté, ce n'était juste pas naturel entre eux.

« Allé ! Allé ! Hikaru serait d'accord. Il a un sale caractère mais il est très gentil.» voulu le motiver le fantôme en le poussant de ses mains immatérielles.

Les doigts tremblants du garçon se refermèrent sur la couverture qu'il souleva un peu. Akira bloqua sa respiration en se glissant dans la couche de son rival, il percevait sa chaleur à quelque centimètre de son propre corps. Il chercha une position dans le faible espace libre sans toucher l'autre garçon. Il était moins bien installé que dans son propre lit mais la présence chaude toute proche était rassurante, il sentit ses paupières se faire plus lourdes et étouffa un bâillement.

Les premiers rayons de lumière filtraient dans la chambre commençant à faire émerger le faux blond. Au confins de sa conscience il enregistra qu'il y avait une personne près de lui. Sai devait attendre son réveil pour jouer comme souvent. Il tourna la tête pour voir la forme blanche de son maître de go adoré, il plissa les yeux devant l'image floue face à lui... Puis se redressa surpris de constater que ce n'était pas Sai mais Toya, Toya qui dormait sur le bord de sa couche. Il ravala l'exclamation qui avait failli pousser pour réaliser que l'autre garçon dormait plus qu'a moitié découvert. La chambre était trop fraîche pour qu'il reste ainsi. Devait il le réveillé ? Il affichait la veille déjà de lourdes cernes attestant d'un grand besoin de repos. Shindo décida de s'extraire du lit pour y coucher son rival, il le contourna pour lui toucher l'épaule, le dormeur remua légèrement et se mit sur le ventre. Hikaru poussa un soupir, il était encore au bord du couchage mais quand même un peu mieux installé. Il le couvrit avant d'aviser la couette sur l'autre lit. Il s'en empara pour l'étaler sur le brun. Son regard se posa interrogatif sur Sai ?

« Comment ? » murmura le blond.

« Il n'arrivait pas à dormir, enfin tout seul. Parce que depuis il dort comme un bébé. » Répondit Sai avec un sourire amusé.

« Ha… »

Shindo s'attarda sur Toya puis vit qu'il était encore tôt au le réveil. Il refit le tour du futon et après une hésitation s'y réinstalla. Accidentellement sa jambe toucha le pied du brun et il frissonna. Il était glacé… Il déglutit puis réfléchit, avant de se coller contre son rival pour le réchauffer. Le brun se blottit un peu plus contre sa nouvelle bouillotte, donnant tout à coup très chaud au blond.

Au fil des minutes Hikaru commença à se sentir plus à l'aise malgré la situation inédite où il se trouvait. Ils avaient parfois partagé la même chambre, mais jamais une telle proximité. Il pouvait sentir son souffle sur sa joue, et presque entendre son cœur battre. Akira était certes une personne très spéciale pour lui, il l'avait compris récemment.

Pourquoi ? Peut être par ce qu'il était son rival, son ami et celui avec qui il s'entendait le mieux devant un goban. Le jeu de Toya était juste sans égal, combien de fois avait il joué en imaginant que c'était lui qui était en face. Jouer avec lui était particulier, leur premier jeu officiel avait été une révélation. Il se souvenait encore des émotions qui l'avaient transpercé. Chaque rencontre était un moment privilégié depuis, les différentes parties qu'ils avaient mené remonté dans son mémoire alors qu'un demi sommeil revenait engourdir ses sens.

La main de son rival se referma sur son pyjama alors que la tête brune venait se nicher sur son épaule Hikaru suspendit sa respiration alors que le regard embrumé d'Akira rencontrait le sien.

« Hum…Bonjour Arima. »

Un ange passa dans la chambre poursuivit par un cortège de cent démons et de Sai les deux adolescent firent un bond en se réfugiant chacun à un bout du lit. Akira rougit en se remémorant la nuit dernière.

« Je suis désolé Shindo. »

« C'est moi qui t'ai dit d'aller dans son lit parce que tu n'arrivais pas à dormir et que sinon tu ne pourrais pas bien jouer au go aujourd'hui. »

« … C'est pas grave… Mais tu aurais pu me réveiller, je t'aurais fait de la place. » Répondit Hikaru conscient du chantage de son excité de fantôme. Et puis lui aussi il voulait jouer contre un Toya au mieux de sa forme si il avait été réveillé il aurait accepté qu'ils dorment ensembles.


Shindo poussa un soupir en s'arrêtant devant la gare, il s'appuya contre un porte vélo et étudia les alentours. Ce matin lui et Toya c'était séparé, le brun avait une partie et lui-même avait quelques courses à faire. Il avait passé deux jours chez les Toya avant de proposer à son rival de venir à son tour chez lui dés qu'il avait vu le résultat de deux nuits solitaires sur son ami. Comme il ne pouvait décemment pas élire domicile chez les parents d'Akira, il avait pensé à alterner.

Une silhouette apparut dans son champ de vision et il s'avança vers elle. Il salua son rival en remarquant les stigmates d'une longue journée sur son visage. Le blond ne dit rien et suivit son ami jusqu'à chez lui. Ils entrèrent dans la maison qu'hikaru commençait à connaître. Akira allait se diriger vers la salle de go où il entendait plusieurs voix quand il le reteint par le bras.

« Toya tu penses allez où comme ça ? »

« Dans la salle de go. »

« Tu rêves ! D'abord tu manges. Ose me dire que tu as mangé à midi.»

Shindo sortit de son sac une boite repas qu'il tendit au brun.

« J'avais pas faim ! »

« Pas question de jouer contre toi tant que t'as pas mangé ! »

« Je mangerais ce soir. Et si tu voulais pas jouer c'était pas la peine de venir.»

« Si je veux ! Mais pas contre un partenaire qui risque de défaillir en milieu de partie. Tu veux que j'aille te chercher un miroir ? Tu fais peur à voir. »

« Je vais très bien ! »

« Ha oui ! Alors dit moi puis que j'ai un super partenaire, c'est normal qu'en dix jours il ait failli passer sous un camion, attraper la crève en dormant sans couverture, et soit sur le point de tomber d'inanition ? »

« T'es pas ma mère ! »

« Effectivement mais vu que j'ai choisi un rival idiot incapable de prendre soins de lui j'ai quand même voix au chapitre. »

La porte de la salle de go coulissa mettant fin à l'altercation et faisant se retourner les deux garçons.

Le regard de maître Toya passa sur les deux jeunes joueurs, son intention première étant de restaurer le calme en renvoyant les deux importuns qui se disputaient dans le couloir. Cependant en voyant son fils il remit son jugement, Akira était loin d'être au mieux de sa forme depuis sa sortie de l'hôpital. Ses traits étaient souvent marqués par la fatigue, même si Shindo n'avait à priori pas à se mêler de la vie de son fils. Mais il devait admettre qu'il ne pouvait lui donner tort.

« Vous faites trop de bruit. Akira tu devrais remercier Shindo et te restaurer. »

L'homme retourna s'asseoir devant son goban pour reprendre où il en était avec Ogata. Son attention se porta un instant sur la porte. Akira lui tirait soucis ces derniers jours, mais il n'était pas le seul. Il n'avait pas eu de nouvelle d'Arima, leur dernière conversation remontait à plus de trois jours alors que son aîné lui avait dit qu'il l'appellerait dès qu'il aurait fini de travailler. Soit il avait oublié, soit il était très occupé. Il espérait juste qu'il se portait bien.


Il était près d'une heure de l'après midi quand le téléphone sonna. Maitre Toya se dirigea vers le combiné, se doutant qu'Akira et Shindo devaient jouer dans la chambre et ne souhaitant pas les interrompre. Son expression s'adoucie sensiblement en reconnaissant la voix de son fils. Bien qu'il ne resta pas longtemps en ligne, cela lui fit très plaisir. Comme il l'avait supposé Arima travaillait dur, il lui avait dit qu'il pensait finir dans quelques heures. Cela faisait une semaine qu'il ne l'avait pas vu, il hésita sur la démarche à adopter puis partit se changer pour rejoindre son enfant au studio d'enregistrement.

Il monta dans un Taxi qui le déposa devant l'entrée du bâtiment et lui demanda de l'attendre. Il fit un arrêt à l'accueil pour s'informer d'où se trouvait Arima puis s'engagea dans l'ascenseur. Il chercha la bonne porte puis frappa et entra. Ses yeux passèrent d'Arima qui lui tournait le dos aux deux autres personnes présentes. Il allait s'annoncer quand son fil brandit un boîtier.

« C'est dans la boite ! »

Un des deux hommes se saisit de l'objet en félicitant Arima qui tomba sur la console électronique alors qu'un garçon de son âge, Hiro si il ne se trompait pas, se précipitait vers lui en le secouant. Koyo fit quelques pas dans la pièce.

« Bonjour. Vous êtes ? » L'interrogea l'homme en costume.

« Bonjour, le père d'Arima. »

Le maître de go inquiet s'approcha de son fils.

« Bonjour monsieur Toya, Arima… Arima débout ! Au feu ! Arima ! On a perdu l'enregistrement. »

« Hein je vais tuer… l'incapable… qui..Zzzz » Le musicien sursauta et marmonna une réponse qu'il ne finit pas.

« Désolé mais Arima n'a pas bougé de la semaine et je crois qu'il veut rattraper ses nuits blanches sur la console. »

Koyo détailla la pièce, sur une étagère reposait une brosse à dent et du dentifrice, des boites de boissons énergisantes garnissaient la poubelle, quelques affaires personnelles étaient regroupées dans un angle. Son attention passa sur son fils qui avait les cheveux en bataille et portait une chemise chiffonnée. Une semaine pensa le père.

« Arima debout y a ton père. » le secoua à nouveau Hiro.

« C'est pas grave, il doit être épuisé. Je vais le ramener.» répondit le joueur de go.

Maitre Toya s'approcha de son fils dont il caressa les cheveux pour discipliner les mèches brunes. Puis il passa un bras sous son épaule pour le soulever avec l'aide de l'autre garçon. Ils atteignirent le taxi où il installa son enfant puis il donna son adresse au chauffeur. En arrivant à la maison il porta le musicien dans la chambre d'ami qu'il occupait. Il lui enleva sa chemise et sa ceinture avant de le coucher dans son lit. Arima dormirait certainement plusieurs heures aussi regagna t'il sa salle de go.

La soirée se passa, puis la nuit et la matinée.

Arima s'étira puis ouvrit les yeux, il détailla le mobilier sommaire de la pièce. Cela ne ressemblait pas à chez lui ou chez Hiro, ni même à une chambre d'hôtel. Il sortit de son lit puis remarqua une pile de vêtements propres et sa brosse à dent au dessus. Il les prit pour chercher une salle de bain puis réalisa une fois dans le couloir qu'il était chez son frère. Il se dirigea vers la salle d'eau au radar, et prit une douche puis s'habilla. Il rangea la literie dans le placard avant de se rendre dans la cuisine toujours autant dans le cirage.

« Akira, tu veux un thé et un gâteau mon chéri ? »

« Bonjour Maman, merci. » répondit le brun.

« Je vais faire quelques courses. »

« Soit prudente maman. »

Le bun posa un bisou sur la joue de sa pseudo mère et but son thé. Il avait l'impression que quelque chose clochait mais quoi ? Il finit sa tasse et vu son père dans l'encadrement de la porte de la cuisine.

« Bonjour père. »

« Bonjour Arima. Bien tu as dormi ? »

« Oui merci. »

« Tu as quelque chose de prévu ? »

« Non rien pour ce matin, ni pour la journée. Maman est en visite chez des amis. »

« Arima pour cet après midi. Il est presque quinze heure. Je dois me rendre au salon de go mais tu peux rester à la maison. »


Koyo Toya passa la porte de l'établissement avec son fils profondément satisfait. La voix d'Ichikawa les accueillit comme à l'accoutumée, il allait la reprendre quand elle appela le garçon Akira, mais il s'était étonner de le voir répondre spontanément au nom de son frère. Ils se ressemblaient tellement, mis à part les magasines de show bisness et de musique qu'ils avaient pris sur leur route, rien ne les différenciait vraiment. Ce n'était pas la peine de troubler le salon pour rectifier l'identité de l'adolescent, Akira resterait certainement le seul à venir régulièrement.

Quand un joueur s'approcha de lui il fit discrètement signe à son enfant d'aller s'asseoir, puis il s'occupa du client et se pencha sur quelques jeux. Il s'assura juste du coin de l'œil qu'Arima était bien installé à une table du fond où il ne serait pas importuné.

Arima une fois assis ouvrit une de ses revues et jeta un coup d'œil à son père qui se rendait dans une autre partie du salon. A peine eut il pris place que mademoiselle Hishikawa vint lui déposer une tasse de thé avec une immense sourire qu'il lui rendit.

« Je vois que tu vas mieux. Tu t'es réconcilié avec ta petite amie, je suis contente. »

Akira s'était fait jeté par une fille ? C'était étrange son frère n'avait que Kinu, il imaginait mal une dispute amoureuse alors qu'ils n'étaient pas réellement ensembles. Celui des deux qui collectionnait les ruptures c'était lui.

« Merci. » se contenta de répondre le brun.

Un joueur lui demanda une partie pédagogique qu'il accepta alors que la demoiselle s'éloignait toute souriante. Il fit comme à son habitude puis un jeune homme s'approcha. Ashiwara, le meilleur ami de son frère si il excluait Shindo.

« Akira ! T'as meilleure mine. Tu as fait la paix avec ta petite amie. »

« Elle lui donne des ailles cette fille ! Faudrait qu'il nous l'amène un jour. » fit un client.

Mais ils s'étaient tous passé le mot ? Akira se disputer avec une fille, en plus à part Shindo il n'avait d'yeux pour personne. Enfin presque il y avait Kinu mais elle était bien moins importante que le décoloré.

Koyo Toya termina le tour des gobans puis un habitué lui fit remarquer que son fils était rayonnant depuis qu'il s'était réconcilié avec sa petite amie. Que même sa façon d'enseigner le go en était illuminée. Akira une petite amie ? C'était forcement Akira si il parlait de go. Pourtant il n'était pas venu au salon depuis son accident. Le maître s'arrêta devant un autre plateau de jeu pour éviter d'avoir à répondre à l'homme puis regarda à la dérobée se que faisait Arima, il fut surpris par l'attroupement de quelques clients autour de sa table. Il porta ses pas dans sa direction et fut plus étonné encore de voir un jeu sur le goban devant lui, il écouta quelques brides de conversation plutôt banale avant d'être à nouveau sollicité par un joueur. Il vit juste Ashiwara s'asseoir en face de son fils. Quelques dizaines de minutes s'écoulèrent avant qu'il ne puisse revenir vers Arima. Son attention passa de la mine déconfite d'Ashiwara au goban, et il écouta l'analyse de l'adolescent.

« C'est dommage que vous soyez tombé dans ce piège Ashiwara. »

« Oui, mais pourtant couper blanc semblait la meilleure solution. »

« C'était la réponse attendu par noir, mais il y en avait d'autres possibles. Maître Ichiryu par exemple aurait joué juste au dessus en défense, … Maître Morishita ou Kuwabara eux auraient attaqué le bord supérieur sans s'occuper de cette bataille pour l'instant et aurait abandonné ce petit territoire à blanc. »

« Décidément t'es de pire en pire Akira, je fais plus le poids. »

« Et vous Akira qu'auriez vous jouer, c'est quoi la meilleure réponse ? » Demanda monsieur Katajima.

« J'aurait joué comme maître Morishita pour éviter l'affrontement, mais la meilleure réponse aurait été de combattre… »

« Tu sais jouer au go ? »

« Maître Toya ? » Laissa échapper Ichikawa comme si il avait subitement perdu l'esprit.

« Le meilleur coup aurait était ici. Tu répondrais quoi ? » Demanda le père.

« Normalement ici ce qui au bout de trois échanges nous met a égalité sur cette bataille, même si mon piège a été désamorcé mes pierres sont solides. Mais je suppose qu'il devait y avoir mieux à faire.»

« Je suppose aussi, cette réponse pouvait fonctionner avec toi mais sans doute pas en face de quelqu'un de plus expérimenté. »

« Oui. Désolé Ashiwara je pensais que vous vouliez une vrai partie, j'aurais dû vous ménager. »

« Akira ? Tu vas bien ? Tu es bizarre aujourd'hui.»

« Désolé père. »

« Non, c'est sans importance. Depuis quand sais tu jouer ? »

« Je ne me souviens pas je devais être petit quand maman m'appris. »

« Ta mère ? » S'exclama Ashiwara de plus en plus perplexe.

« Je pensais qu'elle aurait brûlé sa maison plutôt que de t'apprendre. »

« Non, je crois qu'elle a toujours aimé le go. C'est une bonne joueuse.»

Des bruits de dispute et des voix parvinrent de l'autre coté de la porte qui s'ouvrit devant les deux rivaux.

« Bonjour Akira. Akira ! » Hichikawa poussa un cri avant de se tourner vers la salle puis à nouveau vers les arrivants et pâlit brutalement.

Un brouhaha indescriptible ravagea les premières tables vers l'entrée avant de se propager au reste des joueurs. Des exclamations enflammés fusèrent alors que des clients s'affrontaient déjà pour déterminer le quel des deux était leur Akira. Le ton montait vite entre les partisans du joueur de go et Shindo. Arima leva les yeux au plafond, il n'aurait pas pensé que cela tournerait au pugila.

« Monsieur Katajima pourriez vous faire moins de bruit. Si ma présence cause autant de trouble je me verrais dans l'obligation de partir. »

« Mais Akira ! »

« Je ne suis pas Akira. »

« Mais si, il suffit de voir ton go et ta partie pédagogique pour voir que t'es Akira. »

« Justement mon go n'a rien à voir avec celui d'Akira, il ressemblerait plus à celui de Shindo et je suis Arima... »

« Arima ? » répéta l'homme qui s'assit pour encaisser la nouvelle. Alors que le salon frissonnait d'un murmure ou la consternation faisait place à la curiosité.

« Arima est mon fils et le frère aîné d'Akira. Je ne vous demanderais pas de lui faire un bon accueil, puis qu'il me semble que c'est déjà fait. »

« On dirait des jumeaux. » S'extasia la réceptionniste.

Le groupe d'adolescent se retrancha dans un coin de la salle pour discuter alors que le calme revenait. La demoiselle resta un moment derrière la banque d'accueil en compagnie d'Ashiwara qui regardait les trois plus jeunes qui semblaient très proche. Puis Shindo et Akira commencèrent à jouer ensemble alors que l'autre garçon feuilletait une revue.

Hiroyuki continua à les observer un peu. Arima ? Cela ne lui disait pas grand-chose, il avait toujours était très proche d'Akira mais il n'en avait jamais entendu parlé. Le garçon avait un niveau de professionnel mais dans ce cas il aurait dû le connaître. Dans leur milieu on ne connaissait qu'un fils à maître Toya, sinon le go weeckly en aurait parlé. Il était encore amateur avec une force pareille ? Il avait au moins le niveau d'Akira, ce qui n'était pas peu dire. Il connaissait au moins trois joueurs de premier plan, suffisamment pour anticiper leur réactions. Il imaginait très mal l'honinbo ou maître Ichiryu joueur contre un amateur inconnu, sauf si il savait qu'il était le fils de Toya. Pourtant il avait entendu qu'Arima avait appris le go avec sa mère et non son père. Akiko Toya savait elle jouer au go ? A moins que Toya ait eu une autre femme, c'était plus plausible, il n'aurait pas vu la douce et effacée Akiko Toya incendier sa maison pas plus qu'il l'imaginait enseigner le go.

Mais pourquoi ce jeune joueur n'était pas encore professionnel, il imaginait pas maître Toya laisser son tallent inexploité. Il y avait de grande chance pour qu'il passe l'examen cette année sans aucune défaite.

Il se décida à rejoindre le garçon qui lisait toujours et leva les yeux vers lui lorsqu'il s'assit en face.

« Vous désirez quelque chose Ashiwara ? »

« Non, enfin pas vraiment… »

« Donc oui, je vous écoute. »

« Arima vous n'êtes pas encore professionnel de go, pourquoi ? Avec votre niveau ce serait facile pour vous. »

« Vous pouvez me tutoyer. Ce n'ait pas dans mon intention. »

« Pardon ? Mais pourquoi ! »

« J'ai déjà un travail. »

« Mais c'est mieux d'être joueur pro. Tu en as parlé avec ton père ?»

« Non, je pensais qu'il poserait la question le premier mais c'était le mésestimé. Mais pourquoi chaque joueur me pose cette question j'ai l'impression de radoter. Je n'aime pas le go, enfin pas comme vous. »

« Tu ne vas pas devenir pro ? »

« Non jamais. »

« Mais réfléchis, tu serais bien payé. Tu aurais un fixe plus les parties pédagogique et même des primes si tu gagnes un titre. Tu serais connu et pas qu'au japon. Tu pourrais travailler avec Akira aussi.»

« Ashiwara c'est gentil mais je connais assez de joueurs de go pour savoir tout cela. Mon oncle le casse les oreilles avec ça depuis des années et les amis de ma mère aussi. Peut être que si les choses avaient été différente j'aurais choisit le go par facilité. Mais c'est la passion de mon frère. »

« Le go par facilité ? »

« Oui, mais je suis musicien et c'est ma vie. »

« Musicien… Arima… Tu es sûr de ne pas vouloir essayer le go ? »

« J'aime ce que je fais. »

« Même un peu trop à mon avis, Arima. » s'amusa son père.

« C'est parce que j'étais critique en délais. »

« J'ai l'impression d'entendre ta mère.»

« C'est pas juste ! » bouda Arima.

« Arima puis je vous demander une partie ? »

« Bien sûr monsieur Hirosé. »

Maitre Toya regarda ses enfants et son élève. Arima aimait ce qu'il faisait c'était le plus important, même si sa passion pour le go lui faisait espérer que peut être son aîné viendrait les rejoindre. Il était déjà un joueur confirmé, il lissait loin et avait un bon instinct. Il connaissait leur monde c'était plus qu'il n'aurait pu rêver. Sa mère lui avait transmit son amour des arts et son go. C'était un cadeau précieux qu'elle lui avait fait, un fils qui leurs ressemblait. La chose la plus merveilleuse qu'elle lui avait jamais offerte.

A suivre