Bonjour!

Me voilà avec une nouvelle traduction. j'avais pourtant dit que j'attendrai d'avoir fini Saving Bella, mais bon, le chapitre est prêt depuis lingtemps, et puis, ça me démengeait trop, alors le voilà.

C'est encore un Jella, ben oui, je ne m'en lasse pas. Et donc encore une histoire de vampires. Peut- être que je m'essayerai à une fic avec tous les perso humains, la prochaine fois, si ça vous tente.

La fic est terminée dans sa VO, donc pas de mauvaise surprise, vous l'aurez en entier.

Auteur : Heavyinfinity

Nb de chap : 34

Univers de SM

Beta: Tracie (love-jella19)


A Moment Changes Everything Chapitre 1

JPOV

Il était juste un peu plus de minuit quand j'entrai dans le bar. J'avais marché plusieurs heures sans faire attention où j'allais. J'entendis les battements de la musique et vis des couples sortirent, et je me dis que cet endroit était tout aussi bien qu'un autre, pour passer le temps. Durant ces derniers dix-huit mois, je m'étais souvent retrouvé dans cette situation. Depuis que j'avais quitté les Cullen, j'allais de ville en ville, observant la vie nocturne en retrait, attendant que les minutes passent.

Je sentais l'odeur suave des humains qui m'entouraient, mais cela ne m'étouffait plus. J'étais devenu bien plus fort en étant seul, sans m'appuyer sur les visions d'Alice ou la capacité d'Edward à lire les pensées, pour m'éviter de blesser quelqu'un. Peu à peu, j'avais commencé à passer plus de temps dans les lieux publics, m'habituant à l'odeur, à ma soif. Je la ressentais toujours, mais maintenant, j'avais un excellent contrôle. Je chassais souvent, et n'avais même pas été tenté de déraper depuis cette horrible soirée à Forks.

Alice et moi avions tenu environ deux mois après cette soirée, avant qu'elle n'y mette un terme. Elle avait eu une vision qui l'avait détruite. J'avais ressenti le supplice qu'elle endurait à ce sujet, durant trois jours, avant qu'elle ne s'ouvre à moi et me dise que c'était fini. Tout ce qu'elle avait voulu me dire, c'était que sa vison nous montrait comme n'étant plus un couple, et qu'elle ne voulait perdre ni temps, ni effort pour une cause perdue. Je m'étais disputé avec elle pendant un mois, hurlant, suppliant et tout un tas d'autres choses, avant d'abandonner et de partir. J'avais choisi de quitter la famille Cullen, qu'ils puissent avancer en paix après l'agitation des derniers mois. Je n'étais plus un Hale, je commençais ma seconde vie en tant que Jasper Whitlock. Je restais en contact avec Emmett et Rose par téléphone, occasionnellement avec Esmé, par e-mail. Je n'avais aucune envie de parler avec Alice, et supposais que je n'entendrais plus jamais parler d'Edward.

Alors, à 0h03, j'entrai dans un bar bondé de l'East Village, à Manhattan. Je commandai une bière que je ne boirai pas, et trouvai la seule table inoccupée, au fond du bar. Je m'assis et regardai les humains boire et danser. Les serveuses circulaient dans des tenues étriquées, apportant les boissons aux tables, et se frayant un chemin jusqu'au bar, à travers la masse humaine. Je sentais les diverses émotions tout autour de moi. La plus dominante était l'ivresse, suivi par le désir sexuel et la jalousie. De temps à autre, un flash de gaieté me submergeait. Puis je la sentis.

Je secouai la tête comme le font les humains, refusant d'y croire. C'était impossible. Ça ne pouvait pas être ce que je croyais sentir. Je quittai ma table et me faufilai à travers la pièce bondée, ignorant les regards d'admiration sur moi. Et elle était là. De l'autre côté, penchée sur le bar en train de remplir son plateau de verres, Bella Swan. Sa peau pâle brillait presque sous la faible lumière du club. Ses cheveux étaient plus longs, formant d'épaisses vagues jusqu'en bas de son dos. Elle leva le plateau au-dessus de sa tête, se retourna et navigua avec aise au milieu de la foule, s'arrêtant aux tables pour servir les boissons et prenant de nouvelles commandes au passage. Elle se déplaçait avec une grâce que je n'aurais jamais soupçonnée, ne trébuchant pas une seule fois. Tout en travaillant, ses hanches se balançaient doucement au rythme de la musique. Je suivis ses mouvement de l'autre côté de la pièce, prêt à tout pour avoir une meilleure vue. Elle semblait chez elle, bien dans sa peau, malgré sa tenue qui ne cachait pas grand-chose. Son short était vraiment mini, révélant le bas de ses fesses couvertes d'un collant résille, surmonté de hautes bottes à talons. Son haut était en lycra noir à manches longues, qui la moulait et s'arrêtait juste en dessous de sa poitrine, exposant sa taille. Son corps était tonique, même si un peu mince. Elle était polie avec les clients, mais ne flirtait pas, et je remarquai qu'elle s'éloignait de plusieurs gars qui la mataient. Son visage avait changé. Elle semblait plus mince, ses pommettes plus anguleuses. Le plus grand changement était, de loin, ses yeux. Ils étaient si expressifs du temps de Forks. Edward disait qu'il ne pouvait pas lire ses pensées, mais que tout le monde pouvait déchiffrer son regard. Aujourd'hui, ils semblaient vides. Elle discutait avec les clients et souriait poliment, mais son sourire n'atteignait jamais ses yeux. Je remarquai même des ombres sombres sous ses yeux largement maquillés et supposais qu'elle devait être fatiguée.

Je me surpris encore à secouer la tête. C'était le dernier endroit sur terre où je m'attendais à trouver Bella. Je pensais souvent à elle depuis que nous avions quitté Forks, me demandant quelles répercutions, mon manque de contrôle, avait eu sur sa vie. J'avais imaginé différentes issues, dues à ma défaillance de cette nuit, mais jamais une situation comme celle-ci. Je pensais qu'elle serait à l'université, étudiant la littérature. Je me trouvais incapable d'arrêter d'imaginer des scénarios dans ma tête, qui auraient pu la mener là. Je remarquai que, pendant qu'elle travaillait, elle semblait nerveuse, regardant fréquemment par-dessus son épaule, balayant la pièce du regard. Je m'assurais de rester hors de son champ de vision. Je n'étais pas certain de l'accueil qui me serait réservé si j'apparaissais, et la dernière chose que je voulais, c'était rendre la vie de Bella encore plus difficile.

Je ne cessais d'observer, tandis la foule s'amenuisait. Je fus confus quand je me rendis compte que je ne percevais aucune émotion venant d'elle. J'avais pensé que j'étais bloqué par la masse des gens, mais visiblement, ce n'était pas ça. Je restai dans l'ombre et trouvai l'entrée des employés, après la fermeture du bar. Je n'avais rien planifié pour la suite, alors que j'attendais que Bella apparaisse à nouveau. Je voulais juste la revoir et me faire une idée supplémentaire sur la situation. Quand elle sortit du bâtiment, je vis qu'elle portait, maintenant, un jean et une paire de baskets usés. Le souvenir de son désintérêt pour la mode me fit sourire. Je fronçai les sourcils en voyant la fine veste qu'elle avait sur le dos, il faisait dans les -1°c et la nuit était venteuse. Elle courba les épaules contre le froid, regarda autour d'elle, la rue silencieuse et descendit la rue en direction du métro, à quelques blocs de là. Je la suivis en silence, remarquant qu'elle était toujours nerveuse et qu'elle surveillait constamment les alentours. Je fus surpris quand elle plongea la main dans son sac et qu'elle en ressortit une cigarette, elle l'alluma et prit rapidement une bouffée. J'ouvris mes sens, essayant de capter une émotion, mais toujours rien.

Soudain, elle s'arrêta net. Elle courba à nouveau les épaules et resta parfaitement immobile. J'attendis, sans bruit, me demandant ce qu'elle faisait. Brusquement, je fus frappé par une violente vague d'émotion – d'abord de la peur, puis un impressionnant déluge de rage. Je me forçai à me détendre et le laisser passer à côté de moi quand, soudain, plus rien, le vide, à nouveau. Je l'entendis murmurer, « Qu'est-ce que tu attends, salope ? » Je ne faisais aucun bruit et ne sentais personne dans les parages. Les minutes passèrent, et finalement, elle se redressa, leva le regard et tira sur sa cigarette. « Va te faire foutre alors, j'avance. Viens me chercher si tu me veux. » Marmonna-t-elle. Elle fit un pas en avant hésitant, puis se lança à grandes enjambées le long de la rue déserte. Je la regardai disparaître dans les escaliers de la station de métro.

Incroyable. Les interrogations que j'avais à son sujet se multipliaient. Je retournai à l'appartement que j'avais loué dans le luxueux quartier de l'Upper East Side. Je décidai que j'irai chasser aujourd'hui, plusieurs jours plus tôt qu'initialement prévu. Je calai dans un coin de ma tête un petit rappel pour chercher un accès plus facile à la faune locale. Je prévoyais de passer plus de temps à observer Bella et je devrais chasser plus souvent, juste pour être sûr. Je grimaçai en pensant à l'ennuyeuse route à faire pour aller jusqu'à Long Island afin de trouver un endroit convenable pour chasser un cerf sans être dérangé. Je ressentis un étrange sentiment d'excitation en pensant au jour à venir. Au moins, ce devrait être un jour intéressant.

Je rempli ma journée en chassant et en accomplissant les quelques tâches que j'avais à faire. Je ne mettais pas trop de bazar, il n'y avait donc pas beaucoup à ranger. Je vérifiai mes rapports financiers pour voir si tout était en ordre. J'étais fier que mon compte bancaire n'ait pas trop souffert de l'absence des préconisations d'Alice. Les heures finirent par passer et il fut temps de partir en direction du bar, à la recherche de Bella. J'enfilai un jean, un t-shirt noir et mes bottes noires préférées. Je mis une veste en cuir en sortant, la soirée pouvait commencer.

BPOV

Je soupirai de soulagement en remettant mon jean et mes baskets. Je pourrais faire avec mieux aujourd'hui, mais j'ai toujours l'impression d'être comme à la maison quand je mets mon jean. Je rangeai ma "tenue" de travail dans mon sac en bandoulière et me dirigea vers la sortie. « Bonne nuit Dean ! » Lançai-je au videur. « Sois prudente là dehors Izz. » Répondit-il.

J'ouvris la porte et scannai la ruelle à la recherche d'un quelconque mouvement. Comme si j'étais capable de la voir si elle était là. Je me forçai à sortir et fut frappée par le vent froid. Je voutai les épaules et m'engageai. Au moins, l'air froid m'aiderait à rester alerte. Je m'encourageai à me mettre en route. Je pris un bon rythme en direction du métro. Faire le chemin jusqu'à la maison représentait la partie la plus effrayante de ma journée, et c'était plus facile d'y faire face et y allant bout par bout. Donc le premier objectif, la station de métro. Pas que ça me garantissait la sécurité, c'était juste une balise sur mon trajet. La rue était déserte et silencieuse à cette heure du matin, ce qui était une bonne chose. Les personnes qui étaient dehors à une heure pareille, avaient soit, comme moi, des ennuis, ou étaient les ennuis.

Puis je le sentis. Quelqu'un m'observait. Je pouvais le sentir dans chaque cellule de mon corps. Je fus momentanément paralysée par la peur. J'avais attendu ce moment durant presque deux ans, mais ça me terrifiait toujours autant. Soudain, ma peur se transforma en une rage absolue. Je pensais à Charlie, Renée et Phil. Leurs souvenirs étaient la seul motivation à poursuivre ma vie, et l'idée que Victoria aller m'avoir maintenant, ne fit que m'énerver. Je m'obligeai à ravaler ma colère. J'avais besoin de me concentrer. Si c'était les derniers instants de ma vie, je voulais, au moins, contrôler mes émotions. « Qu'est-ce que tu attends, salope ? » Murmurai-je. Pas de réponse. Je pouvais sentir les yeux sur moi, dans le silence. Bizarre. Elle aurait facilement pu me liquider. Mon angoisse réapparut et je luttai pour rester concentrée. « Va te faire foutre alors, j'avance. Viens me chercher si tu me veux. » Je me forçai à avancer mon pied et fis un petit pas. Le pas suivant vint plus facilement et je fus à nouveau en route. J'attendis l'impact qui allait venir, j'en étais certaine, mais rien ne se passa.

Pas après pas, j'approchais de ma destination. Je descendis rapidement les escaliers de la station de métro, ressentant l'approximative chaleur. Je n'avais plus la sensation d'être observée, mais contre un vampire, mes sens humains étaient presque vains. Mon métro arriva, je me glissai à l'intérieur et m'assis. La rame était vide, pas quelque chose d'inhabituel à cette heure. Je m'autorisai à souffler un instant avant d'être à nouveau sur mes gardes. Le trajet en métro était la partie la plus difficile, surtout fatiguée comme je l'étais. S'endormir dans le métro est dangereux pour toutes les femmes, encore plus pour une poursuivie par un vampire psychotique. Je me forçai à garder les yeux ouverts, traquant le moindre mouvement. Le trajet fut tranquille et je descendis à mon arrêt. En haut des escaliers, dans l'air glacé du petit matin, j'obligeai mes pieds fatigués à avancer. Six blocs plus tard, j'atteignis mon immeuble.

Je grimpai les trois volées de marches sans y prêter attention, luttant contre l'épuisement. A ce moment, j'étais tellement crevée que je me fichais bien que Victoria arrive ou qu'un taré m'attaque. J'ouvris la porte et entrai dans l'appartement. Andy était seul, vautré sur le canapé. La petite fête avait certainement due avoir lieu chez quelqu'un d'autre ce soir. J'avançai vers lui, vérifiai sa respiration et le couvris d'une couverture. Notre chauffage était, au mieux, irrégulier, et l'appartement était plutôt froid. Je souris tristement à mon colocataire. Andy était mon sauveur, de bien des façons, même si ça ne se voyait pas en le regardant maintenant. Comatant après avoir passé la nuit à consommer n'importe quelle substance qu'il avait pu trouvée, au moins, maintenant, il était paisible. Ses cheveux noirs retombaient sur son visage creusé. Je devrai m'assurer qu'il mange demain.

Je me remémorai le Andy que j'avais rencontré l'année dernière. Son visage était plus rond, plus léger et plein de vie. Il faisait vivre le monde la fête à l'Université de New York, mais les fêtes étaient vite devenues sans fin. Il était resté un bon ami pour moi durant tout ce temps. Il me laissait toujours rester là-bas si j'avais besoin d'un endroit où crécher, sans jamais poser de question, même après avoir découvert que je n'étais pas étudiante. Quand il a finalement laissé tomber, il m'a offert une chambre dans l'appartement qu'il avait trouvé et je l'ai pris au mot. Vivre avec un drogué n'était pas l'idéal, mais nous avions quatre murs autour de nous. Andy était un bon gars, mais c'était aussi un toxico, ce qui voulait dire qu'il était imprévisible. Je gardais mon argent sur moi, me rendant compte qu'il n'était seulement qu'à un doigt de voler pour un fix. Je gardais l'appartement propre, mais n'étais pas souvent là, mal à l'aise quand Andy et ses amis se montraient. Je ne pouvais pas vraiment garder de nourriture ici puisqu'Andy et ses amis bouffaient tout ce qu'ils trouvaient, et je n'avais pas les moyens de remplacer le stock, encore et encore.

Je nettoyai ma figure et passai un vieux pyjama. J'ajoutai un pull et deux paires de chaussettes avant de m'enrouler dans la couverture. Ma chambre était gelée, mais je savais que ça ne m'empêcherait pas de dormir. Je me laissai partir, ayant fini de lutter contre la fatigue. Le sommeil me prit, mais il n'était pas tranquille. Des flashs de forêt, quand Edward m'avait abandonnée, m'agressaient. Je voyais Charlie, couché par terre. Je voyais les mots, décrivant "l'accident" de Renée et Phil. Je revivais, en boucle, l'horreur qui avait suivi ma vie, depuis ce jour, où Edward Cullen m'avait laissée dans les bois. Je m'assis, haletante, quatre heures plus tard. Je roulai sur le côté, espérant plus de repos, mais il n'en fut rien. Je soupirai et me forçai à sortir de lit, dans la chambre glaciale. Autant me lever et faire quelque chose.

Je me douchai rapidement, pas certaine de l'eau chaude. J'enfilai un jean et un haut à manches longues, puis mis mes Docs. Je quittai ma chambre et fus surprise de voir Andy réveillé, regardant Bob l'Eponge. Il me jeta un coup d'œil. « Sale nuit, môme ? »

« Ouais. Désolée si je t'ai réveillé. »

Il me sourit tristement. « Ca va Izz. J'aimerais juste que tu puisses te reposer. »

« Je me reposerai quand je serai morte, Andy. » Dis-je avec un petit sourire. « Maintenant, va mettre quelque chose sur le dos. Nous allons prendre le petit déjeuner. »

« Ok Izz, mais c'est moi qui régale aujourd'hui. » Plaisanta-t-il en sortant un billet de 20$ de sa poche. J'étais touchée. Andy ne gardait jamais bien longtemps d'argent sur lui, trop tenté par les médocs qui composaient sa vie.

Nous achetâmes un bagel et un café à la boulangerie et nous nous réchauffâmes. J'appréciais qu'Andy ne pose pas de questions sur mes rêves et les cris qui allaient avec. Je ne lui avais rien dit de mon étrange rencontre de cette nuit. Une chose de plus qu'il ne pouvait pas savoir sur moi. C'était déjà assez mal que j'accepte de vivre avec lui, l'exposant potentiellement à Victoria. Il était hors de question qu'il soit au courant de mon passé et des créatures surnaturelles qui l'habitaient. Il savait que j'avais vécu quelques trucs sordides, mais supposait qu'il s'agissait d'une relation abusive ou de drogues, bien que je n'y aie jamais touché.

Après avoir mangé, nous fûmes de retour à l'appartement. Andy alla dans sa chambre pendant que je rangeais. Puis je regroupai notre linge sale et transportai le sac lourd jusqu'à la laverie, en bas de la rue. Je luttai contre la fatigue, gardant les yeux ouverts pour détecter le moindre flash de peau blanche et de cheveux rouges, mais tout resta calme. J'allai m'asseoir à l'extérieur une minute. Je remarquai que mes mains cherchaient mes cigarettes. J'avais commencé à fumer il y a quelques mois, espérant que cela masquerait mon odeur parmi les autres humains. Moi-même, je détestais l'odeur, mais comme tout autre chose, c'était devenu une habitude. Je ne ressentais pas encore un grand besoin de nicotine, mais mes mains avaient commencé à s'habituer. Je crois que le cancer des poumons devra se positionner après Victoria.

Le fait d'attendre que la machine tourne me laissait bien trop de temps pour penser et me souvenir. Je retombai trop facilement dans le passé. Je me repassais la scène du dernier jour où j'avais vu Edward, qui me disait que j'allais être oubliée sans peine. J'avais erré dans les bois durant près de huit heures, après qu'il m'ait laissée, engourdie par le choc. J'avais titubé jusqu'à mon jardin, sans remarquer que la maison était dans le noir, même si Charlie aurait dû être rentré. J'étais entré et avait immédiatement su qu'il y avait quelque chose d'épouvantablement anormal quand j'avais senti l'odeur du sang. J'avais appelé Charlie, avançant un peu plus quand je n'avais obtenu aucune réponse. Je l'avais trouvé dans la cuisine, allongé dans une marre de sang. Il avait été massacré et il n'en restait pas grand-chose pour le reconnaître. J'avais trouvé un bout de papier tout près et lu les horribles mots.

" Désolée de t'avoir manquée Bella. On se retrouvera bientôt. Victoria. "

Je me souvenais être tombée par terre, me balançant d'avant en arrière, assise à côté du corps de mon père, qui méritait mieux que ça. Pourquoi Victoria était-elle venue me chercher ici, et pourquoi avait-elle fait du mal à Charlie ? Sous le choc, je m'étais relevée et avait commencé à bougé, même si je ne savais pas quoi faire. Clairement, elle allait revenir, donc la première chose à faire avait été de quitter Forks. J'avais rapidement mis des vêtements dans un sac à dos, espérant qu'ils étaient corrects vu que je n'avais pas regardé ce que je prenais. J'étais allée dans la chambre de Charlie, réprimant un sanglot en sentant son parfum. J'avais ouvert la boîte où il gardait du liquide et avait pris ce qu'il y avait. J'avais surpris mon reflet dans le miroir en passant devant. Je ressemblais à un fantôme, la peau pâle et de grands yeux. Durant un instant, j'avais été tentée de m'asseoir et d'attendre son retour. J'avais perdu l'amour de ma vie et mon père durant les quelques dernières heures. Je m'étais sentie incapable de porter ce poids sur mes épaules et m'étais mise à trembler. Je m'étais forcée à sortir de cet état de conscience. Je n'avais pas envie de devenir un fantôme pour de vrai, je devais me reprendre. Je devais à Charlie d'essayer de m'enfuir.

Je sortis de mes souvenirs pour revenir au présent, regardant rapidement la rue à la recherche d'un quelconque signe de danger. J'étais surprise de m'être autorisée à me perdre dans le passé. D'ordinaire, durant la journée, j'étais plutôt douée pour rester loin des souvenirs. Je crois que la peur de la nuit précédente avait eu plus d'effet sur moi que je ne le pensais. Je passai le linge de la machine à laver au sèche-linge, insérai la monnaie et me mis à marcher pour rester en alerte. Une heure plus tard, je remballai le tout et le ramenai à la maison pour faire le tri et ranger. Je devais être au travail pour 7h, ce qui me laissait plusieurs heures pour moi.

Je sélectionnai ma tenue pour ce soir, une micro jupe noir, un minuscule haut blanc, avec mes habituels bas résille et mes bottes. Je me rappelai comme j'avais été embarrassée par mon corps, avec un triste sourire. Je me souvenais de la première fois où j'avais du m'habiller comme ça, comme si c'était hier. Après avoir trouvé Charlie assassiné, j'avais utilisé l'argent liquide pour des billets de bus en direction du sud. Ma peur avait grandit à mesure que les jours passaient, sans avoir de nouvelles de Renée. J'avais appelé plusieurs fois depuis des cabines téléphoniques, sans succès. J'avais fini par m'arrêter dans une petite ville et utilisé l'accès internet de la bibliothèque pour consulter les informations concernant La Floride. Là, j'avais trouvé le titre détaillant le tragique "accident de voiture", impliquant un joueur de baseball de deuxième division et sa nouvelle épouse. La voiture avait plongé dans un lac, et le temps qui s'était passé avant qu'on ne les découvre, restait incertain. Aucune allusion à un meurtre n'y était mentionnée, mais je savais que Victoria était responsable. J'avais ravalé mon chagrin, consciente que je ne pouvais pas craquer en public. Mes mains tremblaient et ma respiration était saccadée. Pour une raison que je ne comprenais pas, ce vampire vicieux m'avait déclaré la guerre, transformant ma famille en victime. Je n'arrivais pas à comprendre à quoi rimait cette vengeance, comme j'étais incapable de la blesser de quelque manière que ce soit. Je m'étais obligée à retourner à l'arrêt de bus et à monter dans le premier en partance pour le sud.

J'avais atterri à Las Vegas. Je m'étais dit, qu'au moins, ici, en pleine journée, je serais en sécurité. J'étais allée de bar en bar, cherchant quelqu'un prêt à engager une serveuse mineure. J'avais besoin de me faire un peu d'argent si je voulais me procurer une fausse carte d'identité décente pour pouvoir me cacher correctement. Malheureusement, j'étais limitée aux pires endroits, dont les patrons n'avaient pas peur de violer la loi. J'ai fini dans un club de strip-tease pourri, tenu par un mec à cheveux gras qui ne posait pas de questions. C'était un endroit horrible, mais les filles qui travaillaient là avaient un cœur en or. Elles m'avaient appris comment marcher sans tomber, tout en portant un plateau rempli de boissons. Elles m'avaient aidée à m'habiller sexy pour avoir de meilleurs pourboires. Elles m'avaient même appris à danser quand c'était plus calme. Elles n'avaient pas insisté pour avoir des détails sur mon passé, une chose géniale à Vegas. Je galérais pour garder une chambre de motel pas chère et mettre de côté pour une fausse carte d'identité, j'avais alors décidé de passer au strip-tease pour augmenter mes revenus. Je venais juste de me préparer pour monter sur scène pour la première fois, quand il y eut une descente de flics dans le club. Je m'étais enfuie et m'étais dit qu'il serait mieux de bouger pour la prochaine ville au soleil.

J'avais passé les années suivantes dans le sud, à aller de villes en villes. Je ne restais que quelques mois dans chaque endroit. Je m'étais dégotée une fausse carte d'identité à moitié convenable, et étais devenue une pro à jouer les serveuses dans les bars. Quelques fois, je servais, d'autres fois, je dansais ou alors je m'occupais du bar. Je n'étais pas encore allée jusqu'au strip-tease, mais, au moins, c'étais une option que j'avais. Je restais dans des motels pas chers quand je pouvais me permettre de payer, et créchais où je pouvais quand je n'avais pas d'argent. Je n'étais restée qu'un week-end à La Nouvelle-Orléans, l'endroit grouillait de vampires. Je n'avais pas eu de contacts avec eux, mais j'avais eu des aperçus de peau étrangement blanche portant des lunettes de soleil la nuit, assez pour me faire paniquer. J'avais sauté la Floride, le souvenir de ma mère trop frais pour le supporter, et je m'étais dirigée vers la Côte est, jusqu'à finir à New York.

New York était un bon endroit pour se cacher. Le temps ne garantissait pas une protection sur beaucoup de jours, mais je m'étais dit que l'étendue humaine qui m'entourait serait un bon camouflage. La seule difficulté était le prix excessif pour tout. J'avais trouvé, assez rapidement, du travail au club, mais n'avais trouvé nulle part un endroit où j'aurais les moyens de vivre. J'avais commencé à traîner dans les soirées de la populaire Université de New York, restant dans des appartements saccagés après la fête. En réalité, je ne buvais jamais, ni ne goûtais à la drogue offerte, de peur d'embrouiller mes sens. Je m'assurais de ne me rapprocher de personne, sachant que ma vie était en sursis. Ce n'aurait, tout simplement, pas été honnête de faire ami-ami avec quelqu'un et de le mettre en danger. Puis, j'avais rencontré Andy, lors d'une fête. On aurait dit qu'il avait immédiatement su que j'avais de gros ennuis. Il n'avait jamais posé de questions, mais m'avait toujours offert son canapé, à chaque fois que nous nous croisions.

Il avait découvert que je n'étais pas étudiante, mais n'avait rien dit à personne. Je ne lui avais jamais posé de questions sérieuses, non plus. Je crois que nous nous reconnaissions l'un dans l'autre. Et voilà où nous en étions, à vivre ensemble depuis plusieurs mois, déjà. Andy n'avait pas été capable de poursuivre les cours à cause de sa consommation de drogue qui devenait plus importante. Je ne savais pas du tout comment il avait l'argent qui lui permettait de garder ses habitudes, et je ne demandais pas. Ça se passait bien comme ça. Je ne me sentais même pas trop coupable du danger que je lui faisais courir, puisque vivre avec un toxico était aussi dangereux. Je crois que je pouvais dire que nous partagions chacun les risques de l'autre.

Pour la millionième fois aujourd'hui, je me sortis de mes pensées et me préparai pour le travail. Les samedis soirs étaient toujours chargés et fatigants, mais procuraient de bons pourboires. Je mis ma tenue de travail dans mon sac et fus prête à partir. Au moins, je serais sûrement tellement occupée au travail, que je n'aurais pas le temps de me perdre dans les mauvais souvenirs. Je sortis dans le froid début de soirée, regardant autour de moi tout en allumant ma cigarette. Tandis que je marchais, je m'immergeai dans mon personnage, créant la confiance et le sex-appeal que je ne ressentais pas vraiment. Je devais montrer l'image d'une serveuse normale, plutôt que celle d'une fugitive qui cherchait à échapper à un parfait meurtrier, vivant minutes après minutes. Le temps que j'atteigne mon lieu de travail, j'étais calme et sereine, capable d'échanger des plaisanteries avec les autres membres du personnel pendant que nous nous préparions pour la soirée. La musique se lança et les premiers oiseaux de nuit commencèrent à arriver. La soirée démarrait.


Et voilà...

Alors? Est-ce que ce début vous parle?

C'est enore une Bella qui n'a pas eu une vie toute rose, mais contrairement à Saving Bella, elle est plus âgée, plus forte et s'est débrouillée pour survivre.

J'espère donc vous retrouver pour la suite t en attendant, j'attends vos com.

Bizzzzzzz

Em. (trop contente de publier cette fic :))