Je remercie toutes les personnes qui suivent l'histoire.
N'hésitez pas à poster des reviews que je puisse m'améliorer.


- J'ai dit à Heimdall d'aller voir père juste après notre départ.
La vérité venait d'éclater au grand jour.
Assise à côté de Sif, je fixai Loki d'un air ahuri. Ainsi donc, c'était lui qui avait vendu la mèche ! La carte dans la manche…
Mais pourquoi ?
- Loki, il faut que tu ailles voir ton père.

Personne n'ignorait que mon amie avait des sentiments pour l'héritier du trône. Et ça, depuis un long moment.
Qu'elle tente l'impossible pour le ramener à Asgard n'était pas une surprise pour moi. Qu'elle implore presque l'aide de mon compagnon, en revanche, était une nouveauté.

Le ton agressif que prit soudainement le prince cadet était également une nouveauté. Le mépris vis-à-vis de Thor faisait également partie de ces nouveautés.
Visiblement, Loki n'avait pas approuvé les décisions de son aîné.
Même s'il avait suivi le mouvement, il nous démontra en l'espace d'une seconde à quel point il était en désaccord avec l'état d'esprit de Thor.
Si Odin lui avait laissé carte blanche, il se serait déplacé en personne sur Midgard et aurait lui-même botté l'arrière-train du dieu du tonnerre. Il lui aurait fait comprendre à quel point il avait été un abruti.

C'était ce que je ressentais en croisant brièvement son regard. Colère, nervosité et… peur ?!

Peur de quoi ?

Son frère avait été irrémédiablement banni. Que pouvait-il craindre d'autre ?

- Ce n'est ce qu'Asgard attend de son roi !
Sur ce, Loki se détourna de nous.
Je ne bougeai pas.
Il fallait qu'il évacue toute la tension accumulée.
Il fallait que je le laisse un peu seul.

Mais toute cette agressivité… elle ne provenait pas de cette affaire…

Son départ refroidit l'atmosphère.
- Certes, il parle du bien d'Asgard mais il a toujours envié Thor, c'est évident.
- Peut-être parce que vous l'avez toujours mis à l'écart… que vous lui avez toujours fait sentir qu'il n'était pas le bienvenu dans le groupe.
C'était sorti tout seul.
Je ne supportai pas qu'on le juge de cette façon.
- Honohra, qu'est-ce qui te prends ? s'étonna Sif.
- Arrêtez d'être hypocrites ! Vous avez accepté Loki, que dis-je, toléré parce qu'il est le frère de Thor.
- Il faut dire que Loki ne dégage pas le même aura que son frère. Hautain, distant, méprisant et un caractère des plus difficiles.
- Sif, coupa Fandrall. Il ne faut de tout de même pas exagérer, puis en me fixant, Loki est quelqu'un de froid, Honohra, et de très différent. Son penchant pour la magie, sa malice…

Je me levai.

La colère envahissait lentement mon corps tel un poison.

- Alors là, je t'arrête tout de suite ! Vous l'ignorez depuis tant d'années parce qu'il est différent ?! Mais c'est quoi ce raisonnement de merde ?! Il a tenté, depuis tant d'années, de gagner votre amitié et vous, vous l'ignorez pour sa différence ?! Ne vous étonnez pas qu'il ne vous tende pas la main !
Mes paroles étaient pareilles à de l'acide.

S'ils le prenaient mal, je m'en fichais !

Loki avait sûrement des torts… quoi que… même pas… bref !
Il était allé vers eux… ils l'ont refoulé…

- Vous pensez cela de lui alors qu'il vient de te sauver, Fandrall ! Vous êtes vraiment ingrats !
Les hommes baissèrent la tête.
Sif continua de me regarder.
- Calme-toi !
- Non, non ! Je ne me calmerai pas ! L'injustice est quelque chose que je ne supporte pas !
- Mais, qu'est-ce que tu crois, Honohra ?! On sait pertinemment qui est Loki. Un menteur qui use de ses charmes… un jour, il t'abandonnera ! Quand il aura tout obtenu de toi, il te délaissera. Et même s'il prétend le contraire, il est et demeure le dieu des mensonges ! hurla-t-elle à son tour.

Mon sang ne fit qu'un tour.

S'il y avait eu une masse d'armes dans le coin, je lui aurais abattu sur le crâne.
- Tu ne connais pas Loki comme je le connais ! Je vis avec lui, Sif ! Jamais il ne pourrait me faire du mal ! Il m'aime !
- L'amour peut être éphémère, tu sais.
Je croisai les bras.

Fallait-il que je lui dise ?
Après tout, elle était ma plus grande amie. Même après m'avoir dit toutes ces choses, elle restait.
- Cet amour est loin d'être éphémère. Il est plus que fusionnel.
Elle leva les yeux au ciel, exaspérée par mes phrases d'éternelle romantique.
- Sif, Fandrall, Hogun, Volstagg. Le dieu des mensonges et moi attendons un enfant.
- Pardon ?!

Les hommes se fixèrent un instant.

Sif poussa un petit cri de stupéfaction.

- Loki et moi allons avoir un bébé. S'il avait voulu me quitter, je ne serais pas enceinte, non ?
Je souris.
La guerrière, plus que surprise, s'approcha et me prit dans ses bras.
- Félicitations, ma belle. Je suis heureuse pour toi.
- Mais ?
Il y avait souvent un double sens dans ses paroles.
Mes arguements n'auraient pu faire mouche aussi vite.
- Mais… je n'ai pas confiance en lui.
- Essaye de le connaître, répliquai-je.

- Je vais y réfléchir, me promt-elle.
Elle me lâcha.
- Félicitations, votre Altesse. La descendance est assurée, me congratula Fandrall.
- Même si c'est un garçon, il ne pourra prétendre au trône.
Comme Sif, il me serra dans ses bras.
- Bon boulot, ma petite. En tout cas, tu peux être sûre que, grâce à mon entière collaboration, le môme saura se battre en couches et ne sera pas chétif comme son père.
- Loki est loin d'être chétif.
Contrairement à tout ce qu'Asgard pensait, le prince cadet était bien bâti.

Je n'avais absolument pas à me plaindre.

Volstagg, sous le coup de l'émotion, me broya littéralement les os. Heureusement que ses compagnons étaient présents pour le modérer.
- En espérant que ce petit être vous comblera de bonheur, fit Hogun.
- Merci…
Après l'étreinte bourrine de notre bourrin d'ami, les bras d'Hogun était un ravissement.
- Bon. Sur ce, je vais retrouver Loki.

Je pris donc congé des guerriers.

Peut-être allaient-ils méditer sur mes paroles ?
Ou peut-être pas…

Je m'étais à peine éloignée que leurs langues se délièrent. Notre couple était le centre de leur discussion.
Ils firent allusion à « un traître dans la maison d'Odin ».
Peu importe. J'avais dit tout ce que j'avas à dire.


Il fallait maintenant que j'éclaircisse un point avec Loki.

Nos compagnons n'étaient pas le problème principal.
Il était habitué à leur façon de se comporter en sa présence.

Il y avait autre chose.
Loki avait peur.

Que s'était-il passé sur Jotunheim ?

Si Thor avait été encore là, j'aurais été le voir. Après tout, l'expédition avait été son idée.

Loki ne me mentait jamais.
Il n'avait aucun secret pour moi.
Mais là, il s'était renfermé… cette fois-ci, c'était différent. Contrairement à ce que je pensais, il n'était pas venu me parler après le couronnement.

De sinistres pensées avaient dû envahir son esprit. Sinistres pensées dont il voulait me préserver.
Il portait un lourd fardeau.
Il refusait, pour la première fois, que je le partage.
Et bien même s'il ne voulait pas, je…

Qu'est-ce ?!

Des hurlements m'arrachèrent à mes songes. Pas de peur, pas de tristesse. Rien que de la rage.
Cette voix. Je la reconnaissais entre mille.

Le fardeau était décidément trop lourd à porter.

- Le prince ne souhaite pas être dérangé, me prévint un des gardes.
Loki s'était enfermé dans l'armurerie.
Vu le vacarme, il devait se défouler sur n'importe quoi. Epées, boucliers, lances…
Quant à ses cordes vocales, elles ne tiendraient pas longtemps à ce rythme.
- Laissez-moi passer.
- Princesse…
Jamais ils n'auraient pensé que le prince cadet puisse se mettre dans un tel état. Une colère des plus noires à laquelle j'allais y mettre un terme. Bon… ok… tenter d'y mettre un terme.

Je pris une grande inspiration et pénétrai dans la salle.


Une dague se planta dans le mur juste derrière moi.
Aucun risque… il avait intentionnellement visé plus à droite.

Il ne m'avait pas prise pour cible.

Une simple dissuasion.

- J'AI DIT QUE JE NE VOULAIS PAS ETRE DERANGE !
Apparemment, Loki n'avait pas vu que c'était moi. Du moins, dans l'immédiat.
- Loki…
Il se stoppa en une seconde.
Ses yeux émeraude luisaient de rage. Une rage indéfinissable. Il avait invoqué son armure.

Je voulus l'apaiser avec ma magie.

Il la repoussa.

- Loki, calme-toi…
Ses poings se serrèrent avec force. Une lueur les entoura.
- Laisse-moi, Honohra…
Une larme roula le long de sa joue droite.

Il ne se radoucissait pas.

Je me rapprochai de plus en plus.

- JE T'AI DIT DE ME LAISSER !
Il tendit le bras vers un des râteliers encore debout. Une boule d'énergie sortit de sa paume et le fit littéralement explosé. Les épées s'éparpillèrent dans l'armurerie sans même nous effleurer.
Loki avait dû former un bouclier tout autour de nous.
- TU PEUX TOUJOURS COURIR, JE NE TE LACHE PAS D'UNE SEMELLE ! m'époumonai-je.
Ses yeux me lancèrent des éclairs.
- Qu'est-ce qui se passe, Loki ?! Tu n'es pas du tout dans ton état normal. Déjà au couronnement, mais là !

Il ne répondit pas.

Sa magie lui échappait totalement. Il ne pouvait la dominer en étant sous l'emprise de la colère.
Le fils cadet avait une grande maîtrise de son pouvoir, cependant, il avait ses limites.
- Va t'en, Honohra, fit-il avec agressivité.
- Non… tu n'as toujours pas répondu à ma question…

Je me confrontai à son regard assassin.

Il frappa le mur de son poing gauche.

- Vas-tu m'écouter à la fin ?! me gueula-t-il. Fiche le camp ! Cela risque de mal tourner !
J'inspirai profondément.
- Serait-ce des menaces ?
- Ne déforme pas mes paroles !
Loki me tourna le dos.

J'en profitai pour faire apparaître mon armure.

Quasi-identique à celle de Sif. Le tissu rouge était juste devenu bleu.
Un casque à cornes trônait sur ma tête. Cadeau de Loki…
Petite imitation de son propre casque. A part que les cornes avaient été raccourcies.

- Tu veux peut-être que l'on en vienne aux mains ?
Je marchai vers lui, déterminée.
Une barrière invisible me maintenait à deux mètres de lui.
- LOKI ! REGARDE-MOI !

Il obtempéra.

Ses iris émeraude firent l'aller entre mon visage et mon ventre.
- Porter un enfant ne m'empêchera pas de combattre !
- Je ne combattrai pas ! Pas toi, Honohra ! Toi qui représente… mon air… ma vie !
Je rassemblai une boule d'énergie bleue au creux de ma main et la projetai à ses pieds.

Le prince ne recula pas.

- Alors dis-moi la vérité ! Je veux que tu me dises la vérité !
Il se mit à ricaner.
- Tu veux vraiment savoir ?
Je ne répondis pas.
Un sourire nerveux en coin, Loki se dirigea vers le piédestal sur lequel reposait la cassette d'hiver.

Automatiquement, je me mis en garde… non de non ! Que fichait-il !?

- Loki ! N'y touche pas !
- Nous devons passer par là pour connaître la vérité.
Le frère de Thor apposa les deux mains sur la relique.
Mon premier réflexe fut de reculer.

Quelle force destructrice allait-il déclencher ?

Il fallait que je me prépare au pire... il fallait que j'envisage de le neutraliser si cela devenait trop dangereux.
- Tu n'en auras pas besoin.
J'avais instinctivement saisi une des dagues cachées dans mon armure.

Quand il se retourna… quand il me fit face, je crus que j'allais défaillir sur place.
- Est-ce que je te dégoûte… autant que je me dégoûte ? me demanda-t-il, l'air las.

L'Asgardien n'était plus. Il y avait maintenant devant moi un Jotun.
Certes beaucoup plus petit que la moyenne mais un Jotun tout de même.
Ses cheveux ébène n'avaient pas changé. Mais le reste !
Sa peau bleue, ses iris rouges ! Et ces marques si particulières qu'il arborait sur le haut de son front !
- Tu comptais me le dire ?
- Je l'ai appris aujourd'hui, comme toi.

Il avança.

- Je suis un monstre, Honohra.
- Non…
- Je suis le monstre dont les parents parlent à leurs enfants le soir.
Les effets du cube s'étaient dissipés.

Loki avait repris son apparence asgardienne.

- Arrête ! le coupai-je. Tu n'es rien de cela !
- Une créature à détruire ! Je ne suis rien de plus ! Je ne suis qu'un pion. Odin a combattu les géants des glaces et m'a ramené comme prise de guerre et comme esclave !
- Ton père t'aime ! Jamais il ne se serait servi de toi.
D'un claquement de doigts, il fit disparaître son armure.

- J'ai été trahi par mes deux pères. Laufey m'a abandonné parce que j'étais un faible. Odin m'a toujours menti sur mes origines… il pensait pouvoir m'utiliser comme instrument de paix entre Asgard et Jotunheim. Je ne représente pas plus qu'un vulgaire animal à domestiquer. Non… il ne m'aime pas, Honohra !

Il voulut me toucher.
Je refusai.

- Tu ne sais plus ce que tu dis…

Sans attendre une réponse, je partis.


Je m'écroulai devant les gardes.
Les larmes coulèrent d'elles-mêmes…

Comment était-ce possible ?!

- Princesse !
Je leur fis signe de me laisser.

Impossible… pourquoi… injustice… je ne savais plus où donner de la tête.
Cette famille avait été bâtie sur le mensonge… la duperie…

Thor connaissait-il la véritable nature de son frère ?
Et Frigga ? Pourquoi avait-elle tu toute cette affaire ?

Je devais en avoir le cœur net.


- Il est tombé dans le sommeil d'Odin juste après avoir tout révélé à Loki.
Je contemplai le roi endormi.
- Qui aurait cru que cela se produirait maintenant…
- Que comptez-vous faire maintenant , Frigga ?
La reine me fixa. Malgré les épreuves, elle restait digne. Et c'était cela que j'admirais chez elle. Une si grande force pour un si petit bout de femme.

- Loki va monter sur le trône.

Je baissai les yeux, abattue. Après ce qui s'était passé, il refuserait à coup sûr la couronne.
- Peut-il seulement y prétendre ?
- C'est mon fils ! Jotun ou pas, il deviendra roi.
- Il refusera.

Mes mots furent comme un coup de poignard pour la reine.

Jamais elle ne se serait attendue à une telle réplique de ma part.

C'était pourtant la réalité.

- Que dis-tu là ?
- Nous avons eu une dispute tout à l'heure… il est certain que son père l'a utilisé.
- C'est faux ! répliqua la souveraine. Nous aimons notre enfant. Pourquoi lui aurai-on fait une chose pareille ?
- C'est ce que je me suis efforcée de lui dire.
- Vu ton armure, j'imagine que la dispute à tourner en joute.
- A ma plus grande tristesse.

Elle se leva du lit et vint me prendre dans ses bras.
Je fis disparaître mon armure afin de ne pas la blesser.
Frigga avait remarqué à quel point la situation me bouleversait.

Que Loki soit un Jotun ne me dérangeait pas…
La virulence de ses mots avait fait plus de ravages. Il souffrait du plus profond de son être et j'étais incapable de l'aider.
- Où est-il, Honohra ?
- Toujours à l'armurerie, je suppose.
- Allons le retrouver, ma fille. Nous saurons trouver les mots pour l'apaiser. N'aie crainte.
Elle me caressa doucement les cheveux.

Lui faire confiance… garder espoir…

- Mère…
Nous sursautâmes.
Loki était apparu soudainement.
Toute once de colère semblait l'avoir quitté. Pendant une fraction de seconde, je crus distinguer de la tristesse dans ses yeux.
- Je pense que je vais vous laisser. Vous avez beaucoup de choses à vous dire… et puis, il est tard… je devrais être au lit vu mon état.

Je saluai la reine.

La nuit était, effectivement, avancée.
Comme avais-je pu tenir aussi longtemps éveillée ?

J'allais franchir la porte quand mon compagnon m'attrapa par le bras.
- Je suis désolé.
Il me relâcha.
Je n'osai le regarder.
- Moi aussi… soufflai-je.


M'abandonner aux rêves semblait être un luxe hors d'atteinte.

Je me tournai, me retournai dans les draps.
Mon esprit n'était pas apaisé.

La présence de Loki me manquait.

Jamais nous n'avions passé une nuit loin l'un de l'autre depuis que nous étions ensemble.
J'avais besoin de sentir son odeur, de le toucher, de croiser son regard émeraude, de m'endormir dans ses bras.

Cette nuit, quelque chose s'était brisé… il ne serait plus comme avant.

J'espérai cependant que la naissance de notre enfant serait comme un baume pour son cœur.
J'espérai qu'Odin se réveille et père et fils puissent discuter.
Pour que le passé reste le passé…
Pour que nous puissions avancer…

Je sentis des doigts se promenaient doucement le long de mon cou. Quand on pensait au loup…
- Tu n'arrivais pas à dormir…

J'ouvris les paupières et basculai sur le côté.

Loki s'était allongé près de moi.
Il avait retrouvé sa sérénité. Son regard s'était radouci.
- Je suis désolé, Honohara. Pour tout… pour ma façon d'agir… pour ce que je suis réellement…
- Jotun ou pas, je t'aime pour ce que tu es. Et je t'interdis de penser le contraire ! J'avoue, tout de même, que j'ai été surprise par ta réaction.
- Qu'aurais-tu fait à ma place ? Apprendre que tu n'es qu'une adoptée, que tu n'es pas normale, cela ne t'aurait pas fait perdre la tête?

Je soupirai.
- J'aurais préféré et tu sais pourquoi.

Un sourire tendre apparut sur son beau visage. Il n'avait plus rien à voir avec le Loki en fureur de tout à l'heure.
- Mère et moi avons discuté. Il me faudra beaucoup de temps pour accepter ma véritable apparence, si ce n'est des siècles.
- Et ?
Vu son expression, je n'étais pas au bout de mes surprises.
- Pour Asgard, pour mère, j'ai décidé d'accepter le trône. Ce devoir m'incombe désormais.

- Heureuse de l'apprendre. Tu seras un bon roi. Un meilleur roi que ton père.
Le mot « père » le fit tiquer.
Il n'avait pas changé d'avis sur Odin.
- Je ne serais pas un bon roi…

Mes lèvres se pincèrent.

Qu'est-ce qui lui prenait à se dévaluer de la sorte ?! Il était un géant des glaces et alors ?!

- Je ne serais pas un bon roi… à moins qu'une reine gouverne à mes côtés.
Je me redressai subitement.
Il m'imita.

Ca y est… oh oui… Il me demandait… il me demandait en mariage…

- Mère m'a donné sa bénédiction. Sache même que si Thor avait été roi, je t'aurais demandée ta main.
Nous nous levâmes.

- Oh, Loki…
J'étais radieuse.
Le chaos des dernières heures disparut de mon esprit.

Le prince d'Asgard se mit à genoux.
- Honohra, veux-tu m'épouser ? Veux-tu devenir ma reine ?
Je fis une légère moue.
- Peut-être. Je ne sais pas.
Loki prit sa tête de chien battu.
Je ne pus m'empêcher de rire aux éclats.
_ Oui, Loki ! Je te veux pour l'éternité !

Il se releva en une seconde et m'embrassa avec fouge.

Je succombai à ce baiser ravageur.

Ses mains caressèrent doucement mes hanches.
Deux secondes après, nous nous retrouvâmes sur le lit.
Plus rien ne pouvait le stopper. Son désir était plus fort que tout.
Ses lèvres descendirent progressivement le long de mon cou.
Ses doigts titillèrent mes cuisses.

Je succombai à cette volupté.

- Loki… murmurai-je.
Son attention se porta sur ma poitrine.
Je lui saisis le visage à deux mains.
Ses yeux émeraude se plantèrent dans les miens.
- Pas ce soir, Loki.
Il sourit avec douceur.
- On a des petites nausées, mademoiselle?
- Avoue que ça manque cruellement de romantisme, mon petit. Crois-moi, j'ai envie de toi. Mais…
- Je suis un homme comblé, Honohra. Une femme, un bébé. Que me faudrait-il de plus ?

Il me prit dans ses bras.
Je me blottis contre lui.

Mon futur mari n'était pas complètement heureux, j'en étais consciente.

Rien à voir avec moi.
Rien avoir avec le petit.
Sa véritable nature et son père adoptif… voilà les deux seuls points noirs de l'histoire.

J'allais devoir y mettre mon grain de sel.
J'allais devoir lui redonner confiance.

J'allais faire mon rôle d'épouse.

Après tout, j'aimais Loki pour le meilleur et pour le pire.