A/N: Première fanfiction basée sur les personnages de la séries Skins, mais dans un univers alternatif. Lisez ? :)

Disclaimer: "I do not own Skins."


Chapitre 1 : Emily. - La perfection existe.

Elle resplendissait de mille feux dans sa tenue de bronze. Les perles blanches nacrées dans ses cheveux se mariaient à merveille avec ses cheveux noirs-ébène. Elle incarnait son personnage à la perfection, récitant son texte d'une manière si naturelle qu'on l'aurait cru née pour ce rôle. Malgré le fait que son corps commençait à présenter les premiers signes de vieillesse, elle dansait encore comme une jeune adolescente sur le vieil air de jazz qui jouait depuis près de cinq minutes. Mes yeux étaient rivés sur elle depuis le début de la scène. Évidemment, il ne pouvait pas en être autrement car je devais filmer son profil droit tandis que Freddie, l'autre caméraman et accessoirement meilleur ami, devait filmer son profil gauche.

La journée avait été longue et le fait que notre directrice et réalisatrice lunatique, Effy Stonem, nous menait la vie dure n'arrangeait pas la situation. Rosie, l'actrice principale avait dû recommencer la scène 13 une dizaine de fois, mais Effy ne semblait jamais satisfaite de sa performance, trouvant toujours l'une ou l'autre chose à redire concernant sa prononciation des voyelles ou la position de ses mains. La scène devait être à la fois brutale et remplie de passion, tragique et romantique, et je me demandais comment Rosie parvenait à mêler toutes ces émotions.


On sortit prendre un verre avec ma soeur jumelle, Katie, Freddie et Thomas, un mec qui devait s'occuper des effets sonores. Katie semblait n'avoir d'yeux que pour le nouveau venu et lui posait toutes sortes de questions concernant son métier, même si je savais très bien que cette discussion ne l'intéressait absolument pas.

"Assez parlé de moi…" commença Thomas. "Parlez-moi un peu de vous. Comment vous en êtes arrivés là ?"

"J'ai toujours aimé la mode, les fringues, les bijoux…"

Ça y est, Katie va nous refaire le discours de la jumelle parfaite, à qui la chance sourit chaque jour, qui a brillamment réussi ses études et a décroché des postes très intéressants dans des agences de stylisme, mais qui a finalement préféré se consacrer à un métier moins stressant, dans lequel elle serait peut-être amenée à rencontrer des stars d'Hollywood.

"Et toi, Emily ?" me demanda Thomas après avoir écouté attentivement l'histoire de ma soeur.

"Mon parcours est plus classique… Au départ, j'avais fait des études pour devenir photographe, mais il se trouve que Katie m'a trouvé un poste de caméraman par le biais d'Effy…"

"C'est ma meilleure amie !" ajouta-t-elle, fière de connaître personnellement l'une des réalisatrices de films les plus connues depuis quelques années.

Effy avait réalisé trois films à succès en quatre ans. Les médias la considérait comme la jeune prodige de ce siècle en matière de cinéma, tandis que d'autres critiquaient ses réalisations, encore trop décalées par rapport à ce que le public avait l'habitude de voir. Moi-même j'avais encore un peu de mal avec son dernier film. Mais celui qu'on était en train de tourner était, selon elle, son chef-d'oeuvre et j'étais plutôt d'accord avec elle sur ce point.

Les séquences que Freddie et moi avions tournées étaient splendides, autant du point de vue du scénario que sur la beauté des images. Les décors étaient spectaculaires et les tenues étaient parfaitement choisies par ma soeur. Malgré tout, mon métier ne me plaisait pas. Évidemment, j'étais très heureuse de travailler aux côtés de ma soeur, avoir un job stable et bien rémunéré, et découvrir en avant-première "le dernier film de la jeune Stonem", mais c'était loin de l'idée que je m'étais faite sur le métier de mes rêves… J'aurais voulu voyager, découvrir le monde et emporter avec moi une empreinte papier, une empreinte numérique, figée grâce à mon appareil photo. Ma mère m'a toujours dit que ces études ne me mèneraient nulle-part et que j'aurais mieux fait de suivre la voix de ma soeur. En un sens, je savais qu'elle avait raison, mais à quoi bon ?


Une semaine plus tard, la séquence de Rosie a été bouclée et l'équipe technique devait se retrouver en salle de conférence pour écouter les nouvelles directives d'Effy. Cook était assis sur une chaise, non loin de moi, et je ne savais pas ce qu'il venait faire ici, puisque cette petite conférence était réservée à l'équipe technique, et non aux acteurs. Mais "James Cook" semblait toujours passé outre les règles, n'en faisant qu'à sa tête et essayant d'attirer toutes les filles du tournage dans son lit.

"Alors Emilio, tu apprécies toujours autant filmer mon corps d'Apollon ?" me demanda-t-il avec un clin d'oeil.

Je ne voulais pas paraître grossière, surtout pas devant la moitié de mes collègues, je levai donc simplement les yeux au ciel et expirai lentement. Il me regarda alors du haut en bas. J'aurais peut-être dû être grossière tout à l'heure finalement ?

"Ils disent tous que ta soeur est la plus sexy… Je ne suis pas d'accord… Tu as un c-"

"Cook !" s'exclama Effy en frappant son poing contre le bureau. "Tu n'as rien à faire ici, sors tout de suite."

Son regard de glace le paralysa en un instant et je ne pus laisser échapper un rire. Il se leva et lorsqu'il arriva à hauteur de la brune, Cook lui chuchota quelques mots à l'oreille qui rendirent la mâchoire de la brune aussi dure que de la pierre. Après un silence, Effy reprit :

"Comme vous le savez, nous venons de terminer le premier quart du tournage. Le restant va devenir plus complexe en matière d'éclairage et de sonorisation… Les instructions à suivre se trouvent sur ces feuilles." dit-elle en pointant son doigt vers une pile de dossiers papier. "Freddie, Emily, vous allez devoir totalement changer de style pour filmer les séquences qui vont suivre. Elles seront bien plus violentes et bien plus énergiques que les précédentes car on va revenir sur le passé de Megan, ce qui va forcément induire des scènes violentes. Je veux plus de gros plans et de contre-plongées… J'ai aussi entendu dire que la comédienne qui viendra courant de la semaine prochaine pour jouer le rôle de Lily, la soeur de Megan, est plutôt capricieuse, donc vous veillerez à ne pas la contrarier. Sa présence m'est capitale car elle a les atouts parfaits pour le rôle. Katie, je veux que tu t'occupes de sa garde-robe."

Ma soeur acquiesça avec un grand sourire, ravie de pouvoir habiller l'une des vedettes du film. Katie avait été déçue le jour où elle a appris que Rosie avait engagé une habilleuse personnalisée car elle pensait que ma soeur était une incompétente.

"Qui est la nouvelle recrue ?" demanda Freddie, intrigué.

"Naomi Campbell." répondit Effy.

Naomi Campbell ? La top model ? Non, je devais rêver…

"Pas celle-là." ajouta Effy en me fixant.

Lisait-elle dans mes pensées ?

"Elle nous vient tout droit de Londres. C'est l'une des étoiles montantes du cinéma. Son agent pense que ce film la propulsera au rang de star internationale. J'ai vraiment besoin d'elle pour ce rôle, ne foutez pas tout en l'air."

Effy n'avait jamais eu à nous avertir de la sorte auparavant. Cette Naomi Campbell ne devait pas être une tendre.


Le jour fatidique arriva enfin. Tout devait être prêt pour "la Diva", comme l'appelait Cook, qui ne pensait déjà plus qu'à une seule chose : "se la faire". Elle devait arriver à dix heures du matin et elle était déjà en retard de plus de trente minutes. Effy tenta de l'appeler deux fois, mais sans succès. Cook avait sûrement raison en la surnommant la Diva… Je n'avais jamais compris pourquoi les gens célèbres (quoi que, elle ne l'était même pas encore…) étaient obligés de se sentir supérieurs à tout le monde. Si j'avais su, j'aurais pu rester une demie-heure de plus dans mon lit, pour récupérer de la nuit précédente… Non, mauvaise idée… Rester dans le lit de cette cinglée une minute de plus aurait été impossible…

Soudain, elle fit irruption. Son entrée était digne des films clichés Américains où la reine du lycée arrive, accompagnée de son troupeau de fans. Je ne sais pas si c'était mon imagination qui me jouait des tours ou si elle marchait réellement au ralenti. Ses cheveux bouclés étaient d'un blond si étincelant qu'ils renvoyaient la lumière comme la neige au soleil. Ses hanches dansaient parfaitement au rythme de ses talons sur le sol. Elle avait des lèvres roses absolument magnifiques. Et ses yeux… Mon Dieu, ses yeux… Je n'en avais jamais vu de pareils… Ils étaient d'un bleu océan si profond que j'ai dû m'y perdre sûrement trop longtemps car la déesse blonde avait fini sa marche de vingt mètres qui nous séparait. Elle se trouvait à quelques mètres de moi mais je pouvais sentir son parfum (probablement le genre de parfum qui coûte une fortune) et son odeur naturelle (j'arrivais à discerner une odeur de cerise et de cigarette). Elle était encore plus belle de près. Elle paraissait presque irréelle. Alors qu'elle parlait avec Effy, ses yeux balayèrent la pièce comme pour découvrir les lieux où elle allait travailler. Son regard croisa le mien et une décharge électrique traversa tout mon corps. Nos yeux ne s'étaient croisés qu'une fraction de seconde, mais cela avait suffi pour que mon coeur s'emballe. J'allais mourir d'un arrêt cardiaque dans les secondes qui vont suivre à coup sûr. Elle portait une robe blanche et noire sans bretelle, qui laissait entrevoir le début d'un tatouage représentant vraisemblablement l'aile d'un oiseau (ou d'un ange peut-être ?). J'avais envie de voir le reste du dessin sur sa peau. Sa peau devait être douce…

"Emily ?" dit la voix d'Effy qui m'arracha de ma rêverie. "Tu es parmi nous ?"

"Désolée…"

"Je t'ai demandé d'aller préparer une caméra. On va faire un essai sur la scène où Lily entre dans une colère noire…"

"Je n'ai pas préparé cette scène." dit la blonde.

Sa voix était encore plus belle que ce que je m'étais imaginée.

"Je sais. Je veux voir ce que tu vaux à l'improvisation."

"Très bien." répondit Naomi, un peu énervée par la demande de la brune.


Sa prestation était extraordinaire. Et ce n'était pas simplement parce que l'actrice était la plus belle femme que j'avais vu sur cette terre. Non. Elle dégageait réellement toute la douleur et la haine du personnage. Elle arrivait à pleurer d'une façon si réelle que ça en devenait presque effrayant. Quant à ses hurlements de douleur lorsqu'elle est censée griffer sa chair à main nue, j'en avais eu froid dans le dos. Mais je devais cependant garder ma caméra fixée sur elle. Elle était la seule personne sur laquelle je devais me focaliser mais j'oubliai à plusieurs reprises la présence de ma caméra, ne regardant la blonde plus qu'avec mes yeux et non pas à travers l'objectif.

Lorsque la scène fut terminée, j'en avais les larmes aux yeux. Elle avait interprété le rôle à la perfection, au-delà des bornes du réel. Le personnage de Lily l'imprégnait totalement. Effy tapa dans ses mains doucement, puis de plus en plus rapidement tout en s'approchant de l'actrice.

"Tu as été excellente. Bravo." la complimenta-t-elle.

"Merci." dit-elle simplement.

On aurait dit que tout l'énergie que Naomi avait fourni durant cette scène s'était envolé et qu'elle était soudain complètement vidée.

"Elle a beaucoup de talent." me dit Thomas.

"Oui…" répondis-je à mi-voix, sans décoller mon regard de la blonde.

"Allez viens. On va manger un truc avec Katie et Fred."

Je détournai mon regard vers le Congolais et lui souris.

À table, ma soeur n'arrêtait pas de parler Naomi. Et je buvais ses paroles.

"Le plus impressionnant dans tout ça, c'est qu'absolument toutes les robes lui vont. Et je ne parle même pas des chaussures !" s'exclama Katie.

Je veux bien te croire…

"Dommage que ce soit une vraie pétasse." ajouta-t-elle.

Cette phrase me déplue.

"Pourquoi tu dis ça ?" demandai-je.

"Elle traite tout le monde comme de la sous-merde, y compris son agent qui a pourtant vraiment l'air d'être adorable, elle n'est jamais satisfaite de rien, et se plaint de tout. J'ai mis une heure et demie à chercher une tenue qui pourrait éventuellement lui plaire, pour faire une simple scène d'improvisation, pour qu'elle garde finalement la robe qu'elle portait quand elle est arrivée !"

Ma soeur avait enfin trouvé une adversaire à sa taille. Je ne pouvais retenir mon rire. Katie avait l'habitude que les gens se plient à ses volontés, et j'en avais été la première victime. Jusqu'à nos dix-sept ans, j'étais totalement dépendante d'elle et vivait dans l'ombre de ma soeur. Les garçons ne s'intéressait qu'à Katie. Mais ça ne me dérangeait pas. Je savais que ce n'était pas eux que je voulais. Malgré le fait que Katie m'ait présenté plusieurs garçons étant adolescente, je n'ai jamais accroché pour aucun d'entre eux… Je n'avais d'yeux que pour Sidney, l'une des filles les plus populaires de mon lycée… Et l'une des filles les plus hétéro et homophobe de la planète. Je ne lui avais parlé qu'une seule fois, mais je savais que je ressentais de l'amour pour elle. Simplement parce qu'elle ne se laissait pas marcher sur les pieds et qu'elle était incroyablement sexy. Pour la saint Valentin, je lui avais écrit un poème anonyme et avais accroché une rose sur son casier. À la fin de la journée, j'avais retrouvé la rose et la lettre dans la poubelle de la salle d'histoire. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps pendant des semaines, sans que je puisse expliquer ma peine à qui que ce soit, pas même ma soeur. Il ne fallait surtout pas que ma soeur sache que j'aimais les filles, car je savais que les conséquences seraient désastreuses. À commencer par ma mère, qui aurait très mal pris la nouvelle. Bien sûr, cinq ans plus tard, ma mère et ma soeur étaient au courant. Pour Katie, ça avait été plus facile à digérer que pour ma mère. Elle avait d'abord fait comme si de rien était les deux premières semaines, puis lorsqu'elle m'a vu embrasser une fille pour Nouvel An, elle s'est rendue compte de la réalité de la chose. Au fur-et-à mesure du temps, elle a fini par l'accepter totalement, contrairement à ma mère, qui a encore du mal à voir la réalité en face…

"Tu sais si elle est célibataire ?"

La question de Freddie me ramena à la réalité.

"Il y a très peu de chance… Elle est canon !" lui répondit Katie.

Ce n'était pas une raison. Je comptais résoudre ce mystère avant la fin de la semaine en lui demandant par exemple d'aller boire un verre après le tournage ?

"Non Emily, tu peux oublier." ajouta ma soeur.

Putain, elle lit dans mes pensées ou quoi ?!

"Pourquoi ?" demandai-je.

"Ce genre de filles ne s'intéresse qu'aux multimillionnaires avec des yachts… Aux hommes multimillionnaires, Emily."

"Qu'est-ce que tu en sais ?" lui demandai-je, agacée.

"C'est une peste avec une plastique de rêve, Emsy." répondit Freddie à la place de Katie.

Je soupirai face à sa constatation évidente. Naomi Campbell, je vais découvrir qui tu es réellement.


A/N: commentaires ? :)