Chapitre 27 : Emily.- Gina Campbell.

Em,

Je suis partie chercher ma mère. Désolée de ne pas t'avoir réveillée, mais tu es bien trop adorable quand tu dors ;-)

À ce soir xx N.

Je gardais ce papier dans mes mains, retraçant chaque lettre du bout des doigts. Naomi écrivait étonnement bien; non pas que je m'attendais à ce qu'il en soit autrement, mais j'aurais imaginé une écriture différente venant de sa main. Mais là encore, elle me surprenait toujours.

À ce soir… J'allais rencontrer Gina Campbell. Je n'avais jamais rencontré la mère de mes petites amies, et l'idée de rencontrer la mère de Naomi me rendait un peu anxieuse. J'étais persuadée qu'elle lui ressemblerait beaucoup, mais quelle serait sa réaction en me voyant ? Et si elle ne m'aimait pas ? Et si elle ne me trouvait pas assez bien pour sa fille ?

Il n'était que quinze heures, mais je me retrouvais déjà postée devant mon armoire. Naomi m'avait précisé de ne pas venir en robe ou quoi que ce soit de trop élégant, car sa mère appréciait les choses simples, sans extravagance. Et je partageais entièrement son point de vue. C'était un bon début, non ?

L'eau glacée coulait à torrent sur ma peau et là encore, je n'arrivais pas à penser à autre chose qu'à elle, son corps, ses yeux, sa voix… Tout.

"Em, j'ai Naomi au téléphone !" dit ma soeur en entrant dans la salle de bain.

"Demande-lui si elle peut attendre cinq minutes le temps que je me sèche." dis-je en coupant l'eau.

"Euh oui, elle est sous la douche." répondit ma soeur, apparemment à Naomi. "Non, dans cinq minutes elle a dit. … Oui. … Non, pourquoi ?"

Et elle quitta la pièce en fermant la porte.

À peine étais-je enveloppée par ma serviette, je cherchai Katie dans l'appartement. Elle était allongée sur le canapé et semblait discuter de vêtements avec Naomi. Comment je le savais ? C'est très simple. À chaque fois que ma soeur mentionnait les mots "chaussures, robes, talons, maquillage, jeans, débardeur, veste, cuir, cardigan", son visage s'éclaircissait et sa bouche formait un sourire indéfinissable.

Je lui fis signe de me tendre le téléphone, mais elle m'ignora complètement. Quand je vis ma soeur continuer à argumenter sur les couleurs qui allaient bien à ma petite amie, je lui pris le téléphone des mains, jugeant cette discussion inutile.

"-important c'est que la robe soit bleue !"

Je n'entendis que la fin de sa phrase et laissai échapper un rire.

"Pourquoi bleue ?" demandai-je.

"Parce que le bleu me va bien mieux que n'importe quelle autre couleur, je te dis !" s'énerva Naomi, qui n'avait apparemment pas remarqué qu'elle ne parlait plus à ma soeur.

"Moi je trouve que toutes les couleurs te vont très bien."

"Quoi ?! Tu viens de dire le contraire et… Attends… Em ?"

Je ris à nouveau.

"Em, c'est pas drôle, je t'ai vraiment prise pour Katie."

"Je sais. Alors, tu appelais pour quoi ? Et surtout, tu appelais comment ? Je croyais que t'avais perdu ton portable ?"

"J'en ai racheté un à l'instant. Et je t'appelais pour te dire de venir à dix-neuf heure."

"Dix-neuf heure c'est parfait."

J'entendis Naomi grommeler à l'autre bout du fil.

"Naoms ?"

"Ma mère est impatiente de te voir." dit-elle, blasée.

Je ris à nouveau.

"Moi aussi."

"Bien. À ce soir dans ce cas. Je suis aussi impatiente de te voir, au fait."

"Moi aussi, Naoms. À ce soir."


Je me dandinais sur le pallier de la porte, en me demandant quand mon doigt arriverait à appuyer sur la sonnette. J'avais refusé d'acheter un bouquet de fleurs, car je trouvais le geste complètement idiot. Les plantes ne sont pas faites pour être coupées, puis enfermées dans un vase, pas vrai ?

Sonne à la porte, Em !

À la place, j'avais décidé d'apporter une bouteille de vin, car aussi neutre que ça pouvait paraître, je savais que Naomi appréciait goûter des vins différents.

Sonne à la porte, Em !

Mon doigt appuya très lentement sur la sonnette, et je pinçai ma lèvre inférieure entre mes dents. La porte s'ouvrit et j'étais soulagée en voyant Naomi. Elle me sourit à pleines dents et me tira vers elle par l'extrémité de mon jean. Mes bras s'enveloppèrent automatiquement autour d'elle et je l'embrassai fougueusement. Elle gémit doucement dans ma bouche lorsque je commençai à séparer mes lèvres des siennes de peur que sa mère nous voit. Car oui, même à mon âge, j'avais encore peur de me faire épier par la mère de ma petite amie.

"Elle est dans la cuisine." dit Naomi.

Est-ce que tout le monde avait la capacité de lire dans mes pensées, ou n'était-ce qu'une impression ?

Elle m'embrassa à nouveau, puis dans le cou, et je fis de même. Emboîtées l'une dans l'autre, aucune de nous ne voulait rompre ce baiser, trop préoccupées par toutes les sensations éprouvées par notre corps. J'étais sur le point de glisser ma main sous son haut (d'ailleurs légèrement transparent), mais un raclement de gorge se fit entendre, et je me séparai aussitôt de Naomi.

Une femme blonde, la cinquantaine, se tenait à quelques pas de nous. J'en conclus immédiatement qu'il devait s'agir de la mère de Naomi et je lui souris timidement, gênée. Elle s'avança de moi et, alors que je lui tendis la main pour me présenter, celle-ci me prit chaleureusement dans ses bras. Je ne savais pas exactement comment réagir et mes muscles étaient tellement tendus que je n'étais pas capable de bouger.

"Maman, tu l'étouffes." intervint Naomi.

"Oh. Oui, pardon." s'excusa-t-elle.

"Maman, voici Emily. Emily, ma mère, Gina Campbell."

"Enchantée." dis-je en lui serrant la main. "Madame Campbell." ajoutai-je.

"Oh je t'en prie chérie, appelle-moi Gina !"

J'étais surprise par la gentillesse et l'aisance qu'avait Gina à m'accueillir. C'était comme si on venait de me retirer un poids, car j'étais tellement heureuse que la mère de Naomi m'apprécie. Du moins, pour l'instant.


Le dîner se déroulait plutôt bien. Gina m'avait posé toutes sortes de questions (certaines plutôt embarrassantes… En fait, non, la quasi-totalité de ses questions l'étaient !) et presque à chaque fois, Naomi intervenait pour ne pas que sa mère m'embarrasse d'avantage. Elle me racontait aussi certaines anecdotes sur sa fille lorsqu'elle était plus jeune et je buvais ses paroles; car je ne connaissais pas réellement le passé de Naomi, mis à part les moments tristes.

"… Et elle est descendue le pantalon baissé devant la totalité des invités !" conclut Gina.

Je riais à en avoir mal aux côtes et ma mâchoire allait se disloquer si Gina racontait une autre histoire incluant sa petite fille de sept ans.

"Maman !" protesta Naomi.

"Chérie, je pense qu'Emily a le droit de savoir ce genre de choses !" expliqua-t-elle.

Naomi quitta la table en grommelant et débarrassa nos assiettes. Je me levai pour l'aider et j'étais heureuse que Naomi n'objecte pas pour que je reste assise, comme elle l'avait fait après l'entrée.

Dans la cuisine, Naomi bougonnait encore, causant un autre rire de ma part. Se rendait-elle compte à quel point elle était adorable quand elle était grincheuse.

"Ma mère me ridiculise." affirma-t-elle en plaçant la vaisselle dans l'évier.

Je me postai derrière elle et enveloppa mes mains autour de sa taille. J'embrassai son omoplate et gardai mes lèvres posées dessus.

"Je trouve ça adorable, en fait." dis-je en caressant son ventre avec mes pouces.

Elle se retourna pour me faire face et me prit à son tour dans ses bras. Sans attendre, elle m'embrassa passionnément et je me laissai faire, car il m'était tout simplement impossible de résister à un baiser de Naomi Campbell.

Mes mains étaient à présent fermement agrippées dans ses mèches blondes et les siennes me serraient plus fort contre elle en massant généreusement mon fessier. De n'importe qui d'autre, j'aurais trouvé ce geste déplacé, mais de Naomi, c'était sensuel et sensationnel.

"Et ce dessert ?" demanda Gina dans la pièce d'à côté.

On se défit l'une de l'autre, gênées. J'étais persuadée que la mère de Naomi avait compris ce qui se passait dans la cuisine, aussi je me dépêchai pour regagner la table.

En m'asseyant, je vis Gina sourire de façon très niaise; elle savait effectivement pourquoi servir le dessert mettait autant de temps. Sans parler que j'avais sûrement du rouge-à-lèvre autour de la bouche. Enlève-le discrètement, Emsy !

Plus tard dans la soirée, Gina nous demanda de lui expliquer pourquoi notre relation devait rester secrète aux yeux des médias. Pour elle, c'était totalement absurde que la vie sentimentale de sa fille ait un quelconque rapport avec sa vie professionnelle, et encore une fois, j'étais totalement d'accord. Naomi essayait de défendre son point de vue tant bien que mal, mais je savais qu'elle n'était elle-même pas entièrement convaincue.

J'étais assise sur les genoux de Naomi, qui avait ses bras enroulés autour de moi. Alors que je discutais avec Gina de la photographie et sur mes projets de devenir photographe, je sentis la main de Naomi caresser fermement ma cuisse et je n'arrivais plus à penser clairement. Heureusement, Gina racontait une autre anecdote de sa vie qui risquait de prendre du temps; je pouvais donc me focaliser sur la main de ma petite amie qui cherchait à présent mon entre-jambe. Ma respiration devenait difficile et j'avais sûrement la chair de poule.

La blonde commençait à dégrafer doucement la fermeture de mon pantalon et je me demandais comment j'arriverais à la stopper sans que mes actions ne paraissent suspectes (si elles ne l'étaient pas déjà…).

Sa main finit par se faufiler à l'intérieur de mon pantalon et je serrai les poings sur la table pour me contrôler.

"Emily, ça va ?" s'inquiéta Gina en posant sa main sur mon poing.

"Euh oui. J'ai… Mangé trop de… Trop de…"

J'avais du mal à finir ma phrase car la blonde venait de trouver mon point sensible.

"De glace." finis-je.

"Tu as l'air exténué."

Ah, si tu savais.

"Oui, un peu." avouai-je.

J'entendis la blonde rire dans mon dos et elle déposa un baiser sur mon épaule et retira délicatement sa main. Je soupirai de soulagement. Non pas que la sensation était désagréable, au contraire, mais je me demandais combien de temps j'aurais encore pu tenir dans cette situation.

La soirée touchait à sa fin et je ne savais pas exactement si je devais rester ou partir. Gina resterait très certainement dormir ici cette nuit, et cela ferait peut-être déplacé si je restais dormir moi aussi.

"Je ferais bien d'y aller." murmurai-je à Naomi, mes lèvres collées contre sa joue.

Son étreinte se resserra autour de mon bassin et elle protesta fermement. Je crois qu'elle avait déjà pas mal bu (pour sa défense, le vin était très bon).

"Reste." dit-elle.


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