Chapitre 17 :

La journée passa et le surlendemain arriva. Diego se réveilla finalement, une douleur persistante dans son épaule lui rappela certains faits. Il grimaça en se redressant et alla se passer un peu d'eau sur le visage. Son équilibre était bon. Lorsqu'il aperçut son visage, il se réprimanda.

— Diego, Diego… Ne tourne plus le dos à ton adversaire principal.

Il parvint à se changer et descendit prendre son petit déjeuner avant d'aller à la bibliothèque.

Bien plus tard, il vit entrer Bernardo en toute hâte. Ce dernier, l'apercevant, s'arrêta brusquement et retrouva le sourire.

— Et bien, Bernardo, quelle hâte de si bon matin.

Bernardo lui expliqua qu'il l'avait cherché dans toute la maison sans le trouver.

— Tu aurais dû m'appeler. Lui reprocha Diego le faisant marcher.

Boudeur devant cette remarque, Bernardo se mit ensuite à rire et lui demanda comment il se portait.

— Je me porte bien, merci. Je ressens quelques douleurs, mais je me trouve reposé.

Bernardo s'approcha de lui et posa une main sur son front qu'il trouve encore un peu chaud.

— Je vais bien, Bernardo.

Mais ce dernier ne l'entendait pas de cette oreille et lui rappela qu'il venait de traverser une bonne journée et demi alité, à cause de la fièvre.

— Tu dis que je suis resté alité depuis notre retour de Los Angeles avant-hier ! S'étonna Diego.

Bernardo opina du chef.

— Sais-tu où est mon père ?

Bernardo lui expliqua qu'il était parti ce matin à Los Angeles. Il avait une course à faire.

— Bien. J'espère que tout va bien pour la señorita.

Lorsque Don Alejandro revint, Diego était toujours à la bibliothèque.

— Diego ! S'exclama-t-il gaiement en le voyant. Comment vas-tu, Fils ?

— Reposé. Admit-il. Mais confus. Bernardo m'a expliqué que j'aurai dormi depuis avant-hier.

— C'est exact, Flls. Tu as eu un épisode fiévreux.

— Du nouveau à Los Angeles ? Demanda Diego.

Don Alejandro regarda son fils intrigué. Comment savait-il. Diego décela l'interrogation de son père et le devançant, lui expliqua que Bernardo l'avait vu partir.

— J'ai croisé le sergent qui semblait bien fatigué. Nous avons discuté un peu et j'ai appris que tout comme la veille, ils avaient attendu Zorro toute la nuit, mais ce dernier ne s'est pas montré. Il était très déçu de ton absence…

Diego leva les sourcils avec étonnement.

— Excuse-moi ! Nous avons aussi parlé de toi. Il m'a demandé de tes nouvelles. Je n'ai pas pu lui en apporter beaucoup car tu étais encore fiévreux avant que je ne parte, et tu dormais toujours. Rajouta Don Alejandro amusé par la mine interrogative de son fils.

— Père, avec votre permission, j'irai voir Padre Felipe cet après-midi.

— Tu n'es pas en état.

— J'irai en voiture, Père, Bernardo me conduira.

— Soit, si cela te permets d'être en paix avec toi-même.

— Gracias.

L'après-midi était déjà bien avancé lorsque le Padre vit arriver Diego, accompagné de Bernardo. D'abord tout sourire, son visage fit place à l'inquiétude en le découvrant le bras droit en écharpe et le visage encore un peu meurtri. Néanmoins, il l'accueillit comme à l'accoutumée.

— Diego, mon enfant ! Comment vas-tu ?

— Buenas tardes, Padre. Je vais bien merci.

— Que t'est-il arrivé ? Demanda le Padre.

— C'est en parti cela qui m'amène.

— Aurais-tu besoin de te confesser ?

— Non. Mais de parler simplement.

— Viens à l'intérieur, Diego, nous serons bien plus à l'aise pour discuter.

Peu après, le Padre regarda Diego d'un œil nouveau. Du moins d'un ancien regard qui se réveillait alors, comme s'il avait retrouvé le 'Diego' qu'il connaissait avant son départ pour l'Espagne. Pourtant le visage de Diego reflétait aussi sa honte qu'il éprouvait alors.

— Diego, mon enfant. Tu ne dois pas te sentir honteux des tes actions. Ces hommes ont agi de façon malveillante. Tu as suivi ton cœur, même si celui-ci a réagit ardemment. Et Dieu t'a puni en retour.

— Sans vouloir vous offenser, Padre, je trouve que Dieu a été un peu trop prompt à me punir.

Le Padre sourit au commentaire.

— Et tu dis par que par la suite le lancier que tu as assommé a été retrouvé mort dans votre propriété.

— Précisément, mais comme je vous l'ai dit, je pense que c'est un coup monté.

— Tu as sans doute raison, Diego. Mais si tu connais, ou penses connaître le responsable de ce complot, reste maître de toi. Il tombera tôt ou tard et tu seras blanchi. Il est vrai qu'il serait difficile de croire que tu es un meurtrier. Un hors la loi peut-être, mais pas aux yeux de tous. Se garda de rajouter le padre.

— J'ai le sentiment que vous voulez rajouter autre chose.

Ton intuition est aiguisée, Diego.

— Je pensais que Zorro pourrait peut-être apporter la solution.

— Vous aussi, Padre? … Le Sergent Garcia m'a fait la même réflexion… J'admets que je n'étais pas très enthousiaste à cette idée, et je le lui ai fait comprendre de façon un peu trop… abrupte. Après tout Zorro n'est pas invincible.

— Tout comme toi, Diego. Répliqua Padre Felipe souriant.

— En effet, Padre. Admit Diego.

— Diego, Zorro n'est peut-être pas invincible, mais mon cœur me dit qu'il résoudra ton problème… A l'avenir, Diego, restes maître de toi, la colère n'est pas bonne conseillère. Elle peut se retourner contre toi et te jouer un mauvais tour de manière très déloyale et vicieuse.

— Je l'ai appris, Padre. Aussi ferais-je attention lors de mes prochaines conversations. Parler avec vous m'a été d'un grand réconfort.

— Tu pars déjà ?

— J'ai l'impression que la fièvre me guette, aussi serait-il préférable que je rentre me reposer.

— Tu ne veux pas rester ici ?

— Je ne voudrais pas abuser de votre hospitalité, et mon père va finir par s'inquièter.

— Bien, Diego. Si jamais tu souhaites venir parler plus longuement…

— Vous serez toujours là. Compléta Diego. Gracias, Padre. Rajouta-t-il ensuite.

— Je t'en prie mon enfant. Rentre bien et salue ton père de ma part.

— Je n'y manquerai pas. Dit Diego souriant et prenant son temps pour se relever puis pour avancer.

Cependant, le padre le raccompagne jusqu'à l'entrée de la mission, le soutenant, tandis que Bernardo, qui attendait à la voiture, descendit pour aller l'aider à son tour.

Diego remercia de nouveau le Padre, en s'installant dans la voiture, puis fit signe à Bernardo de partir.

Le retour à l'hacienda se fit sans encombre, cependant, Don Alejandro alors à l'extérieur, s'inquiéta de voir son fils les yeux fermés et s'approcha de la voiture une fois qu'elle fut arrêtée.

— Diego ? Interrogea-t-il en ouvrant la porte.

Ce dernier ouvrit les yeux au son de la voix de son père. Le vieux don soupira intérieurement.

— Père ? Est-ce que tout va bien ?

— Oui, et toi, Fils ? Tu dormais ?

— Oui, je me reposais un peu. Je suis désolé de vous avoir inquiéter. Expliqua Diego en descendant de voiture, ayant noté l'inquiétude dans la voix de son père.

Puis Diego fit signe à Bernardo de s'occuper de la voiture et des chevaux avant de rejoindre l'hacienda, accompagné par son père.

— A propos, Père, vous avez les salutations du Padre Felipe.

— Comment va-t-il ?

— Il va bien. Nous avons discuté un peu des derniers événements, et force est de constater qu'il partage l'avis du Sergent Garcia.

— A savoir ? Interrogea Don Alejandro cachant un sourire malicieux car se doutant de la réponse.

— A savoir que Zorro pourrait résoudre mon problème. Soupira Diego.

— Tu sais, Diego, je dois admettre qu'ils n'ont pas tort.

— Ha ! Vous aussi, Père ! S'exclama Diego s'arrêtant de marcher.

— Voyons, Diego, n'en sois pas si surpris.

— Vous croyez peut-être que je vais rester les bras croisés à attendre que le Renard sorte de sa tanière.

Ha, ça mon fils.

— Tu n'es pas obligé d'attendre, Fils. Ce que je veux dire, c'est que toi, tu ne peux pas enquêter ouvertement puisque tu es aussi, excuse-moi du terme, le suspect principal. Tu perdrais toute crédibilité auprès du magistrado. Expliqua Don Alejandro en attrapant son fils du côté gauche pour l'entraîner de nouveau à ses côtés.

— C'est vrai. Soupira Diego. Je doute cependant qu'un hors la loi ai plus de crédibilité.

— Merci de m'avoir éclairci. Rajouta-t-il après un temps de réflexion.

— Allons, Diego, un père est toujours là pour son enfant quoiqu'il fasse de sa vie. Dit Don Alejandro énigmatique tandis qu'ils arrivaient au salon.

— Que voulez vous dire par là, Père ?

— Et bien que tout parent se soucie de ses enfants même lorsqu'ils sont adultes, tout simplement.

— Je dois être encore fatigué. Si vous permettez, je vais aller me reposer jusqu'au dîner.

— Mais bien sûr, Diego.

Pas de folie je t'en conjure. Tu n'es toujours pas en état.

— Vous paraissez soucieux, Père.

— C'est ta santé qui me préoccupe… Tu enchaînes les mauvais coups en ce moment.

— Vous faites de l'esprit, Père.

Don Alejandro regarda son fils perplexe, et réalisant alors, étouffa un petit rire.

— Pardonne-moi, Diego. Ce n'était pas volontaire.

— Je n'en doute pas. A plus tard, Père.

Diego alla dans sa chambre où Bernardo l'attendait déjà.

— Bernardo, j'ai dit à mon père que je me reposais, et c'est ce que je vais faire… Zorro doit sortir ce soir, je sens que c'est impératif. Expliqua Diego retirant sa chemise aidé par Bernardo.