Titre : Contraire à la raison

Fandom : Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire

Personnages : Violette, mention de M. Poe et de Klaus.

Rating : K

Disclaimer : Les personnages appartiennent à Daniel Handler - Lemony Snickett.

Note : Que dire... ma remise en selle sur le terrain des fanfictions. Le fandom s'est lui aussi imposé par hasard, je n'avais pas touché à mes bouquins depuis dix ans au moins. J'espère que vous apprécierez, n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires, j'en ai vraiment besoin !

Ecrit pour la communauté lj bingo_fr.


CONTRAIRE A LA RAISON


Les cheveux toujours attachés lorsqu'elle réfléchissait à de nouvelles inventions, c'était souvent ainsi que les gens avaient toujours connu Violette Baudelaire. Son esprit logique ne comprenait que les rouages scientifiques, et selon elle, le monde était régi de la même manière, par des règles, que chacun devait suivre, elle la première.

Lorsqu'elle était enfant, ses parents lui répétaient à chaque situation de son existence qu'elle était l'aînée de deux frères et sœurs, et qu'il lui faudrait veiller sur eux durant sa vie entière. D'accord, répondait-elle, et il ne lui était jamais venu à l'idée de désobéir.

Même quand Klaus était sorti seul de chez lui, à l'âge de dix ans, pour se rendre à une bibliothèque de quartier sans la prévenir, la jeune fille avait parcouru toute la ville pour le retrouver, coûte que coûte. Pas parce que ses parents allaient la disputer, mais seulement parce qu'elle pensait qu'elle était responsable de son cadet.

Alors la chance, non, elle n'y avait jamais cru. On prenait sa vie en main, on essayait de trouver des solutions s'il y'avait des problèmes, mais c'était de son propre ressort. Rien n'était du au hasard, pensait-elle du haut de ses quatorze ans. Pour preuve, elle avait déjà idée de la manière dont elle mènerait son futur : elle s'y voyait déjà, dans son immense laboratoire, avec tous les équipements nécessaires pour ses recherches.

Le premier grain de sable à cet avenir bien réglé fut le jour où M. Poe vint leur annoncer, à tous les trois, qu'un drame était arrivé. A ce moment-là, le monde carré de Violette vacilla. Cela ne devait pas arriver ; cela n'aurait pas du arriver. Et comme c'était imprévisible, elle resta là, bouche bée, terrorisée. Longtemps, elle avait regardé les vagues s'écraser à ses pieds, incapable de réagir comme son frère qui pleurait en silence.

Pour finir, l'adolescente avait suivi le banquier jusqu'à sa maison – où elle avait découvert l'étendu du carnage. Tout avait brûlé, tout était saccagé, et il lui était impossible de se raccrocher à la moindre parcelle de souvenir qu'une petite fiole en verre carbonisée.

On les avait ramenés dans la demeure où ils vivraient durant quelques jours, le temps qu'on leur trouve un autre foyer. Violette s'était contemplée dans la glace, avec ce pull verdâtre qui grattait, ses jeans trop petits, l'air d'avoir volé la vie de quelqu'un d'autre.

Comment cette situation avait-elle pu arriver, elle ne le comprenait pas. Face à l'injustice, elle n'avait aucune ressource, pas même sa raison. Il lui était impossible de raisonner par des principes. Violette était effrayée par l'inconnu qui se profilait.

La voix, pernicieuse lui soufflait que jamais elle ne s'habituerait au fait de vivre chez des inconnus, même de sa propre famille. Son optimisme habituel était parti, ne restait que la peur.

Et dans la nuit pâle, juste cette fois, allongée dans un lit qui ne lui appartenait pas, Violette avait invoqué le destin. Elle avait juré que plus jamais, jamais, elle ne se laisserait dépasser par une situation catastrophique. C'était dans ses mains que reposait leur vie ; elle mettrait tout en œuvre pour qu'ils soient heureux, tous les trois.