Alors voilà, un texte sur La Môme Piaf, après avoir vu le film de Olivier Dahan.
Rating K, rien de bien méchant, juste quelques spoils de la mort de Marcel.
Bonne lecture !

Edith, petit oiseau, tu cours dans le couloir. Petit moineau paumé, tu hurles, tu gueules, tyrannique merle, tu cherches le cadeau pour ton amour, ton bel homme qu'est dans ton lit, sirotant un café en attendant ton retour. La montre, la belle montre dans l'étui Clavet rouge, tu sais, Monette, le bel étui rouge et cher. Il est où, bordel ?! La montre de Marcel elle est où ? Pourquoi t'es toute pâle, Monette ? T'as pas décuvé ou quoi ? Tiens, Loulou, t'es gentil, toi. Dis, Loulou, il est où le paquet pour Marcel ? Pourquoi tu me regardes comme ça, toi aussi ? Hein ? Qu'est-ce que vous avez tous à me 'zieuter comme ça ? Merde, mais où il est le paquet de Marcel ? Quoi, qu'est-ce que t'as à me prendre par les épaules comme une malade, Louis ? Quoi, moi, je dois être courageuse ? Mais pourquoi ? Qu'est-ce qu'il a, Marcel ?

Et d'un coup, t'as la voix de Loulou qui casse ta belle maison de poupée.

Marcel il est mort. Marcel il est mort. Marcel il est mort. Marcel il est pas dans ton lit à boire ton café trop fort. Marcel il est dans la carcasse de l'avion qui s'est écrasé. Marcel il sera plus jamais dans ton lit, Edith. Ton boxeur s'est fait avoir, petit moineau. L'arbitre en haut, il a décidé que ton boxeur il quitterait le ring. T'es toute seule, Edith. La petite gamine trop maigre et trop pâle, avec ses guenilles crasses de clodo, elle est encore toute seule. Titine, Maman, Monette, Sainte Thérèse, elles t'ont toutes abandonnée. T'es toute seule, Edith. T'es toute seule avec ton gros cœur rapide de petit oiseau peureux et tes grands yeux bleus tous mouillés. Tu cours dans le couloir, avec tes ailes brisées qui ballottent derrière toi. Tu gueules le nom de ton boxeur comme si le p'tit Jésus pouvait t'entendre et te le ramener. Mais le p'tit Jésus est un enfoiré de première, un gros con sourd à la douleur qui s'amuse de tes tours dans le grands appartement, dans ton p'tit manège à toi, do ré mi do, et toi qui gueules comme une folle le nom adoré, qui hurles à la Mort, pour qu'elle te rende ton grand Marcel, ton beau Marcel fort comme un taureau, ton joli boxeur tombé dans un oiseau de métal aux ailes brisées comme les tiennes. Tu cries parce que t'es un oiseau de malheur, Edith. Tu portes la poisse à tout le monde. Louis Leplée, le gentil directeur du cabaret de tes débuts, ton grand Marcel, tout le monde.