Disclaimer : Mizushiro Setona
Nombre de mots: 472
Prompt : première fois - Kureha se pense toujours hétérosexuelle, même en ce moment
Notes : Spoilers dans les premiers tomes (entre le tome 1 et 3, je crois)


Mashiro était arrivé comme un prince de conte. Comme Peter Pan rejoignant Wendy, comme Roméo grimpant jusqu'à la fenêtre de Juliette. Il avait eu ce sourire qui renversait le cœur de Kureha – un sourire doux, promesse de félicité. Mais il y avait quelque chose de nouveau dans ce sourire : du désir et de l'appréhension. Kureha avait jeté un défi à la face de Mashiro, et le prince avait décidé de le relever.

Dire qu'elle n'avait pas eu peur serait mentir. Un seul homme l'avait touché et cela lui avait suffi. Mais Mashiro était bien différent du loup qui l'avait dévoré, frêle chaperon rouge.

Les mains de Mashiro étaient aussi fines que celles d'une femme. Les doigts ôtèrent doucement sa chemise de nuit – le froid nocturne mordit sa peau, ils avaient bêtement oublié de fermer la fenêtre. Sous la lumière de la Lune, Kureha vit son prince caresser son corps, lui apprendre une nouvelle façon de le toucher. Ce n'étaient que des frôlements et des baisers qui la chatouillaient, lui envoyaient des ondes qui la faisaient trembler. Elle était loin la rudesse de l'homme du passé, bien lion la violence des mains lui arrachant ses vêtements, lui remontant sa jupe de force.

Non. Ne pense pas à lui. Kureha ferma les yeux, chassant les souvenirs. Les rouvrant elle vit Mashiro penché sur elle, lui demandant du regard si tout allait bien. Kureha hocha la tête, poussant Mashiro à s'asseoir. A son tour ses mains cherchèrent à découvrir celui de l'autre, les ombres brouillant ses perceptions.

Curieusement le fait que Mashiro n'avait rien d'un homme entre ses jambes la rassura. Il n'y avait rien là qui ne la déchirerait. Ce détail-là lui redonna sa pleine confiance. Rien en elle ne s'enfoncerait pour la blesser. Oh, Kureha n'était pas naïve et connaissait les alternatives. Mais ce ne serait pas pareil.

Est-ce pour ça que j'aime Mashiro ? Parce qu'il n'est pas un homme complet ? L'aurait-elle aimé sans cette troublance physique ? Kureha se surprit à ne pas trouver la réponse. Mais imaginer Mashiro en fille, avec une poitrine, des rondeurs, lui paraissait incongru. Et ce corps-là ne l'attirait pas.

Pourtant quand Mashiro se mit sur elle, qu'il la traita en princesse en répondant à ses moindres désir, l'image de Mashiro en fille se superposa dans son esprit. Imaginer la poitrine de Mashiro frôler la sienne, s'étaler voluptueusement, lui donnait davantage de frissons. Kureha se dessina même la scène actuelle en ajoutant des robes d'époque à elle et Mashiro. Cette image lui fit lâcher un cri – non le cri venait des caresses de Mashiro, rien d'autre, se reprit-elle.

Ce serait si bête – et surtout si cliché – qu'elle se mette à aimer les femmes simplement parce qu'un homme l'avait détruit. Si cliché.

Mais la robe allait si bien à Mashiro.