Me revoilà avec une nouvelle fiction ! Celle-ci sera plus courte que Katerina, et j'espère qu'elle vous plaira. N'hésitez pas à me donner votre avis.

Rappel: cette fiction se situe entre l'accident et la rencontre avec Stefan.


Chapitre 1 :

Les ténèbres firent place à une douce lumière rougeâtre filtrée à travers ses paupières closes. Lentement, et dans un effort surhumain, la jeune fille réussi à ouvrir les yeux. La luminosité était telle qu'elle les referma rapidement, s'agitant légèrement pour reprendre possession de ce corps engourdi. Elle entendait des bruits qu'elle ne connaissait pas, et se demanda où elle se trouvait. Elle prit peu à peu conscience d'une sourde douleur irriguant ses poumons, la faisant haleter. Le sommeil la guettait, mais la curiosité fut plus forte. Elle rouvrit ses yeux, les laissant s'habituer à la douce luminosité pour découvrir la petite chambre d'hôpital dans laquelle elle se trouvait. Une machine à côté d'elle contrôlait son rythme cardiaque par des « bip bip » réguliers. Elle vit une ombre se détacher sur sa droite et réussi avec peine à se tourner en direction de celle-ci. Elle y découvrit sa tante Jenna, les yeux rougis d'avoir pleuré, en pleine conversation avec un homme en blouse blanche. Son cerveau encore embrumé ne put que capter quelques mots tels que « miracle », « survécu », « noyade ». Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait ni pourquoi sa tante était là. Elle se concentra pour tacher de recouvrer la mémoire, mais il semblait qu'une barrière psychique l'empêchait d'accéder aux derniers souvenirs en date. Elle ouvrit la bouche et réussi à articuler, la gorge en feu.

« Jenna ».

Aussitôt, le regard de cette dernière se fixa sur elle, et de nouvelles larmes vinrent inonder son visage.

« Elena ! »

Le médecin se précipita sur elle et agita devant ses yeux une petite lampe pour vérifier ses reflexes oculaires. Elena grogna légèrement, deux points de lumières flottant obstinément devant sa vue. Elle sentit la main de sa tante saisir la senne et la serrer en un geste maternel.

Les signes vitaux sont bons. Plus de peur que de mal pour elle. Je vous laisse un moment, je dois vérifier ses dernières analyses, annonça le médecin d'une voix que la fatigue avait rendu ronchon.

Jenna tira une chaise jusqu'au chevet d'Elena et lui reprit la main, comme si elle avait peur de la perdre à nouveau.

- Comment te sens-tu ?

- Je… je ne sais pas trop, balbutia Elena, désorientée. Que s'est-il passé ?

Sa tante leva les yeux au plafond, non pas pour parer une nouvelle crise de larmes, mais pour chercher au mieux les mots, si terribles, à dire.

- Tu ne te souviens de rien ? Hasarda Jenna.

Lentement, des flashs revinrent : la voiture, une discussion animée et puis…. Soudain il lui sembla que le voile qui obstruait ses souvenirs venait de se lever. Tout apparut clairement dans son esprit : les cris de sa mère, la voiture qui partait en travers de la route, le bruit sourd de la voiture plongeant dans les eaux glacés, l'eau qui entrait par les interstices de la voiture, le corps inerte de sa mère qui se mettait à flotter, son père qui se débattait pour ouvrir la porte, son père qui tournait un dernier regard rassurant vers elle, alors que la voiture était rempli d'eau et qu'elle lui disait qu'elle aimait et…

- Où sont papa et maman ? paniqua Elena

- Elena, il faut que tu sois forte.

Elena s'était redressée sur son séant, regardant sa tante comme si elle était en train de lui faire une très mauvaise blague.

- Recouche-toi Elena, tu dois te reposer.

- Dis moi d'abord où sont papa et maman.

Elena s'était mise inconsciemment à crier et Jenna jeta un œil alarmé en direction de la porte, espérant que les infirmiers arrivent rapidement pour mettre fin à cette situation gênante. Elena eut l'impression qu'elle avalait un bloc de glace devant l'absence de réponse de Jenna. Ce n'était pas possible, non ils ne pouvaient pas… Elena serra fermement la main de sa tante, la forçant à la regarder dans les yeux :

- Dit le Jenna, ordonna t-elle.

Jenna, mal à l'aise essaya de se soustraire à cette poigne qui lui meurtrissait la main. Elle baissa les yeux, et chaque mots qui s'échappèrent de sa bouche semblèrent transpercer sa nièce.

- Ils sont morts noyés Elena. Tu es la seule survivante.

La jeune fille eut l'impression que sa vie venait de s'arrêter. Elle voyait les couleurs de sa chambre lentement couler, dévoilant un gris nuancé. Morts. Non ce n'était pas possible, ses parents ne pouvaient pas mourir comme ca, si tôt, si vite. Morts. Soudain, sa chambre sembla trop petite, trop oppressante. Elle se leva prestement, les jambes encore un peu cotonneuses, et quitta le pièce en courant. Elle ne voulait plus penser, ni même vivre dans ce présent où ses parents n'étaient plus. Elle accéléra le pas, et poussa les portes des escaliers de secours, descendant aussi vite que son état le lui permettait. Une douleur sourde se mit à lui vriller le cœur et des milliers de flashback se mirent à flotter devant ses yeux : l'anniversaire de ses 6 ans avec ses parents et son frère, son père lui apprenant à faire du vélo, sa mère à ses côtés lorsqu'elle était malade. Elle se rua à travers la sortie et se retrouva dehors sous la pluie. Elle trébucha et s'étala sur le sol, le ciel versant de lourdes larmes sur ses épaules et son crâne. Morts jamais plus ils ne la prendraient dans leurs bras. Morts. Plus de repas joyeux en famille. Morts et jamais plus à ses côtés pour chaque étape importante de sa vie. Morts, morts, morts…Elle se mit à hurler sous le regard médusé des visiteurs qui la regardaient d'un air inquiet, tandis que derrière elle accourait l'équipe médicale. Elle ne se débattit même pas lorsqu'ils s'agenouillèrent à ses côtés pour lui parler Elles ne les entendaient plus, sentant à peine l'aiguille qui traversait sa peau pour lui administrer un calmant. Elle se sentit dériver sous les effets de la drogue. Et juste avant de perdre connaissance, le visage souriant de ses parents se dessinèrent derrière ses paupières closes, dans un ultime adieu.