Chapitre 4 : Changements

Michiko soupira en triturant sa couette, comme elle avait l'habitude de le faire dès qu'elle se sentait nerveuse. Coco l'avait escortée devant son lycée, vêtue de son sweat à capuche. En effet, l'écolière était restée quinze jours chez les Bandicoot sans que Cortex ne tente la moindre attaque contre elle. Et, en quinze jours, les recherches visant à retrouver Cortex et son clan en étaient restées au point mort. Il avait donc été décidé que l'adolescente reprendrait les cours normalement cependant, elle ne se déplacerait plus seule, et de surcroît Aku Aku lui avait confié un petit pendentif en forme d'étoile violette. Il lui suffirait de le serrer en pensant au masque en cas de problème pour qu'il intervienne.

Michiko enlaça donc Coco une dernière fois et pénétra dans l'édifice, le moral au plus bas. Après quinze jours de repos en compagnie de personnes fantastiques, il lui fallait reprendre les cours et subir à nouveau les moqueries quotidiennes…

« Hep ! La brunette avec les couettes, là ! »

Notre héroïne se retourna. La personne qui l'avait interpellée n'était autre que Nadèjda, la surveillante à l'entrée. Des rumeurs prétendaient qu'il s'agissait de la petite sœur d'Elena mais pour Michiko, le fait qu'elles portent toutes deux des prénoms russes et aient des yeux d'un bleu clair ne suffisait pas à prouver quoi que ce soit.

« Où est ton uniforme ?

- Mon… mon quoi ? »

Depuis quand était-il question d'uniforme dans un lycée publique ?

« Fais pas l'idiote, de toute façon c'est toi qui prendras cher, alors…

- M-mais je ne vois pas de quoi vous parlez ! J'ai manqué les cours pendant quinze jours, p-peut-être que je….

- Ah ouais, je comprends mieux alors. Bon, bah tu passeras à l'infirmerie pendant la récré, c'est là qu'on a stocké ce qu'il reste. Attends, je vais te faire un mot pour tes profs. »

La jeune femme attrapa un bout de papier et un crayon. Ce fut l'occasion pour Michiko de remarquer que la surveillante, qui arborait jadis des tenues extravagantes et colorées, était vêtue d'un tailleur strict.

« Aaah, je comprends ! pensa la brune. Aujourd'hui il doit y avoir une inspection, où quelque chose du genre ! Et comme notre directrice est du genre à s'angoisser facilement, elle a dû faire passer des consignes vestimentaires… »

Notre héroïne attrapa donc son mot d'excuse et se dirigea vers la salle de mathématiques, remarquant au passage que les élèves avaient de gros cernes sur les yeux et ne bavardaient pas entre eux.

« Sans nul doute, se dit-elle, on a dû les réprimander sévèrement en matière de bavardage et les forcer à étudier un peu plus en vue de l'inspection. »

N'étant pas une grande bavarde, elle ne s'inquiétait pas trop, et pénétra dans la pièce avant de prendre place à la table qu'elle occupait habituellement, devant Lucie. A sa grande surprise, personne ne lui adressa la parole pour lui demander les raisons de son absence ou se moquer d'elle. Les élèves étaient tous assis à leur place, leurs affaires soigneusement disposées devant eux, un air craintif sur le visage.

« Vraiment, soupira-t-elle mentalement, voilà qui change bien de l'ordinaire. Dommage que cela ne dure qu'une journée… »

Enfin, la porte s'ouvrit et le professeur entra. Michiko sentit que ses lèvres s'étiraient malgré elle en un sourire tant elle avait hâte de revoir Elena Hikari.

Mais la personne qui pénétra dans la pièce n'était pas Elena…

Le professeur n'était autre que Tropy.

La classe se leva immédiatement, puis, obéissant à un geste de l'homme bleu, se rassit dans le plus grand calme. Tropy s'installa à son tour, et fit l'appel. Arrivé au nom de Michiko Rosat, il la regarda attentivement et demanda froidement :

« Où est votre tenue réglementaire, miss Rosat ?

- Euh, je… j'ai un mot parce que… »

Elle se leva timidement et tendit son précieux bout de papier. Après l'avoir rapidement lu, l'homme à la peau bleue lâcha :

« Bien, mais si au prochain cours vous ne l'avez pas…

- Je l'aurai. »

Un fois l'appel achevé, le nouvel enseignant appela une élève au tableau. L'adolescente en question, Rachel, était une grande amie de Lucie et ne ratait jamais une occasion de rire de Michiko. Elle se leva en tremblant et se plaça à la gauche du bureau.

« Alors, miss Dubois, avez-vous appris votre leçon ?

- Oui monsieur… » répondit timidement l'élève.

L'amie des Bandicoot n'en croyait pas ses yeux. Elle avait l'impression de voir une version d'elle-même, en blond et un peu plus grande, pas la peste obnubilée par les séries télé.

« On va voir ça. »

Tropy lui posa alors une série de questions plus compliquées les unes que les autres, qui n'étaient absolument pas du niveau de Seconde. Malheureusement pour elle, la pauvre Rachel ne put y répondre.

« C'est la troisième fois en deux semaines. Vous savez ce que ça signifie, miss Dubois.

- Non monsieur ! Je vous en prie ! Je vous jure que j'ai appris… simplement, je n'arrive pas à mettre en application… s'excusa la blonde.

- Peut-être qu'ainsi, vous y arriverez mieux ?

- NON ! Je vous en supplie… » cria-t-elle en tombant à genou.

Toute la classe fixait la scène le même air de terreur figurait sur tous les visages, sauf celui de Michiko, dominée par la curiosité et l'incompréhension. Tropy sortit un biper de sa poche et appuya sur un bouton. Deux minutes plus tard, pendant lesquelles Rachel n'avait cessé de pleurer et hoqueter, Tawna entra dans la classe.

« Vous m'avez demandée ? demanda-t-elle d'une voix éteinte.

- Oui, conduisez cette élève chez monsieur le directeur. Dites lui que c'est la troisième fois que je l'interroge et qu'elle ne sait pas sa leçon.

- Bien… »

Les deux filles sortirent de la pièce, et Tropy entama son cours comme si de rien n'était. Les élèves n'affichaient pas la moindre réaction, à l'exception de Michiko qui était très surprise. Qu'est ce que Tropy faisait là, à la place d'Elena ? Qu'était-il advenu d'elle ? Et que s'était-il passé dans son lycée pendant son absence ?

oO*Oo

Neo rentra dans la salle de classe. Au bout de deux mois, il avait fini par s'habituer à l'absence de Coralie, même si parler d'elle était toujours un peu douloureux. Il lui était impossible d'entrer en contact avec elle, ses lettres restaient sans réponse. Tout ceci lui rappelait que la situation était la même avec sa sœur… ce qui ne faisait qu'aggraver sa peine.

Il fut surpris en voyant la chaise vide de Clarisse. La peste était-elle malade ? C'était tout ce qu'il souhaitait. Mais ce n'était pas tout… la majorité des filles étaient en larmes, vaguement consolées par les garçons. Neo se dirigea vers Nitrus et Nathan, qui semblaient choqués, pour tenter d'obtenir plus d'informations.

« Qu'est ce qu'il se passe ? »

Nathan et Nitrus échangèrent un regard lourd et peiné, ce qui fit comprendre au troisième membre du trio qu'ils hésitaient à parler.

« Tu… tu n'as pas vu le panneau d'affichage, ce matin ? demanda timidement le deuxième.

- Non, je n'ai pas eu le temps, je pensais être en retard…

- Ah… eh bien… commença le roux. Tu… tu sais que… que Coralie a été transférée au Lycée Supérieur Maléfique ?

- Oui, évidement ! répondit l'adolescent aux cheveux noirs en levant les yeux au ciel.

- Ben… poursuivit l'adolescent. Il… il y a eu un incendie et… deux morts… dont… »

Sa voix se brisa, et quelques larmes coulèrent sur ses joues. Niturs l'enlaça amicalement, lui-même se retenant à grand-peine de pleurer. Mais Nathan n'eut pas besoin de continuer… Neo avait parfaitement compris.

Il ne pleura pas, mais il ressentit une peine si grande qu'il crut qu'il allait en mourir. Il maudissait la vie qui lui avait pris ce qu'il avait de plus cher. Il ne comprenait pas pourquoi le sort s'acharnait ainsi sur lui… d'abord, une famille immonde et stupide, à l'exception de sa sœur Noémie. Ensuite, alors qu'il se pensait en sécurité, les moqueries quotidiennes. Puis, la perte de ce à quoi il tenait le plus… c'était comme s'il n'avait plus de raison de vivre.

Il se serait laisser dépérir si une voix en lui ne l'avait pas forcé à ne pas lâcher prise, en martelant que « Coralie n'aurait pas voulu que tu abandonnes ». Et un jour, sa décision fut prise : il aurait sa revanche sur le monde, ce monde qui ne lui avait jamais rien donné et avait repris le peu qu'il avait. Peu importait ce que ça lui coûterait, le temps que ça prendrait, mais, un jour, le monde serait sien.

oO*Oo

A la pause de midi – la récréation de dix heures quarante cinq ayant mystérieusement disparu - Michiko décida de prendre ses renseignements sur ce brusque changement avant d'aller retirer son uniforme. Elle se dirigea vers un garçon de sa classe, Lawson, le seul qui ne se moquait jamais d'elle, sans pour autant lui parler.

« Dis, Lawson, comment ça se fait qu'on ait un nouveau professeur ? »

Quand il se retourna vers elle, elle eut un choc. L'adolescent, capitaine de l'équipe de football du lycée, athlétique et au visage toujours lumineux, avait énormément changé. Sa peau avait pâli, et ses yeux à demi-clos étaient soulignés par deux grands cernes violets.

« Tu as deux minutes à perdre ? demanda-t-il d'une voix éteinte.

- Euh… oui…

- Alors suis-moi. »

L'adolescente s'exécuta, et ils se rendirent dans les toilettes des garçons. En rougissant, la petite brune dit au lycéen :

« Mais, Lawson… je ne peux pas être ici !

- Oh, si. Il n'y a jamais personne qui vient, et c'est le seul endroit où il n'y a pas de caméras.

- Des… des caméras ?! »

Le lycéen soupira et dit à sa camarade de classe :

« Tout à changé en quinze jours… on est rentrés à l'école le lundi matin, et, en cours de latin, mademoiselle Rose n'était plus là… à la place se tenait une ado qui aurait pu être en cours avec nous… j'ai été le seul à la reconnaître. Ca paraît totalement dingue mais c'était Nina Cortex… t'sais, une des persos de ce jeu vidéo, là, Crash Bandicoot… et là, les ennuis ont commencé. Si on n'apprend pas notre leçon, on se fait sévèrement punir… on en vient à regretter les heures de colle, t'imagines….= et il n'y a que des cours comme ça où on capte rien, en sciences c'est affreux, y'en a qui ont vérifié, ce qu'on fait rivalise avec les prépas étoile… les élèves qui déconnent trop sont envoyés chez le principal, et quand ils ressortent de son bureau, c'est sur une civière. »

Michiko, horrifiée, repassa les explications du blond dans sa tête.

« Je vois… c'est à cause de toute cette pression que tout le monde à l'air épuisé…

- Ouais, mais aussi parce qu'on nous donne des devoirs si longs que ça nous dure jusqu'à quatre heures du matin. Parce qu'on nous maltraite. Parce qu'on est à bout de forces… Mais on est plusieurs à essayer de résister, on cherche un moyen pour virer tous les profs…

- Mais pourquoi ne pas alerter les autorités ?

- T'es bien naïve toi ! Crois pas qu'on n'a pas essayé ! Mais ils ne nous ont évidemment pas crus…

- Ce… C'est vrai que quand on débarque et qu'on dit avoir des personnages de jeu vidéo pour profs, ça doit être peu crédible… Mais pourquoi êtes-vous si peu à résister ? Si tout le monde s'y mettait, on gagnerait sans problème !

- Parce qu'ils nous ont implantés des espèces de… puces sous la peau… qui envoient des décharges électriques insoutenables si on s'attaque à un prof. Tu te souviens de Casey ?

- La petite sœur de Rachel ? La Troisième qui rêvait de devenir soldat ? Oui, bien sûr. »

Comment oublier les coups de Ranger dans l'estomac administrés une furie pareille ?

« Elle a tenté de passer outre et s'est jetée sur Tropy, faisant face à la douleur… mais les décharges ont eu raison de sa volonté. Elle est partie du bahut en ambulance et n'y est jamais revenue. Il paraît qu'elle est paralysée à vie.

- Oh… Et-et toi, tu n'as pas de puces ? demanda la jeune fille en déglutissant péniblement.

- Non, tout comme ceux qui résistent. Nos puces se sont déconnectées pour telle ou telle raison… que nous ignorons la plupart du temps. Nous nous en rendons compte parce qu'on ne ressent plus de grésillement permanent dans le cerveau. Toi… ils devraient bientôt te la mettre.»

Notre héroïne ouvrit de grands yeux et avala à nouveau difficilement sa salive.

« Mais… si on déconnectait ces… puces… les élèves se révolteraient? »

Lawson haussa les épaules, puis quitta les lieux. Voir un tel modèle de détermination réduit à une indifférence pareille serra le cœur de Michiko.

Elle se dirigea ensuite vers l'infirmerie, où on lui remit un uniforme à sa taille. Il consistait en une blouse blanche à manches courtes un « N » rouge figurait sur le côté droit. A cela s'ajoutait une ceinture rouge ainsi que des chaussures noires, et un badge au nom de la brune où figurait sa classe.

« Excusez-moi, demanda-t-elle à l'infirmière en frissonnant, n'y aurait-il pas une veste avec ?

- Non, répondit son interlocutrice, une femme âgée. Vous n'avez pas le droit d'en porter une.

- Mais… mais on est en novembre ?!

- Les ordres sont les ordres. De plus –elle désigna la coiffure de la jeune fille- ceci n'est pas réglementaire. A moins que vous n'ayez des élastiques rouges, blancs ou noirs.

- Je vois… »

Elle lâcha donc ses cheveux la cloche sonna. Ruminant les informations précédemment données par Lawson, Michiko se rendit dans la salle de chimie. Elle se doutait de qui elle aurait l'occasion de voir… et ne se trompa point : c'était Brio qui remplaçait le vieux monsieur Tender. L'écolière prit place et se jura d'alerter Crash, Coco et Pasadena dès qu'elle le pourrait. Le cours commença, aussi compliqué et ennuyeux que celui de Tropy. Beaucoup d'élèves décrochaient, et ce fut Lawson qui eut la malchance de se faire prendre en train de piquer du nez.

« J-Jones ! Cela fait p-plusieurs fois que je vous reprends en train de d-dormir ! Croyez-vous que mon c-c-cours soit l'endroit idéal pour piquer un s-somme ?

- Non, monsieur…

- Cette fois, c'est chez le p-p-principal ! »

Michiko frissonna, se rappelant que Rachel n'était toujours pas revenue. Elle s'attendait à voir le chimiste tirer un biper de sa poche, mais celui-ci fit d'une voix forte :

« La secrétaire est o-occupée, c'est pourquoi R-Rosat vous accompagner-ra. »

L'amie des Bandicoot trembla, et, suivie de son camarade de classe qui était devenu livide, quitta la classe et prit le chemin du bureau du principal.

« Je suis foutu, murmura Lawson. C'est pas le seul prof à se plaindre de moi…

- Ne dis pas ça, le réconforta la jeune fille. Tu… tu vas t'en sortir !

- Tu ne comprends pas ! s'énerva-t-il, en proie au désespoir. Ceux qui peuvent témoigner disent que ça a été le PIRE moment de leur vie ! Il n'a AUCUNE pitié ! »

Ils étaient arrivés devant une porte. Michiko toqua faiblement, et un fort « Entrez ! » se fit entendre. Les lycéens s'exécutèrent.

L'adolescente avait une fois de plus vu juste : c'était Cortex le directeur. Elle frissonna, malgré son mètre cinquante l'homme inspirait la crainte. Il était assis devant un bureau somptueux, tout comme son fauteuil de velours pourpre. Quelques tableaux décoraient les murs sombres de la pièce.

« Oui ? demanda le scientifique en fronçant un sourcil.

- Euh… c'est… bégaya la brune qui se demandait bien inutilement si Cortex l'avait reconnue. C'est parce que…

- Monsieur Brio m'a envoyé ici parce qu'il dit que je suis inattentif en cours. »

Elle dévisagea Lawson, stupéfaite de l'assurance avec laquelle il avait parlé. Ses yeux étaient redevenus plus vivants et à l'intérieur semblait brûler un feu de rage et de haine.

« Votre nom ? demanda laconiquement le principal.

- Lawson Jones.

- Ah, moui, en effet, ce n'est pas la première fois qu'on me parle de vous… fit l'ennemi de Crash. Enfin, je pense avoir de quoi vous réveiller. »

Il cliqua sur un bouton, une trappe s'ouvrit, et une table en métal en sortit.

« Heu… je l'attends dehors ? demanda Michiko, dont les mots avaient du mal à sortir de sa gorge.

- Non, non, répondit Cortex, dont le regard brillait d'une lueur sadique. Vous allez assister à la punition de votre camarade. »

oO*Oo

« Tu ne peux pas imaginer le bien que tu me fais, Noémie…

- Je sais, Elena. Je te promets que je m'occuperai du mieux possible de ta petite. Mais… devrais-je un jour lui dire la vérité ? »

Elena hésita un peu.

« Oui… fit-elle en caressant le peu de cheveux qu'avait sa fille. Quand tu jugeras qu'elle sera suffisamment mature pour comprendre sans… sans trop me juger.

- Elle comprendra. Dix-neuf ans n'est pas un âge… hum, idéal pour élever un enfant, surtout quand on est étudiante et que l'enfant…que l'enfant… n'a pas… »

Noémie se tut. Inutile de rappeler les circonstances de la naissance de l'enfant en question à son amie.

Elena embrassa une dernière fois sa fille, avant de faire de même avec Noémie, qu'elle remercia à nouveau.

« Et puis, ajouta Noémie avec un petit sourire, je suis certaine qu'elle et Nina s'entendront à merveille… comme des sœurs. »

Comme si elle avait compris qu'on parlait d'elle, le bébé qui dormait dans le berceau ouvrit ses grands yeux bleu océan et se mit à crier, réclamant son déjeuner.

oO*Oo

Michiko passa le bras de Lawson, ruisselant de sang, autour de ses épaules, et entreprit de le transporter jusqu'à l'infirmerie. Elle ne parvenait pas à oublier ce qu'elle avait vu. Les cris de douleur de son camarade, la vision du sang giclant, des seringues enfoncées dans son corps d'adolescent… tout cela se mélangeait dans sa tête et lui donnait la nausée. Elle parvint enfin à son but, et abandonna le pauvre lycéen aux soins de l'infirmière. Elle retourna ensuite en classe, et la cloche annonçant la fin des cours sonna. Elle quitta donc précipitamment le lycée, s'isola dans une ruelle et serra son pendentif en pensant fort à Aku Aku. Ce dernier se matérialisa dans un nuage de fumée verdâtre.

« Que se passe-t-il, Michiko ? demanda-t-il, inquiet au vu des spasmes dont elle était parcourue.

- Ce… C'est affreux ! Tu sais pourquoi Cortex et sa bande ont disparu ? fit-elle d'une voix étranglée de larmes.

- Non… mais attends, cela veut dire que tu sais où ils sont ?! s'exclama-t-il.s

- Je… Je préférerais l'ignorer… ils ont pris le contrôle de mon lycée ! Ils… Cortex fait régner la terreur et… torture ceux qui sont jugés comme étant des fauteurs de trouble ! Je viens de… d'assister à ça et… »

Elle s'accroupit, et son petit-déjeuner remonta. Elle attendit un peu, des larmes ruisselant sur son visage pâle, et continua son récit :

« Les élèves sont de vrais zombies… je… je… je pense que Cortex veut s'en servir comme d'une armée…

- Il faut absolument l'arrêter ! »