Bon, j'ai bien bossé sur ce chapitre-là. La fic sera sans aucun doute un peu plus longue que ce que j'avais prévu à la base, j'ai décidé de l'étoffer un petit peu. Donc, d'environ 12 chapitres, on arrivera peut-être à 15, qui sait ! ^^ Un WARNING pour la violence dans ce chapitre. Régalez-vous bien, en tous cas je l'espère, parce que là je me suis bien investie !


« Les grandes personnes sont surprenantes, remarqua John. Pour rien au monde elles n'admettraient leurs bêtises, et pourtant, il suffit de gratter à peine pour les retrouver.

- Et encore, certaines bêtises sont plus visibles que d'autres, répondit Sherlock. Crois-tu que personne ne remarque l'inspecteur Rolling et sa maladresse époustouflante, ou que le commissaire patauge dans cette affaire ? Tout le monde le sait mais personne n'en dit rien. Pas par délicatesse ou par souci de nos chers policiers, non, juste à cause des convenances. Et parce que chacun préfère se reposer sur une apparente tranquillité.

- Belle brochette d'idiots.

- En effet. »

Les deux amis se sourirent d'un air entendu devant le regard furibond du commissaire Willisburg. Ils les avaient attrapés alors qu'ils traînaient encore près de la scène du crime. Il s'était enfermé avec eux dans le bureau du père Holmes et avait décidé de remettre ces deux petits diables à leur place :

« Vous ne croyez pas que vous en avez assez fait, hein ? gronda-t-il en plaquant ses mains sur la table en chêne, plantant ses gros yeux dans les leurs. Vous avez handicapés toute mon équipe pendant cette investigation !

- Faux, répliqua Sherlock. Vous nous avez handicapés et continuez encore jusqu'à présent.

- C'est nous les détectives ici, gamin ! Et il serait tant que tu l'apprennes !

- On devrait être en train d'enquêter à l'heure qu'il est, ajouta le garçon blond en regardant sa montre. Vous n'allez pas tarder à repartir en concluant à un cambriolage alors que le meurtrier est encore ici. »

Willisburg soupira de désespoir et se laissa retomber dans son fauteuil. Devant lui, les garçons étaient juchés sur leurs chaises, les yeux grands ouverts comme ceux des suricates, trépignant d'impatience. Le commissaire se recouvrit le visage des mains et geint péniblement :

« Mais pourquoi croyez-vous que quelqu'un ici soit le meurtrier ?

- Le pistolet de mon père a servit pour le meurtre, expliqua Sherlock avec lassitude. Un cambrioleur aurait utilisé son propre pistolet, le fait est qu'il n'en avait pas. Il s'agit forcément de quelqu'un qui a dormi dans cette maison.

- Qu'est-ce qui te dit qu'il ne s'agissait pas d'un cambrioleur distrait, ou d'une petite frappe sans envergure ? répondit l'homme sans réfléchir. Chaque détail ne conduit pas à un scénario de polar, tu sais.

- Vous adaptez les preuves à votre théorie, commissaire. Mais les théories doivent s'adapter aux preuves. Le fait est que le meurtrier est encore parmi nous. Croyez-moi, ne partez pas, je vous en prie. »

L'homme soupira une dernière fois en constatant les regards suppliants des deux enfants. L'un venait de perdre son père, au fond, il n'était pas surprenant de le voir tenter coûte que coûte de trouver une explication. Puis leur raisonnement était malin, d'autant plus qu'ils avaient l'air loin d'être stupides. Il finit par dire en dodelinant doucement :

« Je vais voir ce que je peux faire. On continuera de chercher jusqu'à tard ce soir sans aucun doute, mais c'est tout ce que je vous promets. En tous cas, personne ne quittera la maison avant demain matin. »

Sherlock et John bondir de joie en entendant la nouvelle. Ils commençaient déjà à élaborer des plans faramineux et à se disputer des spéculations plus tordues les unes que les autres, quand Willisburg les jeta presque à la porte.

Au moment de partir, Sherlock vit Mycroft venir vers lui. Le jeune homme avait apparemment couru, et une inquiétude vague se lisait sur son visage tandis qu'il se mordait les lèvres. Il posa une main moite sur l'épaule de son petit frère :

« Tu as vu Nancy ? »

Le ventre de Sherlock se noua aussitôt. Quel imbécile il faisait, il aurait dut en parler tout de suite, mais il avait été arrêté à plusieurs reprises alors qu'il voulait la repérer.

« Pourquoi ? Tu ne la trouves pas ?

- Non, ça fait quelques temps que je la cherche, et personne ne semble l'avoir vu. »

Le garçon brun lança un regard angoissé à John, qui lui dit aussitôt.

« On va se séparer et la chercher. Je vais demander autour de nous. Elle ne doit pas être bien loin. Au pire, elle est peut-être sortie faire une course. Comme elle n'est pas suspectée, les inspecteurs ont pu la laisser faire. »

Alors John sourit gentiment et Sherlock retrouva espoir. Ils partir chacun de leur côté : John fouilla les chambres et les bureaux, Mycroft allait regarder le jardin et parler aux policiers, puis Sherlock se chargeait de tout le rez-de-chaussée. Il croisa plusieurs personnes qui ne semblaient pas au courant. Virginia Carroll promit d'ouvrir l'œil, et Nicholson le chassa d'un air mauvais, ce qui eut pour effet de donner envie au garçon de le mordre. Finalement, il tomba sur la mère de John qui regardait dehors d'un air effaré. Depuis le meurtre de son mari, on la voyait très vaguement, elle passait le plus clair de son temps à dormir dans une des chambres, traumatisée. En voyant Sherlock cependant, elle eut la force de sourire poliment :

« Bonjour mon garçon. Qu'y a-t-il ? Tu m'as l'air soucieux.

- Meredith, je cherche Nancy, répondit-il. Ca fait un petit moment que personne ne l'a vu, je me demande où elle a pu passer.

- Ah, je lui ais parlé tout à l'heure, dit-elle. Il y a une trentaine de minutes tout au plus. Elle allait vers la véranda, j'ai voulu discuter avec elle mais elle m'a dit qu'elle était attendue. »

Sherlock écarquilla les yeux et pensa très fort, comme s'il hurlait dans sa tête : elle avait rendez-vous avec quelqu'un dans la véranda, elle est partie parler au tueur !

« Merci ! » lança-t-il en courant vers le fond de la maison.

La véranda était une pièce immense, derrière la grande résidence, et donnait sur l'extérieur. C'était plus un jardin couvert qu'une véranda, une grande demi-sphère en verre remplie de plantes immenses baignées dans le soleil orange du crépuscule. Les plantes étaient si hautes et la pièce si vaste qu'on n'en voyait pas le bout, et en y entrant, on avait presque l'impression de pénétrer dans une jungle. C'était comme un monde dans une maison, et Sherlock aimait bien cet endroit dans lequel il venait parfois se perdre, si petit que ses parents ne pouvaient pas l'attraper quand il sautait entre les racines, les branches, les lianes.

Mais quelque chose cette fois avait changé, qui angoissa Sherlock dès qu'il posa un pied dans cet univers. D'habitude, on entendait deux bruits se mêler : celui des fontaines nourrissants les différents arbres et arbustes, comme des cascades qui roulaient au loin, et ceux des oiseaux venants du jardin qui passaient par les fenêtres entrouvertes. Leurs petits cris habillaient de musique l'endroit, mais cette fois, la pièce toute nue ne faisait gronder que l'écoulement saccadé des jets d'eau, et dans cette pièce vide de vie et rouge de sang à la lueur du soleil couchant, Sherlock eut l'impression d'être emporté dans un torrent incontrôlable.

« Nancy ?! » appela-t-il d'une voix terrifiée en recommençant à courir.

Il s'élançait entre les plantes à une vitesse fulgurante, reconnaissait chaque rocher et chaque coin, en lançant des regards tout autour de lui.

« Nance ! » hurla-t-il de toute sa gorge, de tout son souffle haletant. Il gémissait à chaque pas, un fantôme à chaque tournant semblait l'attendre. Il avait peur de ce qu'il trouverait au détour d'un arbre ou d'un buisson, d'une image affreuse qui se jetterait sur lui et le dévorerait tout entier.

Finalement, il arriva au centre de la véranda après ce qui lui avait semblé un siècle. La plus grande fontaine était là et se concluait en un petit bassin. Il savait que Nancy aimait bien ce coin-là. Dès qu'elle avait quelques minutes à elle, ce qui était rare, elle s'asseyait au bord de l'eau et lisait un bon livre. Et quand Sherlock venait la chercher en râlant parce qu'elle l'avait laissé seul, elle riait et répondait, levant son petit nez en trompette et ses tâches de rousseur : « Et alors, petit seigneur ? Tu peux lire, mais pas moi ? »

Il la voyait à quelques pas de lui, près du bassin. Pas vraiment près du bassin.

« Nance ? » appela-t-il d'une voix minuscule.

Il sentait ses jambes s'entrechoquer alors qu'il avançait, capable de s'effondrer à tout moment. Sa voix hoquetait malgré lui derrière ses lèvres alors qu'il tentait de prononcer son nom. Elle était dans une position ridicule et affreuse. Son corps restait à l'extérieur de l'eau, affalé contre la paroi du bassin, et sa tête était invisible. Son visage rond était plongé dans la large cuve, avancé comme la tête d'une poule qui picore, complètement déconnectée de ses épaules trempées. Il s'approcha encore. Sa nuque était rouge et ouverte, du sang séchait sur ses cheveux en bataille et dégoulinait lentement goutte par goutte sur le sol, mélangé à l'eau.

Sherlock recula en sentant l'odeur salé. Il se précipita près d'un arbre et vomit ses entrailles, avant de s'évanouir.


John arriva bon dernier à la véranda, affolé. Sa mère le retint en arrière face aux policiers qui emportaient le corps de Nancy dans une civière. Le garçon regardait cette scène comme une mascarade. Tout cela n'avait pas lieu d'être. Une morte de plus, alors que la police hantait la maison depuis la veille au soir, c'était du délire pur et simple. Il ne pouvait trouver ça tolérable dans aucun cas de figure :

« Bande d'imbéciles ! » hurla-t-il en direction de Willisburg.

L'homme se tourna en l'entendant et baissa les yeux. Il esquiva le regard de l'enfant pour ne pas montrer sa honte, puis s'adressa à Rolling, mais John ne voulu pas arrêter.

« Vous vous faites appeler des policiers, des gardiens de la loi, et vous laissez arriver une telle boucherie ?! On vous l'avait dit, on l'a répété des dizaines de fois, quelqu'un ici tue, vous ne pouvez plus le nier !

- Petit ! » dit l'inspecteur Rolling en s'approchant de lui.

Pour le laisser parler, John se tue une minute, mais son regard ne trompait personne : il était fou de rage.

« Le commissaire veut bien te laisser regarder ici, si tu veux. Il vous laissera passer, toi et ton ami, autant que vous voudrez, et il retiendra chaque suspect dans cette maison tout le temps qu'il faudra. Calme-toi. »

John lâcha un grand soupir avant de répondre :

« Merci. J'y vais.

- Johnny, où vas-tu ? demanda Meredith en le voyant s'éloigner. Arrête de te comporter comme ça, ce n'est pas pour les enfants ! »

Il ignora sa mère et s'approcha du bassin. On avait retiré de l'eau une lourde branche droite, comme une longue buche, qui avait sans aucun doute servit à assommer la gouvernante pour la noyer, mais on n'allait plus rien trouver sur l'objet trempé et vierge de toute empreinte. Il se dit que le coupable, pas très fort physiquement, pouvait être autant une femme qu'un homme pour avoir dut frapper Nancy avant de la noyer. Il s'approcha de l'endroit où on l'avait trouvé : des tâches de sangs entouraient le corps dessiné sur le sol et le rebord du bassin, et il eut un vague haut-le-cœur, mais réussi à se concentrer. Sherlock n'étant pas là, il fallait qu'il récolte le plus d'informations possibles pour les lui transmettre, même s'il n'était pas aussi brillant que lui. Il remarqua alors des petites traces étranges à quelques pas.

Il vit de fines et longues courbes de poussières noires, un peu floutées par l'eau tombées sur le sol. Les traits étaient petits mais parallèles, et dessinaient clairement la forme d'un objet large d'un petit mètre qui avait dût être posé là depuis longtemps. Le criminel avait senti le besoin de le prendre, mais pourquoi ? Il comprit que Nancy avait dut apporter quelque chose à la personne qui l'avait tué, quelque chose d'important concernant le précédent meurtre. Il se recula et retourna vers les policiers.

« J'ai ce qu'il me faut, dit-il en allant à nouveau vers sa mère.

- Johnny, je ne comprends rien, dit-elle sur un ton éploré. Toutes ces horreurs, il faut que tu t'en tiennes loin, tu comprends ?

- Maman, je sais que tu es bouleversée par tout ça. Mais ne t'inquiète pas, je ne risque rien. »

Il se pencha pour l'embrasser, et remarqua sur le tissu de sa robe une tâche rouge perlant sous sa cuisse.

« Tu es blessée ? s'écria-t-il en se baissant pour regarder.

- Ce n'est rien, répondit-elle. Hier soir, quand le cambrioleur m'a fait tombé, je me suis prit l'accoudoir de mon fauteuil dans la cuisse. Je ne l'ai pas remarqué avant ce matin, alors la tâche a eu le temps de s'élargir, mais c'est loin d'être grave. Je l'ai pansé.

- Ce n'est pas un cambrioleur maman. Regarde, ce n'est pas un cambrioleur qui a tué Nancy.

- Mais… »

Son regard se brisa doucement et elle fondit en larmes, incapable de se résoudre à l'idée qu'elle était dans la même maison que le tueur de son mari. John la consola un moment, recueillit ses plaintes, puis la confia à des policiers pour qu'ils l'emmènent se reposer. Il aperçu alors Mycroft qui se tenait droit près de la porte d'entrée de la véranda, une main devant le visage.

John s'approcha de lui délicatement, et lui dit :

« Je suis désolé. »

Mycroft sursauta en sortant de ses pensées. Ses yeux étaient rouges.

« Merci, répondit-il en reniflant légèrement et en se frottant le nez. Je me doutais qu'il allait se passer autre chose. Mais, Nancy… Je ne sais pas. C'est trop injuste, elle n'aurait pas fait de mal à une mouche.

- C'était ta gouvernante, et un être humain formidable. Elle t'a élevé. Tu as le droit de pleurer. »

Le jeune homme ne sut pas comment réagir tout de suite, et il sourit tendrement de ses lèvres crispées par des larmes retenues. Sentant qu'il allait craquer dans très peu de temps, il se détourna et dit :

« Sherlock est dans sa chambre, tu devrais aller le voir. »

John regarda l'aîné des Holmes s'éloigner de son large pas souple dans son habit noir. En penchant la tête, il se dit que dans ce petit adulte, il y avait quelque chose d'inexplicablement grand.

Il monta les escaliers et traversa le couloir principal avec appréhension. Une fois devant la longue porte blanche, il ne sût pas quoi faire exactement, alors il prit une large inspiration et frappa.

« Sherlock ? » demanda-t-il, timide.

Pas de réponse. Il insista, toujours rien. Il se sentait bête à attendre là, mais il avait trop peur d'entrer sans autorisation et tourna sur lui-même en quête d'une aide quelconque, mais il était seul et devait choisir quoi faire. Finalement, il entrouvrit la porte.

« Sherlock ? J'entre. » dit-il en passant doucement sa tête à l'intérieur.

Il fit un pas dans la pièce et regarda autour de lui. La salle circulaire avait un haut-plafond, et les murs blancs étaient noircis par la nuit bientôt tombée, qui se montrait comme un tableau dans la fenêtre en face de l'entrée. Le lit contre le mur de gauche s'allongeait vers le centre de la pièce, recouvert d'une couette rouge, et près du lit, une table de chevet tenait une petite lampe, seule source de lumière de la chambre. Près de la fenêtre, un petit bureau et une chaise, et sur la chaise, un étui rectangulaire était ouvert et vide. La chambre n'était pas hirsute et poussiéreuse, comme on pouvait s'y attendre dans l'antre fermée d'un garçon d'onze ans, mais quelque chose fit sourire John d'un air émerveillé : les murs étaient recouverts d'immenses étagères remplies à ras-bords de livres en tous genres, comme une bibliothèque. A l'image de Sherlock, sa chambre était une source immense de savoir et de connaissances diverses. Certains livres étaient éparpillés un peu partout, d'autres étaient très clairement des notes prises par le garçon et entrelacées sur son bureau. On voyait aussi dans un coin des ustensiles de chimie, des petites maquettes de machines bizarres, des croquis épinglés au mur. L'endroit était tellement magique et à l'image de l'enfant curieux que John compris exactement pourquoi Sherlock interdisait l'entrée à tout le monde. A l'extérieur, il était le fils d'une famille prestigieuse et se devait de garder un masque de fer. Ici, il était lui-même et pour toujours, et il n'avait à craindre personne.

Il manquait cependant dans ce paysage quelque chose, et c'était bien Sherlock lui-même. John perçu sa respiration mais ne sut pas tout de suite d'où elle venait. Il avança dans la pièce et le vit : il était endormi non pas sur le lit, mais à côté, assit contre le mur face à la fenêtre, et caché d'un éventuel visiteur. Son visage était certes endormi, mais pas tranquille, ses sourcils étaient encore tordus par la douleur, et il serrait dans ses bras un magnifique violon.

John s'assit à côté de lui et n'osa pas le réveiller tout de suite. Il l'observa quelques secondes, son visage face à la nuit brillait d'un éclat blanc qui évoquait à nouveau la pleine lune, et autour de ses yeux brillaient comme des étoiles les larmes sèches qu'il avait versé. Sa tête appuyée contre le mur, il la tendait vers le haut et la lumière, offrait sa bouche fine et légèrement entrouverte au vide, le souffle long et régulier. Son ami n'arrivait pas à supporter les larmes qui scintillaient malicieusement sur ses joues, alors il y passa une main légère et lente pour ne pas le réveiller. Malgré tout, il l'entendit grogner. Sherlock bougea la tête et la tourna pour garder la main de John contre lui.

« Pardon, dit John tout doucement.

- Non, pas pardon. Reste. »

En quelques secondes, Sherlock posa son violon à côté de lui et glissa sa tête le long du bras de John, pour la blottir contre son épaule. Il entoura le garçon de ses bras et le serra dans un soupir douloureux.

« Mycroft m'a ramené ici ? demanda-t-il sans bouger.

- Oui, répondit John qui l'avait complètement laissé faire. On a emmené… Son corps. Voilà.

- Ah. »

Les deux garçons étaient lovés l'un contre l'autre et John pensa une seconde que ses amis se moqueraient bien de lui en le voyant comme ça, mais ça lui était égal. A nouveau le silence les enveloppait de centaines de choses qu'ils n'avaient pas à se dire, juste parce qu'ils se comprenaient de manière si magique. Petit à petit, John sentit Sherlock se détendre dans ses bras.

« J'ai été pitoyable, dit le garçon brun.

- Non. Regarde comme j'ai été hier soir. C'est pareil, Sherlock, on n'y peut rien.

- J'aurais dut être plus fort.

- Tu es très fort, mais tu as un cœur comme tout le monde. Tu ne peux pas tout retenir comme ça.

- Mycroft a pleuré ?

- Oui, c'est certain.

- Si tu ne l'as pas vu pleuré, c'est qu'il n'a pas pleuré. Mycroft ne pleure pas, il a compris que pour ne pas être malheureux, il faut ne pas avoir de cœur. »

John écarta doucement Sherlock de ses bras et le regarda dans les yeux.

« Arrête de dire des bêtises. Mycroft a pleuré et ça se voyait. On n'est peut-être pas malheureux sans cœur, mais on n'a aucune chance d'être heureux non plus. »

Sherlock réfléchit une seconde à ce que son ami venait de dire, puis il eut un faible sourire.

« Tu es malheureux, là ? lui demanda-t-il.

- Mon père est mort hier. Oui, je suis malheureux.

- Je vais retrouver qui a fait ça, et après, tu seras heureux. Je te le promets. »

John eut un sourire tendre. Sherlock pouvait être tellement naïf dans de brefs moments, c'en était déboussolant. Il semblait être un adulte dans la peau d'un enfant, mais ce n'était pourtant pas du tout le cas.

« Tu aimes le violon ? » dit le petit détective en se levant.

Sherlock joua des airs nostalgiques, puis des mélodies plus drôles. Leur soirée fût moins joyeuse et trépidante que la veille évidemment, mais elle garda cette paix extrêmement réconfortante, comme une pause au milieu de tous ces massacres. De peur de se quitter dans la solitude froide de la maison surveillée par les policiers, ils s'endormirent dans le même lit.


Voilà, la suite très bientôt ! Grosses bises à tous, et encore merci de suivre, je vous adore ! :D