/NOTE du 17 Mars 2013\ À cause du système de numérotation composé de plusieurs .5, le chapitre 7.5 (entre le Cocyte et les Murs du Pandémonium) a été malheureusement oublié. Je m'en suis rendue compte alors que je traduisais vos reviews pour l'auteur aujourd'hui. Il est à présent en ligne, à sa place. Je suis infiniment désolée pour cet oubli de ma part.

Auteur : Murron

Personnages/couples : Dean x Castiel / Sam / Michael / Lucifer

Rating : M – gardez le rating en tête –

Spoilers : Réalité alternative après l'épisode 10 de la saison 6

Disclaimer : Aucun mal et aucune atteinte à la loi voulue.

Titre traduit : Au Ciel et en Enfer

Traductrice : Marple-Juice.

Bêta-lectrice : Mama-Marple


Vous pouvez retrouver le lien vers la fanfiction originale dans mon Livejournal (lien dans mon profil)

Les reviews anonymes sont acceptées et tous les messages que vous laisserez seront traduits et envoyés à l'auteur original de cette fanfiction.


! Attention, le rating de cette fanfiction est M !

Et… Ce chapitre mérite le rating !

Vous êtes prévenus !


Notes du chapitre :

- Citation : traduction française des édition de Nesle.

- Le Mont Rushmore est situé au Dakota du Sud. Il s'agit d'une sculpture de 18 mètres de haut représentant les visages de quatre des présidents des États-Unis les plus marquants de l'histoire.

- Lune gibbeuse croissante : la phase de la lune lorsqu'elle est aux 3/4 pleine et où seul le croissant de gauche est dans l'obscurité.


11

À la Surface

Peu Chiamavi 'I cielo e 'ntorno vi si gira,
mostrandovi le sue belleze etterne e
l'occhio vostro pur a terra mira

Le ciel vous appelle et tourne autour de vous,
en vous étalant ses beautés éternelles ;
mais votre œil ne regarde que la terre.

- Dante Alighieri, Purgatorio, Canto XIV

Cas les ramena dans le sanctuaire de Camden et Sam atterrit dans sa chambre. Il se replia sur un matelas sans draps et s'endormit instantanément. Cas passa quelques minutes avec lui, sa main contre la poitrine de Sam, murmurant des incantations et surveillant la nouvelle installation de l'âme de Sam, avant qu'il ne sorte pour offrir un peu d'intimité aux deux frères.

Franchissant rapidement la distance qui le séparait de Sam, Dean lui retira ses bottes et étendit le sac de couchage sur lui. Frottant la barbe qui poussait sur sa joue, Dean s'accroupit près du matelas. Il aurait été sage qu'il aille de coucher également, mais il était trop nerveux pour se reposer. Il devait redescendre sur terre, digérer le fait qu'ils étaient descendus en Enfer et qu'ils en étaient revenus avant qu'il ne puisse se détendre.

Dean appuya ses bras contre ses cuisses et regarda le visage de Sam dans la lueur de la lanterne électrique. Était-ce son imagination ou Sam avait l'air plus âgé ? Dean se pencha plus près, repoussa du pouce la frange de Sam et vit que les cheveux sur les tempes de Sam étaient gris. Il y avait sans doute aussi quelques rides de plus au coin de ses yeux.

Le cœur serré, Dean reprit appui sur ses talons et ferma la lanterne. Sam était en sécurité. Il devait espérer que cela serait suffisant.

Dean repoussa le bord du sac de couchage sur les épaules de Sam et il y laissa sa main, sentant son frère inspirer et expirer. Il aurait voulu que Sam retire le manteau du démon, mais il ne l'aurait pas voulu même si Sam voulait s'en débarrasser parce qu'il ne voulait pas le réveiller. Finalement, Dean laissa Sam ronfler doucement et descendit, les marches tordues craquant sous ses pieds.

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Dean ne pensait pas que Cas partirait sans dire au revoir, pas cette fois, mais une partie de lui se préparait à trouver une maison vide et une longue nuit passée à ne rien faire d'autre que de passer outre les nouveaux souvenirs qu'il s'était fait de l'Enfer.

Ce fut un soulagement pour lui lorsqu'il trouva Cas sur le porche de derrière.

Son manteau replié sur ses cuisses, Cas était perché sur le divan miteux près du coin de la demeure. Reconnaissant d'être un peu plus longtemps en compagnie de Cas, Dean marcha jusqu'à ses côtés sur la terrasse et appuya ses mains contre la rampe. De grands nuages tiraient leurs corps le long du ciel et un souffle froid s'élevait de la rivière. Dean n'en aurait jamais assez de l'air nocturne, de l'odeur propre de la terre humide et du ciel ouvert.

Cas garda les yeux fermés mais il leva les yeux lorsque Dean le retrouva. « Sam dort ? » Demanda-t-il.

« Comme une souche. » Dean se tourna, accrocha ses pouces à l'extérieur de ses poches de jeans et s'appuya contre la rampe.

Cas hocha la tête. « Il a besoin de se reposer. Cela va demander du temps pour que son corps et son âme ne tissent à nouveau leur lien. »

« Il s'en sortira ? » Demanda Dean, les prédictions que tout le monde faisaient sur l'état de l'âme de Sam après un an passé en Enfer en tête. Jusque-là, Sam n'était pas tombé dans un état catatonique et un supplice mental mais vu la chance qu'ils avaient, cela ne voulait rien dire.

« J'ai bon espoir, » dit Cas en retirant ainsi un poids de la mesure du Mont Rushmore de la poitrine de Dean. « Il est bien moins perturbé que je ne le craignais et les protections semblent l'aider. »

« La morphine spirituelle de Mongolie ? » Demanda Dean.

« Elle marche plutôt bien, oui. » Confirma Cas. « Elle l'empêchera de rêver pendant un moment. »

Eh bien, c'étaient de bonnes nouvelles. « Pas de rêves, pas de cauchemars, hum ? »

« Précisément. »

Cas semblait si humble, Dean se demanda s'il se rendait compte à quel point c'était important. Ce que quelques nuits de sommeil sans perturbations pourraient faire sur la récupération de Sam. Dean repensa à la garantie que lui disait sa mère au moment de se coucher, qu'elle lui avait donné il y avait si longtemps, et qu'il avait transmise à Sam. Cette nuit, c'était devenu réalité.

Les anges te gardent.

« C'est vraiment super, Cas, » déclara Dean et Cas fit apparaître un sourire sur son visage avant qu'il ne redevienne sérieux.

« Nous devrons attendre de voir ce qu'il arrivera lorsque les protections s'étioleront, » admit Cas. « J'ai bien peur que des moments difficiles attendent Sam. »

« Il s'en sortira, » dit Dean et, à sa surprise, il le croyait. Il tourna la tête vers la prairie et repéra quelques chauves-souris au-dessus des roseaux. La lune était toujours dans sa phase gibbeuse croissante donc ils n'étaient sans doute pas partis plus d'une nuit. Bien entendu, le temps passait différemment en bas. Les jambes raides de Dean et les cheveux de Sam en étaient la preuve. D'eux trois, Cas était le seul qui n'avait pas émergé de l'Enfer avec les mains craquelées de froid.

On y est arrivés, pensa Dean et cette prise de conscience s'emboîta enfin.

« Je pourrais rester encore un peu, » suggéra Cas. « Pour m'assurer que Sam récupère correctement. »

Dean trouva que l'idée était bonne. Si cela ne tenait qu'à lui, Cas pouvait ranger son épée angélique dans le coffre de l'Impala indéfiniment mais il savait qu'il ne pouvait pas empiéter plus longtemps sur le temps de Cas. « Nan, pas besoin, » dit-il. « Je sais que tu as du travail là-haut. Je t'appellerai lorsque Sam se réveillera, pour te tenir au courant. »

Vu que Cas ne répondit pas, Dean se tourna pour le regarda et il se figea. En l'espace d'une seconde, une ombre semblait s'être abattue sur Cas. Il avait fermé les yeux, son visage triste et les traits tirés alors qu'il serrait son trench-coat.

« Cas ? » Se risqua Dean.

« Ce n'est pas vraiment la réponse que j'attendais, » dit lentement Cas en ouvrant les yeux. Son expression s'adoucit mais Dean ne pouvait pas fermer les yeux sur la douleur à laquelle il venait d'assister. Les yeux de Cas étaient-il fatigués à ce point avant et Dean avait-il manqué de le remarquer ?

« J'aurais dû te demander de rester, c'est ça ? » Demanda Dean, se frappant mentalement pour ne pas l'avoir deviné.

Cas haussa les épaules. « Toi et Sam êtes la seule excuse que j'ai pour rester loin du Ciel. »

La seule excuse pour ne pas retourner à la guerre, pensa Dean le cœur serré. Il avait oublié que les épreuves n'étaient pas terminées pour Cas, qu'il s'était sorti de l'Enfer pour revenir à la bataille du Paradis.

« Tu ne veux pas sauter encore dans la poêle à frire, hum ? » Plaisanta Dean mais son cœur lui faisait mal alors qu'il se rendait compte que deux minutes dans un canapé luxueux était le seul répit que Cas aurait. Il méritait tellement mieux.

Dean baissa les yeux vers la courbe inclinée du dos de Cas et il espéra être celui qui viendrait avec bien plus que des blagues faciles dans des situations comme celles-là. Il se souvint de son idée où il offrirait à Cas une place pour ranger son épée dans l'arsenal de l'Impala et il pensa que ce qu'il voulait vraiment était de se lover contre Cas sur la banquette arrière de la voiture, près des portes et de garder Cas en sécurité dans le seul endroit que Dean considérait être son
chez-lui.

Cependant, il lui faudrait être plus courageux que ça pour émettre cette invitation.

Déplaçant son regret dans le tiroir du bas de sa tête, Dean laissa la rampe pour s'asseoir près de Cas, ses fesses s'enfonçant dans les coussins défoncés. Cas était penché en avant et ses mains étaient serrées entre ses genoux, ses poignets anguleux visibles après les manchettes de sa chemise.

« Cas, si tu veux rester– » Commença Dean et Cas laissa échapper un soupir.

« Je sais, » dit Cas en s'asseyant. « Mais tu as raison. Du travail m'attend. »

Dean mordilla ses lèvres et regarda Cas redresser son dos, incapable de supporter l'impression que des ténèbres plus profondes que les ombres du porche tournaient au-dessus de Cas et attendaient de l'engloutir.

« Qu'est-ce qui se passe là-haut, Cas ? » Demanda Dean.

L'espace d'une seconde, il sembla que Cas s'apprêtait à répondre, sa poitrine tressaillant comme s'il était soulagé de partager son poids. « Allez, » le persuada Dean. « Tu ne peux pas me sauver en Enfer et t'attendre à ce que je reste assis peinard pendant que tu te prends des merdes au Ciel. Laisse-moi t'aider. »

Voyant que Cas hésitait encore, Dean appuya ses coudes contre ses genoux et secoua la tête. « Toi et Sam, » dit-il. « Ça vous tuerait de dire ce qui ne va pas de temps en temps ? »

« Comme tu aimes bien le faire ? » Demanda Cas et au soulagement de Dean, son visage s'adoucit avec un sourire.

Ce que Cas cachait inquiétait Dean, mais il semblait qu'il n'obtiendrait rien de lui cette nuit et il ne voulait pas que ça se termine en bagarre.

« Touché, » grogna Dean. Il poussa le bras de Cas, se reposa contre le divan et frotta ses yeux d'une main. « Tu sais quoi ? On devrait se reposer un peu sur nos lauriers. Le Ciel peut bien attendre. »

Cas leva un sourcil et Dean tapota sur le coussin en velours côtelé près de lui. « Allez, » dit-il. « Je t'écrirai un mot d'absence demain matin. »

Dean s'enfonça encore plus dans les coussins et étira ses jambes meurtries. Le divan laissa échapper une odeur moisie, comme si le rembourrage avait été trempé à cause de la pluie et qu'on ne l'avait jamais fait sécher correctement. Dean s'en fichait, parce que c'était bon d'être de nouveau sur ses pieds.

Après un moment d'hésitation, Cas s'installa contre le dossier près de Dean. « Et ne crois pas que tu es tiré d'affaire, » marmonna Dean. « La prochaine fois qu'on en discutera, tu déposeras les
armes. »

« La prochaine fois, » acquiesça Cas en appuyant sa tête en arrière, ses mains reposant paresseusement sur ses jambes.

Dean fixa les mains de Cas plus longtemps qu'il ne l'aurait dû, observant les douces lignes des doigts de Cas, la façon dont son pouce gauche reposait à l'intérieur de sa cuisse avant qu'il ne détourne le regard vers la prairie qui s'étendait après le porche. La lune était plus haute et les nuages s'étaient déplacés, laissant derrière eux quelques étoiles et la perspective d'un ciel clair au petit matin.

Réprimant un bâillement, Dean se rendit tout à coup compte, sans aucune fanfare, qu'il pouvait prendre un nouveau départ. Se mettre dans la voiture avec Sam et conduire où ils le voudraient. Plus d'Apocalypse, plus de pactes à honorer, plus de destin.

Sous le coup d'une impulsion optimiste sans précédent, Dean décida qu'ils devaient trouver aussi un moyen de s'occuper de la guerre de Cas, et dans la foulée il emmènerait Cas aussi loin que possible des trenchs.

Dean expira et laissa la tension autour de ses épaules s'adoucir. C'était amusant d'imaginer son futur comme étant une page vide. Dean ne savait pas ce qui l'attendait, mais il s'en fichait, sauf qu'il voudrait changer un peu d'air pendant un moment, peut-être visiter la côte et se prendre une chambre pour lui et Cas, virer ce costume que Cas avait sur le dos et voir ce qu'il arriverait.

Il se demanda si c'était une bonne excuse pour que Cas déserte.

Dean gloussa, ferma les yeux et écarta les jambes. Par inadvertance, son genou touchait la cuisse de Cas mais Cas ne s'écarta pas et Dean ne bougea pas non plus, le petit point de contact le calmant à un point que l'isolement de l'abri ne pouvait le faire.

Dean replia ses bras sur son ventre et pensa que cela ne pouvait pas lui faire de mal s'il reposait un peu ses yeux.

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Des bruits suivirent Dean dans un sommeil peu profond, le bruissement du vent dans les joncs le berçant jusqu'à ce que de l'eau ne dégouline du toit et ne le réveille en sursaut de son somme. Il se réveilla sur le ventre, sa joue aplatie contre un coussin en velours côtelé et son nez empli de l'odeur de la moisissure.

Bon sang, il ne se souvenait pas de la dernière fois où il s'était endormi comme cela.

Craignant d'avoir bavé, Dean s'essuya le coin de sa bouche et sentit quelque chose de lourd et chaud glisser de son épaule. Levant la tête, Dean découvrit qu'il était étendu sur toute la longueur du divan et que le trench-coat de Cas le recouvrait comme une couverture.

Qu'est-ce que–

Confus, Dean s'appuya sur un coude et de retourna, le trench-coat se baissant jusqu'à sa taille.

Cas était assis sur le sol, son dos appuyé contre la rampe du porche et son bras étendu sur l'accoudoir du divan. Cette position semblait vraiment peu confortable mais cela ne semblait pas déranger Cas. Son visage semblait pratiquement serein et avait-il desserré sa cravate ?

« Toujours là, hum ? » Demanda Dean en frottant ses yeux d'une main. Une partie de son cerveau endormi enregistrait la courbe du bras de Cas et de sa main, qui reposait non loin de la tête de Dean. C'était énervant, mais Cas avait de belles mains.

Pendant ce temps, Cas faisait voler son regard sur le visage de Dean d'une façon curieusement intéressée qui lui fit se demander s'il n'avait pas des marques des coussins sur sa joue. Ou peut-être qu'il avait bavé.

Dean leva la main vers son menton pour s'en assurer lorsque la réponse de Cas le stoppa dans son mouvement.

« J'allais m'en aller mais tu as attrapé mon bras, ce qui m'a empêché de partir, » dit Cas, son expression toujours égale.

« Ah oui ? » Demanda Dean, son estomac se nouant.

« Hum. »

Se débattant pour absorber l'information, Dean s'assit et retint le trench-coat avant qu'il ne puisse tomber au sol. Combien de temps était-il resté comme ça ? Cinq minutes ? Dix ? Il ne se souvenait même pas s'être endormi, et encore moins qu'avoir agrippé Cas… Où que ce soit.

C'était un sentiment bien étrange mais pour une raison qu'il ignorait, les battements de son cœur s'étaient déplacés dans son ventre. Il s'était levé trop tôt, son esprit toujours brouillé et ses murs abaissés. Il ne savait pas s'il voulait les remonter. « Tu veux le récupérer ? » Demanda Dean en tenant le trench-coat par le col.

Cas s'inclina en avant et tendit le bras vers le manteau, son épaule frottant contre le divan et Dean entendit son veston frôler les coussins. Cas était aussi près que cela.

Dean enroula sa main autour du bras de Cas sans réfléchir, serrant la courbe mince et puissante des biceps de Cas sous sa manche. Cas se figea, ses doigts déjà enroulés autour du manteau. Il ne regarda pas Dean, son corps était totalement immobile, sauf un muscle qui tressaillait dans sa joue.

« D'accord, » murmura Dean, qui n'avait aucune idée de ce qu'il voulait dire par là. Il était à présent sûr d'une seule chose : il ne voulait pas que Cas parte.

Se redressant complètement, Dean tira le bras de Cas jusqu'à ce que Cas se lève du sol et le rejoigne sur le divan. Ils se réinstallèrent dans les coussins tous les deux, le glissement de la jambe de Cas contre la cuisse de Dean transmis directement à son entrejambe. Dean utilisa sa prise sur le bras de Cas pour l'approcher de lui, son regard effleurant la bouche de Cas, qui était un peu entrouverte. Remontant sa main le long du bras de Cas, Dean laissa échapper un souffle irrégulier et son cœur essaya de se resserrer dans sa fichue gorge.

Cas s'accrochait toujours fermement à sa cape, son poing se tordant plus profondément dans le tissu.

S'obligeant à respirer plus lentement, Dean retira le veston des épaules de Cas et défit sa chemise de son pantalon. Il allait passer sa main sous l'ourlet lorsque Cas agrippa sa main et la coinça contre son côté. Dean serra la mâchoire, se préparant à sa réaction, mais Cas ne bougea pas, ne regarda même pas Dean dans les yeux. Il ne pouvait pas dire s'il aimait ce qu'ils faisaient.

Qu'est-ce qu'ils étaient en train de faire ?

Quelque confusion avait brouillé les inhibitions de Dean et les avait abaissées suffisamment longtemps pour que Dean comprenne, et comprenne vraiment, qu'il était sur le point de déshabiller Cas.

Il était tenté de remettre sa chemise en place et de courir. Tellement de 'si' se bousculaient dans sa tête, et c'était une chose, mais franchir à ce point la ligne surprit Dean tellement cela l'effrayait. Peut-être qu'il pourrait plaider la fatigue. S'il arrêtait maintenant, peut-être qu'ils pourraient faire comme s'il ne s'était rien passé. Mais même s'il songeait sérieusement à faire marche arrière, Dean ne savait pas s'il pourrait éloigner sa main de Cas ou oublier la sensation du côté de Cas qui s'élevait et redescendait contre sa paume, la chaleur piégée sous sa chemise.

Sa main tressaillit et la prise de Cas se resserra, un frisson parcourant son côté.

« Tu es d'accord avec ça ? » Demanda Dean, surpris du raclement rêche de sa voix.

« Oui, » murmura Cas en glissant ses doigts autour du poignet de Dean. Dean attendit une autre indication, mais visiblement, il n'y en avait pas d'autre.

Oui, pensa Dean, pris entre l'envie de rire et la terreur. Oui ?

Cas croisa alors son regard, ses yeux intenses et interrogateurs, passant sur le visage de Dean avec cette curiosité passionnée qui le caractérisait. Dean déglutit nerveusement et les yeux de Cas s'ouvrirent en grand, ses doigts s'attaquant à la douce partie interne du poignet de Dean. Il s'était approché comme s'il se rendait avec sérieux, mais hésitait au dernier moment, son visage suffisamment près pour que son souffle frôle la bouche de Dean.

Oui, sans aucun doute.

Enroulant ses doigts dans la chemise de Cas, Dean franchit la distance qui les séparait, mordillant la courbe de sa lèvre inférieure et bougeant pour l'embrasser. Cas fit un soubresaut sous la pression de la bouche de Dean et inspira, inclinant la tête pour offrir un meilleur accès à Dean. Il lâcha la main de Dean et prit appui sur son visage, la chaleur de sa paume s'écoulant directement dans la peau de Dean et faisant un croche-pied aux battements de son cœur. Ce n'était qu'un baiser, un simple contact, mais la sensation de la bouche de Cas, ses lèvres pleines et légèrement gercées, émut Dean au plus profond de lui.

Cette fois, Cas ne l'arrêta pas lorsque Dean glissa sa main sous sa chemise. Embrassant le coin de la bouche de Cas, Dean passa le bout de ses doigts sur la peau douce et chaude juste au-dessus de la ceinture de Cas et le besoin de le toucher plus le submergea comme une crue subite. Dean ne put arrêter le petit son qui émergea de sa gorge, ne put réprimer le frisson que provoqua Cas lorsqu'il frôla de son pouce sa barbe courte.

Ils se tournèrent, tirant sur leurs vêtements et mêlant leurs jambes jusqu'à ce que Cas ne pousse Dean contre le divan. Il posa sa main sur le bas du ventre de Dean et le poids de son toucher était bon, oh seigneur, tellement bon. La respiration de Dean était erratique alors qu'il laissa un halètement rauque franchir ses lèvres et Cas ferma les yeux. Retirant sa propre main de sous la chemise de Cas, Dean saisit le col de Cas. Cas agrippa sa nuque et Dean l'embrassa avec plus de force, contraignant Cas à ouvrir la bouche, lui montrant comment faire jusqu'à ce que Cas ne rencontre les coups humides de sa langue.

Lorsque Dean écarta les jambes, Cas glissa sa main sans qu'il ne le lui demande. Dean était déjà à moitié dur dès que cela avait commencé, mais lorsque Cas le caressa à travers ses jeans, il leva les hanches pour aller contre le toucher de Cas, poussant contre la friction. Cas l'effleurait comme s'il savait tout simplement comment faire, le haut de son poignet percutant le denim et s'activant sur le sexe de Dean jusqu'à ce qu'il ne se tende contre les bords de la braguette.

« Cas, » gémit Dean, et il pensa qu'il pourrait jouir juste en disant le nom de Cas, tous les coups étant permis.

Mais peut-être que ce n'était-ce pas la bonne chose à faire, peut-être cela brisa l'ambiance parce que Cas mit fin à leur baiser et fixa Dean. Ses joues rougies et son col de travers, Cas suça sa lèvre inférieure entre ses dents comme s'il voulait lécher Dean pour en connaître le goût.

« Je ne croyais pas– » Cas donna une autre caresse expérimentale et Dean enfonça ses doigts dans le côté de Cas.

« Quoi ? » Demanda Dean, se frottant contre la main de Cas. Mince, il ne tiendrait pas longtemps et à ce rythme, il mouillerait son sous-vêtement comme un adolescent.

« Je ne pensais pas que tu voudrais de cela, » dit simplement Cas et Dean se figea. Cas ne semblait pas blessé, seulement surpris. Légèrement stupéfait, peut-être, comme si Dean venait de lui parler dans une autre langue.

« Tu ne pensais pas – quoi ? » Fronçant les sourcils, Dean agrippa l'épaule de Cas et observa le visage de Cas. Cas devait savoir.

Dean hésita. Peut-être qu'il n'avait pas vraiment joué cartes sur table avant, mais tout de même. Il pensait que Cas se doutait de quelque chose depuis longtemps et avait ignoré cette chose qui vibrait entre eux parce que a, il n'était pas intéressé, ou b, il pensait que c'était au mieux s'ils ne compliquaient pas les choses. Dean n'avait jamais pensé que Cas puisse interpréter sa contrainte comme étant une forme de rejet, ou qu'il attendait peut-être un signal de sa part.

Cela l'obligea à se demander quelles autres choses ils avaient pu rater question communication.

Dean frotta son pouce contre la pommette de Cas, à court de mots et trop excité pour en ajouter. Cas sut cependant quoi prendre lorsque l'offre fut mise sur la table et recommença à embrasser Dean. Il s'activa également avec la boucle de la ceinture de Dean, faisant glisser le bout de la sangle de cuir hors de la boucle.

Entourant de son bras les épaules de Cas, Dean tira Cas jusqu'à ce que son visage soit caché contre les courbes du cou de Dean. Il n'en avait jamais rien dit, ni montré quoique ce soit – Seigneur, combien de temps avaient-ils perdu. Dean se souvint, douloureusement, de l'année passée à Cicero, sans savoir s'il reverrait Cas. Longtemps, il n'avait pas supporté la déception qui avait suivi la disparition de Cas mais en même temps, il n'avait pas demandé à Cas de rester. Cependant, si Cas avait espéré une invitation, il n'en avait rien montré.

Depuis le jour où ils se sont rencontrés, ils avaient tellement compté l'un sur l'autre qu'il avait été terriblement facile de croire qu'ils étaient sur la même longueur d'ondes alors qu'en fait, ils ne s'expliquaient correctement que très rarement.

Dean démêla les cheveux de Cas avec sa main, fermant les yeux avec force lorsque les dents de Cas éraflèrent le point sensible sous son oreille.

Cas était-il conscient de l'importance qu'il avait pris pour lui ? Bien sûr, Dean s'était donné en spectacle pour décourager le Ciel et l'Enfer d'utiliser leur amitié comme appât, mais peut-être avait-il si bien feint l'indifférence qu'il avait même réussi à tromper Cas.

Je ne pensais pas que tu voudrais de cela. Les mots tournaient dans la tête de Dean.

Cas n'était pas le genre à se languir de lui et Dean ne se faisait pas d'illusions sur sa propre importance. Il doutait que quoi qu'il fasse ou non entaillerait l'existence millénaire de Cas. Mais de là à ce que Cas ne se rende même pas compte qu'il comptait pour Dean ? Ça l'irritait au plus haut point.

Déplaçant sa main autour de la nuque de Cas, Dean embrassa sa joue, ses lèvres frôlant la barbe de trois jours de Cas. Il savait qu'il ne réussirait pas à le dire correctement, mais il avait besoin que ce soit clair, au moins cette fois.

« Je te veux, toi et tout ce que tu es, » dit-il, faisant attention à ne pas rencontrer les yeux de Cas. C'était une fichue chose stupide à dire mais c'était la réalité.

Les mains de Cas ralentirent sur la ceinture de Dean et après une seconde d'hésitation, Cas frotta sa joue contre celle de Dean, en un geste très félin d'affection. Cela fit sourire Dean. Bougeant sa bouche jusqu'au creux derrière l'oreille de Cas, Dean fit courir ses deux mains sous la chemise de Cas et les remonta jusqu'au bord de ses omoplates. Ce devait être un point sensible car Cas arqua le dos et haleta, ses mains cherchant une prise sur la taille de Dean.

« Je veux aussi te faire jouir au point que tu ne saches plus où tu es, » dit Dean en suçant un bleu sur le côté du cou de Cas.

« J'ai un très bon sens de l'orientation, » murmura Cas en resserrant sa main autour du membre de Dean, suggérant ce qu'il pourrait se passer dans l'autre sens.

« Ouais, on va voir ça, » dit Dean d'une voix râpeuse et libéra ses mains pour effeuiller les épaules de Cas de son veston.

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Dean avait des goûts simples et il n'était pas spécialement créatif, donc ses fantasmes se terminaient toujours d'une seule façon et rapidement. Il s'imaginait juste que la main sur son membre n'était pas la sienne et qu'on s'occupait de lui. Rien de tout cela ne l'avait préparé à la chaleur de la bouche de Cas, à la façon dont il lécha le mamelon de Dean ou aux bruits que la langue de Cas lui fit faire.

Cas était peut-être nouveau aux rapports sexuels en pratique, mais Dean n'avait pas non plus beaucoup d'expérience avec d'autres hommes. Encore moins avec des anges. Cela le désarçonna de voir à quel point Cas était calme, bien plus calme que quiconque avec qui Dean avait pu être. Il se rendit bientôt compte qu'il aimait voler les yeux bandés, utilisant sa main et sa bouche pour trouver les endroits à toucher et comment les caresser.

Dean avait retiré son Henley et s'arc-boutait au-dessus de Cas, ses mains s'enfonçant dans les stupides coussins côtelés. Cas vibrait en-dessous de lui, la poitrine nue, écrasant son érection contre la cuisse que Dean avait glissé entre ses jambes. Il était tellement magnifique ainsi, les cheveux en bataille et la gorge exposée alors qu'il rejetait la tête en arrière sur le divan.

Ils avaient toujours leurs pantalons sur eux, bien que Cas ait défait la ceinture de Dean et fait sauter le premier bouton de ses jeans. On aurait dit qu'il voulait toucher Dean à chaque endroit qui était à sa portée, parcourant de ses mains les côtés et les épaules de Dean. Dean ne savait pas, il n'aurait jamais pensé que ce serait ainsi, sa peau vibrant sous les doigts de Cas, son souffle arraché à sa gorge en un gémissement lorsque Cas embrassa la trace de sa main qu'il avait laissée sur l'épaule de Dean. Cas tira le corps de Dean pour le faire descendre contre lui et la sensation de leurs corps s'épousant, de leurs jambes se mêlant, fit comprendre à Dean qu'il n'abandonnerait jamais cela.

Le divan n'était pas assez grand et lorsque Dean s'étira, son pied pendit dans le vide, mais ils réussirent à faire avec. Dean insinua sa main entre leurs ventres dans un effort désespéré pour atteindre sa braguette. Cas n'aida pas, soulevant ses hanches, passant ses mains dans les cheveux de Dean et frottant le tranchant de son ongle de pouce contre les grains qui formaient la barbe de Dean.

« Dean, » Cas serra les dents et sa voix était si sauvage, si emplie de désir que Dean ne pouvait pas tenir le coup. Trop excité, fou de toutes les choses qu'il voulait, le goût de Cas et l'odeur de la pluie dans ses cheveux.

Cas les fit tourner sur le côté, manipulant le poids de Dean comme s'il ne pesait rien. Repoussé contre le dossier du divan, Dean délaissa ses jeans et tendit les mains vers le pantalon de Cas, se débarrassant rapidement de la ceinture avant se repousser le pantalon et de descendre le boxer suffisamment pour enrouler sa main autour du membre de Cas. Lorsqu'il fit tourner son pouce dans le liquide pré-éjaculatoire sur le gland, Cas cramponna ses doigts à l'épaule de Dean et étouffa un gémissement, dont le son resta piégé au fond de sa gorge.

« Oui, » murmura Dean. « Oh, oui. »

Il commença par de lentes caresses, sa tête tournant un peu à cause de la surface lisse du sexe de Cas dans son poing. Son coude continuait de heurter le dossier, donc Dean se tortilla jusqu'à ce qu'il soit sur le dos, permettant à Cas de se débarrasser plus facilement de son pantalon et de s'asseoir sur les cuisses de Dean. Dean mordilla sa lèvre, les muscles de son ventre tendus se relâchant en frémissant.

Maintenant sa prise sur l'épaule de Dean, Cas enveloppa son autre main autour des doigts de Dean et suivit ses mouvements. Ses yeux étaient plus brillants que Dean ne les avait jamais vus et toujours aussi concentrés alors que Cas baissait les yeux vers leurs mains sans aucun sentiment de timidité. Dean ne pouvait même pas imaginer de quoi il pouvait avoir l'air lorsqu'il perdait le contrôle.

Lorsque Cas s'installa sur les cuisses de Dean, Dean se précipita vers lui. Il prit appui contre la hanche de Cas et traça des baisers le long de sa joue avant de baisser les yeux pour regarder Cas masser sa propre verge de mouvements circulaires et hésitants.

« Cas. » Ça recommença lorsqu'il dit son nom. Dean ferma les yeux avec force. Il ne pensait pas qu'il pouvait avoir l'air dévasté à ce point.

Faisant usage de ce qu'il avait appris, Dean leva le bras pour tracer le contour des omoplates de Cas, traînant son pouce le long de la courbe de l'os et Cas gémit, il n'y avait pas d'autre mot pour le dire, sa voix aigüe et étranglée. Dean sentit ses testicules se serrer à ce son et il avait besoin de se débarrasser de son pantalon très rapidement. Poussant les hanches de Cas jusqu'à ce que Cas se tienne sur ses genoux, Dean descendit ses jeans à moitié jusqu'à ses tibias avant que Cas ne l'embrasse de nouveau, avec force et ferveur cette fois. Il était hors de question pour Dean de ne pas attirer Cas vers lui alors qu'il était toujours au-dessus de lui.

Il y avait des façons bien meilleures que de continuer à moitié déshabillés mais, Jésus, Dean n'en avait rien à faire. Et certainement pas avec son pénis qui se frottait contre le poil raide qui descendait le long du ventre de Cas et la façon dont les jambes de Cas étaient repliées autour des siennes. Il baissa le bras pour saisir les fesses de Cas et Cas roula les hanches, frottant son membre contre celui de Dean. Dean haleta, tout son corps sautant sans aller plus loin à cause du poids que Cas exerçait sur lui et qui le plaquait sur le divan, l'immobilité à laquelle Cas le réduisait envoya doucement un frisson de plaisir le long de la colonne vertébrale de Dean.

Lorsque Cas poussa sur ses mains pour prendre un meilleur appui, Dean sauta sur l'occasion pour tendre le bras entre eux, enveloppant son poing autour de leurs deux membres et les toucha de longues caresses adroites. Cas remuait ses hanches dans sa paume, tout son corps se tortillant sans relâche.

Bon sang, Dean voulait faire des mouvements plus rapides. Il entoura un bras autour du cou de Cas, sentit ses propres épaules se soulever alors que les muscles de son ventre se contractaient.

« Allez, » dit-il ces mots d'encouragement contre l'épaule de Cas. « Dis-moi comment tu le veux. »

« Dean. » Cas frissonna, attrapa le bras de Dean et le poussa vers lui. « Plus fort. Je t'en prie. »

Dean voulut lui dire, 'Oui, bon sang, oui,' mais il ne réussit à émettre rien de plus qu'un gémissement. Cas cueillit ce son sur sa bouche et Dean les fit basculer, poussant Cas contre le dossier et le caressa, cherchant son rythme et faisant des mouvements en torsade jusqu'à ce que Cas ne laisse retomber sa tête contre le divan et ne vienne avec un gémissement étranglé. Non, jamais, Dean ne laisserait plus jamais Cas être hors de sa portée.

La poitrine de Cas se levait et s'abaissait rapidement, son sperme s'écoulant entre les doigts de Dean, et l'expression de pure délectation sur le visage de Cas envoya Dean le rejoindre.

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Dean ressentait toujours le besoin de toucher Cas même après qu'ils eurent terminé. Ils s'étaient installés du mieux qu'ils le pouvaient sur le divan, Dean sur le côté et Cas reposant sur le dos. Cas avait les yeux à moitié fermés et Dean résista à peine à l'envie de tracer les ombres de ses cils, ressentant un immense bonheur jusqu'au plus profond de son être à l'idée de pouvoir de nouveau regarder Cas dans les yeux.

Cas n'avait pas le moindre scrupule quant à le toucher, inclinant sa jambe contre le genou de Dean avec une lassitude que Dean appréciait. Se mordant pour réprimer un sourire, Dean embrassa l'épaule de Cas et chercha au pied du divan ses vêtements. Suivant les indications de Dean, Cas s'assit également et ramassa son pantalon sur le sol.

Après quelques secondes peu fructueuses, Dean déterra son Henley d'un pli entre les coussins et le mit. Il se sentait un peu étrange vu que le soleil s'était couché depuis longtemps, comme s'il ne savait pas trop quoi offrir ensuite à Cas. Il repêcha ses jeans, introduisit sa ceinture dans les passants et s'interrompit pour voir Cas se débattre avec ses vêtements. Il avait mal boutonné sa chemise et recommençait, glissant les boutons hors des boutonnières avec un froncement entre les sourcils.

Dean sourit. « On devrait vraiment faire ce voyage pour aller pêcher, » dit-il. « Qu'est-ce que tu en dis ? »

Cas leva les yeux, ses mains s'arrêtant sur les boutons. « Quoi ? »

Dean haussa les épaules. « Tu avais parlé du Montana. »

« Oui, » dit Cas lentement. Pendant un instant, Dean ne savait pas si Cas reconsidérait ce projet d'un week-end passé près de la rivière mais Cas cligna des yeux. « On pourrait partir maintenant. »

Cela surprit Dean de voir la rapidité avec laquelle il voulut dire parfait, allons-y. Il se reprit, pensant qu'ils n'avaient pas besoin de précipiter les choses. Le Montana n'irait nulle part.

« Hé, je suis partant, » dit Dean. « Mais est-ce que quel-est-son-nom-déjà, ton lieutenant, ne voudrait pas nos têtes si on part à nouveau comme ça ? »

Cas l'observa pendant un instant, puis sa bouche se retroussa en une sorte de sourire. « Oui. J'imagine que c'est ce qu'elle ferait. » Il reprit l'attache de ses boutons et se trompa une fois de plus.

« Approche, » dit Dean, rappliquant et prenant en main la chemise déboutonnée de Cas. La cravate de Cas était toujours sur le sol et après un instant de réflexion, Dean la glissa sous le divan avec son pied.

« Dean, » dit Cas en couvrant la courbe de la joue de Dean de sa main.

« Hum ? »

« Est-ce que tu me fais confiance ? »

Dean releva la tête, davantage à cause du ton dans la voix de Cas que de la main sur son visage.

« Bien sûr que je te fais confiance, » dit Dean en glissant lentement un autre bouton dans sa boutonnière. « Cas, qu'est-ce que–»

Cas l'embrassa avant qu'il ne puisse terminer, traçant la couture de la bouche de Dean avec sa langue comme s'il voulait se rappeler de sa forme. Dean tira la chemise de Cas dans son poing et l'embrassa en retour, son souffle s'arrêtant parce que, oui, ils pouvaient faire ça maintenant.

« Alors ne regarde pas, » dit Cas, caressant de son pouce la lèvre inférieure de Dean avant de s'éloigner.

Dean n'avait aucune idée de ce que comptait faire Cas, mais il lui faisait confiance, donc il ferma les yeux et laissa sa main glisser jusqu'à la taille de Cas.

Puis l'air commença à devenir chaud contre le visage de Dean, sans qu'il ne puisse en expliquer la source. Seulement, lorsqu'il sentit cette même chaleur s'écouler de la peau de Cas au travers de sa chemise sur la paume de Dean, Dean fit le lien. Curieux, il posa une autre main sur le côté de Cas et il sentit les muscles de Cas bouger lorsque Cas balança une jambe au-dessus de ses cuisses pour s'asseoir sur lui une fois de plus. Il manqua d'ouvrir les yeux, par pur instinct, mais Cas posa une main sur les yeux de Dean.

La chaleur s'intensifia, rampant dans le ventre et la poitrine de Dean, ses échos se répandant le long de sa gorge. C'était – étrange. Ce n'était pas désagréable pour autant. Dean bougea, sentant l'étrange vague désincarnée se glisser sous ses manches et dans sa peau. La grâce de Cas, se rendit-il compte et son cœur rata un battement.

Il avait ressenti Michael hors de son vaisseau, mais Cas était différent, il était chaud, attentionné, s'éparpillant dans le sang de Dean comme des particules infrarouges.

La sensation que lui procurait Cas dans sa vraie forme était incroyable.

Respirant plus profondément, Dean leva les mains de la taille de Cas et réunit dans sa poitrine l'air chargé en mouvement entre eux. La lumière était condensée sous son sternum, brûlant comme une étincelle entre ses poumons. Dean savait que Cas se retenait, faisant attention à ne pas blesser Dean ou de détruire les barrières que Dean avait mis en place.

Dean n'hésita pas. Il fut tellement facile pour lui de détruire les murs qu'il avait laissé, de tirer Cas dans le moindre recoin de son être. Son invitation surprit Cas, mais il le suivit avec une telle exultation que le cœur de Dean s'allégea. La grâce de Cas brillait en lui et filtrait en Dean comme le soleil au-travers d'une feuille. Si l'âme de Dean avait une ombre, Cas la chassait de son corps.

Cette fois, Dean ne sut s'il dit le nom de Cas ou s'il le pensa.

Castiel.

La grâce en lui flamboyait, torride, mais Dean sentit à peine la douleur sous le plaisir qui s'étendait à partir de ses doigts. L'écoulement de Cas dans ses veines lui donnait l'impression de voler, d'être lancé dans l'air à la vitesse d'une balle. Le dos de Dean se cambra et sa bouche s'ouvrit dans un cri muet, chaque terminaison nerveuse de son corps explosant de délice. Il pensa que son cœur se consumerait sous l'intensité de la chaleur, la sensation d'être complet, levé au ciel et éparpillé partout.

Lorsque la grâce de Cas reflua de son corps, Dean se sentit léger, se lâcha et dériva. Ses poumons reprirent de l'air, Dean entendit le son étouffé de se respiration mais il ne parvint pas à réunir toutes les parties pour être se nouveau complet. Cas était toujours là, attachant de nouveau tous ses bords pour que rien ne filtre à la surface.

Reste en sécurité, murmura Cas dans sa tête ou son oreille et Dean sentit quelque chose ressemblant à un baiser sur sa joue. C'était la chose que Cas ait jamais fait qui s'approchait le plus d'un au-revoir.

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Lorsque Dean se réveilla, il était étalé complètement sur le divan. Il était seul, une jambe tombait au sol, sa braguette était toujours ouverte et son boxer était humide de son sperme. Preuve collante que Cas l'avait vraiment masturbé avec sa grâce. Dean laissa sa tête retomber contre les coussins et il rit. Dire qu'il pensait que Cas avait tourné la page sur son truc avec les grandes sorties.

« Salaud, » marmonna-t-il, mais il ne se sentait pas en colère. Fatigué, oui, crevé au-delà de toute imagination, mais aussi réchauffé jusqu'aux os.

Dean poussa une jambe dans les coussins, se tourna vers le dos du divan et sentit l'odeur du vieux tissus, de la pluie et du sexe, imaginant qu'il pouvait sentir l'empreinte du corps de Cas dans le velours. C'était tentant de se replier simplement sur le divan et de s'y endormir, mais les vêtements de Dean étaient déjà moites. Et puis, les coussins défoncés risquaient de lui donner un mal de chien dans le dos.

Il referma sa braguette, grimaçant face au liquide collant dans son boxer, et balança ses pieds nus sur le sol. Ses pieds touchèrent quelque chose de doux et lorsqu'il baissa les yeux, Dean vit le bout de la cravate de Cas fureter hors du divan. On dirait que Cas en avait fini avec ça aussi.

Étouffant un bâillement, Dean prit ses bottes et entra à l'intérieur.

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Nettoyé et avec des vêtements propres (eh bien, plus propres), Dean alla dans la chambre à l'étage, en pensant qu'il se reposerait pendant quelques heures avant de se faire un café bien mérité au matin. Finalement, il dormit jusqu'à quatre heures de l'après-midi, ne se leva que pour aller aux toilettes, et piqua un autre somme peu de temps après. Lorsqu'il se réveilla ensuite, le soleil s'était de nouveau couché et l'air dans la pièce était tiède et étouffant.

Dean frotta ses yeux et roula son matelas avant d'aller voir comment allait Sam. Son frère dormait toujours mais au moins, il avait viré le sac de couchage pendant la journée, montrant qu'il n'était pas totalement hors service. Il s'était aussi à moitié faufilé hors du manteau démoniaque.

Dean se demanda s'il devait essayer de le réveiller parce que, mis à part le pronostique encourageant de Cas, il commençait à être anxieux à l'idée d'entendre le diagnostique de Sam. Si Sam avait vraiment besoin de se reposer pour réintégrer son âme, Dean se détesterait de l'en empêcher. Il retira le manteau de Sam.

Jetant le manteau dans un coin, Dean marcha vers la fenêtre tout proche, défit le verrou rouillé et poussa le panneau du bas vers le haut du rebord. Un vent frais souffla dans la salle avec les cricris des criquets. Le ciel à l'extérieur était toujours teinté d'un rouge pâle, les couleurs devenant foules derrière les carreaux de verre peu lisses des fenêtres. Agrippant le cadre déformé, Dean tira la fenêtre plus haut et du vernis sec s'effrita dans ses mains.

Par habitude, Dean repoussa les flocons de vieille peinture du piège à démons gravé dans le cadre de la fenêtre. C'était le même symbole qu'il avait dessiné à la bombe dans le coffre de l'Impala et son caractère familier le fit sourire. Il pensa à quel point se serait bon de se glisser derrière le volant de son bébé. Dans son esprit, il se dirigeait déjà vers la rangée de chênes de l'allée du sanctuaire. Sam abaisserait sa fenêtre du côté passager et ils reprendraient la route ensemble, peut-être rouler sur cet asphalte à deux voies vers le sud, pourquoi pas jusqu'au Montana.

« Dean ? »

Dean traçait encore le piège à démons avec l'ongle de son pouce lorsqu'il entendit la voix de Sam et se retourna.

FIN


En voilà une autre qui se termine…

J'aimerais tout d'abord remercier l'auteur, Murron, pour avoir créé une telle Odyssée. Je vous remercie tous d'avoir lu cette série, et j'espère que vous aurez au moins apprécié autant la lecture que j'ai aimé en faire la traduction.

N'oubliez pas que tous vos commentaires seront envoyés à l'auteur original, donc si vous voulez lui laisser un petit mot, c'est le moment ! Je les traduirai tous sans exception.

Vous pouvez dès à présent télécharger sur mon livejournal le pdf de la fanfiction. Les illustrations faites pour cette fanfiction ont été incluses dedans, et j'espère que la mise en page que j'en ai fait vous aura plu (si vous voulez me laisser une feedback sur le pdf, j'en serais ravie, car c'est mon premier 'grand' pdf et je me suis donnée un peu de mal pour le rendre un minimum interactif).

Il va se passer quelques semaines (2, 3 maximum) sans aucune sortie de ma part. La fanfiction suivante est entièrement traduite et corrigée, mais il y a la dernière vérification à faire et je pense qu'on a bien mérité quelques semaines de repos.

La traduction suivante sera 'Metaphysical Gravity' , de Zoemathemata. Il s'agit toujours d'une fanfiction sur Supernatural, toujours classée M, et qui met les personnages de SPN dans l'univers de la série télévisée de Dark Shadows, dont s'inspire le film récemment sorti. Zoemathemata tient à préciser que la série télévisée et le film ne sont pas vraiment la même chose. Bref. Il y a 22 chapitres, donc cela nous promet d'occuper quelques mois.

Je vous remercie de votre fidélité, et j'espère vous revoir avec Metaphysical Gravity également !

Marple-Juice.