Hello everybody !

Me revoilà avec ce que l'on pourrait qualifier de suite. Je remercie bien évidemment PetitPentagram pour la correction des fautes d'orthographe et la relecture ainsi que ses idées d'améliorations qui m'ont grandement aidée.

Disclaimer: rien ne m'appartient. Tous les personnages sont à Kurumada.

Bonne lecture !


J'ai entendu le cri d'une âme déchirer le silence de mon temple. J'ai tout de suite cherché d'où cela venait. Mes réflexes de tueur sans doute. Cela ne venait pas du sanctuaire mais d'un endroit bien plus reculé. J'ai rapidement compris que c'était toi qui m'appelait.

Je me souviens du petit garçon chétif qui est arrivé au sanctuaire. A l'époque tu n'étais pas encore renfermé sur toi même, tu étais juste timide. Tu avais peur, en même temps tu étais dans un lieu totalement inconnu. Tu as mis du temps à t'adapter à nous. A croire que tu savais déjà que la plupart d'entre nous étaient mauvais. Tu n'avais pas tord du moins pour moi.

Je sais qu'Aphro aussi a entendu ton appel à l'aide. Il est en ce moment même en train de rejoindre mon temple. C'est pourquoi je ne pars pas encore te rejoindre. Je vois que Milo l'a rejoint dans sa descente. Je vais certainement les attendre sûrement pour essayer de les rassurer puis j'arrêterai ta main, celle d'un homme en colère. Mais en attendant, ce sont des images de toi qui défilent sous mes yeux.

J'ai vu le petit garçon devenir un jeune homme vide de toute expression ayant perdu sa joie de vivre. Je n'ai pas mis longtemps à comprendre que ton indifférence n'était qu'une façade. Tu ne pouvais pas te jouer de moi. Il est vrai qu'au début, je ne pouvais pas te voir. Se cacher derrière un mensonge, je trouvais ça faible. Ce n'est pas digne d'un homme. Ta froideur pour empêcher les autres d'approcher marchait avec moi comme pour les autres, du moins au début. Pensais-tu que j'arriverais à me frayer un chemin jusqu'à toi ?

J'entends des pas qui me sortent de ma léthargie. Les pas se rapprochent. Milo et Aphro arrivent essoufflés vers moi. Je vois la peur dans leurs yeux. Je sais qu'ils s'inquiètent pour toi. Beaucoup s'étonneraient de ma propre inquiétude. Moi même cela m'a étonné que tu aies réussi à percer ma carapace. Comme quoi tout peut arriver. Il suffit juste d'attendre. En même temps je les comprends, tu as toujours été si fragile. En tout cas c'est ce que je pense si l'on sait bien regarder. Je les rassure, du moins j'essaie. Tout va bien se passer, tout doit bien se passer. Et je m'élance à pleine vitesse hors de mon temple. J'arrive.

Ce serait mentir de dire que je ne t'ai jamais remarqué à ton retour au sanctuaire. Mais pas pour les bonnes raisons. Malheureusement pour toi. Quoique je ne t'ai jamais rien fait, je n'en ai pas eu le temps. Tu étais tout ce que j'exécrais. Tout le monde ne peut pas être fort certes mais à ce point là surtout pour un chevalier d'or c'était pathétique. On ne peut pas tromper la mort. Je l'ai donnée assez souvent pour voir une âme qui souffre. Et la tienne appelait simplement à s'éteindre. Purement et tout bonnement bien qu'inconsciemment tu attendais la mort.

Je reviens à moi à la limite du sanctuaire. Je n'ai plus qu'à rejoindre Athènes sur l'autre rive pour pouvoir me téléporter. Je ne dois surtout pas attirer l'attention du pope. Ou ce serait notre fin à tous les deux. Encore quelques instants et je pourrais enfin te rejoindre. Je sens petit à petit ton aura diminuer et j'ai peur d'imaginer le pire. Pourtant ça ne devrait rien me faire. Après tout je suis le chevalier du cancer, celui qui donne la mort par plaisir. Qui aurait pensé que c'est moi qui accourrait pour te sauver de toi même ?

Je me souviens pourquoi mon opinion sur toi a changé. Tu m'as écouté, tu as bien été l'un des seuls. Mis à part Aphro personne n'a écouté ce que j'avais à dire. Tu voulais revoir ton ami quoi de plus normal. Mais tu es rentré au mauvais moment. Il venait de faire couler le sang de sa première victime et je peux t'assurer que ça change un homme. J'en sais quelque chose. La peur de ton rejet voilà ce qui l'animait à l'époque.

Je ne sais pas pourquoi mais j'ai eu envie de vous aider. Ceux qui me connaisse savent que je le fais sans en donner l'apparence. Je t'ai lancé une pique pour te faire comprendre que ton ami était perdu et que tu ne le retrouverais jamais juste pour te détruire un peu plus. Qui est le plus pathétique de nous deux ? Mais ton regard a changé. On aurait dit que tu te battais contre les remous pour remonter à la surface. Et c'est là que j'ai vu cette petite étincelle dans ton regard qui a attiré le mien. Celle de la vie.

Je me suis téléporté à la frontière de la Russie. Pas la peine d'attirer l'attention plus que ça. Après tout je peux toujours aller à la vitesse de la lumière. Tu n'as plus longtemps à attendre. Je sens ton cosmos se calmer bien qu'il soit encore empli d'émotions contradictoires. Toi le saint de glace tu exprimes tes émotions, mais dans quel monde vit-on? Tu ne trouves pas cela drôle que nous ne soyons que trois à te connaître réellement ? Mais c'est ton choix et je respecte. Le temps presse et je cours de plus en plus vite dans cette étendue glacée.

Tu as pris mes conseils en compte pour approcher Milo. Tu es bien l'un des seul. Pourquoi ne t'es-tu pas arrêté à l'image que je renvoyais ? Je pensais sincèrement que cela t'énerverais et que tu n'écouterais pas. Je me suis trompé. Je ne peux m'en prendre qu'à moi même. Au lieu de jouer au plus malin j'aurai dû passer ma route. Je n'aurais jamais dû croiser tes yeux; des yeux si profonds qu'ils vous font douter de vos convictions les plus sures.

Que s'est-il passé dans ta tête pour que toi et le chevalier du Scorpion cherchent à m'approcher ? Je n'acceptais dans mon entourage que le chevalier des poissons et encore je le subissais plutôt. Quel pot de colle celui là. Mais je n'oublie pas la joie que j'ai lu sur le visage d'Aphro quand il a compris votre manœuvre. Au départ si je vous ai tolérés c'est d'abord pour lui. Mais je m'avoue volontiers à moi même que le babillage incessant du huitième et du douzième me faisait du bien. Ils parlaient pour nous deux. Jamais ils ne se sont plaints de notre manque de participation.

J'ai les poumons en feu d'avoir tant couru. J'ai eu l'impression que je n'en viendrais jamais à bout. Enfin je t'aperçois. Tu es de dos et tu as trouvé un moyen d'exprimer ta rage. On dirait moi il y a quelques années. Tu tapes la glace encore et encore, me diras-tu quel sentiment cela te procure ? Je ne pensais pas te voir dans un état aussi perdu de mon vivant. Depuis combien de temps es-tu là ? Finalement, je crois que Milo et Aphro ont eu raison de se faire du soucis. Tu me fais penser à un petit garçon perdu, qui appelle désespérément à l'aide mais à qui on n'adresse pas un seul regard. Tu n'es pas n'importe quel garçon. On dirait moi.

Tu l'as dit toi même, je me suis brisé par plaisir. Je sais que pour toi cela a été la plus dure épreuve de ta vie. Moi je ne pouvais pas accepter toute cette guimauve. Si j'étais obligé de rester soit mais alors je serais celui que j'ai toujours voulu être. Moi même je suis étonné du résultat pourtant je ne suis pas déçu. Tu as raison quand tu penses que j'ai totalement assumé mon changement. Il fallait bien que quelqu'un plonge pour les autres. Contrairement à ce que j'avais pensé ce rôle me va plutôt bien. Mais juste pour vous trois, les autres on s'en fout.

Les ténèbres m'ont englouti très tôt mais j'ai quand même réussi à trouver la sortie. Ma sortie c'est vous trois enfin surtout toi. Je ne cherche pas une façon de me racheter mais si mon «expérience» peut vous aider qui suis-je pour vous interdire de l'utiliser? Tu sais si tu n'as pas réussi à sortir du gouffre dans lequel tu t'étais plongé volontairement ce n'est pas parce que tu es faible. Disons plutôt que tu n'étais pas fait pour ce rôle contrairement à moi.

Je t'observe depuis quelques minutes déjà. J'hésite à t'arrêter puis finalement je te laisse continuer. Tu as besoin de sortir toute cette rage. Je vais juste veiller à ce que tu ne te fasses pas top mal. Je n'ai que moyennement envie de me faire passer un savon par les deux zigotos du sanctuaire car leur poupée de porcelaine est cassée. Mais je m'inquiète, je ne t'ai jamais vu aussi violent. Cette haine, ce dégoût envers toi-même me fait peur. Et si je n'arrivais pas à te sauver ? Y as-tu seulement pensé ? Ou as-tu une totale confiance en moi ?

Tu as su aller au-delà des simples apparences. J'ai trouvé en toi le petit frère que je n'avais jamais eu. Je veux te protéger. En serais-je seulement capable ? Je ne sais pas. Pourtant je le souhaite ardemment. Je sais ce que cela fait de se briser sans personne pour nous soutenir. Alors laisse moi être cette main secourable dont tu as besoin. Tu ne t'es pas arrêté à l'image que je renvoyais de moi. Je ne te remercierais jamais assez d'être aller plus loin que cette image de tueur. Sans le savoir tu m'a sauvé. Alors maintenant laisse moi t'aider.

J'estime que tu fais joujou avec la glace depuis assez longtemps. J'avance mais plongé dans tes pensées tu ne m'entends pas approcher. Je pourrais te tuer, ta garde est bien mauvaise pour un chevalier. Tu n'iras pas très loin si quand tu te perds tu oublies les bases du combat. Un coup particulièrement violent va s'abattre sur cette paroi transparente, c'est ce moment que je choisis pour arrêter ta main.

Tu ne te retournes pas. Toi et moi savons que tu n'en as pas besoin pour savoir que c'est moi. Je te vois baisser la tête, tes cheveux vert d'eau tombant de chaque côté de ton visage. On dirait un enfant pris en faute. L'image que tu m'offres paraît irréelle. Toi le fier chevalier du Verseau tu sembles plus chétif qu'un enfant dans mes bras. Je n'arrive pas à accrocher ton regard, il est fuyant. Je comprends que tu aies peur de ce que je pourrais dire.

Mais je n'ai aucun droit de te faire la morale, moi le plus sanguinaire de tous les chevaliers. Alors silencieusement, je bande tes mains car elles sont dans un mauvais état, un très mauvais état. Quand enfin ton regard croise le mien, tu peux y lire toute l'inquiétude que j'éprouve en ce moment et moi je vois le regard d'un animal sauvage, traqué.

La dernière fois que j'ai vu ce regard remonte à tellement loin. Tu avais perdu quelqu'un de cher à ce moment là. Il me semble aussi que c'est ce jour là que tu as compris que nous serions toujours là pour toi. Même si pour cela nous devons te forcer à accepter notre aide. Tu as toujours cru que tu étais seul, mais plus maintenant. As-tu conscience que je donnerais ma vie pour toi ? Je ne t'abandonnerai jamais, je ne sais que trop bien à quel point cela fait mal.

Je me suis perdu dans ton regard. Cela fait un moment que nous nous regardons sans dire un mot. Le silence a toujours eu son importance dans notre relation. Mais il n'est pas pesant. C'est un silence comme tu les aimes. Ceux qui veulent tout dire et en même temps ne signifient rien. Chacun est libre de l'interpréter comme il l'entend. Je suppose que tu as encore besoin de rester dans ce froid pour te sentir revivre, bien que mes tremblements apparaissent j'essaie de te les cacher. Je te laisse encore quelques minutes pour te retrouver.

Qui aurait pu penser que nous deviendrions si proche tous les deux ? Car pour moi c'est ce que l'on est. Peut-être pas de la façon dont les gens normal le sont. Mais soyons honnête, nous n'avons rien de normal. Nous nous sommes sauvés réciproquement. Pourtant rien ne présageait ce revirement. Toi celui qui n'a pas réussi à remonter la pente seul et moi celui qui suis volontairement resté au fond du gouffre. Nous en avons parcouru du chemin.

Moi qui ne voulait pas de rédemption, cela peut-il en être considéré comme une ? J'espère que non. Je serais au moins parvenu à faire quelque chose de convenable pour vous trois. Mais je ne l'ai pas fait pour moi, mais bel et bien pour vous. Étonnant n'est-ce pas? Quoique le mot n'est certainement pas encore assez fort. Si vous n'aviez pas été là je serais sûrement devenu totalement fou ou pire j'aurais fait l'inévitable. Alors tout ce que vous me donnez je veux vous le rendre. A ma façon certes, mais au moins j'essaie. Alors même si je ne vous le dirais jamais de vive voix je suis convaincu que vous savez que je vous en suis reconnaissant. Du moins je l'espère.

Il commence réellement à faire froid. Je ne vais pas tarder à te ramener à l'isba. Je ne peux rester plus longtemps sans que le pope ne s'en rende compte. Je vais aussi pouvoir rassurer nos deux amis. Je sais que maintenant tout ira bien pour toi en tout cas jusqu'à la prochaine fois. Je sais que tu regarderas ma silhouette s'effacer dans le brouillard et que tu te sentiras de nouveau seul. Mais je reviendrai encore quand tu auras besoin de moi. Tu n'as même pas besoin de m'appeler, je le saurai. Pour l'instant tout va bien et je m'arrangerai pour que Milo ou Aphro viennent te tenir un peu compagnie. Je te le promets. Sur ce je t'emmène à l'isba et repars au sanctuaire.

Ma silhouette vient enfin de disparaître dans les ténèbres. Tu ne me vois plus mais tu sais que je suis là. Je serais toujours là ne l'oublie jamais. Merci de m'avoir sauvé petit frère.

Et n'oublie pas: je suis là.


Voilà, je pense que l'aventure s'achève ici.
J'accepte bien évidement tous les commentaires afin de m'amèliorer.
J'espère que ce texte vous a plu.
Sur ce à bientôt !