Note de l'auteure:

Bien le bonjour les gens! Aujourd'hui, je vous propose un OS un peu angst sur les bords avec un sujet que vous risquez tous de… Détester. J'ai déjà écrit l'histoire il y a quelques temps mais j'ai un peu hésité à publier car l'histoire pourrait énerver plus d'une. Bon, après, je me suis dit : « Oh et puis merde ! » mais je me dois quand même de vous prévenir :

Certaine chose sont à prendre au second degré (au cas où vous vous sentiriez ciblés) et quand bien même cette histoire peut vous sembler familière, je ne l'ai pas écrite dans le but de défendre ou d'accuser qui que ce soit.

Tous les personnages sont Stephenie Meyer, seul l'histoire est à moi.

OOC Flagrant. Langage et Lemon.

Donc si vous n'avez pas l'âge (ou le moral adéquat) pour lire, merci de bien vouloir quitter la page.

Sur ce. Bonne lecture.

°o0O0o°

If all these words you speak of meant a thing

I'd take back all the lines against you that I sing

[…]

Open your Mind before your Mouth

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Immaculate Misconception – Motionless in White

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[Si tous ces mots que vous disiez avaient un sens

Je retirerais toutes les lignes que je chante contre vous

Ouvrez votre esprit avant votre bouche. ]

°o0O0o°

POV Bella

Ce fut à ce moment là que je le sus. Exactement là où mes ressentiments me rattrapèrent, où ma culpabilité forma une pile beaucoup trop lourde pour mes épaules, où leurs crachats devinrent tout un torrent d'insultes, où leur haine eut raison de ma volonté. Ce moment où je sus que je ne me relèverais pas. Paix à mon âme.

Salut à toi, cher meilleur ami, amour de ma vie, amant d'une nuit !

« Bella. Lève-toi. »

Peut être ne suis-je pas assez lucide. Peut être ne suis-je pas assez intelligente. Non, définitivement pas intelligente. J'étais juste… Totalement stone. Mais je n'avais foutrement pas besoin de recevoir un ordre pour commencer ma putain de journée.

Le soleil se lèvera lorsque je l'aurais décidé. Je me lèverai lorsque je l'aurais décidé.

Ce n'est pas de la prétention. C'est juste la fatalité et la fatalité est que… C'est moi qui décide pendant que les autres se la ferment.

Je m'appelle Isabella Swan, je suis une manipulatrice de première et je crains.

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Grey Goose Vodka.

Les trois mots les plus beaux, les plus réconfortants, les plus adorables de la terre.

Enfin, peut être après les mots interdits commençant par E, A et C.

°o0O0o°

Comment a-t-elle pu faire ça ? Elle est conne ou quoi ?

Oui, elle est conne et saoule, merci bien.

Ha ! Je savais bien que cette nana n'était pas très nette, je suis sûre qu'elle a du le droguer ou je ne sais quoi pour le forcer à être avec elle. Z'avez vu sa banalité, en plus ? Sans parler de son nez de travers.

Eh bien voilà une nouvelle qui va plaire à mon futur chirurgien esthétique !

Une fille qui ne sort jamais, dont on ne sait pas grand-chose, sans doute une fille sans histoire… A part le fait qu'elle soit sortie avec Edward et qu'elle ait écrit deux livres (que j'adore en passant), on n'a jamais parlé d'Isabella Swan. Elle a un visage d'ange, un corps à faire pâlir les mannequins (oui, taisez votre haine une minute et regardez la vérité en face) et une des meilleures plumes de toute l'histoire de la littérature américaine, en bref, elle est LA fille idéale. Mais à la première bourde qu'elle fait, tout le monde lui tire dessus. Je parie que vous l'attendiez toutes au tournant, pas parce qu'elle a osé tromper le grand Edward Cullen mais parce qu'elle a tout réussi et qu'en plus, l'homme de vos rêves est complètement fou amoureux d'elle. Je ne dis pas que ce qu'elle a fait est bien, juste… Bon sang. Regardez-vous dans le miroir, d'abord !

Aaawww… Merci d'avoir écrit tout ce roman pour me défendre, mon cœur mais il faut que tu arrêtes de te voiler la face : la majorité fait loi et la majorité a décidé que je suis une pute.

En même temps, avec ce qu'elle écrit comme livre, pas étonnant qu'elle les mette en pratique ! Une vraie cochonne…

Oh, si tu savais…

Son nez est de travers, elle est pâle comme un cadavre, son décolleté est vide et puis, elle a un gros cul… Hey Swan, tu ne t'es jamais dit que ce serait trop cool de faire migrer la graisse qu'il y a sur tes fesses vers tes seins ?

Bonne idée, je vais demander ça au chirurgien qui s'occupera de mon nez.

Comprends pas ce qu'il TE trouve, franchement…

C'est évident, voyons, comme le nez au milieu de la figure.

Isabella, ne les écoutes pas. Tu es magnifique. J'attends ton nouveau livre avec impatience.

Sortie prévue après que je me serais enfin procuré un nez digne de ce nom.

Jacob Black est hot, les filles ! Voici son lien Jacob_Black_Editeur_Happerman_And_Browning_Photo_. Peut être même plus qu'Edward. En tout cas, je ne blâme pas Miss Swan d'avoir craqué.

Attention, petite, tu ne sais pas dans quel genre d'emmerde tu fourres ton nez…

Hot ou pas, cela ne se fait tout simplement pas. Ce qu'elle a fait est mal et pour ça, elle mérite tout ce qu'elle endure en ce moment (à moins qu'elle ne soit prélassée tranquillement dans les bras de ce Black, là… Bah merde !)

T'inquiètes, j'ai déjà trois hommes dans ma vie : Jack Daniels partage toutes mes nuits et Ben et Jerry me font jouir sur mon canapé au moins six fois par jour. Yay !

Vive JacoBella. 3

J'ai une de ces envies d'aller chez Taco Bell tout d'un coup…

Comment pouvez-vous prétendre que cette pacotille de Black peut surpasser ne serait ce que d'une once la beauté olympienne d'Edward Cullen ?! Ce n'est rien de plus qu'un crétin avec de gros biceps et puis ses cheveux sont coupés n'importe comment. A ce qu'on dit, il tenterait de se lancer dans la carrière d'acteur. Je suis sûre qu'il s'est servi de cette pauvre auteure de seconde zone justement pour être sur le même piédestal que notre Edwardounet. Team Cullen, bordel !

Brillante analyse pour une chatte en chaleur. Je devrais peut être appeler Jake et lui proposer de jouer le rôle principal pour l'adaptation de mes romans ?

Edwardounet, non mais, vous vous croyez au pays des Bisounours ou quoi ? Edward se maquille, fait dans les films à l'eau de rose, se fait des brushings à longueur de journée, déteste s'éclater et on dit qu'il est ennuyeux à mort… C'est à se demander si son testostérone n'est pas en baisse. Ou peut être qu'Isabella a tout pris ? Ahahaha. J'adore ses livres. Et elle au moins, elle a de l'esprit -prenez en de la graine !

P. S: TEAM BLACK, BANDE DE FILLES A PAPA !

Pourquoi ai-je l'impression d'être une putain de poupée à caser ? Ah oui… Parce qu'on essaie de minimiser mon statut de pétasse !

Team Black, en effet !

Et un autre point pour Jake, un !

Team Black. A bas le couple niais…

Un point pour Jake, un coup de poing pour moi.

Team Cullen. Ce n'est pas parce que vous vous êtes fait déchiré l'hymen n'importe comment qu'il faut approuver ce qu'elle a fait et occulter le dévotion dont Edward a toujours fait preuve…

Ah… On dit qu'un hymen intact vaut toutes les idioties de ce monde.

Team Black. Oui, je me suis fait déchirer l'hymen d'une manière plutôt agréable, avec une vraie queue… Et toi, comment ça a été avec tes doigts ?

Et paf ! Je crois que je vais reprendre cette répartie pour mon prochain livre.

Isabellla Swann tu m'enerve tellemen ta pas honte sal conasse j'étais toi je vai aller me cahcer dans 1 grote juska la fin du tant et laicer Ed trenquil pasque tu m'hérite pas son amour SALE PUTE

Ouais mais la pute, au moins, elle sait écrire, chérie.

Isabella Black. Ça sonne bien, vous ne trouvez pas ?

Je croyais que c'était Bella Slut ?

Ah lala, vous me faites bien rire, les deux Team! Vous n'avez que ça à faire de votre vie ? Dire qu'une fille a le nez de travers, commenter l'avis débile des autres, discuter sur qui est le plus hot et sur la manière de perdre l'hymen alors que le réchauffement climatique est à son comble ? Vous êtes vraiment pathétiques.

En parlant de gens qui n'ont rien à faire...

Bon déjà ça s'écrit « Isabella Swan » avec deux 'l' et un 'n' (pour la gamine qui essaie de transcrire ses pauvres émotions tout en haut), son nom est quand même cité dans l'article bordel… Ensuite, ce n'est pas parce que l'on n'a pas d'avis que l'on peut se permettre de traiter les autres de « pathétiques » (Oui, je parle bien de toi, la petite mesquine écolo qui ose être nonchalante alors qu'au fond, elle trépigne pour pouvoir en lire davantage). Pour ma part, je pense que tout arrive pour une bonne raison et en tant que source de l'intérieure, je sais qu'Isabella Swan est une fille merveilleuse, d'une intelligence remarquable avec la main sur le cœur mais aussi une humaine… Vous saviez qu'elle a quitté son Seattle natal pour Edward ? Vous saviez qu'elle a créé une fondation pour les enfants défavorisés ? Vous saviez qu'elle a obtenu son doctorat en littérature à vingt trois ans? Elle a toujours été très précoce dans ses choix et je crois qu'elle n'a jamais vraiment vécu sa jeunesse vu qu'elle est sortie avec Edward depuis la secondaire. C'est un facteur très important, d'autant plus que Jacob Black a été là lorsqu'elle était le plus mal en point. Il fait partie des rares personnes à l'avoir comprise et à l'accepter telle qu'elle est. Qui plus est Edward Cullen l'a complètement délaissé pour pouvoir tourner son nouveau film à l'autre bout du monde, il lui avait promis qu'ils passeraient les vacances d'hiver ENSEMBLE mais il a décidé de la laisser TOUTE SEULE!

Oh, bordel, Angela, la ferme !

°o0O0o°

Biiiiiip !

« Bien, alors écoute moi bien, pétasse : si jamais tu oses encore t'approcher de près ou de loin de mon frère, je te jure sur la tête de ma mère que je vais te déchiqueter en morceau et te brûler. Si tu as envie de récupérer tes putains d'affaires, tu le dis et je vais te les crasher devant chez toi mais ne pense surtout pas à réutiliser cette excuse débile pour pouvoir lui reparler. Il n'a pas envie de te croiser dans les parages et nous t'imposerons une restriction s'il le faut ! »

Biiiiip !

A ta santé, Rosalie !

°o0O0o°

Biiiiip !

« Bella, c'est Alice. Je viens de voir Jac-... Bella, je m'inquiète pour toi. S'il te plait, rappelle moi. »

Biiiiip !

°o0O0o°

Biiiiip !

« Bella, s'il te plait, ce qui est fait est fait… Il est temps que tu passes à autre chose. Et si tu as besoin d'aide, Jasper et moi, nous serons là pour toi mais s'il te plait, par pitié, Bella, rappelle moi. »

Biiiiip !

°o0O0o°

Biiiiip !

« Bella, je sais ce que tu es en train de faire, je viens d'en parler avec Angela et crois moi, lire ce que ces petites filles disent de toi tout en te saoulant n'améliorera en rien ton état… Tu crois que c'est tout ce que tu mérites mais c'est faux. Et puis, depuis quand est ce que tu fumes ? Tu ne fais qu'empirer les choses et tu le sais. Tu n'as pas à t'éloigner de tout ce que tu es, de nous… Tu n'as pas à te punir comme ça. S'il te plait, Bell-… Par pitié Jasper, dis lui quelque chose !

-Quoi ? Mais que veux tu que je lui dises ?

-Je n'en sais rien, c'est toi le psy !

-Ali, je ne suis pas sûr qu'elle ait envie d'entendre quoi que ce soit en ce moment, elle a déjà décidé de gérer tout ça d'elle-même…

-Mais je…

- Laisse-la, Alice, elle te rappellera lorsqu'elle en aura envie. »

Biiiiip !

°o0O0o°

Biiiiip !

« Bells, c'est Angela. Où est ce que tu es passée, bordel ? Je conçois bien que tu sois fâchée contre moi mais ce n'est pas pour autant qu'il faut que tu m'évites ! J'ai fait ce que j'ai cru être juste, tu sais… Je ne crois pas t'avoir vendu à la presse ou quoi que ce soit. Alice pense que tu devrais avoir des sessions avec Jasper. Je pense que c'est un peu tiré par les cheveux mais cela fait plus de cinq jours que personne ne t'a plus revu. Alors s'il te plait, fais nous un signe, n'importe quoi pour nous faire savoir comment tu vas. »

Biiiiip !

°o0O0o°

Je suis un monstre. J'en ai conscience et on ne cesse de me le rappeler depuis quelques jours. Aujourd'hui, cependant, alors que je fais face à mon miroir, cette réalisation me frappa avec une force fulgurante, déchirant ma poitrine avec une douleur aigüe et mutilant mon cœur comme une lame acérée.

L'âpreté de ma bouche, le feu dans ma gorge et la pulsation de mon cerveau malmené ne sont rien. La faim, le dégoût, la nausée, les courbatures ne représentent rien face à la souffrance que le reflet dans la glace m'inflige.

Un visage à la peau cadavérique, des yeux rouges et entourés de grands cercles violets, toute une pagaille de cheveux noirs étalés sur des clavicules bien trop proéminentes… Mais ce que je voyais vraiment, c'était ces mots, écrits sur mon front en lettres écarlates.

Monstre.

Personne n'aurait envie de voir ça. Personne n'aimerait être à côté de ça. Personne n'aimerait compatir, la vision n'inspirerait qu'un dégout et une haine insupportable.

Même moi, je ne peux plus supporter la vision.

Même moi, je ne me supporte pas.

Même moi, je me hais.

Ce tourbillon de culpabilité, de honte, de douleur et de haine… Je le prends à bras le corps avec un espoir vain que le lendemain, tout serait peut être plus léger. Ne dit on pas que le temps guéris toute blessure ?

Foutaise ! Le temps n'a rien fait de tel. Le temps n'a fait qu'empirer les choses. Le temps… M'a piégée dans l'étau de mes propres souvenirs. Le temps a décidé qu'il devait s'éclipser afin de me faire voir ce qu'est la véritable détresse. Le temps est de mèche avec le juste retour des choses. Et je ressens chaque once de souffrance, je saigne à chaque larme versée, je savoure chaque goutte d'alcool et paye pour chacune de mes déboires… Mais Dieu seul sait que c'est tout ce que je mérite.

L'horloge dans ma chambre indique juste six heures… Mais j'ignore s'il fait jour ou s'il fait nuit dehors et je ne connais pas la date d'aujourd'hui. Le temps ne me fait aucune faveur… Mon seul et unique repère se trouve dans la quantité de vodka que j'ai ingurgitée avant que je ne perde connaissance devant un article du Perez Hilton. Mon estomac a bien souvent tenté de protester mais c'est sans compter sur ma raison qui me martèle le même mantra depuis le début de cette histoire.

C'est tout ce que tu mérite.

Tu lui as brisé le cœur.

C'est tout ce que tu mérite.

Tu lui as brisé le cœur.

C'est tout ce que tu mérite.

Tu lui as brisé le cœur.

C'est tout ce que tu mérite.

Tu lui as brisé le cœur.

C'est tout ce que tu mérite.

Tu lui as brisé le cœur.

Faire taire la voix a d'abord été ma priorité.

Vint ensuite le sens de ces phrases.

Vint encore la sensation désagréable d'être beaucoup trop consciente.

Puis la douleur.

L'alcool arrive souvent à annihiler ces effets mais jamais assez longtemps pour que je puisse être immunisée contre eux. A chaque fois, ils reviennent toujours en force.

Alors jugez moi alcoolique, les gens, je déclare coupable.

Jugez moi comme une catin, je déclare coupable.

Appelez-moi 'monstre'. Je le suis.

°o0O0o°

Procrastination. En voilà un drôle de mot… On dirait que l'on a tout bonnement mélangé les mots « crasse » et « prostitution ». Edward aurait sans doute…

Non.

Non, Edward, rien.

°o0O0o°

Edward.

Je ne suis pas autorisé à m'approcher de toi, que ce soit de près ou de loin, tu le sais. Je n'ai pas le droit de te parler, je n'ai pas le droit de te regarder… Je n'ai même pas le droit de penser à toi, ni à ton visage ni à ton nom. Je n'ai aucun droit d'apaiser ma souffrance, ne serait ce qu'un peu, en noyant ma peine dans la limpidité ton regard… Je ne peux qu'endurer en silence.

Alors que fais tu là, si proche, si loin, devant les grilles de ma maison? Tu ne bouges pas mais je sais que tu te prépares… Te préparer à quoi, je l'ignore mais je sais que ce ne sera pas pour m'offrir des fleurs.

Es tu là pour accroître une souffrance qui bat déjà son plein, Edward ? Es tu là pour me torturer et prendre ta revanche ?

Voilà maintenant deux semaines que je ne t'ai pas vu et tu te tiens là, aussi parfait que dans mes souvenirs, tes cheveux fous partant dans tout les sens, offrant des reflets cuivrés séduisant sous le soleil impitoyable californien, tes yeux cachés derrières tes lunettes noires, ta peau parfaite dont je devine presque le gout sous ma langue… Tout en toi crie le bien être, la force, la bonté.

Et je voudrais crier.

Sonne ! Reviens-moi ! Reste ! Je t'aime !

Je ne suis rien sans toi.

Et parce que je ne le mérite pas, parce que je réagis trop lentement, parce que j'ai eu trop peur d'aller te rejoindre, parce que je t'ai fait trop de mal, tu te détournes et sonnes chez mes voisines.

J'haletai. Alors je courus, en sens inverse, tournai à droite, soulevai mes jambes l'une après l'autre, montai et montai, encore et encore, tournai encore à droite, mes pieds nus claquant frénétiquement sur le faux parquet de mes escaliers et couloirs… Je cours. Je cours car je ne veux pas te perdre de vue.

As-tu fait exprès Edward ?

Es tu en train de tout préméditer ?

As-tu déjà remarqué que depuis le patio du premier étage, nous pouvons tout voir de la propriété des sœurs Denna-Lee ?

Ne me suis pas déjà plainte maintes et maintes fois d'avoir eu à subir leurs après midi de baignade dénudée alors que j'essayais d'écrire, sur mon balcon ?

Te souviens tu que j'ai fait tout un complexe lorsqu'Irina, Tanya et Kate nous ont invité à diner, à Halloween ?

Leur rends-tu visite en ce moment même pour me punir et assassiner les limbes de mon égo ?

As-tu l'intention de me remplacer par l'une d'elles, mon amour ?

Je t'observe, planquée derrière ma baie vitrée donnant sur le patio. Je n'ose même pas sortir à la lumière du jour, de peur de t'effrayer.

Tu souris à Irina avant d'embrasser Tanya sur les deux joues. Tu plaisantes avec elles tout en remontant l'allée vers leur villa, tu vas bien et tu transpire la joie de vivre par tout les pores, tellement que je ne pus empêcher ma main de se plaquer contre le verre froid de la baie vitrée, avec l'espoir fou que peut être… Peut être pourrais je capter un peu du bonheur qui irradie de ton corps. Peut être pourrais je frôler des doigts la lumière qui émane de ton sourire.

Mais la réalisation qui suivit mes espoirs vains me fit plus mal qu'autre chose : tu es passé à autre chose. Tu souris de nouveau car tu as décidé qu'une vie meilleure est une vie sans moi. Tu vis de nouveau car tu peux avoir la certitude que tu m'as tout donné sans aucune retenue, que tu as tout fait pour que cela marche entre nous, que tu m'as même acheté une étoile en mon nom… Mais que c'est moi qui n'en valais pas la peine depuis le début.

Tu disparais sous l'ombre du porche des Denna-Lee, emportant avec toi toute mon anticipation, ma volonté, mon appréhension, mon excitation, mes angoisses… Ta joie de vivre.

Je ne suis rien de plus qu'une coquille vide, Edward.

Reviens-moi.

°o0O0o°

Je suis en train de rêver.

Un rêve fou comme tout ceux que j'ai entretenu depuis deux semaines, un rêve que j'ai toujours privilégié à grand coup de vodka ou de téquila, un rêve qui me pousse à fermer les yeux vingt quatre heures sur vingt quatre afin d'annihiler ma douleur. Si seulement je pouvais rester endormie à jamais.

Son odeur emplissait déjà la pièce et je commençai à connaitre le scénario par cœur. Mon imagination d'auteur déchu commence à se tarir de toute façon alors je profite toujours un maximum de sa pseudo-présence.

A la fois calme et nerveuse, j'appréhendai et attendis patiemment son approche. Comme dans chacun de mes rêves, je serais allongée sur mon canapé en cuir et lui, debout dans le noir, me fixerait durement avec ses prunelles sombres, brillant de colère et peine contenues. Je frissonnerais sous son regard, baisserais les yeux, commencerais à m'impatienter mais ne piperais mot.

Il s'approcherait, éventuellement, lentement, avec la grâce d'une fauve qui aborderait sa proie mais je saurais que sa cruauté serait divine, sa colère, délicieuse car enfin il me verrait. Il me verrait et pendant ce court laps de temps, il ne penserait qu'à moi, à abattre sa rage sur moi, à me haïr au point de ne voir que mon visage. Moi et seulement moi.

Son toucher rencontra bien vite ma peau froide et je sursautai quelque peu face à la chaleur brûlante qui émanait de ses doigts et à l'intensité de son regard émeraude. Le réalisme est impressionnant, me laissant pantelante alors que sa main parcourrait mon visage avec une tendresse douloureuse.

« Qu'es tu en train de faire, Bella ? »

Sa voix semblait si proche, si réelle, si séduisante que je ne pus que féliciter mon imagination galopante de m'offrir un rêve pareil… La mort pourrait m'emporter tout de suite que je l'étreindrais comme une bienheureuse.

Sa paume chaude vint se placer sur ma joue et je ne pus m'empêcher de me blottir encore plus contre lui et sa douceur, mon cœur battant frénétiquement contre ma cage thoracique. Mon visage me picotait furieusement là où il avait posé sa main et je sentis la chaire de poule tracer son passage sur tout le côté de mon corps. La sensation devait certainement être exacerbée du au fait que je viens de le voir, cet après midi…

« Edward. »

Ma voix était rauque, brisée, éreintée, je n'en avais pas fait usage depuis quelques jours. Déglutissant et hésitante, j'avançai une main tremblante vers son visage et plongea mes prunelles dans les siennes, me noyant complètement dans la clarté de son regard. Il ferma les yeux à mon contact, appréciant mon toucher comme si je lui avais vraiment manqué autant qu'il m'a manqué, et je ne pus que frissonner en sentant la soie de sa peau incandescente.

Soudain, quelque chose de doux et humide se posa sur mon front. La tête me tourna un instant… Non seulement parce qu'il était en train de faire preuve d'une grande tendresse mais surtout parce que son odeur, sa présence, sa chaleur ont envahi, en l'espace de quelques secondes, toutes les fibres de mon être. A cet instant, front contre front, je ne me suis jamais sentie aussi vivante car je ne vis plus que pour lui, que pour respirer cette odeur si familière et pourtant désormais interdite. Je ne vis plus que pour le regarder fermer les yeux, son visage à quelques centimètres du mien alors que son haleine effleurait régulièrement mes lèvres, dictant les battements de mon cœur.

Aucun mot ne fut murmuré, aucun geste brusque ne fut posé… Rien ne gâchera la magie de cet instant, pas avant que les souvenirs ne soient totalement imprégnés sur ma peau, mon âme, mon cœur comme un marque indélébile que je pourrais regarder et revivre autant que je le voudrais.

C'était un nouveau rêve, plus puissant et plus douloureux, avec un réalisme à la fois troublant et jouissif, mais je me faisais déjà un plaisir de le revivre dans les prochaines soixante douze heures. Pourvu seulement que les sensations ne s'affadissent pas.

« Bella. »

« Oui, Edward ? »

« Dis que tu es mienne. »

« Je suis à toi. »

« Dis que tu es mienne pour toujours. »

« Pour toujours. »

« Ma Bella... »

A jamais.

°o0O0o°

How do you forgive the unforgivable?

How could you kill that which has no life?

You once were my sanctuary and now you are my prison.

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Count Choculutis – Motionless in White

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[Comment pardonnes tu l'impardonnable?

Comment pourrais-tu tuer ce qui n'a aucune vie?

Tu étais autrefois mon sanctuaire et à présent, tu es ma prison]

°o0O0o°

Avis ?