A/N: voilà, troisième et dernière partie à cette histoire... :) Petite explication du titre... Il n'a aucun rapport avec le film du même nom, je ne compte pas faire un remake en gardant la même trame de fond. C'était simplement parce que le titre de la partie I avait un rapport avec Emily (ses cheveux rouge-feu), la partie II était l'alliance des deux; cette partie III fait donc référence à la couleur des yeux de Naomi :) Voilà pour les explications. Je vous souhaite donc une bonne lecture !

DISCLAIMER: I DO NOT OWN SKINS.


Chapitre 1 : Naomi. - Fierté.

Il fallait que tout soit absolument parfait. Je voulais vraiment faire en sorte que cette soirée soit spéciale pour elle, pour nous. Je voulais qu'elle se rende compte que même après cinq ans de vie commune, mes sentiments pour elle n'avaient pas changé; bien au contraire. Je ne sais pas si cela était possible, mais depuis le premier jour, je n'ai jamais cessé de l'aimer et chaque jour mon amour pour elle devenait plus grand. Oui je sais, un peu trop cliché, pas vrai ?

Je voulais vraiment qu'elle sache à quel point je l'aimais; même si je lui répétais tous les matins, j'éprouvais comme le besoin de lui prouver une fois de plus. Elle avait organisé un week-end surprise en montagne le mois dernier pour nos quatre ans de mariage, et c'était vraiment merveilleux. Il était donc évident que je doive prévoir à mon tour quelque chose de spécial pour elle en retour.

La sonnette retentit (j'avais volontairement laissé mes clefs sur la porte pour lui ouvrir moi-même) et je me précipitai à l'entrée en empoignant l'Amaryllis blanche que j'avais achetée quelques heures plus tôt.

"Pourquoi tu as fer-"

Elle s'interrompit lorsqu'elle prit conscience de la fleur que je lui tendais et de ma tenue vestimentaire. Elle me sourit timidement en se pinçant les lèvres et je ne pus m'empêcher de lui offrir mon plus beau sourire en retour. Elle s'empara de la fleur et en humecta le parfum avant de propulser ses lèvres contre les miennes en attachant ses bras autour de mon cou.

"En quel honneur ?" demanda-t-elle en gardant ses lèvres au plus proche des miennes.

"J'ai besoin d'une excuse pour faire plaisir à ma femme ?"

"Probablement pas."

Je lui pris la main et l'entraînai à l'intérieur. Elle stoppa net lorsqu'elle vit l'état du salon. J'avais posé de multiples bougies un peu partout dans la pièce pour une ambiance romantique et un vieux tube de jazz passait en fond musical.

"Naoms…" dit-elle.

"Je voulais te remercier… Pour le week-end en montagne le mois dernier… Je n'avais pas vraiment eu l'occasion de le faire, alors…"

"C'est parfait." s'extasia-t-elle.

"Viens, le dîner va refroidir."


Alors qu'elle dégustait le dessert (oui, je pouvais employer le verbe "déguster", car à entendre ses commentaires, je pouvais définitivement affirmer qu'elle appréciait ma crème brûlée), je posais ma main sur la sienne, simplement parce que le contact physique m'avait manqué. Sa peau était si douce, et son sourire était tellement adorable, je ne pouvais me retenir en sa présence.

"Ça m'a manqué… Ça, nous…" dit-elle en nous pointant toutes les deux du doigt.

"Moi aussi…" murmurai-je. "Ton travail te demande trop de temps, mon amour…"

"Qui sait, j'aurais peut-être une bonne excuse pour ne plus aller bosser à partir de demain !"

"J'espère que tu as raison cette fois…"

"J'ai un bon pressentiment." avoua-t-elle.

"Vraiment ?"

"Oui. Je suis sûre que cette fois, c'est la bonne."

"Il y a plutôt intérêt, j'ai encore acheté des vêtements pour bébé ce matin."

"Encore ?!" s'exclama-t-elle en riant. "Naoms, on pourrait ouvrir un magasin !"

"Je sais… Mais tu devrais voir ce que j'ai trouvé !" me justifiai-je. "C'est un body mixte où il y a marqué "J'aime mes Mamans" ! Avec un arc-en-ciel, Em ! Un arc-en-ciel !"

Elle faillit recracher le vin qu'elle était en train de boire tellement son fou-rire était devenu incontrôlable.

"Tu es adorable, tu le sais ça ?"

"Oui, on me l'a déjà dit plusieurs fois."


Plus tard dans la soirée, j'offris un massage à ma femme par mes soins et l'obligeai par la suite à se relaxer à mes côtés dans notre bain moussant. C'était dur de garder mes mains en place lorsqu'une Emily nue m'embrassait fougueusement dans le cou; mais je ne voulais pas gâcher ma surprise finale, qui consistait effectivement à lui faire l'amour.

Je l'aidai à sortir de la baignoire et lui enfilai son peignoir. Comme d'habitude, ça la faisait rire. Non pas parce que je m'y prenais mal (du moins c'est ce que j'espérais) mais parce qu'elle a toujours trouvé ça drôle que je développe un côté gentleman au cours de notre relation.

Je la conduisis ensuite dans notre chambre, et je sentis sa main se resserrer autour de la mienne lorsqu'elle découvrit les lieux. Les mêmes petites bougies décoratives ornaient chaque recoin de la chambre, laissant juste assez de lumière pour qu'on puisse distinguer la couleur de ses yeux; et j'avais posé sur le lit des dizaines d'Amaryllis sur les couvertures, identiques à celle que je lui avais donnée à son arrivée.

"Les Amaryllis sont symbole de fierté." dis-je.

"Je peux comprendre que tu sois fière de toi après tout ça…" dit-elle en enroulant ses bras autour de mon cou.

"C'est pas de moi que je suis fière !" répondis-je en riant. "Mais de toi…"

"Pourquoi ?"

"Parce que tu as la personnalité la plus magnifique que la Terre ait connue; parce que non seulement tu prêtes attention aux autres, mais tu les fais aussi passer avant toi. Parce que tu es une amie et une femme extraordinaire et parce que tu m'aimes malgré le fait que je suis lunatique la plupart du temps."

Elle rit et je la pris plus fort contre moi avant de conclure ce que j'avais à lui dire.

"Mais la raison ce soir qui me pousse à t'offrir ces Amaryllis, c'est parce que tu vas être la mère de notre premier enfant. Et je suis tellement fière que ce soit à toi qu'on ait confié cette tâche. Je suis tellement heureuse et tellement fière que je ne trouve plus ni les mots ni les gestes pour te le prouver…"

Sur ces derniers mots, elle m'embrassa avec une force qui me transmit toutes ces émotions à la fois : la passion qu'elle éprouvait à ce moment-là lorsqu'elle attaqua mes lèvres en me poussant plus fort contre elle, la douceur de ses lèvres pour me prouver son amour, son émotion lorsque je sentis ses larmes couler sur ma propre joue…

"Ce que tu dis là est vraiment magnifique, Naoms." dit-elle en se séparant légèrement de moi. "Mais tu sembles oublier une chose capitale cependant : cet enfant aura deux mères. Et il aura toutes les raisons du monde d'être fière de ses deux mamans. Il verra en toi tout ce que j'y vois, et il se rendra compte à quel point tu es merveilleuse, et à quel point il pourra avoir confiance en toi quoi qu'il arrive. Je t'aime Naoms. Pas seulement pour tout ce que tu fais, mais plus simplement pour ce que tu es."

J'étais à présent en train de pleurer. On ne s'était pas parlées comme ça depuis bien longtemps. Même lors de notre week-end, on n'avait pas pas eu l'occasion de se dire ces choses-là. Ce soir était spécial; je le sentais. J'étais persuadée que dès demain, notre vie prendra un tournant différent. Demain, notre vie changera considérablement.


On attendait dans la salle d'attente que le gynécologue vienne nous transmettre les résultats du test. Je tapais nerveusement du pied et Emily posa sa main sur mon genou pour me calmer.

"Arrête." murmura-t-elle.

Je serrai sa main dans la mienne et expirai lentement. Comment arrivait-elle à garder un calme olympien durant cette attente ? Des fois, j'avais l'impression d'être la future femme enceinte avec des réactions pareilles.

L'homme sortit de la salle où il nous avait quittées quelques minutes auparavant, une enveloppe épaisse dans les mains. On se leva et il afficha un grand sourire.

"Mesdames, j'ai le plaisir de vous annoncer que dans neuf mois, vous tiendrez un adorable bébé dans vos bras."

Ma respiration se coupa et j'écarquillai les yeux. Emily sauta de joie à côté de moi, puis me prit dans ses bras. Je mis quelques secondes à me rendre compte qu'elle était en train de me parler, puis je commençai à pleurer de joie. Elle embrassa tendrement ma joue tandis que je restai bouche-bée.

"Félicitations." ajouta-t-il. "Je vous demanderais de dresser la date du prochain rendez-vous avec ma secrétaire et de suivre les indications de ce dossier. En cas de problème ou de questions éventuelles, n'hésitez pas à appeler. Ne consommez évidemment pas d'alcool et conservez un régime alimentaire sain. Vous allez être très fatiguée les premières semaines, alors n'hésitez pas à faire des siestes. Les détails supplémentaires concernant vos repas et l'hygiène quotidienne sont inscrits dans la liasse de papiers que je vous conseille fortement de lire. Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne journée; fêtez bien cette nouvelle et félicitations encore."

On le remercia et lui serra toutes les deux la main. J'avais réussi à calmer mes larmes pendant son court discours et Emily aussi.

En sortant du bâtiment, Emily me surprit en enroulant ses bras autour de mon cou pour m'embrasser passionnément. Je souris dans le baiser et lui murmurai sans cesse "Je t'aime" entre deux souffles.

En décollant mes lèvres des siennes pour la contempler, une horde de journalistes accoururent à nos côtés, munis de caméras et de micros. J'aurais du être énervée et outrée par leur attitude, mais aujourd'hui, rien ne pourrait me gâcher ma journée et me faire disparaître ma bonne humeur.

"Madame Campbell !" commença l'un. "C'est la troisième fois qu'on vous voit sortir de la clinique, cela veut-il dire qu'on pourrait espérer vous voir enceinte dans les prochains temps ?"

Je réfléchis un instant. Devais-je leur dire la vérité ? Ils finiraient probablement par l'apprendre, de toute manière… Je jetai un coup d'oeil en direction d'Emily qui hocha la tête en guise d'appréciation.

"Vous ne me verrez pas enceinte dans les prochains temps, puisque c'est Emily qui portera notre enfant. On a eu les résultats aujourd'hui-"

"Sont-ils positifs ?" me coupa-t-il.

"Ils sont effectivement positifs." dis-je en souriant.

Trois d'entre eux nous félicitèrent tandis que deux autres tentèrent de recueillir d'autres informations. J'avais beau être de bonne humeur aujourd'hui, ma patience avait atteint sa limite et je nous frayai un chemin hors de la masse de journalistes.

Dans la voiture, je laissai mes mains caresser ses joues, avant de l'embrasser encore une fois. Elle blottit sa tête sur mon épaules tandis que le chauffeur prit la direction de la maison des Fitch.

Aucune parole n'était échangée. Nos regards parlaient d'eux-mêmes; c'est aussi pour ça que je l'aimais à ce point. La plupart du temps, je n'étais même pas obligée de lui dire ce qui me tracassait ou les raisons pour lesquelles je l'aimais. Elle le voyait à la minute où mes yeux rencontraient les siens. Et à ce moment précis, elle pouvait certainement y lire tout l'amour que j'éprouvais pour elle à cet instant et toute la fierté que je ressentais à son égard.


A/N: que pensez-vous de ce premier chapitre ? :)