Bonjour tout le monde.

Je ne sais pas si quelques personnes se souviennent encore de moi. Dans le cas contraire, je ne me vexerai pas. J'ai quand même été absente de FF pendant près d'un an.

Bref. Si je suis de retour aujourd'hui, c'est bien évidemment pour présenter une nouvelle fiction. Sachez que je me suis quand même arrachée bon nombre de cheveux par sa faute.

Avant toute chose, je tiens à adresser une foule de remerciements à mon cher et tendre qui m'a supportée durant cette épopée et qui a accepté de relire et corriger pas moins de 30 pages Word. Donc respect, et merci à lui.

Ensuite, il faut savoir concernant cette fiction qu'elle a été commencée en juin 2011. Tout partait pour le mieux avec la composition de 3 chapitres avant que je sois sujette à une ... terrible panne d'inspiration. Je l'ai ensuite laissée tomber pendant plusieurs mois durant (je dois avouer que l'évolution de la série ne m'a pas vraiment aidée) puis ai composé 2 chapitres début 2012 avant de finalement la reprendre sérieusement en septembre. Je ne pensais pas pouvoir un jour la présenter et pourtant la voici ENFIN.

Pour l'histoire. Je voulais faire le final de la saison 7 à ma sauce. Une envie d'autant renforcée lorsque j'ai ressenti, comme beaucoup j'imagine, un goût de pas assez en découvrant le départ largement bâclé de Cuddy. En somme, j'ai voulu me réconcilier avec ce personnage en créant ce qui va suivre. Je n'en dis pas plus pour ne pas gâcher son contenu.

Au sujet du titre. J'ai décidé de baptiser ma fiction ainsi en hommage à une musique au titre très approprié qui n'est autre que Holding on and letting go,de Ross Copperman. Cette dernière en plus d'être magnifique a fait naître chez moi un élan d'inspiration. C'est fou le pouvoir que certaines musiques peuvent avoir.

C'est tout, je crois. Il ne vous reste plus qu'à savoir que le chapitre commence lorsque House est devant chez Cuddy, prêt à lui rendre sa fameuse brosse à cheveux.

Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture, en espérant que cette fiction vous plaira. Par ailleurs, n'hésitez surtout pas à laisser vos impressions. Elles sont réellement importantes à mes yeux.


Chapitre 1.

House contempla une demeure à travers la vitre du véhicule qui l'y avait conduit. Accompagné de son meilleur ami, comme dans chacune de ses entreprises, il venait restituer un effet personnel que Cuddy lui avait réclamé plus tôt dans la journée : une brosse à cheveux soigneusement conservée depuis le jour de leur rupture.

Il y jeta un regard défait qui témoignait la souffrance engendrée par trop de ressentiments. Une once de fragilité traversa le bleu éteint de ses yeux lorsqu'il eut conscience de l'importance qu'il lui accordait.

Ce n'était que le reflet de cette réalité qu'il fuyait et ne voulait accepter, l'instrument de torture qui l'empêchait d'avancer. Celui que l'on trouve dans la vie de tous les jours et auquel on ne prête jamais réellement attention, pourtant doublé d'un élément qui lui n'avait rien de commun. Cet objet des plus ordinaires incarnait le dernier lien profond qui l'unissait encore à son ex compagne. Il était tout et rien à la fois, mais surtout la dernière marque d'un bonheur éphémère réduit en un vaste tas de cendres.

Une raison bien particulière l'avait amené à venir jusqu'à elle, avec cette brosse à cheveux si singulière. Il avait accepté de concevoir qu'à l'heure actuelle, elle souffrait, probablement autant que lui. Mais la satisfaction qui devait résulter de la concrétisation de son ambition, elle, ne s'était jamais manifestée. Après avoir tant désiré la voir souffrir, autant que possible et la laisser se faire ronger par la culpabilité, il était incapable de se réjouir de la savoir plongée au coeur d'un pareil désarroi. Devant l'échec de ses attentes, il avait décidé de risquer à une toute autre façon d'agir.

Il voulait établir la communication, sans connaître ses effets. Son unique certitude était de savoir dans quelle mesure leur douloureuse séparation l'avait touchée et si elle était affectée, autant que lui l'était.

Il savait que dans son cas, leur rupture subite l'avait brisé, le ramenant brutalement à la dure réalité qui lui rappelait qu'il ne pouvait pas tout contrôler, ni tout prévoir. Que tout cela n'avait été qu'un engrenage infernal qui l'avait doucement mené à sa perte. Il s'était simplement laissé tenter par ce piège dégageant une douce senteur idyllique, empli de promesses d'allégresse et de bien-être. Mais aussi de souffrances et de tourments menaçant sans cesse de briser le frêle cocon dans lequel ils s'étaient enfermés. Ils avaient fini par définitivement le faire imploser, abandonnant derrière eux le sol jonché par les morceaux éparpillés de leur bonheur passé, progressivement engloutis par un nouvel environnement hostile. Un dénouement tragique qui l'avait laissé gésir sur le sol, contraint de voir s'évaporer cette vie qu'il avait tant aimée et de se rattacher à ce qui pouvait encore la lui rappeler.

Plongé dans le fil de sa pensée, il ne se souvint que Wilson fût présent que lorsque ce dernier lui adressa la parole.

« Tu veux que je vienne ? S'inquiéta tout naturellement l'oncologue.
_ Tu crois que j'aurai des problèmes ? Je rends une brosse à cheveux. » tenta le diagnosticien pour se persuader lui-même.

Parvenu à convaincre son ami de le laisser y aller seul, il posa sa main sur la poignée de sa portière et en déclencha le mécanisme d'ouverture. Il en poussa hâtivement le battant, avide d'en finir au plus vite, avant d'être pris par l'envie de fuir.

En sortant de la voiture, il eut une vision des événements de la journée passée. L'écho d'une voix résonna douloureusement dans son esprit.

« House, parle-moi, je t'en supplie. »

La limite du soutenable venait d'être franchie. La voir trop près de lui, à tenter l'impossible l'avait rendu comme fou. Incapable de rester maître de lui-même, il s'était laissé guider par un mélange subversif de colère et de désespoir. Il l'avait brusquement saisie et astreinte à reculer jusqu'au mur le plus proche. La prise forte, presque violente qu'il avait resserrée sur elle lui renvoyait en pleine figure toute l'affliction qu'il avait en son être. Un contact abrupt, difficile à supporter.

« Tu veux savoir comment je me sens ? »

L'éclat fut à la hauteur de son état. L'extériorisation de son ire ébranla la doyenne qui sentit son cœur se serrer fortement dans sa poitrine. La fermeture instinctive de ses yeux lui permit alors d'accuser le coup de ce brusque contact. Lorsqu'ils se rouvrirent, il sut que ce qu'elle vit la brisa un peu plus. Une douleur devenue trop vive pour être dissimulée s'accola à sa colère qui s'évapora peu à peu à son contact.

« Je me sens blessé. »

Nouveau déchirement. A cet instant, il fut pris d'une furieuse envie, sitôt réprimée, de l'embrasser pour lui faire pleinement ressentir l'ampleur de sa souffrance.

« Je sais. Je te demande pardon. »

Elle avait jugé bon de joindre à ses quelques paroles un geste tactile porté par le poids de sa profonde empathie. Un nouveau contact douloureux qui avait ravivé en lui des souvenirs emplis de tourments et un nouveau tiraillement, toujours plus vif que le précédent.

A ce moment, il aurait pu formuler la plus effroyable des atrocités et l'affliger d'une myriade de reproches. Mais il n'en fit rien.

« C'est pas ta faute. »

Il ne savait pas où il avait été puiser la force d'aligner ces mots. Mais le fait est qu'en cet instant, l'unique chose qui lui importait était de fuir la proximité oppressante qui lui était imposée.

Au moment où ce souvenir prit fin, il s'aperçut qu'il se trouvait face aux marches de son perron. La brosse à cheveux fermement tenue dans sa main, il s'en débarrassa en quelques enjambées.

Alors qu'il franchissait les derniers mètres qui le séparaient d'un nouvel échange, son élan fut anéanti à la vision d'une scène nauséeuse. Son sang ne fit qu'un tour, se glaçant presque sur l'instant.

Un homme, méconnu de House, accompagnait un repas donné en petit comité.

Un profond sentiment de trahison s'empara de chaque parcelle de corps. Bien des choses avaient été bouleversées suite à leur rupture, mais s'il en est une qui n'avait jamais changée, c'était bien le crédit qu'il accordait à ses propos. Alors, lorsque plus tôt dans la journée, elle lui avait assuré qu'elle ne fréquentait personne, c'est tout naturellement qu'il l'avait crue.

La confiance qu'il avait en elle et ses paroles se fissura et se brisa en mille morceaux en l'espace d'à peine quelques secondes face à cette scène qui lui donna une irrépressible envie de vomir. Toute cette colère, cette rage refoulée, ressurgit sans crier gare. Une lueur noire passa dans son regard et il finit par se perdre dans ce besoin renaissant de faire mal. Il voulait qu'elle comprenne qu'elle ne pouvait pas le trahir ainsi, vivre alors qu'il peinait à simplement survivre.

Le sourire hypocrite qu'elle offrit à cet homme l'écœura et finit par définitivement le mettre hors de lui. En apparence calme, tout son intérieur était pourtant en effusion et menaçait d'un instant à l'autre de l'amener à commettre l'irréparable. Ne voyant aucune raison de lutter contre cet appel à se soulager, il fit volte-face et se redirigea d'un pas rapide vers la voiture.

TBC..