Et voici la suite. Après un premier chapitre, basé sur les évènements de la série, qui était une sorte d'introduction et de mise en situation, voici le fruit de mon imagination.

Je tiens à adresser des nouveaux remerciements aux 3 personnes qui ont pris le temps de poster une review. Merci beaucoup à vous, c'est vraiment très encourageant et ça fait toujours très plaisir :).

Par ailleurs, n'hésitez pas à me dire si les dialogues des souvenirs laissés en VO vous dérangent ou vous paraissent étranges placés au milieu de la fiction.

Edit : Ne voulant gêner personne dans sa lecture, j'ai retranscrit les dialogues en français dans les deux premiers chapitres. Je ferai la même chose pour la suite. Merci à djnoe et Niila pour m'avoir donnée leur avis sur le sujet et à Ficseuse pour m'avoir signalée sa gêne et je m'excuse auprès des éventuelles autres personnes que ça a pu dérouter :).

Mais trêve de bavardage. J'espère que cette suite vous plaira :).


Chapitre 2.

Cuddy riait aux éclats. Elle devait bien avouer que ce Jerry était assurément des plus charmants. Il faisait partie de ces hommes stables avec qui elle pourrait s'assurer une vie paisible, agréable mais sans surprise. Un futur monotone à l'image d'une histoire déjà vécue, difficile à concevoir suite à l'expérience sensationnelle d'une vie menée aux côtés de House, embellie par sa nuée d'imprévus.

C'est en maudissant son éternelle tendance à avoir une pensée pour lui, qu'elle le vit justement, qui quittait son perron. Sitôt qu'elle l'aperçut, la doyenne s'excusa brièvement auprès de ses invités avant de se précipiter vers son entrée.

La porte s'ouvrit à la volée tandis qu'une voix malvenue agressa les tympans du diagnosticien.

« House ! »

Elle aperçut alors Wilson, côté conducteur, en pleine conversation avec ce dernier. Elle se rapprocha d'eux au pas de course et crut voir House se crisper lorsqu'elle arriva juste à ses côtés. Inquiète, elle posa une main rassurante sur son épaule.

« Ça va ? » voulut-elle s'assurer.

Une nouvelle vague de rage le transperça. Il se crispa davantage, luttant pour ne pas retirer cette main qui le brûlait par un geste trop violent. Il se retourna pour lui faire face et lui lança avec toute la hargne dont il était capable.

« Super ! Et toi, ça va ? Ou le mensonge te pèse quand même un peu trop ? »

Wilson observa la scène, interdit, se demandant comment il allait pouvoir y mettre un terme. Il tenta d'interpeller House en aboyant son nom mais cela n'eut aucun effet. Il ne pourrait probablement rien faire pour mettre fin à cette situation désespérée.

Cuddy le regarda, à peine stupéfaite, préparée au retentissement de sa réaction.

« Je ne t'ai pas menti, House.
_ Ah non ? Alors le grand crétin que j'ai vu dans ta cuisine, c'était simplement une hallucination due à une surconsommation de Vicodin ? Ou un effet d'optique ? répliqua-t-il sur un ton toujours aussi agressif.
_ Mais bon sang, laisse-moi m'expliquer au moins !
_ Te fatigue pas, va. J'ai compris que tu ne voulais pas blesser le grand boiteux qui ne s'était pas encore remis de sa peine de cœur. Ou alors, que tu utilises encore ce prétexte par pure et simple lâcheté. »

Il se rapprocha encore un peu plus d'elle, et cracha d'une voix menaçante.

« Quand on se targue d'avoir des principes, on a au moins le courage d'avoir un minimum de franchise. »

Il la fixait d'un regard sombre qui la défiait silencieusement d'oser rétorquer. Il fut alors soufflé de constater qu'elle semblait plus que jamais déterminée à lui faire face.

La doyenne ne cillait pas, refusant de céder face à l'ouragan. Elle ne lui donnerait jamais la satisfaction de fuir devant son attitude et ses propos. Il était en colère et dans son plein droit de l'être, mais jamais elle ne le laisserait penser un seul instant qu'elle eut été capable de lui mentir.

Elle soutint sans faille son regard froid et empli d'amertume.

« Je ne t'ai pas menti, House. réaffirma-t-elle en prenant soin de détacher chaque syllabe.
_ Change de disque, ce n'est définitivement pas le bon. répliqua-t-il sèchement.
_ Au moment où je l'ai dit, je ne fréquentais réellement personne. »

Il jeta un coup d'œil furtif et faussement dubitatif en direction de la maison de son ex-compagne.

« J'ai donc bien eu une hallucination alors ? Ce ne serait pas la première fois, ça vaut le coup d'aller vérifier. »

Le diagnosticien s'élança sans attendre en direction de la propriété, fermement décidé à lui faire payer ses mensonges à répétition.

Mise à mal, Cuddy s'accorda un instant pour souffler avant de lui emboîter rapidement le pas. Elle éconduisit l'éventualité qu'il puisse déverser sa haine sur ses invités alors qu'elle seule méritait de recevoir les abruptes conséquences de son profond malaise. Simplement elle, la source de son incurable mal-être.

Elle n'eut aucun mal à le rattraper et parvint à s'interposer en plein cœur du déploiement de sa fureur. Son cœur s'emballa au fur et à mesure que les secondes s'envolaient, victime de la situation à laquelle il était confronté. Elle savait qu'il ne parvenait plus à se contenter de l'air qu'elle lui envoyait, le sentant battre à la chamade contre se poitrine. A son corps défendant, elle affronta la nouvelle déferlante, en dépit de sa défaillance.

« Je n'ai pas particulièrement envie de t'écarter de mon chemin, mais si cela est vraiment nécessaire... menaça-t-il d'un ton peu persuasif.
_ Non. Tu ne le feras pas. Tu n'useras jamais de la force face à moi. Tu n'es pas ce genre d'homme House, je le sais. »

Ses paroles visaient juste. Quel que soit son état, il était incapable de mettre en application ce genre de menaces écriées sur le coup de la colère. A défaut de pouvoir contenter le besoin impérieux de libérer la rage qui le rongeait, il resserra les prises autour de la brosse et de sa canne pour en contenir les effets.

Eprouvant une lutte acharnée, elle posa sans y réfléchir une main bienveillante sur l'une de ses joues.

« House... » souffla-t-elle.

Elle ignorait que ce contact douloureux lui faisait en réalité plus de mal que de bien. Mais plutôt que d'y mettre un terme, il plongea contre son grès, le regard figé dans ses yeux, au cœur d'un souvenir amer.

Il était passé du sourire franc et spontané au visage terne et abattu. Du tout au rien en l'espace de quelques secondes. Elle venait de poser une main brûlante sur son visage pour préluder une terrible chute.

« Je suis désolée. »

Elle s'excusait de briser ce qu'il avait de plus cher, sans prendre conscience que si elle le laissait tomber, il ne se relèverait jamais.

« Non, non.. Non, non.. Fais pas ça.. »

Il voulait qu'elle comprenne qu'il avait besoin de sa présence pour garder la tête hors de l'eau. Mais son appel de détresse fut balayé d'un simple revers de la main. Elle ne voulait pas comprendre que son abandon signait la fin d'un combat mené pendant de nombreux mois, passés à lutter contre une vieille amie. Elle refusait de voir l'abîme de la Vicodin qui se profilait juste derrière lui.

« Je croyais que je serais assez forte. »

Elle préférait fuir devant trop d'adversité plutôt que de les aider à affronter ce moment malaisé. Elle voulait tout détruire, à cause de quelques cachets de Vicodin.

« Je t'en supplie.. Fais pas ça.. »

Les supplications vaines qui continuaient à déferler ne changèrent rien à la décision radicale de la jeune femme.

« Au revoir House. »

L'épilogue de leur histoire était écrit. Elle l'abandonna au-devant d'une fin tragique, le laissant incrédule, sur le pas de sa porte.

« House... » entendit-il encore une fois.

Il sortit de sa torpeur destructrice et fixa encore les pupilles de ses yeux.

« Rentre chez toi.
_ Excuse-moi, c'est vrai. Je suis très inconvenant. Je t'ai dérangée en plein rendez-vous galant. Mille excuses. railla le diagnosticien sans perdre un seul instant.
_ House. » l'appela une nouvelle voix.

Il se retourna vers l'oncologue qui se tenait en bas des marches, parvenant ainsi à se détacher de son toucher étreignant.

« Ca suffit. Viens, je te ramène. Ça vaut mieux pour tout le monde. tenta l'oncologue pour mettre fin à cette entrevue.
_ Quoi ? Tu la défends ? s'amusa le médecin en pointant du doigt la doyenne.
_ Non, j'agis dans l'intérêt de tous avant que ça ne tourne à la catastrophe.
_ Voyons Wilson, nous ne faisons que discuter entre adultes responsables. assura-t-il d'un ton hautain.
_ House, s'il te plaît... » l'appela-t-elle encore une fois.

Il se tourna vers l'origine des lamentations et céda, peu apte à supporter ses propos pendant longtemps encore.

« Ça va, t'as gagné. Je te laisse avec ton club de faux-jetons. Tu dois vraiment bien te sentir dans ton élément avec eux, pas vrai ? »

La jeune femme ne répliqua rien, consciente qu'alimenter davantage l'échange ne servirait personne.

Consentant à partir, il se mit à l'accabler sous une vague de mépris projetée par un dernier regard. Son départ fut ensuite marqué par la présence d'un boitement fortement prononcé.

TBC..