« Tokaji ! T'as eu des nouvelles de l'hôpital ? »

Shoji avait déjà demandé aux jumeaux, et pour l'instant ils ne savaient toujours pas ce que Tokio avait.

« Non, j'ai appeler l'hôpital mais ils m'ont rien dit, et Serizawa répond pas au téléphone. »

Tous se réinstallèrent dans leurs fauteuils et ne dirent plus rien, seul le crépitement des cigarettes résonnait dans la salle. Manabu fût le premier à reprendre la parole.

« J'ai une mauvaise nouvelle, le GPS devient de plus en plus gros... »

« Ouais, et c'est pour ça qu'il faut faire quelque chose. » lui répondit Tokaji.

Il avait déjà pensé à la suite de son plan, et n'avait prévenu personne à propos de ce qu'il comptait faire. Quelques jours auparavant, il avait aperçu Genji et une fille dans une rue, et il les avait suivis jusque chez elle. Il n'avait eu aucun remord quand il avait piégé Izaki, et repousser encore un peu ses limites ne devrait pas le déranger. Genji ne réfléchissait plus quand on touchait à ses amis, et Tokaji comptait se servir de cela pour anéantir le GPS et ainsi régner sur Suzuran.

Quand ils entendirent Tokaji dire qu'il avait une solution, et que Bandô vint vers eux, Shoji et les frères Mikami comprirent que la bataille pour le lycée devenait enfin sérieuse. Ils savaient que rien n'arrêterait leur ami, et si Bandô se joignait à eux ils écraseraient Genji. La victoire était maintenant assurée, et même si la méthode de Tokaji était douteuse, ils étaient prêts à tout pour réaliser leur rêve.

Le seul problème dans le plan de Tokaji, c'était Bandô lui même. Il était rentré en guerre contre les chefs de la 3e génération à cause de leur façon de faire, et le kidnapping c'était pas son style.

« Serizawa mène ses hommes comme il veut, mais nous on fait pas dans l'enlèvement. Trouvez vous quelqu'un d'autre pour la fille, je refuse de toucher à ça. »

« C'est tant pis pour toi Bandô, tes anciens copains seront plus intéressés que toi je pense... » répondit Tokaji., visiblement énervé que les choses ne se passent pas comme il l'espérait.

« Vous faites comme vous voulez, ça me regarde pas. »

Bandô tourna les talons et s'en alla avec ses lieutenants, il savait très bien qui était la fille et il n'avait aucun intérêt à se mettre entre le GPS et Serizawa pour le moment. Même si il avait besoin de plus de combattants avec lui pour affronter le front armé, il y avait des choses qu'il ne s'abaisserait jamais à faire.

ooooooooooooooo

Cela faisait des heures que Will faisait les cent pas chez elle, à se demander si elle pouvait rendre visite à Tokio. Elle ne le connaissait pas depuis longtemps, en fait elle ne l'avais vu qu'une fois, mais il avait été sympa avec elle et le courant était bien passé. Et puis, c'était un ami de Tokaji et il s'inquiétait donc elle pourrait lui donner des nouvelles de l'hôpital. Elle décida finalement d'y aller, et si jamais on lui disait que les visites étaient interdites elle lui enverrait des fleurs.

Elle sortit et marcha jusqu'à l'hôpital, il n'était pas très loin de chez elle, il lui suffit d'une bonne demi heure pour arriver et rentrer dans le hall. Will ne fut pas surprise de constater que la majorité des gens qui étaient dans la salle d'attente portaient l'uniforme de Suzuran, après tout, les deux bâtiments se trouvaient dans la même rue. L'esprit pratique des japonais...

Le comptoir des admissions était bondé, donc Will aborda une infirmière et lui demanda où est-ce qu'elle pourrait trouver Tokio Tatsukawa. L'infirmière lui indiqua et Will se retrouva dans le service neurologique.

Soudain, Will n'était plus si emballée que ça à l'idée de voir Tokio. Si on l'avait placé ici, c'est qu'il était vraiment malade et elle ne voulait pas le fatiguer inutilement en lui rendant visite. Elle allait partir quand elle vit Serizawa au bout du couloir, un verre à la main.

« Salut. Je venais prendre des nouvelles de Tokio mais c'est peut-être pas le meilleur moment... »

« Ils viennent de l'emmener passer des examens. Tu l'as loupé de peu. » lui répondit-il calmement.

« Bon bah passe lui le bonjour quand il reviendra alors. »

« Tu peux rester si tu veux, ça devrait pas durer longtemps et puis il sera content de voir du monde. »

Will acquiesça et suivit Serizawa dans la chambre de Tokio. Il lui proposa le fauteuil près du lit mais elle refusa, ça devait être sa place et elle ne voulait pas le déranger. Elle préféra s'adosser contre la fenêtre, et observa le jeune homme. Il n'avait pas dû quitter Tokio depuis leur arrivée, et semblait exténué. Il regardait le bout de ses chaussures et, sans la regarder, il savait qu'elle le fixait.

« C'est sympa de venir le voir, t'es la première personne qui vient ici. »

Elle ne l'avait pas vu bouger les lèvres, et fût étonnée de l'entendre parler, et encore plus étonnée qu'il lui dise cela.

« C'est normal, je l'aime bien donc je me suis inquiétée quand Tokaji m'a dit ce qui s'était passé. Qu'est ce que ça donne ? »

« C'est une tumeur au cerveau d'après le doc. Ils vont l'opérer, c'est pour ça qu'il passe des examens. » lui répondit-il.

Will pouvait voir que Serizawa était triste pour son ami, mais il y avait autre chose et elle ne savait pas ce dont il s'agissait. Elle n'osait pas le lui demandé, elle n'avait jamais vraiment parlé avec lui et elle ne savait pas comment il réagirait. Il brisa le silence qui s'était installé.

« Je vais aller reprendre un thé, tu veux quelque chose ? »

« Pourquoi pas, je te suis. »

Ils sortirent ensemble de la chambre et elle le suivit jusqu'à un distributeur. Quand il chercha une pièce dans sa poche, elle posa sa main sur son bras pour l'arrêter, et mit une pièce dans la machine. Il leva les yeux vers elle et la remercia. Il attendit que son thé soit prêt et le posa sur une table, et regarda Will hésiter sur son choix.

« Leur thé est pas mal. »

Elle tourna son regard vers lui et lui sourit.

« Je veux bien te croire. Le problème, c'est que je n'arrive pas à déchiffrer ce qui est écrit, je n'ai pas mes lunettes sur moi... »

« Tu veux que je te dise ce qu'il y a ? » suggéra t-il.

« Non, choisis pour moi ça ira plus vite. »

Il commanda un autre thé, et ils retournèrent dans la chambre en silence, marchant lentement pour ne pas faire déborder leurs tasses. Chacun reprit sa place, et ils commencèrent à parler de Tokio, de Tokaji, et de la vie en général. Les mots sortaient naturellement, Serizawa avait moins de mal à communiquer que la dernière fois qu'ils s'étaient vus, et Will était ravie que celui qu'elle considérait maintenant comme un ami n'ai plus l'air gené en sa présence.

Tokio revint dans sa chambre une heure après, et quand il vit Will il ne pût s'empêcher de sourire. Elle le salua et s'installa au pied du lit, heureuse de pouvoir reprendre la discussion qu'ils avaient eu au Club S. Serizawa prenait parfois part à la conversation, il était vraiment plus à l'aise avec Will, sa visite lui avait remonté le moral et voir Tokio rire aux blagues de Will lui faisait plaisir.

Elle leur dit au revoir en début de soirée et il la raccompagna devant l'hôpital.

« Merci d'être passée, Tokio avait besoin de voir du monde je crois. On est restés trop longtemps tout les deux, ça l'a changé de voir un nouveau visage. »

« Je suis contente d'être venue. Tu devrais sortir t'aérer plus souvent, si tu as besoin appelle moi je prendrais le relais, j'ai laissé mon numéro à Tokio. » répondit-elle sincèrement. « Prends soin de toi Serizawa. »

« Tu sais que je suis le seul que t'appelles pas par son prénom ? Si tu le connais pas c'est Tamao. »

« Alors à plus tard Tamao ! Je reviendrais demain. »

Et Will s'en alla, satisfaite de son après-midi.

Ooooooooooo

Tokaji avait eu du mal à joindre le front armé, mais il avait réussi à passer un marché avec eux, ils acceptaient d'enlever Ruka si Serizawa et ses hommes les aidaient avec Bandô. Il quitta le club un peu avant minuit et rentra chez lui, fier de lui.

Avant de se coucher il appela Will, et il fut etonné qu'elle lui raconte son après-midi avec Tokio et Serizawa, elle s'était intégrée plus vite qu'il n'aurait cru. Elle lui demanda aussi de ne pas aller au lycée avant 10h le lendemain, elle comptait venir saluer sa mère et avait besoin d'une excuse pour partir tôt. Il raccrocha et s'endormit assez rapidement, la journée avait été riche en événements...

oooooooooooooooo

Le réveil de Will sonna à 7h, et elle eu du mal à sortir du lit,son planning pour la journée n'avait rien de très jouissif : aller voir sa mère, faire son ménage et travailler toute la nuit. Son seul réconfort était de voir Yuji et d'aller veiller Tokio pendant quelques heures. Elle s'envellopa dans les couvertures et sortit de la chambre avec difficulté, réchauffa une assiette de pain perdu à la canelle, et la dévora. Elle s'habilla en vitesse et quitta son appartement à reculons, cela faisait des jours qu'elle évitait d'aller chez les Tokaji et maintenant elle devait affronter la bête.

Elle sonna à la porte et Yuji lui ouvrit, elle le salua et ils se dirigèrent vers la cuisine où Carine déjeunait.

« Et bien ça pour une surprise ! Je croyais que tu avais oublié le chemin ! »

Même pas deux minutes qu'elle était arrivée et déjà elle voulait repartir.

« Salut maman. Ca a l'air d'aller. »

« Oui, toi par contre tu es vraiment pâle, le Japon ne te réussis pas tant que ça. Alors quoi de neuf ? »

« Rien. J'ai changé mes horaires de travail, je suis à mi-temps maintenant. »

« Ah tu tiens bien de ton père, toujours une excuse pour pas travailler... »

« Il avait ses raisons, tu l'as fatigué pendant des années il fallait bien qu'il récupère ! » siffla la jeune fille, qui santait ses nerfs lâcher.

Yuji observait les deux femmes avec curiosité, elles n'étaient pas capables de discuter sans se lancer des piques. Quand son père les rejoignirent, il choisit soigneusement de ne pas prendre part à la conversation, il ne tenait pas à essuyer les plâtres.

Quand la pendule sonna 10h, Yuji mit sa veste d'uniforme, attrapa ses lunettes de soleil et interpella Will, il devait aller au bahut.

Elle attrapa son sweat, embrassa Tokaji-san, et sortit de la maison précipitamment. Yuji la rattrapa et ils se dirigèrent vers Suzuran, elle ruminant les propos de sa mère et lui riant silencieusement de la scène qu'il avait observé.

Lorsqu'ils passèrent près de chez Will, il s'arrêta, et lui demanda pourquoi elle ne tournait pas dans sa rue.

« Écoute Yuji, je viens de me faire insulter par ma mère pendant une heure, alors commence pas à m'énerver, je te raccompagne jusqu'au lycée, un point c'est tout ! »

Il n'osa pas répliquer, elle était à la limite de se transformer en furie donc il la laissa faire, espérant ne rencontrer personne sur le chemin. Manque de chance, les frères Mikami recrutaient devant les grilles du lycée.

« Hey, mais ca serait pas Tokaji et sa petite sœurette ? » cria Manabu à leur intention.

« Je crois bien que si, maintenant le petit Yuji doit se faire escorter jusqu'à l'école ! » répliqua Takeshi.

Une fois arrivés à leur niveau, Tokaji les poussa violemment contre les grilles en fer, alors que Will leur sauta dans les bras.

Salut les garcons ! Vous n'étiez pas censés venir me voir ? Vous préférez la compagnie de Yuji, c'est ça hein ? » les taquina t-elle.

Ils rirent ensemble et commencèrent à discuter pendant que Tokaji continuait le recrutement. Elle leur donna des nouvelles de Tokio et Serizawa, et promit de transmettre leurs messages à Tokio quand elle retournerait le voir.

Soudain, les rires disparurent et tout le monde tourna la tête vers un groupe de jeunes qui traversaient la cour, l'un d'eux avait le visage couvert de pansements.

« Tiens, Izaki est de retour, vous avez pas dû l'accrocher assez haut ! » lança un élève, et Will tourna ses yeux vers Tokaji, qui fixait lui aussi les jeunes-hommes qui disparurent dans le lycée.

Elle salua rapidement ses amis et serra Yuji dans ses bras, juste pour pouvoir lui chuchoter dans l'oreille « je t'avais demandé de ne pas dépasser les limites ». Elle déposa un léger baiser sur sa joue et s'en alla, sans savoir que depuis le toit, Genji et ses lieutenants n'avaient rien perdu de cette preuve d'affection envers son demi frère...