- Les souvenirs d'Esther -

Introduction

Certains me pensaient folle à lier. La question vue sous mon angle se posait différemment.

Était-je folle, ou bien, était-ils fous ? Mon opinion était contestée, sans relâche, ils avait apparemment des preuves irréfutables de ma psychose ambiante. Mais quand était-il de mes pensées ? Si j'étais folle à ce point, pourquoi mes pensées restaient-elles telles qu'elle étaient. Il n'y pas avait de changement.

Est ce que l'obsession amoureuse est considérée comme irréelle ? Comme folie pure et simple ? Était-elle inconcevable pour eux ? En y réfléchissant, ma folie était peut être la cause de leur mal être sur ce sujet, ou bien était-ce qu'ils pensaient que le fait d'être possédée par la romance permanente était un signe de dérèglement mental.

Je ne connaissait personne comme moi, atteint de ma même maladie. J'étais unique, mais à la fois seule est incomprise au yeux de chacun. Chacun des infirmiers, chacun des médecins. Chaque personnes s'occupant de mon état mental, et me jugeant tout à la fois sous mon état physique. Je suis atteinte d'une maladie rare, en langage scientifique et ainsi qu'a l'hôpital, elle est appelée l'hypopituitarisme.

Avez-vous la moindre idée de ce que l'on peux ressentir lorsque l'on a atteint un âge adulte, mais que son corps entier ne clame que l'enfance et la jeunesse. Certaines personnes pourraient y trouver là un fabuleux remède, contre le temps qui passe, contre la vieillesse qui s'installe peu à peu.

Suis-je considérée folle parce que je pense différemment de ces gens là ? Pour moi cette maladie n'est rien d'autre qu'une partie de ma vie, cachée à jamais sous l'apparence d'une gamine, et s'il était une chose que je voudrais faire disparaître, elle ne serait que celle la.

Et j'ai beau avoir cette apparence que tout le monde réclame lorsqu'approche la cinquantaine, je ne suis pas satisfaite de ma vie comme je le devrait. Enfermée jour et nuit dans une camisole, sans amis ni personne à me confier. J'ai le temps de penser, imaginez vous bien. Une fillette de 9 ans telle que moi, enfermée et retenue par des sangles sans arrêt, sans possibilité de libération.

Des personnes normales n'auraient-elles pas eu pitié ? Pour cette petite fille dont la quête principale est l'amour, le bonheur. Cette petite fille dont les yeux cristallins brillent et inspire une confiance sereine et sans limite. Dont les cheveux noirs ébènes sont toujours impeccablement coiffés, et dont le visage parsemé de taches de rousseur sourit sans force à quelques simples démonstrations de sentiments. Et dont, délaissée de sa camisole est habillée d'une robe de soirée, le corps pourrait s'avérer fin et séduisant.

Je suis telle, une femme qui ne néglige ni son physique ni ses sentiments. Mais mon corps tout entier est anormal. Je suis anormale. Malgré les secrets que je cacherais toujours, la vérité me sera toujours dévoilée. Jamais personne, jamais. Condamnée à parler seule, à discuter avec ces personnes qui ne seront jamais là. Je suis une folle, c'est ainsi. Telle est ma nature.

Je m'appelle Leena Klammer. Et ma résidence actuelle est l'Institut Saarne, Estonie, un hôpital psychiatrique. Je suis malade, de toute les façons que vous voulez mais pour moi, je suis juste victime d'une maladie rare. J'ai trente deux ans aujourd'hui, mais j'en paraîtrais seulement neuf jusqu'à la fin de mon existence. Et pour résumer ma situation, je suis seule...et orpheline.