Disclaimer : Rien n'est à moi à l'exception de mes idées. Et les Avengers n'en font pas partie.

Sommaire : Les avengers se retrouvent en charge d'un Tony de six ans au passé déjà bien trop lourd pour un si petit garçon.

Note : Cela faisait longtemps que je voulais tenter un sujet comme celui-ci pour explorer l'enfance de Tony. La fic devrait être assez longue étant donné que j'ai un paquet d'idées qui me trottent dans la tête. J'espère que cela va vous plaire, bonne lecture lecteurs !

Anthony Edward Stark

Chapitre 1

Pris au piège

"On devrait être là-dedans" Soupira Steve pour la énième fois tout en se massant nerveusement la nuque. Clint et Natasha acquiescèrent. L'inquiétude se lisait sur leurs visages mais ce n'était rien à coté de l'expression de Bruce. Les traits crispés par l'angoisse, il se rongeait les ongles, l'autre bras serré contre son estomac. Son regard était rivé sur la vitre sans teint alors qu'il attendait, le stress général ne faisant qu'accroître le sien.

"Je refuse de prendre ce risque tant que l'on ne saura pas exactement de quoi il retourne. Son esprit a probablement été affecté et s'il est sous contrôle..." Fury se tourna vers Clint pour appuyer son raisonnement, l'agent baissant les yeux au souvenir pénible.

"Je ne pense pas que cela soit le cas directeur Fury" Intervint calmement Thor, les bras croisés. "Je ne connais pas les desseins de mon frère mais je doute que son sort ait eu d'autre effet que celui que nous avons sous les yeux. Il peut très bien s'agir d'une simple malice de sa part. Loki usait souvent de ce genre de tour lorsque nous étions enfants. Bien que celui qu'il a utilisé sur notre ami en soit bien plus puissant que tout ce que j'ai eu l'occasion de voir sur Asgard."

" Une blague?" Réagit amèrement Clint. "Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle."

Un flash vert illumina furtivement le regard de Bruce, se reflétant dans la vitre.

"Docteur Banner, vous devriez sortir un moment." Conseilla prudemment Fury qui ne tenait pas à voir le Hulk prendre la place du scientifique si celui-ci venait à perdre son sang froid.

"Je suis calme." La voix grave du Hulk se mêla à celle de Bruce ce qui n'était pas vraiment rassurant. Personne n'insista. Il fallait être fou pour argumenter avec le scientifique lorsqu'il était dans un tel état de stress.

De l'autre coté de la vitre se trouvait une pièce immaculée et presque vide à l'exception d'un lit en son centre et d'un moniteur cardiaque dont les bips réguliers résonnaient contre les murs blancs. Un enfant était étendu sur le lit, une chemise d'hôpital pour seul vêtement. Trop grande pour le petit corps, elle accentuait la fragilité que reflétaient déjà les traits endormis. Des cheveux sombres en bataille encadraient le visage pâle du garçon qui ne semblait pas avoir plus de sept ans.

La main de l'enfant serra les draps sur lesquels il était étendu. Ses paupières se soulevèrent lentement pour se refermer aussitôt. La lumière était trop forte. Il cligna des yeux plusieurs fois jusqu'à ce qu'il soit enfin habitué à la luminosité. Il tourna la tête vers les machines qui encadraient le lit, plissant le front alors qu'il essayait de se souvenir de ce qui avait pu le mener dans un tel endroit. Lentement, le garçon se redressa avant d'être pris d'une violente quinte de toux. Il inspira profondément pour reprendre le contrôle de ses poumons et porta une main à sa poitrine lorsqu'il se rendit compte que quelque chose le gênait lorsqu'il inspirait. Son torse était couvert de bandages sous la chemise blanche mais cela ne l'empêcha pas de sentir cette étrange protubérance qui semblait lui sortir de la poitrine. Il tenta de faire glisser les pansements pour voir ce qu'il en était mais ses doigts encore engourdis par le sommeil l'en empêchèrent. Il soupira de frustration et remarquant pour la première fois les électrodes qui le reliaient au moniteur cardiaque, les arracha sans plus de cérémonie avant de glisser du lit, frissonnant lorsque ses pieds nus rencontrèrent le sol gelé.

Tout était blanc et vide, angoissant.

L'enfant s'assura que ses jambes pouvaient le porter avant de faire méticuleusement le tour de la pièce, inspectant chaque mur, chaque recoin de ses doigts fins. La porte était verrouillée, il ne pouvait pas sortir. Les chambres d'hôpital étaient rarement fermées à clé et le petit garçon sentit son cœur s'emballer. S'il n'était pas à l'hôpital...

Arrivant à la hauteur du miroir qui couvrait presque la longueur du mur, l'enfant appuya sa main sur le verre, son regard curieux et incertain plongeant dans ceux des avengers qui se trouvaient de l'autre coté et qu'il ne pouvait voir.

"Il n'a pas l'air d'être sous le contrôle de Loki." Remarqua sèchement Natasha, accentuant ses mots d'un regard noir en direction du directeur du SHIELD. "Il est perdu et il a peur."

"Je ne prendrais aucun risque." Se répéta Fury, osant affronter le regard meurtrier de la Veuve noire.

Bruce pressa sa paume contre la vitre, contre celle, bien plus petite de l'enfant. Le vert de ses yeux s'atténua. Maintenant que le garçon était réveillé et qu'il semblait en bonne santé, Bruce avait moins de raisons de s'inquiéter. Il se sentirait pourtant bien mieux lorsqu'il pourrait s'en assurer de lui-même.

La porte de la chambre s'ouvrit soudainement et le garçon sursauta, manquant de tomber en trébuchant sur sa chemise trop longue. Il recula vers le fond de la pièce, près du lit, observant les hommes qui venaient d'entrer. Des blouses blanches, des gants et des masques chirurgicaux. Des médecins? Peut être mais ils ne lui inspiraient pas confiance, pas plus que la seringue qu'essayait de cacher l'un d'entre eux. Il ne pouvait pas voir leurs visages et des souvenirs peu plaisants commencèrent à se mêler à la peur qu'il ressentait déjà. Ses mains se mirent à trembler et il recula d'un pas.

L'un des intrus leva les mains en l'air comme pour lui indiquer qu'il n'était pas une menace mais l'enfant recula encore. Il recula jusqu'à ce que le mur lui coupe toute retraite.

Les cinq avengers qui se trouvaient derrière le miroir observèrent, impuissants, la terreur qui grandissait dans le regard chocolat du petit garçon plaqué contre le mur.

L'un des hommes masqués s'avança à sa hauteur, lui parlant d'une voix mielleuse qui sonnait atrocement faux aux oreilles de l'enfant apeuré.

"Monsieur Stark? Est-ce que vous savez où vous êtes? Anthony?" L'enfant ne réagit pas. Doucement, l'homme posa sa main sur le petit bras nu.

Le hurlement de terreur et d'angoisse qui suivit le contact glaça le sang de toutes les personnes présentes. Le médecin essaya de calmer Tony, posant ferment ses mains de chaque coté du petit corps. L'enfant hurla de plus belle, se débattant pour se défaire de l'étreinte comme si celle-ci le brûlait.

De l'autre coté du miroir, Natasha dégaina son arme. Ses mouvements étaient tendus et son regard perdu. Elle ne savait pas quoi faire. Clint serrait la mâchoire, s'empêchant de cracher ses sentiments au visage bien trop neutre de Fury. Ses poings s'ouvraient et se refermeraient compulsivement, prêts à frapper. Thor, comme les autres, avait le regard fixé sur Tony qui se débattait et criait comme un animal pris au piège. Son cœur se serra, il ne pouvait pas rester ici à ne rien faire. Steve pensait apparemment la même chose. Les deux avengers se détournèrent en même temps de la scène pour plonger leur regard empli de colère dans celui de Fury. Ni l'un ni l'autre n'eut le temps de lui dire quoi que ce soit.

La porte de la salle d'observation claqua, les faisant tous sursauter.

Le médecin essayait de calmer le garçon mais ses mots tombaient dans le vide. L'enfant n'entendait qu'un bourdonnement sourd qui lui faisait vriller les tympans. Seule la brûlure de cette prise inconnue sur sa peau importait. Il réussit à faire lâcher l'une des mains de l'homme en blanc, glissant contre le mur, serrant ses genoux contre sa poitrine douloureuse, son poignet droit suspendu au dessus de sa tête, pris au piège. Le médecin tirait sur son bras, essayant de relever Tony sans le blesser. Il se pencha pour attraper le garçon mais stoppa net. Tony avait levé son bras gauche au dessus de son crâne comme pour se protéger d'une pluie de coups. Il continuait de crier, plus faiblement, sa voix enrouée par l'effort entrecoupée de pénibles quintes de toux. Ses yeux étaient écarquillés et humides mais pas une larme ne glissa sur sa joue rougie.

Puis, subitement, l'homme en blanc lâcha le poignet de Tony et recula, offrant une opportunité au garçon qui se glissa sous le lit de métal.

Lorsque Bruce était entré dans la pièce, tout ce qu'il voyait était cet enfant recroquevillé contre le mur, se protégeant du mieux qu'il pouvait, terrifié. Il eut du mal à contenir le Hulk alors que le souvenir d'un autre garçon, blessé et apeuré, surgissait de son passé pour venir se greffer sur l'image de son meilleur ami.

Les deux infirmiers se plaquèrent contre le mur dès qu'ils l'aperçurent, se précipitant vers la sortie à la première occasion. Les yeux émeraude, féroces, et le teint dangereusement vert du scientifique auraient suffi à faire fuir toute personne dotée d'un minimum de raison.

« Lâchez-le. » Grogna Bruce d'une voix dont le calme froid était faussé par la colère qui la faisait vibrer. Le médecin ne se le fit pas dire deux fois. Il recula lentement, sans quitter Bruce des yeux. Ne jamais tourner le dos à une bête sauvage. Même si, dans la situation actuelle, faire face à la bête n'avait aucune chance de le sauver si celle-ci se laissait submerger par la rage. Bruce ignora l'homme qui le contournait lentement. Il pouvait sentir la peur suinter par les pores de sa peau. Il pouvait sentir l'urine qui imprégnait son pantalon.

Tony avait cessé de crier au moment où le médecin l'avait lâché et Bruce n'entendait plus que sa respiration, rapide et saccadée, qui s'élevait de sous le lit.

Bruce ferma les yeux et inspira profondément par le ventre pour se calmer. Le vert s'estompa petit à petit, sa peau retrouvant une couleur plus commune. Lorsqu'il rouvrit les paupières, ses yeux étaient à nouveau de ce marron pétillant de gentillesse que ses amis lui connaissaient si bien.

Lentement, pour ne pas effrayer encore plus l'enfant, le scientifique se baissa jusqu'à ce qu'il puisse le voir. Le petit garçon le fixait de ses yeux apeurés. Il n'émettait plus aucun son, respirant à peine. Etendu sur le coté, recroquevillé en position fœtale, Tony encerclait ses jambes de ses bras tremblants. La vision brisa le cœur de Bruce mais il essaya de mettre ce sentiment de coté. Il devait rester calme.

Sans faire de geste brusque, Bruce s'étendit sur le ventre, posant son menton sur ses mains croisées, fixant le moniteur cardiaque qui se trouvait en face de lui.

Les autres avengers avaient réussi à empêcher Fury d'appeler la sécurité, plus ou moins persuadés que Bruce n'allait pas « Hulker » dans la chambre de quarantaine. Ils observaient à présent leur équipier avec un mélange d'étonnement, de curiosité et d'impatience. Bruce n'avait pas bougé d'un pouce depuis qu'il s'était allongé sur le sol froid, une dizaine de minutes plus tôt. Ils savaient que l'on ne pouvait pas les entendre de la pièce voisine mais pourtant, c'est à peine s'ils osaient respirer de peur de troubler le silence.

Tony n'avait pas quitté l'étrange homme des yeux. Il ne le connaissait pas et pourtant, sa présence silencieuse le calmait sans qu'il puisse se l'expliquer. Il tremblait moins et la chose dans sa poitrine ne lui faisait plus mal maintenant que son cœur battait plus régulièrement. Il était fatigué et ses paupières se fermaient toutes seules. Tony devait user de toute sa volonté pour ne pas céder à l'appel de Morphée.

Puis, l'homme parla. Doucement, sans le regarder. Tony dut tendre l'oreille pour comprendre ses mots.

« Je sais que tu as peur Tony mais je peux te promettre que personne ici ne te fera de mal. Pas tant que je serais là. Tu as eu un accident et il a fallu t'emmener ici pour te soigner. Les bandages autour de ta poitrine sont là pour protéger un objet très spécial, un objet qui aide ton cœur à battre. » Tony laissa sa main vagabonder sur la protubérance que couvraient ses bandages, traçant délicatement le contour de l'objet de ses doigts fins.

« Tu sais ce qu'est un pacemaker Tony ? » L'enfant acquiesça, oubliant pour un moment la peur pour la remplacer par la curiosité. Bruce ne vit pas le mouvement, son regard étant toujours fixé sur les machines, et continua. « Ton père, Howard, a aidé à le construire. Et ici, nous somme dans une base du SHIELD. C'est une organisation secrète qu'il a aidé à créer. Alors tu vois Tony, tu n'es pas en terrain inconnu finalement. »

Sur ces mots, Bruce tourna la tête vers le garçon, souriant pour le rassurer. « Je m'appelle Bruce Banner et je suis enchanté de te rencontrer Tony. » Il attendit quelques secondes, plongea son regard dans le regard chocolat de l'enfant, et rajouta : « Tu es en sécurité. Tu as ma parole, Tony. »

Derrière la vitre, les observateurs de la scène virent deux petits bras hésitants se dégager de l'abri offert par le lit. Bruce s'assit en tailleur, sans faire de geste brusque, et se pencha lentement pour passer ses mains sous les bras de Tony. Il attira doucement à lui le petit corps toujours secoué de légers tremblements et le serra doucement, de peur de l'effrayer. Tony se laissa faire. Il était épuisé, il avait peur. Mais il avait envie d'avoir confiance en cet homme qui avait des yeux si doux. Il lova son visage dans le cou chaud de l'adulte et passa ses bras autour de lui, s'agrippant à la chemise noire comme à une bouée de sauvetage. Bruce se leva et commença à le bercer. Tony se laissa rassurer comme l'enfant qu'il était. Aucune larme ne vint humidifier ses joues. Il ferma les yeux. Sa respiration se fit plus lente, plus profonde et il se laissa envahir par le sommeil.

Les autres avengers les rejoignirent, suivis par Fury qui n'hésita pas une seconde avant d'annoncer : « Très bien Banner. Maintenant qu'il s'est calmé nous allons pouvoir laisser les médecins l'examiner. »

Bruce resserra instinctivement son étreinte et fut soulagé de voir Natasha se placer entre lui et le directeur du SHIELD. Steve posa une main non amicale sur l'épaule de Fury pour attirer son attention sur lui et exprimer la pensée de toute son équipe : « On le ramène à la maison, directeur. » Le ton était sans appel.

Les avengers passèrent Fury sans le regarder, prenant le chemin du jet qui les ramènerait chez eux.

Ensemble.

« Agent Barton ! Romanoff ! »

Ni l'un ni l'autre ne prit la peine de se retourner.

A suivre.

Alors ?