Avertissement : Bonjour à tous ! Voici une nouvelle histoire dans un genre encore un peu différent de mes autres écrits. Je dois vous prévenir que cette histoire est un peu sombre et qu'elle tourne principalement autour d'une "romance" entre hommes (Harry et Draco). Certains passages ne sont donc pas faits pour tout le monde. Merci de respecter le rating :)


Chapitre 1 : Le verdict

Draco se frotta nerveusement le bras. Là où la marque de Voldemort avait assombri sa peau tant d'années, il avait désormais de nouvelles cicatrices. Les nouveaux gardiens de la prison d'Azkaban – tous des sorciers – n'étaient pas tendres avec les anciens Mangemorts. Ils étaient encore moins qu'humains, quand ils se retrouvaient sans surveillance avec l'un de leurs prisonniers.

Draco ferma les yeux un instant et tenta de rester parfaitement composé, alors que certains souvenirs l'assaillaient. Il prit une profonde inspiration pour calmer son cœur battant la chamade et rouvrit les yeux.

Le décor du tribunal, où il se retrouvait avec ses parents pour l'annonce du verdict, était bien moins lugubre que le décor – où plutôt l'absence de décor – carcéral. Cependant, la foule des spectateurs présents rendait l'atmosphère presque plus pesante et hostile.

Draco se massa une nouvelle fois le bras et retint une grimace en passant sur l'une des plus profondes coupures. Celle-là n'avait pas encore eu le temps de guérir. A quoi ressemblait-il, désormais ? Du peu qu'il avait aperçu, dans l'ombre de sa cellule, il n'était plus très beau à voir.

Il avait reçu une violente « correction » par les gardiens, deux semaines auparavant. A l'ouverture du procès. Il toucha son visage du bout des doigts. Il avait été désirable et désiré, à une lointaine époque, quand tout n'était encore qu'insouciance et découvertes. Il avait été assez bien fait de sa personne, suffisamment intelligent et cultivé pour côtoyer le beau monde, et assez riche pour une vie de débauche sans le moindre souci financier.

C'était avant Voldemort et la Longue Guerre.

Aujourd'hui, il était défiguré par les coups et sa fortune familiale serait bientôt confisquée pour le bien commun. Il n'était plus rien et n'avait plus d'avenir.

Le brouhaha ambiant s'estompa, alors que les dix sorciers retenus comme jurés étaient invités à délibérer. Ils ne seraient pas partis longtemps, de toute façon. Ce procès en lui-même était une mascarade. Ronald Weasley avait choisi les jurés et tous avaient une dent contre les Mangemorts. C'était un jury entièrement à charge.

Ronald Weasley était devenu juge deux ans auparavant. Il n'était même pas un vrai juge. Il avait été promu à ce poste après la mort de sa petite sœur et il traitait les ex-Mangemorts avec une sévérité qui frisait la haine et qui était très appréciée de la population sorcière. Et puis de toute façon, qui l'aurait mis en cause ? Il était l'un des membres du trio d'or…

Draco sentit sa gorge se serrer violemment, avant qu'une sensation de nausée grandissante ne le saisisse. Il crispa ses mains sur son estomac pourtant presque vide et jeta un œil à sa droite, où son père et sa mère se tenaient stoïques. Eux aussi avaient visiblement reçu une correction de leurs gardiens. Draco ne parvenait pas comprendre comment ils pouvaient rester si calmes alors que leur monde s'écroulait.

Tout ça à cause de leur choix stupide de suivre Voldemort. Ces deux dernières années, il avait bien tenté de convaincre ses parents que le monde sorcier, à feu et à sang, dépérissait par la faute de ce fou. Mais leur rigidité et leur haine envers les moldus et les sangs-de-Bourbe étaient bien trop ancrés en eux, au point de l'avoir placé sous Doloris jusqu'à l'inconscience, le jour où il avait traité Voldemort de fou.

Il avait cédé. Parce que ses parents étaient tout ce qu'il lui restait, après la fuite de Pansy Parkinson et de Théodore Nott. Blaise avait été tué par cette raclure de Ronald Weasley, de même que sa promise, la jeune Astoria Greengrass. A peine hors des protections de Poudlard, elle avait été pulvérisée.

Il était difficile d'utiliser un autre mot, quand on avait vu les conséquences du Bombarda Maxima de ses propres yeux.

Les Aurors n'avaient jamais utilisé les impardonnables pendant la guerre. Jamais. Ils avaient cependant inventé nombre de sorts équivalents. Et parfois, ils avaient utilisé de simples sorts domestiques, mais de la plus ignoble manière qui soit.

Une bouffée de haine monta en lui, alors qu'il scannait du regard la foule de curieux. Ils étaient tous venus se délecter de sa chute, de la chute de la famille Malfoy. C'est l'attitude calme d'un homme qui attira son attention. Un homme à la mâchoire carrée et aux yeux étincelants de froideur.

Malgré lui, Draco ne put détacher son regard de celui d'Harry Potter. Celui-qui-avait-vaincu. Le héros des peuples opprimés. Une multitude de sentiments se bouscula en lui, alors qu'il était comme prisonnier de ce regard dur. Il éprouvait une immense haine envers lui, son symbole, parce que la guerre perdue l'avait mis dans cette situation. Il ressentait également une certaine admiration mêlée de crainte, parce que le guerrier qu'il était devenu était dangereux.

Harry Potter avait, au fil des années de guerre, perdu toute la chaleur humaine qui avait longtemps attiré les autres à lui. Il avait cependant gagné en puissance, en efficacité. Ce qu'il avait perdu en humanité, il l'avait gagné en leadership. Cet homme désormais impitoyable s'était battu toute sa vie pour la lumière et il continuait encore.

En se frottant le bras distraitement, Draco songea que c'était grâce à Potter que les « corrections » des gardiens avaient cessé. Les anciens Mangemorts étaient encore affamés et maltraités psychologiquement, mais Draco savait – pour l'avoir expérimenté – que ce n'était rien à côté des Détraqueurs et des tortures pendant ses premières semaines à Azkaban.

Une vague inattendue de reconnaissance et de soulagement le parcourut, alors qu'il songeait que d'une manière ou d'une autre, ses tourments seraient bientôt terminés.

Les yeux glacés de Potter brûlèrent soudain d'une flamme de colère très reconnaissable et Draco eut la sensation de se réveiller en sursaut. Oh, Merlin ! Combien de temps avait-il fixé Potter ? Il ferma les yeux, désespéré devant sa propre stupidité. Il perdait tout sens commun.

Il n'était pas étonnant de voir qu'il avait réveillé la flamme de colère chez le Survivant. Qu'aurait-il fait lui-même, si son ennemi prisonnier l'avait fixé si longtemps ? Et en même temps…

Pouvait-on vraiment parler d'ennemi ?

Il avait cessé de désirer la victoire de Voldemort depuis bien longtemps. Il était plus fait pour la vie politique, où l'on assassine avec des mots et non pas avec des sorts. Il était fait pour la vie mondaine, sans autre préoccupation que sa toilette et le bien être de ses plus proches amis.

Que n'aurait-il donné pour que Voldemort n'apparaisse jamais ? Toute sa fortune, sans la moindre hésitation. Peut-être même sa propre vie. Après tout, qu'allait-il gagner de plus que la peine de mort, maintenant que la guerre était finie ?

Il se demanda une fois de plus pourquoi il avait suivi ses parents, malgré ses propres convictions… Ah, oui ! La famille avant tout. Toujours.

Il garda les yeux fermés un peu plus longtemps, pour lutter contre les larmes de dépit et de détresse qui montaient traîtreusement en lui. Puis il les fixa au loin, sur une ligne d'horizon invisible, dans l'espoir de faire abstraction de la situation.

C'était peine perdue : la salle s'agita à nouveau quand les dix jurés firent leur réapparition. Et voilà. Il leur avait fallu à peine une dizaine de minutes. Ronald Weasley était extatique.

Draco se tourna vers son père et une nouvelle bouffée de haine le saisit. Son père était responsable de la capture de Ginny Weasley. La sœur de Ronald, certes, mais surtout la petite amie du Vainqueur de Voldemort. C'était à cause de lui que Potter était devenu si impitoyable, Weasley si avide de vengeance Le mage noir avait été monstrueux, de même que la moitié des Mangemorts. Ils avaient rendu le cadavre méconnaissable.

Mais c'était une sang-pur, par Merlin !

Draco secoua la tête, pour chasser une nouvelle fois ses mauvais souvenirs. Il était trop tard pour regretter cette guerre sans le moindre sens.

- Le jury a-t-il pris sa décision ? sonna la voix de Weasley, haute, claire et jubilante.

Draco eut un instant l'espoir d'écoper d'une liberté surveillée. Il acceptait sans le moindre problème de céder toute la fortune de sa famille, pour éviter de retourner à Azkaban.

- Oui, monsieur le juge, répondit une des jurées née-de-moldus au visage défiguré. Lucius, Narcissa et Draco Malfoy sont déclarés coupables de tous les crimes qui leur sont reprochés.

A nouveau, Draco ferma les yeux, tremblant. Un moment de faiblesse et de détresse qu'il ne put retenir. Le procureur avait préconisé le baiser du Détraqueur et il allait sans aucun doute se voir exaucé. Draco allait mourir avant d'avoir réellement vécu. Toute cette situation n'était rien d'autre que pathétique.

Il déglutit avec difficulté. Les regrets qui s'accumulaient en lui menaçaient de le faire craquer. Il jeta un rapide coup d'œil à ses parents. Seul le regard sévère de sa mère, qui semblait juger sa réaction inadéquate, l'accueillit.

L'incrédulité le disputa au chagrin, avant qu'il ne renonce à tout espoir. Il avait toujours su que tout finirait ainsi. Potter, le gosse naïf et ignorant de Poudlard, avait laissé place depuis cinq ans au héros des peuples. Il ne pouvait plus perdre. Draco l'avait bien compris en suivant son évolution de près. Potter avait toujours été l'ennemi le plus dangereux du Lord. Ce n'était pas pour rien que ce dernier s'était mis à le craindre plus que Dumbledore. Ce était simplement mort dans une embuscade, même s'il avait emmené avec lui de nombreux généraux et lieutenants Mangemorts.

Les dés étaient joués depuis longtemps. Depuis qu'il avait courageusement choisi sa famille plutôt que ses convictions profondes. Ou alors était-ce la lâcheté ? Tout ça n'avait plus d'importance.

Il balaya la foule en liesse d'un regard absent, s'attarda un bref instant sur la silhouette stoïque du Vainqueur, qui regardait attentivement en direction de leur box, puis il baissa la tête, résigné.

- Draco, siffla sa mère. Tiens-toi droit !

La mort dans l'âme, il parvint à se redresser, un semblant de fierté sur le visage. Il allait mourir avec dignité, comme ses parents. Pour avoir choisi les traditions sorcières par delà le besoin de sang neuf. Non sans ironie, il songea que les nés-de-moldus et les sangs-mêlés vivaient aujourd'hui l'une de leurs plus grandes victoires, des mois après la mort de Voldemort.

- Les Malfoy ayant été désignés coupables, annonça Ronald Weasley d'une voix haute et claire, la sentence est la suivante : la fortune des Malfoy sera entièrement confisquée et utilisée pour le bien commun.

La foule applaudit avec enthousiasme et Draco se détourna de Weasley. Son visage jubilant était un peu trop dur à supporter pour lui. Pour son père également, qui ne put retenir la crispation de haine qui plissa son visage tuméfié.

Ce faisant, il aperçut Potter en pleine conversation avec Granger, assise à ses côtés. Ses deux anciens ennemis du collège discutaient à voix basse et personne ne faisait attention à eux. En retour, les deux sorciers ne semblaient nullement se soucier du vacarme autour d'eux.

Granger braqua brusquement les yeux vers lui et Draco se détourna immédiatement, embarrassé d'avoir été surpris à les espionner. Il ne voulait pas qu'on fasse attention à lui. Il était déjà suffisamment tenaillé par la peur, malgré sa fatigue et sa résignation grandissantes. Il savait qu'il en faudrait peu pour qu'il fuie en hurlant qu'il ne voulait pas mourir.

Ce serait sans doute un des pires scénarios. Un de ceux qui feraient rire des générations entières. Or, il voulait quand même que le nom des Malfoy garde ce qu'il avait d'honorable, même si c'était peu.

- La famille Malfoy sera elle condamnée à trois vies entières de réclusion à Azkaban.

Draco pâlit immédiatement. La sentence était certes à la hauteur des crimes, mais elle était infiniment plus cruelle que la peine de mort. N'aurait-il pas droit à une fin digne ? Il n'avait jamais tué que pour défendre sa vie ! Allait-il mourir de faim ou battu ? Ou peut-être fou ? A moins qu'on ne le maintienne en vie dans le seul but de prolonger sa sentence autant que possible ?

Alors qu'il paniquait, il ne put s'empêcher de regarder en direction de la salle soudain silencieuse. Ce calme était-il porteur d'une bonne nouvelle ? Trouverait-il de l'aide dans la foule ? Un regard compatissant ou la promesse d'un futur procès plus équitable ?

Il méritait peut-être la mort, mais il n'avait jamais torturé qui que ce soit. Il ne méritait pas de l'être, à son tour.

Il déchanta cependant, quand il prit la mesure de ce qui se jouait devant ses yeux. Potter était debout au milieu de la salle et il s'avançait vers la barre, réduisant la foule en une masse silencieuse et admirative. L'air satisfait que Potter lui adressa laissait à penser qu'il se préparait à prononcer l'un de ses grands discours de victoire…

Draco se sentit amer, trahi. Si Potter le conspuait en public, qui retiendrait la folie des gardiens d'Azkaban ?

- Monsieur Potter ? commença Ronald Weasley, visiblement perplexe. Avez-vous quelque chose à ajouter ?

- En effet, monsieur le juge, répondit le Sauveur d'un ton neutre et respectueux. J'invoque la clause D-666.

« Non ! »

Le hurlement avait résonné d'une seule voix. Draco fixa Weasley, qui avait crié en même temps que lui, avec un regard de bête traquée. Weasley était un sang-pur, il pourrait comprendre. Il ne laisserait pas son meilleur ami lui faire ça, n'est-ce pas ?

- Harr… Monsieur Potter, protesta Weasley, vous ne pouvez accorder une tel… honneur – les mots étaient clairement prononcés avec dégoût, ce qui prouvait à quel point il ne croyait pas en ce qu'il disait – à ce Mangemort !

Un honneur ? Diable, non ! Weasley ne comprenait pas ! Heureusement, sa protestation lui était infiniment utile. Il n'était pas question qu'il subisse cette vie de déshonneur, de sans-droit. Il préférait même être condamné à deux vies supplémentaires à Azkaban ! Que son cadavre ne connaisse jamais le repos et qu'il soit dévoré par les rats, si ça pouvait satisfaire Potter.

- Je ne peux pas vous accorder cette clause. Vous ne comprenez pas ce dans quoi vous vous engagez, insista Ronald Weasley en reprenant ses esprits et un ton calme.

Le brouhaha, dans la salle, montait en intensité. Les partisans de la clause argumentaient avec les partisans d'Azkaban. Rien que cette réaction aurait dû faire comprendre à Potter qu'il allait le condamner à quelque chose de terrible. Il ne pouvait pas lui faire ça, n'est-ce pas ?

Il était un partisan de la lumière ! Le libérateur ! Le héros des peuples !

- Draco !

La voix sèche de son père claqua à sa droite et attira l'attention de Potter. Ce dernier regarda en direction de leur box en haussant les sourcils. C'est à ce moment-là que Draco s'aperçut qu'il était debout, tremblant, désespérément agrippé à la barre qui délimitait leur box. Il avait la tête qui tournait, il en était malade.

- Non… implora-t-il Potter d'une voix rauque et cassée par la panique et l'hébétement.

Le sorcier semblait intransigeant, mais il ne comprenait pas ce qu'il demandait, n'est-ce pas ?

Potter plissa les yeux, puis tourna la tête vers Lucius. Il l'observa attentivement, en silence, comme s'il attendait la réaction du patriarche. Le visage peu expressif de Potter était définitivement effrayant. Que voulait-il vraiment ?

Comme s'il avait compris la question muette du Sauveur, Lucius se tourna vers son fils.

- Draco. Assieds-toi immédiatement, ordonna-t-il.

Draco se tourna vers lui et l'air calculateur du chef de famille l'horrifia. Son père envisageait-il sérieusement cette clause ? Il ne pouvait pas ! Il ne pouvait pas le trahir ainsi, alors qu'il s'était toujours sacrifié pour sa famille !

L'air profondément choqué de Draco fit taire les spectateurs. Ils assistaient là à un drame familial comme les romans eux-mêmes ne pouvaient les inventer. Et ils ne voulaient rien manquer de ce spectacle hors normes, surréaliste. Le mitraillage des appareils photos donna encore plus le tournis à Draco, qui s'affala sur sa chaise.

Le Sauveur afficha un sourire satisfait et se tourna vers son meilleur ami.

- Au contraire, monsieur le juge. Je sais parfaitement dans quoi je m'engage.

Un instant, Weasley afficha un air incrédule, avant de laisser échapper une grimace de rage.

- Est-ce la fortune de monsieur Malfoy que vous visez, monsieur Potter ? demanda-t-il avec plus de froideur que Draco ne lui ait jamais vue.

- Non, répondit Potter sur le même ton neutre et respectueux. Je suis prêt à jurer que toute cette fortune sera investie pour la reconstruction du pays.

- Seul le ministère peut décider de l'utilisation de ces fonds, grinça Weasley. Votre serment ne pourrait garantir la répartition juste et équitable de cet argent.

Draco frissonna, alors que Potter perdait son air neutre. Son visage, désormais aussi austère et coupant que son maintien, ne laissait plus transpirer le moindre respect. Le silence qui suivit la remarque de Ronald ne dura que quelques secondes, mais la tension dans la salle monta brusquement, au point de laisser deviner le coup d'éclat à venir.

Potter reprit la parole à voix basse et son timbre à la fois menaçant et méprisant choqua Draco plus encore que la proposition de la clause.

- Juste et équitable ? Je crois que je sais parfaitement être juste et équitable, contrairement à d'autres.

Le visage de Weasley pâlit et Draco le vit regarder Potter comme s'il le voyait pour la première fois. Lui aussi avait été choqué par le ton dangereux de son ami.

- Est-ce le ministère, qui souhaite à tout prix récupérer cet argent ? Votre acharnement à me refuser la clause pourrait finir par sembler suspicieux…

Le regard de Weasley exprima l'intense trahison qu'il devait ressentir. Draco se demanda si les deux membres du trio d'or s'étaient disputés récemment, mais il lui semblait que le violent sous-entendu de Potter avait surpris le juge autant que le reste de la salle. Même lui n'aurait jamais osé humilier un ancien proche de façon aussi évidente, devant un si large public. Il avait l'impression de redécouvrir Potter sous un jour des plus défavorables.

Granger avait rejoint Potter. Elle posa une main sur son avant-bras et secoua négativement la tête. Potter sembla reprendre ses esprits et son visage arbora de nouveau l'expression parfaitement neutre qui effrayait tant Draco. Weasley lança un regard désespéré à la sorcière.

- Miss Granger, dit-il, expliquez à monsieur Potter toutes les conséquences de son choix. Elles ne doivent pas être prises à la légère.

La voix de Granger avait elle aussi perdu toute chaleur humaine, quand elle s'exprima.

- Je l'ai déjà fait, monsieur le juge. Monsieur Potter est prêt à assumer toutes les conséquences de son choix.

Draco avait l'impression que le seul membre du trio encore capable de sentiments était Weasley. Malgré sa cruauté parfois évidente – et parfaitement compréhensible, même de son point de vue de condamné – Weasley semblait le plus humain des trois.

- Puisque c'est ainsi, souffla Weasley avec défaitisme, alors la demande de monsieur Potter ne peut lui être refusée. Si le chef de famille l'autorise, monsieur Malfoy sera dès aujourd'hui soumis à la malédiction de la clause D-666.

Lucius se leva avec dignité, comme s'il n'était pas réellement concerné par tout ce qui se déroulait devant lui.

Draco leva vers lui des yeux implorants. Qu'il lui laisse au moins sa dignité.

- Nous l'autorisons, prononça Lucius sentencieusement.

Harry Potter resta parfaitement calme et droit, au milieu du tonnerre de commentaires plus ou moins outragés, d'encouragements et de demandes d'interview de la foule.

- Non, non, non… souffla Draco.

Ce n'était pas possible. Weasley lui retirait tout. Sa propre famille lui retirait tout. Il était devenu un sans-droit.

Aujourd'hui, il appartenait à Potter...


Et voilà pour cette mise en bouche. Peut-être vous a-t-elle plu, peut-être pas. N'hésitez pas à me laisser votre avis, en tout cas. Et à très bientôt pour de nouveaux chapitres ^^

Lena.