Héhé, je me souviens qu'une fois, je m'étais dit que si jamais un jour je trouvai des nains sexy, j'aurai besoin d'une bonne psychanalyse. Je crois que je suis bonne pour l'asile, alors :p Mais bon trêve de blabla et profitons pleinement des deux nains les plus hot d'Erebor! Rating M pour le petit lemon qui va suivre (ou le gros slash, à voir) et les quelques images crues qu'il impose à nos esprits de fangirl assumées. Ah, aussi: j'ai pondu cette chose à 2h du matin entre deux mugs de café, soyez conciliantes :p

oOo

Kili soupira, rejeta une mèche brune derrière son épaule et étendit ses courtes jambes devant lui. Il lâcha un second bruyant soupir, et se tourna vers son grand frère. Lui et Fili étaient les plus jeunes de la compagnie de Thorin Oakenshield et comme toujours, c'était à eux de s'occuper des basses besognes, celles dont personne ne voulait s'encombrer. En l'occurrence, la tâche ennuyeuse et rébarbative de surveiller les poneys. Même le hobbit, qui n'avait pas passé un quart de leur propre vie, arrivait encore à échapper à cette corvée.

Le jeune nain brun regarda à nouveau Fili dans l'espoir d'un peu de soutient, mais celui-ci ne semblait pas disposé à la conversation. Adossé contre une paroi rocheuse, le visage plongé dans l'ombre et les épaules basses, il portait à ses lèvres sa longue pipe préférée, dont le fourneau s'éclairait à intervalles réguliers. Kili força la vue, mais même son acuité visuelle ne parvint pas à déchiffrer l'expression du visage de son grand frère, fermement décidé à ne pas s'exposer à la lueur de la lune. D'un mouvement de reins, Kili se redressa et décida de se dégourdir les jambes. Il passait ses journées perché à dos de canasson, et le contact du sol lui manquait.

Fermement campé sur ses jambes musclées, il fit quelques pas et s'approcha des poneys, qu'il regarda néanmoins avec bienveillance. Ces braves bêtes les avaient plus d'une fois sorti des pires pétrins, elles portaient leurs fardeaux et ne rechignaient jamais à la tâche. Il s'approcha de l'un d'eux et lui caressa avec douceur les naseaux. Le souffle chaud et humide de l'animal entre ses doigts lui arracha un sourire. « Brave bête », pensa-t-il encore, la tête soudainement emplie de vagues souvenirs lointains où lui et son frère avaient encore un foyer. Kili se pencha, arracha une touffe d'herbe sèche et s'entreprit d'étriller machinalement le poney, les yeux ailleurs.

Une autre paire d'yeux brillaient dans le noir, dont le regard était quant à lui bien présent. Fili, figé dans la même position depuis de longues minutes, ne prêtait pas attention au fourmillement qui commençait à lui picoter les jambes repliées sous lui. Il avait d'abord baissé les yeux quand Kili était encore auprès de lui, mais maintenant qu'il lui tournait le dos, il avait relevé la tête et profitait de l'ombre dispensée par le rocher pour l'observer à loisir. Il savait que quelque chose n'allait pas. Que c'était anormal et contrenature. Mais il ne pouvait plus ignorer le désir qui étreignait ses reins depuis des années pour celui qui n'était autre que son propre frère.

Ils étaient issus de la même lignée ils avaient grandi ensemble ils avaient appris à se battre ensemble rien ne devrait les réunir, aussi longtemps qu'ils vivraient. Et cela plongeait parfois Fili dans une profonde mélancolie, qu'il cachait avec une certaine habileté derrière de grands sourires et un humour plutôt douteux. Il regardait alors Kili qui avançait devant lui, le dos droit sur son poney, et reposait brusquement ses mains sur le pommeau de sa selle pour cacher le renflement révélateur qui étirait le cuir de son pantalon. Le jeune nain aux nattes blondes racontait ensuite une plaisanterie grivoise qui ne manquait pas de provoquer l'hilarité générale – y compris celle de son frère – et relevait la tête, soulagé de ne pas avoir été remarqué pour autre chose.

Mais plus que la honte, c'était son désir qui l'étouffait. Combien de fois s'était-il imaginé prenant Fili contre un arbre, lui agrippant et tirant les cheveux pour embrasser sa gorge à pleine bouche ? Le dégout qu'il avait de lui-même n'était rien en comparaison aux battements de cœur qui ébranlaient sa poitrine quand Kili tournait son regard franc et rieur vers lui. Il refusait en bloc de penser à ce mot, mais il l'aimait. Il aimait Kili d'un amour bien plus que fraternel, un amour charnel et sensuel que seul le contact de l'autre pouvait apaiser. Certains jours, sa frustration et son excitation étaient telles qu'il prétextait une envie pressante (qui au fond n'était pas réellement un mensonge) pour s'éloigner du groupe et assouvir seul son désir. Il revenait alors près du feu de camp, calmé pour la nuit et anticipant avec angoisse le lendemain. Il n'espérait qu'une chose en ces moments-là : que personne ne remarque ses changements d'humeur, ses gestes brusques pour masquer son trouble. A vrai dire, il n'avait d'inquiétude que pour Gandalf et Thorin, dont la perplexité naturelle n'était un secret pour personne. Il tentait au maximum de ne pas éviter leurs regards, de garder l'attitude qu'il sied au guerrier nain qu'il était.

Et comme chaque soir où il se retrouvait à garder les poneys seul avec Kili, il se retrouvait au supplice. Il attendait alors avec empressement l'arrivée de Bilbon, qui généralement, leur apportait leur repas du soir. La présence agréable du hobbit le détendait aussitôt, et la conversation que le semi-homme lançait permettait au blond de se changer les idées.

Mais ce soir, Bilbon tardait à venir. De faibles rumeurs et des éclats de voix provenant du campement principal lui parvinrent aux oreilles de toute évidence, le diner était retardé par une raison qu'il ne parvint pas à saisir. Cela arrivait parfois. Peut-être que Bombur s'était encore goinfré dans leurs réserves, ou Ori avait-il renversé par inadvertance le chaudron de soupe… Fili laissa échapper un sourire. Non, lui et Kili n'étaient pas les plus jeunes c'était à Ori qui revenait ce titre. Le jeune nain maladroit et timide, néanmoins artiste de talent, attirait toujours la sympathie autour de lui. Fili lui enviait sa naïveté et son innocence, que lui-même avait perdues depuis des années.

Un éclat de rire le tira de ses pensées. Un poney venait de bousculer Kili, qui était retombé sur ses fesses dans une hilarité exubérante. Fili tira une longue bouffée de sa pipe, et réalisa seulement que celle-ci s'était éteinte. Il fouilla rapidement dans son havresac, en tira sa petite boite à tabac qu'il ouvrit avec précaution. Il en tira une pincée de feuilles séchées brunâtres, qu'il s'entreprit de fourrer dans le petit foyer en ivoire.

- Tu fumes trop, lança soudain Kili.

Fili releva brusquement la tête il ne l'avait pas entendu revenir près du bivouac.

- Tu as sans doute raison, répondit-il, profitant d'allumer sa pipe pour éviter son regard. C'est ma dernière, je le promets.

- Mais bien-sûr, rétorqua Kili, les yeux rieurs. Comme la dernière fois.

- Que veux-tu, nous avons tous nos petites manies…

Kili se laissa lourdement retomber sur la fourrure de loup élimée étendue sur le sol. Il écouta distraitement les rires qui parvenaient du campement principal.

- Ils ont l'air de bien s'amuser, là-bas, continua Fili. L'absence de Gandalf n'a pas l'air de saper leur moral.

- Bah, il va revenir tôt ou tard. Tous les magiciens ont des sautes d'humeur.

Un long gargouillis coupa la conversation. Kili éclata de rire, et Fili laissa échapper un sourire.

- J'espère que Bilbon ne va plus tarder, en tout cas, reprit Kili. Je commence sérieusement à crever de faim.

Kili s'allongea et croisa les mains sous sa nuque, les yeux levés vers le ciel nocturne.

- Cela fait longtemps que je n'ai pas vu de nuit aussi claire, déclara-t-il. Les étoiles sont magnifiques. Une somptueuse rivière des plus purs diamants posée sur la peau de la plus belle des reines sylvaines.

- Attention, le taquina son frère, tu te transforme en elfe. Il te manquerait plus que des oreilles pointues et une harpe.

- Et ta tignasse blonde, rétorqua Kili en se redressant sur son séant. Qui sait avec quel bouffeur de fougères Mère s'est acoquiné pour que tu récupères cette chevelure brillante et soyeuse. Tu veux que j'aille te cueillir des pâquerettes pour l'orner?

Fili éclata de rire, d'un rire franc qu'il pensait avoir oublié. Il sortit de l'ombre et lança un gentil coup-de-poing à son petit frère, qui l'envoya tout de même à nouveau sur la fourrure. Il s'allongea à son tour, à une distance respectable néanmoins, et regarda la voûte céleste. Les milliers de points scintillants parurent aux yeux du nain comme d'autant de pierres précieuses dans un écrin de velours noir.

- Tu as raison, admit-il. Pas besoin d'être un elfe pour trouver cela magnifique.

Ils restèrent silencieux un moment, chacun plongé dans ses pensées. Kili fut le premier à rompre le silence :

- Tu te souviens, quand nous étions encore que des gamins ? Nous nous enfuyons la nuit pour courir dans les collines et regarder les étoiles.

- Tu cavalais après les lucioles et les vers luisants, répondit Fili. Je crois même que tu en as avalé quelques-uns.

- C'est pour ça qu'entre nous deux, c'est moi la lumière.

Fili laissa échapper un autre rire, franc et clair comme à son habitude – bien que plus rare ces derniers temps. Kili y décela cependant une douceur qu'il ne lui connaissait pas, ce qui lui parût d'autant plus étrange qu'il pensait tout connaitre de son grand-frère. Ils restèrent silencieux un autre moment, puis le brun roula sur le côté et se redressa sur ses coudes, le visage euphorique.

- J'ai une idée ! lança-t-il.

Fili se redressa de la même façon, et le regarda d'un ait vaguement intéressé.

- On se battre, comme avant. Une bonne petite bagarre.

- Je ne pense pas que…

Kili n'attendit pas la suite de la réponse. Il se releva en bondissant, les deux poings brandis devant lui.

- Aller viens, j't'attends. Montre que tu es un nain.

Fili baissa les épaules et lâcha un soupir. Puis, un petit sourire étira ses lèvres, et il se redressa à son tour. D'un coup d'œil rapide, il évalua la situation : Fili était un archer. Il possédait donc une force moindre à la sienne, mais il pouvait compter sur son agilité et sa rapidité. Si Fili parvenait à l'attraper, il pourrait sans problème le plaquer contre le sol, aussi longtemps qu'il le voulait et…

La gorge du jeune nain blond se serra brusquement, et il déglutit avec peine. Il ne pouvait pas accepter ce combat la seule pensée de perdre ses moyens et ne plus répondre de ses actes le terrifiait. Il n'y avait qu'une seule chose à faire : commencer la bagarre, se laisser battre immédiatement, et pouvoir penser à autre chose.

Fili lui adressa un sourire forcé, et serra ses poings contre sa garde. Voyant que Kili attendait qu'il commence, il s'avança et lui adressa un coup de poing si maladroit et gauche qu'il le manqua de quelques centimètres.

- C'est tout ce que tu peux faire ? lança Kili, déçu. Attend voir.

Avec une rapidité surprenante, il écrasa son poing dans la mâchoire de son frère. D'abord sonné, Fili fléchit les genoux et posa ses mains dessus.

- Tu ne plaisantes pas, dis-donc.

- Héhé. Allez, tout le monde sait qu'entre nous deux, c'est toi le plus fort et moi le plus malin. Pour l'instant, tu prouves la moitié de ces affirmations.

Quelque chose en Fili se mit soudain à bouillir. Toujours penché sur ses genoux, il releva brusquement la tête vers Kili, le visage figé.

- Eh, je ne faisais que plaisanter…

Le brun, surprit par la haine qui se lu soudainement dans les yeux de son grand frère, recula d'un pas. Il trébucha sur la fourrure, s'étala de tout son long, et se redressa sur ses coudes pour lui jeter un regard effaré. Jamais la colère, ni quelque sentiment négatif n'avait voilé les yeux de Fili. Et ce qu'il voyait là était au-delà de la colère. Une pensée lui traversa l'esprit : Fili allait le tuer. Il tenta de se redresser, mais saisi par la peur, perdit à nouveau l'équilibre. Fili arriva à sa hauteur en quelques enjambées, l'attrapa par le col, le retourna et lui écrasa son poing dans l'estomac, aussi fort que ses forces lui permettait. Le souffle coupé, Kili se replia sur lui-même et protégea sa tête de ses bras aveuglé par sa haine, Fili ne chercha même pas à écarter ses mains. Il ne pensait qu'à une chose : écraser de son pied cet être qu'il désirait tant, détruire l'existence même de ce qui le torturait à ce point.

Puis, sans comprendre ce qu'il faisait, il lui saisit à nouveau le col, le redressa sur ses jambes tremblantes et le poussa avec violence contre la paroi rocheuse. Kili se débattit tant bien que mal, mais Kili reprit vite le dessus, et d'une main, le bloqua avec toute la puissance de son corps. Il se serra alors contre lui, et plaqua sa bouche contre la sienne.

Kili écarquilla les yeux, le cœur battant d'une brusque et sourde panique, et redoubla d'abord d'efforts de se libérer de l'étreinte de son frère. Fili ne bougea pas d'un pouce, les lèvres toujours collées contre les siennes, le cœur battant d'excitation contre la fine armure de cuir de son jeune frère. Kili se débattit encore avec le peu de forces qu'il lui restait, comme autant de soubresauts que Fili maitrisait sans peine. Il finit par ne plus bouger du tout, ne sachant pas comment réagir face à cette situation qui le dépassait complétement. Puis, sans même s'en rendre compte, il écarta doucement les lèvres et accueillit la langue du blond sur la sienne. L'effroi et le dégout qu'il avait d'abord ressenti s'envolaient lentement, à mesure que grandissait en lui une émotion nouvelle. Sentant que Kili arrêtait de résister, Fili desserra son étreinte, s'écarta enfin de lui et le regarda droit dans les yeux. Le regard du brun était grave et fermé, mais il n'avait plus peur.

- Kili…

La voix du blond s'était réduite à un murmure, brûlante de désir. Kili détourna la tête pour ne plus à avoir à supporter ses yeux qui l'embrasait de l'intérieur. Il leva ses bras derrière Fili, et le serra contre lui. Fili plongea son visage dans le cou de son frère, et respira à pleins poumons son odeur virile de voyageur sur les routes depuis de longues semaines. Il embrassa à pleine bouche cette peau offerte, comme il en rêvait depuis si longtemps... Un long frisson parcouru l'échine du brun quand les mains de Fili plongèrent sous ses vêtements, le caressant d'une telle douceur qu'il lui pensait impossible avec des mains rendues aussi puissantes et calleuses par le maniement de lourdes épées. Fili pressa son entrejambe durci contre la cuisse de Kili, dont le cœur se remit à battre la chamade. Le blond desserra brusquement sa ceinture, défit les quelques boutons de sa braguette et arracha presque les jambières de son jeune frère. Il ne pouvait plus attendre. Un nouveau désarroi voila les yeux de Kili.

Non, pas comme ça, pas maintenant, il n'était pas prêt…

- Fili, je t'en prie…

Sa voix suppliante n'eut pour seul effet qu'attiser le besoin de Fili. Il oublia la douceur dont il venait de faire preuve, et le pénétra avec brutalité, coupant net la phrase qu'il s'apprêtait à prononcer par un gémissement de douleur. La bouche crispée et les yeux fermés, Kili agrippa la chevelure blonde de son frère et serra son visage contre sa poitrine. Une main posée contre la paroi de roches et l'autre tenant fermement Kili à la bonne hauteur, il s'obligea à se calmer, et entama doucement un va-et-vient avec toute la délicatesse dont il était encore capable. Kili se détendit lentement, et desserra la contraction de ses doigts dans les cheveux de Fili. Le blond accéléra alors sa cadence, et de sa main libre, saisit le membre en érection de son frère qu'il s'entreprit de caresser de haut en bas. A mesure que montait le plaisir au creux de leurs reins, leur respiration se fit de plus en plus saccadée. Cachés au cœur de la nuit, rien ne troublait le silence ambiant si ce n'était le bruit de leur souffle haletant et leur cœur frappant d'un même battement.

Ils atteignirent l'orgasme en même temps, poussant chacun un râle profond et grave. Fili fut le premier à recouvrer ses esprits. Il s'écarta brusquement de Kili, qui se laissa retomber mollement le long du mur naturel. Le blond lui tourna le dos, resserra sa ceinture et se pencha pour essuyer ses doigts reliés par des filaments blanchâtres sur une touffe d'herbe. Il fit quelques pas, et sans se tourner vers Kili, lança d'un ton sec :

- Personne ne devra jamais savoir. Si par malheur quelqu'un venait à le découvrir, nous mettrons fin à nos jours avec le peu de dignité qu'il nous restera.

Kili acquiesça en silence. Plutôt mourir que de perdre la face, tel est le mode de vie des nains. Voyant que Fili ne bougeait pas, Le brun se redressa, se rhabilla prestement et avança vers son frère. Celui-ci avait les sourcils froncés, avec une expression de perplexité qui ne collait pas avec ce qu'ils venaient de vivre.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Kili.

- Je crois que, euh…Qu' il manque des poneys.