Hello ! Voici une petite histoire basée sur un fandom que je n'ai pas encore exploré jusqu'à aujourd'hui. J'espère que ça vous plaira. Bonne lecture !

Genre : Romance / Derek x Stiles

Disclaimer : aucun personnage ne m'appartient


Il faut qu'on parle

Adossé à sa vieille jeep, Stiles observait la maison familiale des Hale d'un air à la fois contemplatif et pas rassuré pour deux sous. Les années avaient beau passer, cet endroit le rendait toujours aussi nerveux… ou était-ce son propriétaire qui le mettait dans cet état ? Bonne question !

Stiles avait maintenant vingt-quatre ans et il venait de terminer ses études à l'université. C'était son premier jour à Beacon Hills depuis son retour de la fac. Et que faisait-il en arrivant ? Il venait en pleine forêt pour rester planté devant une vieille baraque sans trouver le courage d'y entrer. Il s'était connu plus courageux que ça. Pas téméraire… mais plus courageux. A vrai dire, il se faisait l'effet d'un lapin qui allait bientôt se faire bouffer tout cru. Y a pas à dire… c'est très con un lapin !

Stiles scruta l'édifice qui se dressait devant lui. L'ancienne demeure avait retrouvé son élégance et son charme d'antan. Apparemment, Derek et sa meute n'avaient pas chômé. Ils avaient complètement retapé la maison. Les yeux du jeune homme suivirent la façade en bois, admirant silencieusement le travail que cela avait dû représenter pour redonner vie à ce qui ressemblait plus à l'époque à un tas de cendre qu'à une habitation. Il devait avouer qu'elle avait fière allure perdue ainsi au milieu des bois avec sa porte rouge et sa façade d'un brun chaud.

Son attention se fixa ensuite sur une fenêtre de l'étage supérieur. Celle qui devait toujours abriter la chambre de Derek. Il fut presque déçu de ne pas apercevoir une paire d'yeux d'un rouge incandescent le scruter à travers les carreaux de verre. Si l'alpha était dans le coin, il devait avoir senti sa présence depuis longtemps. Peut-être qu'il le snobait… c'était bien son genre. Mais il faut dire que la dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés l'un face à l'autre les choses avaient légèrement… dérapées.

Ca s'était déroulé deux ans plus tôt. Stiles était venu passer quelques semaines chez son père, profitant des vacances d'été pour reprendre ses bonnes vieilles habitudes, c'est-à-dire traîner avec Scott et l'aider à sortir du pétrin dans lequel il n'arrêtait pas de se fourrer. A croire, que son meilleur ami attirait les ennuis comme un aimant. Ca venait probablement du fait que le jeune loup garou devenait chaque année un peu plus fort. Cette puissance attisait beaucoup de convoitises surtout au niveau des alphas qui ne rêvaient que d'asseoir leur pouvoir et ainsi faire main basse sur Beacon Hills et le territoire qui en découlait. Mais malgré leur tentative de persuasion, Scott semblait hermétique à toute proposition et finissait toujours par décliner leur offre. Son meilleur ami tenait à sa liberté et la défendait ardemment.

Mais contrairement à Derek, la plupart des alphas ne supportaient pas qu'on leur dise non et cette non entrée en matière était irrémédiablement suivie de grondements… puis de menaces… et enfin d'un début de fin du monde surnaturelle. A ce stade-là, les évènements dégénéraient inexorablement vers une confrontation entre les deux meutes adverses. Car oui, Derek ne tolérait pas qu'on vienne empiéter sur son territoire, et finissait toujours pas épauler Scott. Enfin ça c'est ce que prônait l'alpha car Stiles était persuadé qu'il le faisait par simple amitié envers le jeune loup. Mais d'ici à ce que cet âne bâté l'avoue… c'était une toute autre histoire.

Bref, un plan avait été mis en place et chacun avait eu son rôle à jouer. Stiles y compris. Et comme à son habitude, le jeune homme n'avait pas tenu compte des recommandations de Derek qui s'apparentaient plus à une interdiction formelle d'intervenir et cela quoi qu'il arrive. Son statut d'humain semblait peser chaque jour un peu plus dans la balance et l'alpha le mettait systématiquement sur le banc de touche ce qui insupportait le principal concerné au plus haut point. Ca avait même clairement empiré depuis qu'il était entré à l'université. Ce foutu clébard aurait au moins pu lui montrer un minimum de reconnaissance. Après tout, il avait sauvé ses fesses d'alpha un nombre incalculable de fois depuis leur rencontre… bon d'accord, ça marchait aussi dans l'autre sens mais ça n'était pas une raison pour automatiquement l'envoyer paître !

Quoique cette fois-ci, il aurait peut-être mieux fait de l'écouter. L'affrontement entre les deux meutes avaient dégénérées de manière extrêmement violente et Stiles s'était retrouvé au beau milieu. Il avait été blessé en voulant protéger Scott alors que ce dernier s'était retrouvé en fâcheuse posture face à un ennemi déchaîné. Stiles n'avait pas vraiment réfléchi avant de se jeter sous les griffes de leur adversaire. Sa réaction avait été instinctive comme d'habitude.

Résultat des courses lorsqu'il avait repris conscience… trois semaines après l'altercation… il avait eu la surprise de se retrouver allongé dans un lit d'hôpital, un tuyau désagréablement enfoncé dans sa gorge et sans souvenir du comment il était arrivé là. D'après le récit de Scott, son cœur s'était arrêté de battre durant quelques instants. C'est grâce à l'intervention de Derek, qui s'était acharné sur lui refusant de le voir mourir, que les battements avaient fini par reprendre.

Au final, il s'en sortait plutôt bien.

A son réveil, son père avait hésité entre lui passer le savon du siècle et le serrer dans ses bras jusqu'à l'étouffer. C'est la deuxième option qui fut la bonne. Scott, ses amis et le reste de la meute étaient venus le voir quasiment tous les jours jusqu'à son rétablissement. Par contre aucune trace de Derek.

A son retour chez son père, Stiles avait pris encore quelques jours pour se remettre d'aplomb. Puis, intrigué par le silence radio du loup garou, il avait fini par s'installer derrière son volant et était parti en direction de la forêt. L'étudiant ne savait pas trop à quoi s'attendre en déboulant ainsi chez l'alpha. Il lui devait un merci, ça c'est sûr. Mais Derek n'était pas du genre à s'embarrasser de la gratitude des autres.

Stiles devait avouer qu'il ne le comprenait pas toujours. Il avait pourtant tenté de le faire par le passé mais en vain. Dans certains domaines, le loup demeurait une énigme à part entière. Et sa façon de garder les gens à distance, malgré ce qu'ils avaient partagé ensemble ces dernières années, en était un parfait exemple.

Arrivé à destination, le jeune homme coupa le moteur et descendit de sa jeep. Il monta rapidement les quelques marches qui menaient à la demeure des Hale et entra sans même prendre la peine de frapper. Il avait aperçu les bêtas au centre ville. Il savait que leur chef serait seul.

- Derek, appela-t-il en faisant quelques pas dans l'entrée.

Il remarqua à peine la montagne de planches en bois toutes neuves entassées dans une des pièces adjacentes ainsi que les outils éparpillés sur le sol. N'obtenant pas de réponse, il fureta à l'étage du bas avant de se décider à monter. Prudemment, Stiles emprunta les escaliers qui menaient au second, crispant sa mâchoire à chaque grincement plaintif du bois sous ses pieds. Il ne manquerait plus qu'il passe à travers une planche pourrie et se retrouve une nouvelle fois à l'hôpital.

- Derek, tenta-t-il en arrivant sain et sauf au sommet des marches.

Il ne savait pas pourquoi il insistait pour l'appeler. C'était évident que l'alpha n'était, soit pas chez lui, soit préférait l'ignorer ce qui était une façon de lui dire de déguerpir vite fait.

Stiles passa en revue toutes les chambres, ou tout du moins celles qui étaient encore des pièces habitables et non pas un trou béant donnant sur la forêt alentour. Il termina par la plus à l'écart de toutes, celle qui devait appartenir à Derek se dit-il en observant la veste en cuir posée négligemment sur une chaise. Ses affaires étaient là, par contre aucune de trace du loup.

- Mais où est-ce que tu te caches ? marmonna-t-il dans sa barbe avant de sentir des picotements au bas de sa nuque.

Cette sensation lui était furieusement familière. Il avait beau être absent plusieurs mois par année à cause de ses études, il n'avait pas oublié cette chaire de poule parcourant sa peau à chaque fois que Derek le fusillait du regard. Lentement Stiles se retourna pour se trouver face à l'alpha.

Bingo ! Ne put-il s'empêcher de penser.

- Qu'est-ce que tu fous là, demanda le propriétaire des lieux d'un ton sec.

- Il faut qu'on parle.

Ok… ça faisait un peu cliché mais sur le moment, Stiles n'avait pas trouvé mieux.

- On n'a rien à se dire. Tu n'aurais jamais dû mettre les pieds ici.

- Derek…

- Va-t-en !

Les iris du loup s'étaient légèrement teintés de rouge avant de reprendre leur couleur habituelle. Mais Stiles ne se laissa pas impressionner pour si peu. Après tout, il pratiquait le Derek depuis plusieurs années maintenant. Il était presque un expert dans ce domaine. Il savait très bien que le seuil de tolérance du loup allait bien au-delà des simples menaces. Il avait donc encore de la marge de manœuvre et il comptait bien en profiter pour mettre les choses au point.

- Je suis venu pour te remercier. Je sais que je n'aurais pas dû m'interposer entre Scott et cet alpha mais je n'ai pas vraiment réfléchi sur le moment et...

- Tout le problème est là ! Tu ne réfléchis jamais ! l'interrompit le loup laissant parler sa colère. Tu n'es qu'un abruti inconscient qui ne devrait pas se mêler de choses qui le dépassent.

Derek s'avança vers lui d'un pas lent et menaçant. Malgré son attitude hostile et les paroles blessantes qu'il lançait à la figure de Stiles, ce dernier ne broncha pas.

- Quand est-ce que tu comprendras où est ta place. Tu n'es pas l'un des nôtres, tu ne le seras jamais. Alors reste en dehors de nos histoires. Tu m'as bien compris ?

- Tu ne crois pas que c'est un peu tard pour ça ? Combien de fois est-ce que tu as débarqué chez moi au milieu de la nuit pour que je te trouve des informations ? Si tu ne voulais pas que je me mêle de tes affaires, fallait pas venir me chercher !

- Je le regrette. Crois-moi. C'était une énorme erreur ! invectiva-t-il.

- T'es qu'un connard, Derek !

Les mains de Stiles se serrèrent en deux poings blanchis par la colère. Son sens de l'humour s'était fait la malle au fur et à mesure que l'alpha le rejetait.

- Je ne suis pas à ton service. Tu ne peux pas disposer de moi comme ça t'arrange et ensuite m'éjecter comme un déchet. Je ne suis pas de la chair à canon, tu m'entends !

Derek franchit les quelques pas qui les séparaient et empoigna l'étudiant, enserrant son bras dans un étau qui ne souffrait aucune résistance de sa part. Ensuite, il l'entraîna sans un mot à sa suite, dévalant les escaliers pour enfin sortir de la maison.

Stiles pensa immédiatement que l'alpha allait le mettre à la porte de chez lui. Mais ça ne fut pas le cas. Tentant de conserver son équilibre et calquant son rythme de marche sur celui de Derek, il fut surpris de se voir entraîné à l'arrière de la vieille bâtisse pour ensuite entrer dans la forêt. Il se demanda pendant un dixième de seconde si le loup ne l'emmenait pas au fond des bois pour se débarrasser de lui une bonne fois pour toute. Puis, il se donna mentalement une claque. Ce n'était pas le moment de délirer.

Les deux hommes arrivèrent finalement dans une toute petite clairière située à quelques mètres à peine de la maison des Hale. Derek poussa Stiles en avant, relâchant par la même occasion sa prise sur son bras. L'étudiant percuta le sol sans ménagement.

- 'tain, qu'est-ce qui te prend de…, commença-t-il à dire en se relevant. Mais la suite de sa phrase ne franchit jamais ses lèvres.

Face à lui, se dressait une dizaine de petites stèles sur lesquelles était gravé le triskèle de Derek.

- Qu'est-ce que… balbutia-t-il en contemplant les tombes.

- C'est ce qu'il reste de ma famille, expliqua l'alpha d'une voix étrangement basse et grave. C'est ce qui arrive lorsqu'on vit dans mon monde et qu'on n'est pas assez fort.

Stiles scruta encore quelques instants le paysage en silence, sentant une étrange mélancolie lui serrer le cœur.

- C'est ce qu'il t'arrivera si tu restes dans mon sillage.

- Ca tu ne peux pas le savoir, répondit l'étudiant en se tournant vers l'homme qui l'avait conduit ici.

- Tu es déjà mort Stiles. Pendant quelques instants… tu es mort. J'ai entendu ton cœur cesser de battre. J'ai senti la vie s'échapper de ton corps.

Derek se rapprocha de lui. Toute colère avait quitté ses traits.

- Fuis, lui dit-il. Retourne à l'université, finis tes études, construis une nouvelle vie et oublie Beacon Hills. Oublie-moi. Tu as une chance de vivre normalement. Ne la laisse pas passer.

- C'est ce que tu voulais faire lorsque tu es parti pour New York ?

L'alpha ne répondit pas tout de suite. Il ne parlait jamais de lui et encore moins lorsque ça touchait son passé. Mais apparemment, il fit une exception.

- Je n'ai jamais voulu de cette responsabilité. Lorsque j'ai emménagé à Brooklyn, j'étais persuadé de laisser cette partie de moi en arrière.

Le regard de Derek se posa sur les stèles de pierre.

- Mais les choses ont tourné différemment.

Le silence s'installa laissant l'alpha perdu dans ses pensées. Puis, Stiles se permit un geste interdit. Il leva sa main et la posa sur le bras de Derek. Face au contact, ce dernier reporta son attention vers lui. Stiles fut heureux de constater qu'il ne le fusillait pas du regard pour qu'il cesse de le toucher. C'était déjà un début.

- Je ne peux pas partir, dit l'étudiant. Toute ma vie est ici. Ma famille, mes amis, les gens que j'aime. Contrairement à toi, je n'ai jamais voulu quitter cet endroit. Je m'y sens bien. Je m'y sens… à ma place.

- Tu finiras surtout par te faire tuer.

- Ca n'est pas à toi de décider Derek. Je te rappelle que je suis le fils du shérif. Si quelqu'un sait ce que ça fait de voir un membre de sa famille en danger tous les jours c'est bien moi. Je peux mourir à n'importe quel moment que ce soit renversé par une voiture, braqué dans la rue par un inconnu pour quelques dollars ou alors à l'hôpital cloué au lit par la maladie comme ma mère. Ca n'est pas en m'envoyant à l'autre bout du pays que je serai plus en sécurité.

- Ca n'est pas en restant près de moi que tu pourras… commença l'alpha avant de s'interrompre par frustration.

Il scruta Stiles quelques secondes avant de poursuivre.

- J'ai suffisamment de sang sur les mains. Je refuse d'avoir aussi le tien.

L'inquiétude ! Stiles avait fini par trouver le terme exact qui définissait l'expression de Derek à cet instant précis. Il était inquiet pour lui. Ni en colère, ni dominant, juste… inquiet. Dire qu'il aura fallu six ans et sa propre mort pour qu'il affiche autre chose que de la rage ou du détachement à son égard. Ce que cet homme pouvait être compliqué !

- Je suis désolé Derek mais je ne vais pas pouvoir faire ce que tu me demandes.

Le loup garou venait de laisser apparaître une brèche dans sa carapace et Stiles rêvait de s'y engouffrer. Il ne savait pas exactement ce qu'il y trouverait mais s'il ne tentait pas sa chance maintenant, il savait qu'il le regretterait.

Les doigts de l'étudiant se crispèrent un peu sur le bras de l'alpha trahissant sa nervosité. Le regard des deux hommes s'accrochèrent pour ne plus se lâcher. Stiles pouvait sentir la chaleur du corps de Derek irradier vers lui. C'était comme la force d'un aimant qui tentait de l'attirer. Scott dégageait la même chose. Ca devait probablement être un truc de loup garou. Quoique l'impact sur Stiles n'était pas vraiment le même quand il s'agissait de Derek.

La chaleur de Scott le rassurait, comme une force paisible, comme la présence d'un frère toujours à ses côtés. Tandis qu'il émanait quelque chose de différent de l'alpha. Une impression de puissance écrasante mais aussi une attraction qui était presque dévorante. Stiles l'avait toujours ressentie et au fil des années, ça avait fait naître en lui des sentiments bien particuliers pour Derek. Bien qu'ils n'en aient jamais parlé, Stiles savait que l'alpha était au courant de ce qu'il ressentait. On ne se côtoyait pas aussi longtemps et on n'affrontait pas des évènements aussi intenses ensemble sans que la perception de l'autre ne vous imprègne.

Ils pouvaient faire semblant, mais au final personne n'était dupe.

- C'est pas une bonne idée, dit Derek dans un murmure sourd lorsqu'il se rendit compte vers quelle direction se dirigeaient les pensée de l'étudiant.

- Je sais.

Stiles avait l'impression qu'un étau lui broyait la poitrine. Il était fasciné et terrifié à la fois.

Il rapprocha son visage de celui de l'alpha et le souffle de ce dernier vint effleurer son visage.

- Tu devrais t'en aller.

- Je sais.

Mais à contrario des paroles échangées, le jeune homme attrapa de sa main libre le sweet de Derek afin de l'attirer un peu plus à lui. Le loup avait toujours ses bras le long de son corps, signe d'un dernier garde-fou qu'il s'imposait.

- Ca va mal finir.

Stiles n'eut aucune envie de dire qu'il le savait. Bien qu'au fond de lui, une partie de son inconscient sembla le crier. A la place, il prit l'initiative de faire disparaître les quelques centimètres qui les distançaient afin de poser sa bouche sur la sienne.

Le premier contact ne fut qu'un simple attouchement. Et malgré la pression exercée sur ses lèvres, Derek demeura immuablement inerte. Ce geste dura quelques instants avant que Stiles ne le rompe. Loin de se laisser décourager pour si peu, l'étudiant réitéra l'expérience, ouvrant un peu ses lèvres pour tenter d'encourager une quelconque réaction de la part du principal concerné. Mais comme sa première tentative, la seconde fut un échec cuisant.

Stiles s'arrêta et finit par reculer son visage. Il ne comprenait pas Derek. S'il ne voulait pas de lui, il aurait pu simplement le repousser. Le fait qu'il soit encore en vie après l'avoir embrassé prouvait bien que cette… attraction qu'il ressentait était réciproque. Alors qu'est-ce qui clochait, nom d'un chien ! Le jeune homme était à deux doigts de laisser exploser sa frustration et son incompréhension lorsqu'il sentit les mains de Derek s'emparer de son visage et l'attirer à lui avec impatience.

Ce troisième baiser fut totalement différent. Il était passionné, avide, impétueux. L'une des mains de l'alpha dévia vers sa nuque afin de le rapprocher encore plus de lui si c'était possible. Stiles émit un gémissement qu'il ne fut même pas conscient de laisser s'échapper. C'était si bon. Après toutes ces années, il se serait presque attendu à être déçu. Après tout, à force d'attendre quelque chose aussi longtemps, de faire des spéculations, il serait naturel d'être dessous de la réalité. Mais ça n'était pas le cas !

Embrasser Derek s'était comme une explosion de sensations. Le cerveau de Stiles était complètement saturé d'information. Il avait la vague impression de s'être drogué et d'être parti loin, très loin, de la planète Terre. Plus rien n'existait à part l'alpha. Ses mains sur sa peau, ses lèvres presque impatientes qui cherchaient les siennes, son goût, sa chaleur. Lui, juste lui.

Puis… tout cessa.

Brusquement.

Violemment.

Avant d'avoir compris ce qu'il se passait, Stiles vit Derek s'éloigner de quelques pas, lui laissant une désagréable impression de vide et de froid.

Les deux hommes s'observèrent, le souffle court. Ils étaient à moins de deux mètres l'un de l'autre.

C'était Derek qui s'était éloigné.

Stiles ne comprenait pas.

L'étudiant était sur le point de formuler un début de question lorsque le loup garou prit la parole.

- Jamais.

Le jeune homme fronça les sourcils d'incompréhension. Jamais… quoi ?

- On aurait jamais dû en arriver là, poursuivit son vis-à-vis alors que son expression reprenait son habituel masque d'impassibilité.

- Mais qu'est-ce que tu racontes ?

- C'était une erreur, une énorme erreur.

Ce n'était que des paroles mais Stiles fut bien plus blessé que si Derek lui avait balancé son poing dans la figure.

- Va-t-en Stiles et ne reviens jamais !

Le jeune homme ne répondit pas trop choqué ou perdu pour réellement prendre la mesure de ce qui se jouait.

- Est-ce que tu m'entends !

- Oui, je t'entends parfaitement, finit-il par rétorquer sèchement, son orgueil blessé par l'attitude du loup.

Derek demeura immobile encore quelques instants avant de définitivement lui tourner le dos. Il s'éloigna sans plus un mot ni un regard en arrière.

Stiles resta debout au milieu de la forêt pendant un long moment. Puis, il prit la seule décision qui lui semblait adaptée. Il rentra chez son père, prit ses affaires et repartit pour l'université. Il ne revint pas durant les deux années suivantes. Ce furent le shérif et ses amis qui se déplacèrent pour le voir durant les vacances.

Pendant ces deux années, Stiles vécut sa vie d'étudiant insouciant. Il fit de nouvelles rencontres, se lia d'amitié, eut des aventures. Mais étrangement, lorsqu'il était seul, ses pensées dérivaient automatiquement jusqu'en Californie et jusqu'à cet endroit qu'il appelait sa maison. Lorsqu'il fut diplômé et après avoir longtemps pesé le pour et le contre, il décida de rentrer… chez lui.

Et pour cela, il savait qu'il devrait faire face à Derek. En revenant s'installer à Beacon Hills, ils seraient obligés de crever l'abcès. Après tout, ils n'allaient pas s'éviter ad aeternam ?

Ce serait puéril.

De plus… l'alpha lui manquait… Ca faisait deux ans qu'il lui manquait.

A présent Stiles savait ce qu'il voulait. Il ne restait plus qu'à l'obtenir.

Et voilà où il en était de ses bonnes résolutions.

Deux ans plus tard…

Adossé à sa jeep…

Devant la maison de Derek…

Le jeune homme laissa échapper un soupir de découragement. Il n'était pas au bout de ses peines. Ca, il en était certain.

Un bruit sur sa droite le sortit de ses pensées et lorsqu'il tourna son visage il vit l'alpha de Beacon Hills l'observer en silence.

Les deux hommes se toisèrent quelques instants en silence.

- Salut Derek, finit par dire Stiles.

Son vis-à-vis ne répondit pas.

Un sourire en coin apparut sur le visage de l'ancien étudiant.

- Il faut qu'on parle, dit-il mi-amusé, mi-sérieux.

Fin


Voili voilou. Normalement cette histoire devrait avoir une seconde partie. Juste pour développer la relation entre Derek et Stiles. Mais vu ma façon un peu désordonnée de publier, je préfère en faire deux histoires distinctes. Au pire des cas, ce texte restera un petit oneshot. J'espère que ça vous a plu et je vous remercie d'avoir pris le temps de lire ma tentative d'écriture sur Teen Wolf. A bientôt.