Bonjour à tous & Bonne année !

Me voilà de retour avec une petite fiction qui devrait faire une dizaine de chapitres. J'ai déjà le chapitre deux de bouclé et même A Slytherin Lioness est en avance! Déjà 1700 mots de tapés donc, si vous êtes gentils, je vous poste la suite :)

Je voulais remercier les gens qui me sont fidèles genre liaewenn et Ausland, vous êtes géniales et je vous adore!

Un petit Dramione qui vous fera plaisir j'espère :)

Bonne lecture !

Gwen


Will you forgive me?

Une nuit d'automne en Écosse. Le vent qui souffle sur l'une des collines qui encadrent le Manoir. La lune qui éclaire le parc et ses fleurs qui se meurent. Les arbres qui ploient sous la furie du souffle furieux qui balaie tout sur son passage. Les volets claquent sur les murs de la somptueuse résidence. A la fenêtre un homme.

Il est jeune, tout au plus vingt-cinq ans. Son visage est fin et délicat, visage angélique dans les ténèbres de la nuit. Visage entouré par de longs cheveux d'un blond platine noués en une belle queue de cheval. Visage à la peau trop pâle. Des yeux gris comme les nuages un soir d'orage, cernés et injectés de sang. Un Ange en enfer dira-t-on.

Le jeune Draco Malfoy est calfeutré dans sa résidence, tapi à l'ombre des projecteurs. Il a traversé des épreuves harassantes, des crises terribles et son visage en est marqué. Derrière sa fenêtre, il regarde les éléments se déchaîner sur sa prison dorée. Il voit les chênes centenaires se courber, tenter de lutter. Il voit la pluie tomber sur son monde. Puis il se détourne.

L'orage dehors n'est rien comparé à la tempête qui gronde en lui. Aucun ouragan, aussi terrible soit-il, ne peut rivaliser avec celui qui rugit en lui. Dans son monde à lui, le vent a fini par abattre tous ses arbres. La pluie a tout inondé. Là-bas, plus jamais ne se lèvera le soleil. C'en est fini de l'aurore, du soleil pâle de sa nuit agitée. Là-bas, la Lune domine, elle exerce son ténébreux empire irrémédiablement.

"Maître Malfoy.." murmure une voix timide.

Une jeune elfe. Elle est toute petite, encore plus que les autres Elfes de Maison. Ses yeux verts comme le jade sont emplis d'adoration. Et lui ne connaît pas son nom. C'est à peine si il connaît son propre nom. Cela fait des années qu'il est plongé dans sa terrible dépression. Cela fait des années qu'il est enfermé dans cette immense maison qu'il hait tant. En cage comme un vulgaire animal. Il secoue la tête. Il ne se laissera pas aller à se plaindre. Il ne sait plus pourquoi mais cela n'est pas de son rang.

« Maître, votre mère vous informe que le dîner est servi dans la salle à manger privée. » Reprend l'elfe, hésitante. Elle sait qu'il ne tolère pas qu'on le dérange. Il ne se nourrit que quand la faim le terrasse. Il est maigre comme jamais mais il ne s'en préoccupe guère. Il ère sans vie dans la demeure.

« Pars. » Ordonne sa voix morne. Et elle s'exécute. Le Maître a parlé.

Le sorcier s'assoit dans un large fauteuil vert et balaie la chambre de son regard si profond. Il la cherche toujours autour de lui. Et pourtant, les journaux sur son bureau annoncent tous qu'elle est mariée. Qu'elle attend son deuxième enfant. Qu'elle commence une carrière prometteuse au Ministère de la Magie dans le département de la Justice Magique.

Elle est partie depuis sept ans. Elle est partie sans autre excuse qu'une lettre vide de sens. Un aveu. Une trahison. Avec elle, elle a emporté tout le bonheur du monde. Sa dernière fleur, elle lui a faite en lui évitant un procès. Son dernier cadeau. Puis elle a rejoint son véritable amour et est devenue la plus grande des héroïnes de guerre. Et pourtant pour elle il aurait tué. Il avait renoncé à suivre le chemin de son père pour elle.

La rage et la douleur montent en lui. C'est perpétuellement la même chose. Il pense toujours à elle. A son corps contre le sien. A son sourire au réveil. A sa douceur, sa tendresse. Il se rappelle ses lèvres sur les siennes. La joie quand il serrait son petit corps contre lui, pour la protéger des démons de la nuit. Il se rappelle de la femme qu'il a aimé plus que sa propre vie. Celle qui l'a abandonné et qui vit heureuse après l'avoir poignardé dans le dos. Il lui en veut moins qu'il ne s'en veut. Il l'a laissée l'atteindre. Erreur fatale.

La porte s'ouvre doucement. Il entend le bruit mais ne voit pas. Son fauteuil est dos au lourd panneau de bois. Il ne se retourne pas. Il sait que c'est sa mère qui vient lui rendre visite. Sa mère qui craint pour lui. Parfois il s'en veut de lui faire tant de mal mais il ne peut sortir de la grotte dans laquelle il se terre. Cela lui ferait trop mal. Alors il laisse Narcissa tenter de le réveiller sans trop la repousser.

« Draco ? » Demande-t-elle de sa voix lasse. On sent l'énergie qu'elle met à prendre soin de son fils. On sent sa résignation. Elle sait que son fils est mort ou tout comme. Elle sait que ses blessures jamais ne guériront. Elle ne lui en veut pas d'avoir trahi son clan, d'avoir aimé une femme impure. Il est son fils et elle l'aime. Depuis que Lucius est à Azkaban, Narcissa veille son fils. « Draco, je sais que Lany est venue te le dire mais le dîner est servi. Viens manger je te prie. »

« Non. » Un mot qui sort de la bouche du jeune homme c'est déjà un exploit alors elle sourit. Peut-être y a-t-il de l'espoir. Alors elle s'approche et pose la main sur le bras de son fils qui est posé sur l'accoudoir. Il le retire en jappant comme un animal blessé. Il s'enfuit dans un coin de la chambre, le regard fou, sa baguette pointée sur elle. Elle soupire.

« Draco. C'est moi... » Tente-t-elle. Elle se retient de pleurer. Elle a tout perdu durant la guerre. Son mari qu'elle aime tant et à qui elle peut tout juste écrire. Son honneur. Sa fortune. Et son fils. Il est là mais il est mort. Il survit. Ses yeux sont morts et quand on l'approche, il devient fou avant de retomber dans son état catatonique. D'ailleurs elle voit déjà ses yeux s'éteindre. Il se roule en boule sur le sol et pleure. Elle est là, impuissante.

Alors elle part. Elle le laisse seul dans le noir. Elle ferme la porte et va dans sa chambre. Elle n'a pas mangé mais peu importe. Elle veut juste pleurer. Elle veut écrire à son mari. Elle seule sait qu'il n'est pas plus un monstre que Draco. Il est un homme, c'est tout. Depuis qu'il est en prison, il s'est arrangé. Il a retrouvé une sensibilité, elle le sait. Il ne peut lui écrire autre chose que de brèves notes mais elle a pu le voir quand il a été malade il y a quelque mois. Il lui a demandé de prendre soin de son fils. Elle prend un parchemin et écrit.

Mon très cher Lucius,

La vie au Manoir est un enfer. C'est comme si tous les dieux de ce monde s'étaient déchaînés sur notre demeure. Les collines verdoyantes dans lesquelles Draco aimait tant jouer sont aujourd'hui des collines de boue, sales, repoussantes. Les arbres ploient sous la douleur de notre famille. Nos elfes sont effrayés. Nous sommes coupés du monde. Quoique cela n'affecte pas notre fils. Lucius, si seulement tu étais là. Le silence de notre fils me serait bien plus supportable.

Draco erre dans le manoir, sans but. Il est mort, Lucius. Cette fille du Diable l'a tué. Tu ignorais ce qui s'était passé, alors voilà. Draco a été séduit par cette Hermione Granger qui t'a fait condamner. Pendant un an elle l'a bercé d'illusion et Draco l'aimait. Elle l'a utilisé. Puis elle l'a quitté. Notre fils a sombré dans les ténèbres depuis. Merlin, merci, tu n'as jamais vu notre enfant ainsi. Il arpente les couloirs comme un fantômes. Il ne se nourrit plus. Ses yeux sont mort. Sa voix est rauque de ne plus parler. Il dépérit comme une fleur que l'on aurait cueilli. Lucius, ô mon amour, nous sommes les parents d'un corps sans vie.

Je n'ai pas besoin d'être guérisseuse pour savoir que nous approchons de la fin. Il est maigre comme jamais je n'aurais cru possible. Le moindre sort l'affaibli. Hier, après avoir jeté un simple Accio, il s'est évanoui. Il ne se bat plus...

Ton absence m'est insupportable. Seule je suis sans toi. La vie est si dure...

Avec tout mon Amour,

Ta femme, Narcissa.

Elle s'étire, appelle son hibou et lui donne la lettre, puis elle le regarde s'éloigner. Une larme roule sur sa joue. Oui, elle est bien seule dans ce manoir.

Dans sa chambre, son fils regarde dehors. Il voit le hibou partir. Encore une lettre envoyée à son père. Il hait cet homme. Il ne lui a jamais montré de signe d'affection. La seule chose que ce monstre voulait, c'était un héritier. Jamais il ne l'avait félicité. Draco soupire. Il ne verra pas les étoiles ce soir. Il ne verra plus leur ballet qui plaisait tant à sa belle Hermione. Il ne verra plus le jour se lever. Il sait qu'il est mourant. Son corps faiblit de jour en jour car trop peu nourri. Il n'a pas peur de la mort. Il est mort. Reste juste à son enveloppe charnelle à mourir et libérer son esprit.

Au ministère de la magie, la nuit est calme. Hermione travaille un dossier. Elle doit rendre un rapport sur Lucius Malfoy le lendemain. Elle s'étire puis caresse son ventre rebondi. Dans un mois elle arrêtera de travailler pour attendre la naissance de son fils. Harry aurait voulu qu'elle arrête plus tôt mais elle aime trop son travail. Elle se sent utile ici. Et puis elle n'aime pas rester dans leur grande villa seule. Elle ne rentre que quand son aîné, James, rentre de l'école maternelle.

Elle se replonge dans ce dossier pénible. Elle a elle-même fait condamner Lucius, c'est donc tout naturel qu'elle s'occupe du cas. Mais cela veut dire qu'elle doit lire toutes les lettres de sa femme avant qu'elles ne soient délivrées à l'ancien bras droit de Voldemort. A chaque fois elle s'en veut de blesser encore un peu plus cette famille. Parfois elle autorise Lucius à envoyer une brève note à sa femme. Ou à la voir quand il est vraiment malade, presque mourant.

On frappe à sa porte. Un homme entre, un hibou grand duc sur son bras. Hermione soupire. C'est encore une lettre de Narcissa. Elle est souvent déçue en lisant la lettre quand elle n'a pas de nouvelles de Draco. Elle s'en veut de lui avoir fait tant de mal mais elle l'a fait pour le Plus Grand Bien. Elle hoche la tête et prend le parchemin que lui tend l'employé d'Azkaban avant de quitter la pièce.

Elle frotte ses yeux fatigués et ouvre l'enveloppe qui est frappée aux armes des Malfoy. Le parchemin qu'elle sort est lourd, coûteux et la lettre est plus longue que d'ordinaire. Elle soupire. Elle invoque une tasse de de thé au citron. Elle en a besoin pour lire cette maudite lettre. Elle sait que Narcissa va encore parler d'un enfer intenable.

Elle lit la lettre en sirotant son thé, tranquille. Puis elle lit le portrait que Narcissa fait de Draco et elle se fige. Elle sait que Draco l'a aimée plus que sa propre vie mais de voir sur le papier ce qu'elle lui a fait, c'est insoutenable. Elle verse une larme, se sentant terriblement coupable. Le bébé donne un petit coup de pied et cela l'apaise.

Lucius est prostré au fond de sa cellule, terrifié. Il sent sa lucidité s'échapper de son être. Les Détraqueurs l'avaient plutôt épargné jusque là mais aujourd'hui ils se déchaînent sur lui. Il pense à sa femme et son fils afin de trouver le courage de ne pas se laisser aller à l'insanité. Il sait que c'est sa seule chance de s'en sortir. La tempête fait rage dehors mais il n'en a cure, le danger est à l'intérieur, pas à l'extérieur.

Il entend des talons claquer sur le pavé. Une femme en talons à Azkaban, c'est souvent signe de mauvaises nouvelles. Surtout dans l'aile hautement sécurisée des Anciens Mangemorts. Il soupire. Il aimerait tant être chez lui, loin de ce lieu irréel dans lequel les vivants et les morts ont en commun leur absence d'esprit. Enfin dire à son fils qu'il l'aime. Mais inutile de rêver, il est bloqué dans cette étroite cellule.

Les talons se rapprochent de plus en plus et il commence à avoir peur. Il est tout au bout du couloir, la dame a dû passer devant la plupart des autres détenus. Un étrange pressentiment s'empare de lui. Il sait que ça ne va pas fort au Manoir.

Ça y est, la jeune femme est devant lui. Il reconnaît aisément cette femme si cruelle qui l'a séparé de sa famille. Elle le fixe avec un mélange d'animosité et de crainte. Elle tient une enveloppe qui porte le sceau de sa famille. Une lettre de Narcissa. Il tend le bras mais elle se recule.

« Non Monsieur Malfoy. » Le sermonne-t-elle. « Cette lettre ne peut vous être délivrée au vu de son contenu puisqu'elle peut nuire à certains membres haut-placés du Ministère. »

Lucius tente de l'attraper, désespéré mais il est arrêté par les barreaux. Malgré tout, il continue de s'acharner et au bout d'un moment elle peut entendre le bruit écœurant d'une épaule qui se déboîte. L'homme ne s'arrête pas, il continue de tendre le bras pour attendre la lettre et elle ressent de la pitié pour cet homme.

« Arrêtez Monsieur Malfoy, je vais vous expliquer son contenu. » Sa voix semble le calmer puisqu'il se recule et attend qu'elle lui donne des nouvelles. « Votre femme vous a écrit pour vous donner des nouvelles de votre fils.. » Sa voix se serre sous l'émotion.

« Draco ? » demande-t-il, visiblement apeuré par ce qu'il va entendre.

« Oui. Elle vous annonce que votre fils est très faible. Il ne se nourrit apparemment plus du tout. Sa magie est au plus bas. Draco est mourant... » Sa voix est étranglée à la fin.

Lucius la regarde différemment. Ses yeux sont haineux. « C'est vous. »

« Pardon ? » Demande Hermione, surprise.

« Je sais qu'il était fou de vous... Je l'ai vu au moment de la Bataille... Je ne suis pas aveugle... Je ne suis pas au courant de ce qui s'est passé entre vous mais ça ne peut être que de votre faute ! » Fait Lucius en mettant toute l'acidité du monde dans sa voix.

Elle se détourne sans un mot et prend la Poudre de Cheminette jusqu'à son bureau. Elle finit son rapport en silence. Elle a envie de pleurer mais se retient. Elle doit être forte. Elle boucle le dossier et l'envoie chez son directeur. Elle regarde l'heure. Vingt trois heures trente. Elle se sent lasse, fourbue. En rangeant ses affaires, elle voit un bout de parchemin tomber. Elle le ramassa. Sur ce bout de papier, elle trouve une invitation à une certaine adresse. L'invitation est signée Narcissa Malfoy.

Écoutant son instinct, la jeune femme transplane à l'adresse indiquée.