Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas.

Suite à une petite insomnie qui m'est tombée dessus en début de semaine, voici le début d'une nouvelle histoire.

Bonne lecture !


Les sept péchés capitaux : l'envie

Derek avait rarement été tourmenté par l'envie. Tout simplement parce que lorsqu'il convoitait quelque chose, il mettait tout en œuvre pour l'obtenir. Il savait faire preuve de patience et de stratégie lorsque la situation le nécessitait, tout comme à contrario il n'hésitait pas non plus à foncer tête baissée en cas de besoin. Rien ne lui résistait longtemps… ni ne le déstabilisait.

Jusqu'au jour où un adolescent entra avec fracas dans son existence.

Agé de seize ans à l'époque de leur rencontre, Stiles était l'archétype même de l'ado bavard et trop curieux pour son propre bien. Il avait d'ailleurs tendance à prendre bien plus de place dans l'espace que sa stature ne le laissait présager. Derek avait même dû à plusieurs reprises se convaincre de ne pas l'achever dans un coin sombre de la forêt lorsque le débit de parole atteignait des sommets encore jamais égalés à ce jour.

Mais au fil du temps, Stiles révéla des qualités humaines indéniables comme sa loyauté envers sa famille ou ses amis, son courage à la limite de l'inconscience ou sa légendaire répartie qui pouvait vous redonner le sourire en cinq minutes chrono.

Et avant même que l'alpha ne puisse s'en rendre compte, il fut piégé.

Piégé par un adulte qui venait de souffler ses dix-huit bougies…

Piégé par un sourire communicatif…

Piégé par un regard loyal et franc…

Piégé par une intelligence rare…

Piégé par l'envie de toucher et d'être touché.

Si Derek avait pu voir venir le danger, il aurait pris les mesures nécessaires pour se protéger. Mais quand il eut conscience de l'ampleur de la situation, il était trop tard. Stiles avait réussi l'exploit de frôler son cœur et d'y apposer une marque indélébile. Déstabilisé pour la première fois depuis très longtemps, le loup avait réagi de la seule façon qu'il connaissait. Il avait laissé ses craintes guider ses gestes et ses paroles afin de rejeter le plus violement possible ce sentiment qui lui donnait l'impression de ne plus s'appartenir.

Et par conséquent, il rejeta aussi la personne qui en était à l'origine.

Mais plus, il mettait d'énergie à combattre ce qu'il ressentait, plus l'envie de marquer Stiles comme étant sien devenait chaque jour de plus en plus forte. Le loup tapi au fond de lui paraissait réclamer ce que le côté humain refusait de lui donner.

Et il arriva ce qui devait arriver… Les choses empirèrent de manière alarmante un soir d'automne, lorsque Derek se vit contraint de faire équipe avec Stiles.

Cela faisait trois semaines qu'un oméga sévissait dans la région, tuant de jeunes adolescentes et abandonnant leur cadavre aux quatre coins de la ville. Grâce à des infos de la police, adroitement récoltées par le fils du shérif en personne, Derek épaulé de Scott et de sa meute avait réussi à restreindre un périmètre de recherche afin de traquer le loup à l'origine de tous ces massacres. Ils avaient donc prévu une battue cette nuit-là afin de lui mettre la main dessus.

N'étant pas certain à cent pour cent que l'oméga agissait seul, le docteur Deaton avait fourni à Stiles une poudre lui permettant d'enfermer n'importe quel loup garou dans un périmètre dont il ne pourrait s'échapper. Une fois pris dans cette « souricière », Derek et à sa meute auraient tout le loisir de le questionner.

Le fils du shérif était le seul à maîtriser ce type de procédé. Il l'avait déjà fait par le passé lorsque le kamina avait semé à terreur à Beacon Hills. Donc afin d'optimiser leur chance de faire tomber l'oméga dans leur piège, Derek avait délégué la battue à Scott, Alison ainsi qu'au reste de sa meute. Ils étaient tous rôdés à l'exercice et sauraient mener à bien leur mission. Et bon gré, mal gré, l'alpha s'était retrouvé en première ligne avec Stiles attendant que leur ennemi fonce droit sur leur position pour ainsi refermer le piège sur lui.

Ils avaient convenu d'attirer le loup solitaire vers un vieil hangar abandonné qui bordait la périphérie de la ville. L'endroit était suffisamment éloigné pour que personne ne vienne fourrer son nez dans leurs affaires. Grâce à ça, ils espéraient résoudre le problème de manière définitive et cela avant l'aube. Cependant, ce que Derek n'avait pas prévu c'est que la structure du bâtiment, malmenée par les dernières intempéries qui avaient sévies dans la région, ne soit considérablement affaiblie au niveau de son ossature. Les deux hommes avaient donc pénétré à l'intérieur sans se méfier. Ce ne fut qu'une fois prêts à accueillir leur cible qu'un grondement inquiétant s'éleva autour d'eux, annonciateur d'un danger imminent. Avant même qu'ils n'aient le temps de réagir, Stiles et Derek avaient vu le plafond s'effondrer sur eux dans un bruit métallique assourdissant.

La chance fut toutefois de leur côté car, sous le choc de l'impact, le sol s'était ouvert sous leurs pieds les faisant tomber dans ce qui se révéla être les sous-sols du dépôt. Un peu sonnés par leur chute mais bel et bien vivants, les deux hommes s'étaient retrouvés piégé sous les décombres.

- Stiles tu es blessé ? demanda Derek en se penchant sur le corps de son compagnon d'infortune.

Ce dernier mit quelques instants à reprendre ses esprits avant de se redresser et de s'assoir à même le sol.

- Non… enfin je crois, répondit-il en faisant une grimace tout en frottant sa nuque douloureuse. Et toi ?

- Je n'ai rien, rétorqua l'alpha en scrutant les décombres qui les surplombaient.

L'amas de tôles avait été retenu par d'imposantes et solides poutres en acier. C'est probablement ce détail de la construction qui venait de leur sauver la vie en empêchant la masse de ferraille de les broyer.

- Et maintenant qu'est-ce qu'on fait ? demanda le jeune homme en détaillant à son tour les quelques mètres carrés dans lesquels ils étaient piégés.

Derek sortit son téléphone portable et ne fut pas surpris de constater qu'aucun réseau n'était disponible. Lorsqu'ils avaient établi leur plan d'attaque, ils avaient relevé ce détail. L'alpha jeta un œil à Stiles qui l'avait imité. Ce dernier fit un mouvement négatif à son attention lui signifiant que lui non plus n'avait pas la possibilité d'appeler les secours.

- Je crois qu'on n'a pas le choix. On va devoir attendre que les autres nous trouvent, dit Derek en détaillant les décombres.

Concentré à trouver une éventuelle issue, il ne sentit pas Stiles se rapprocher. Ce ne fut que lorsque le jeune homme prit la parole qu'il se rendit compte de sa présence à ses côtés.

- On ne va pas manquer d'air ?

Non, ça devrait aller, dit l'alpha en pointant un rayon de lumière qui traversait l'amoncèlement de gravas.

C'est à ce moment-là que le fils du shérif remarqua un détail qui lui avait échappé.

- Tu es blessé.

Effectivement, le bras de Derek n'avait pas était épargné durant la chute. Une balafre impressionnante avait entaillé sa chair laissant une quantité inquiétante de sang s'écouler sur le sol en béton. Mues par un réflexe, les mains de Stiles s'étaient posées sur le bras blessé afin d'examiner plus en détail l'étendue des dégâts. Cependant, ses doigts avaient à peine effleuré le corps du loup que ce dernier s'éloigna de lui d'un geste brusque, comme si ce contact l'avait brûlé. Si Stiles ne le connaissait pas si bien, il aurait juré que l'alpha était douillet. Mais le jeune homme savait par expérience que c'était loin d'être le cas. Le seuil de tolérance à la douleur de Derek était très élevé. Il ne comprit donc pas ce mouvement de recul si ce n'est en l'interprétant comme un signe de rejet pur et simple envers lui.

Ce genre comportement devenait d'ailleurs une habitude.

- C'est rien. Dans quelques minutes, j'aurai complètement cicatrisé.

Stiles l'observa en silence, signe que son cerveau était en train d'échafauder toutes les théories possibles et imaginables qui expliqueraient sa réaction.

Et Derek n'aimait pas ça.

Le jeune homme était trop intelligent, il finirait par comprendre que quelque chose clochait… si ça n'était pas déjà le cas.

Malheureusement pour l'alpha, il avait vu juste.

- Qu'est-ce qui se passe Derek ?

- Je ne vois pas de quoi tu parles, marmonna-t-il en examinant sa blessure.

Le sang avait déjà arrêté de couler.

- Vraiment ? Ca fait pourtant plusieurs mois que tu m'évites comme la peste. Je sais qu'on est pas les meilleurs potes de la planète mais tu te comportes de manière bizarre… enfin plus bizarre que d'habitude.

La seule réponse que Stiles obtint fut un regard froid de la part de l'alpha.

Derek était loin de vouloir entamer ce genre de discussion. Le simple fait d'être enfermé avec lui dans une pièce aussi petite était déjà un problème en soit mais si on rajoutait l'apparition de la pleine lune, ça ne faisait qu'aggraver la situation. Derek sentait le loup se faire plus présent en lui à chaque minute qui le rapprochait du zénith lunaire.

D'une manière générale, il n'avait jamais eu de difficulté à contenir la partie animale qui sommeillait en lui. Probablement parce qu'il était né avec cet héritage. Mais depuis qu'il connaissait Stiles, les choses semblaient évoluer et malheureusement pas de la bonne manière selon l'alpha. Auparavant, sa colère lui permettait de gérer ses pouvoirs à sa guise mais à présent… ça ne suffisait plus. Ce qu'il ressentait pour le jeune homme le poussait chaque jour un peu plus vers ses limites.

- Ecoute Derek, on est coincé-là pour un petit moment. On pourrait peut-être… je sais pas moi… enterrer la hache de guerre ?

Le principal concerné demeura silencieux.

- J'ai la vague impression que tu m'en veux et honnêtement je vois pas pourquoi.

Toujours aucune réaction.

Son vis-à-vis finit par s'avancer pour se tenir bien en face de lui.

Tout le corps de l'alpha se tendit.

- Je te propose un truc… Tu n'as qu'à me frapper ! lâcha le jeune homme avec une farouche détermination sur le visage. Tu me mets ton poing dans la figure et l'affaire est réglée. On repart à zéro et tu redeviens le loup grognon qui passe son temps à me rendre dingue.

Stiles s'avança encore un peu.

Derek ferma les yeux avec violence.

- Ça te va comme deal ?

Il y eut un instant de flottement avant que la voix basse et grave de l'alpha ne résonne contre les murs qui les entouraient.

- Eloigne-toi de moi ! lui ordonna-t-il, fuyant toujours son regard.

Stiles fronça les sourcils ne comprenant pas du tout ce qui se passait. Il leva l'une de ses mains pour la poser sur l'épaule de Derek. Ses doigts eurent à peine le temps de frôler son corps que l'alpha l'empoigna violement pour le faire percuter sans ménagement l'un des murs du sous-sol. Sous la force de l'impact, le jeune homme lâcha une exclamation de douleur.

Lorsque la souffrance disparut enfin et que son cerveau se remit à fonctionner normalement, Stiles fut stupéfait de se retrouver face à un Derek apparemment hors de contrôle. Le regard carmin de l'alpha le scrutait comme l'aurait fait un prédateur prêt à attaquer tandis qu'un grondement bestial et menaçant s'échappait sans discontinuer de sa gorge.

Stiles ne cacha pas sa peur. D'autant plus que c'était la première fois de sa vie qu'il éprouvait une réelle crainte face à Derek. Depuis qu'ils se connaissaient, il avait à plusieurs reprises expérimenté la colère de l'alpha. Parfois de manière assez douloureuse d'ailleurs. Mais jamais jusqu'à présent il n'avait été terrifié à ce point-là. Quelque chose dans ses tripes lui intimait de partir, de courir le plus loin possible du loup quoi qu'il en coûte. Mais piégé sous plusieurs couches d'acier, toute possibilité de fuite était à bannir.

- Derek, tu me fais peur, finit-il par lui avouer en espérant qu'il reprendrait ses esprits.

Mais cette tentative se révéla être un échec cuisant. L'alpha ne fit que grogner de plus belle avant de se rapprocher de l'homme qu'il maintenait prisonnier. Son corps vint se coller à celui de sa proie, tandis que son visage s'enfouit dans le creux du cou de Stiles. Ce dernier ne se rendit même pas compte qu'il retenait sa respiration attendant avec appréhension la suite des évènements. La seule chose qu'il arrivait parfaitement à percevoir était les battements de son cœur qui résonnaient avec violence à ses oreilles.

Le loup resta positionné ainsi un long moment, respirant l'odeur qui envahissait ses sens jusqu'à plus soif. Mais malgré la proximité physique, ça n'était pas assez. Il avait envie de plus. Il avait besoin de plus. Comme si le contact en lui-même n'était pas suffisant. Comme s'il devait le marquer d'une manière ou d'une autre.

Fort de cette constatation, les crocs de Derek apparurent en quelques secondes. S'il faisait de Stiles son bêta, le jeune homme lui appartiendrait. Il créerait un lien que rien, ni personne, ne viendrait briser.

Les pointes des canines se posèrent sur la peau de sa victime, signe évident de ses intentions.

Face à ce contact, les pulsations de Stiles augmentèrent de façon fulgurante. Il comprit instantanément ce qui allait arriver. Son esprit se mit donc automatiquement en mode turbo, cherchant un moyen d'échapper à cette finalité. Tenter d'attaquer physiquement Derek était une option à oublier. La stature de l'alpha était de manière générale supérieure à la sienne et si on y ajoutait les pouvoirs qui décuplaient ses forces, ça aurait été peine perdue de tester cette approche. Il ne lui restait donc plus qu'une échappatoire : réussir à le raisonner. Il devait tenter d'atteindre l'esprit de Derek, dissimulé quelque part derrière les instincts du loup.

Les mains de Stiles remontèrent vers le dos de l'alpha et vinrent s'y agripper comme un naufragé l'aurait fait avec une bouée de sauvetage.

- Je t'en prie Derek, ne fais pas ça.

Ce dernier ne desserra pas sa prise d'un iota.

- Je ne veux pas que tu le fasses. Je ne veux pas être transformé en loup.

Les doigts de Stiles se crispèrent encore plus sur le corps qui le maintenait prisonnier.

- S'il te plaît Derek, respecte mon choix.

Les secondes s'écoulèrent interminables… puis elles se transformèrent en minutes. Le grondement sourd et menaçant finit par s'atténuer peu à peu pour enfin disparaître. Le jeune homme sentit le contact des crocs quitter sa peau, engendrant en lui un intense soulagement.

- Je suis désolé, finit par dire Derek d'une voix basse.

- Je sais.

L'alpha se redressa un peu afin de pouvoir faire face à celui qu'il venait d'agresser. Il ne put cependant se décider à s'éloigner car il avait la vague impression que si la distance se faisait trop grande, le vide qui habitait son corps allait revenir le tourmenter. De plus, maintenant qu'il avait repris le contrôle de lui-même, la proximité de Stiles lui apportait une certaine sérénité bien au-delà de ce que la morsure lui aurait offert. La culpabilité en moins ! Parce que si la transformation avait eu lieu, jamais il n'aurait pu se le pardonner.

Le loup laissa donc ses deux mains posées contre le mur, emprisonnant toujours le jeune homme de ses bras. Mais Stiles ne sembla pas en prendre ombrage. Il était trop occupé à scruter son visage probablement à la recherche des réponses aux milliers de questions qui lui traversaient l'esprit.

- Explique-moi ce qui vient de se passer, finit-il par lui demander.

- C'est… compliqué.

- Essaye quand même. Sinon je ne pourrai pas t'aider. Quelque chose cloche Derek, je ne suis pas aveugle à ce point-là. Ca fait des mois que tu agis d'une façon étrange.

- Tu ne peux pas m'aider.

- Qu'est-ce que tu en sais ? En puis… au stade où tu en es franchement tu n'as plus rien à perdre. Je te vois mal continuer à mordre tout ce qui bouge. Ca va forcément finir par se savoir si une flopée de jeunes bêtas se met à envahir Beacon Hills, déclara le jeune homme avec une pointe d'humour dans la voix.

Derek le scruta avec une telle intensité dans le regard que son vis-à-vis sentit que son raisonnement ne tenait pas la route.

- Quoi ? finit-il par demander, intrigué par cette drôle d'impression.

- Tu n'as toujours pas compris ?

Le jeune homme l'examina avec une franche incompréhension.

- Ca ne concerne que toi, se décida à lui avouer l'alpha. J'ai des difficultés à contrôler mes pouvoirs uniquement avec toi.

Il n'était pas certain que c'était la bonne chose à faire mais après ce qu'il venait de lui faire subir, il lui devait au moins la vérité. Peut-être aussi que Stiles arriverait à mettre cette distance que le loup en lui se refusait à envisager.

- C'est vrai ?

Derek ne répondit pas. C'était inutile. Son silence en disait bien assez.

- Tu sais de quoi ça vient ?

- J'ai ma petite idée.

- Et bien c'est déjà un début ! On va au moins savoir par quel bout prendre ce problème. Par quoi on commence ?

- On ne commence rien Stiles. Le problème c'est moi. Tout vient de moi.

- Ecoute Derek, si t'as envie de te poser en martyr libre à toi mais je te ferai remarquer que jusqu'à présent cette façon de faire ne s'est par révélée être la meilleure idée de l'année. Je te propose un avis extérieur. Neutre. Je ne vais pas te juger c'est promis.

- Ça ne marchera pas.

- Qu'est-ce que tu en sais.

- Stiles…, commença l'alpha avant de secouer sa tête en signe de reddition.

Puis, il accrocha son regard au sien.

- Tu vas regretter d'être mêlé à ça.

- Aucun risque, lui assura-t-il plein de confiance.

Sur ces bonnes paroles, Derek se redressa, libérant Stiles.

- Tu ne jugeras pas c'est ça, releva le loup avec une pointe de cynisme dans la voix.

- Tu as ma parole, lui assura-t-il solennellement sans relever l'amertume.

- Très bien, lâcha l'alpha avant de poser une main sur le torse de Stiles afin de le plaquer fermement contre le mur.

- Qu'est-ce que…, commença à dire le principal concerné avant de voir le visage de l'alpha se rapprocher dangereusement du sien … Tu fais ?

La question mourut dans un murmure à peine audible lorsque les lèvres de Derek se posèrent sur les siennes.

Le contact ne dura pas longtemps et à aucun moment les deux hommes ne se quittèrent du regard. Derek finit par se reculer sans plus un mot. Il attendait la réaction de rejet que Stiles ne manquerait pas d'avoir à son égard.

Cependant, il s'était à peine éloigné que le jeune homme attrapa son pull afin de l'attirer une nouvelle fois à lui.

- Où tu vas ? souffla-t-il apparemment amusé par l'air étonné qu'il affichait.

Puis il prit l'initiative de leur second baiser sans l'ombre d'une hésitation.

Derek ne sut pas exactement à quel moment il se laissa aller. Mais dès qu'il se décida à ne plus tenter de maîtriser la situation et de tout simplement lâcher la bride à cette envie qui lui vrillait le cœur depuis des mois, tout son être se détendit immédiatement. Et lorsque les mains de Stiles glissèrent jusqu'à sa nuque pour ensuite agripper ses cheveux afin de raffermir un peu plus sa prise, l'alpha ne put que l'enlacer avec force. Face à ce geste, il sentir les lèvres de son compagnon s'étirer en un sourire.

Leur baiser fut d'abord lent et doux. Ils se laissèrent le temps de s'apprivoiser, de prendre leurs marques, se calquant sur le rythme de l'autre. Puis, peu à peu, les souffles se firent plus rapides, les battements de cœur aussi. Leurs gestes devinrent empressés, presque brusques, faisant naître au creux de leur corps des sensations aussi intenses qu'enivrantes.

Isolés dans leur bulle, les deux hommes perdirent complètement la notion du temps. Ils ne faisaient que s'embrasser encore et encore. Parfois, ils consentaient à se séparer pour reprendre leur souffle mais l'un deux finissait toujours par quémander un nouveau contact, frôlant les lèvres devenues complices en une invitation irrésistible.

Ce ne fut que lorsque des bruits assourdissants se firent entendre au-dessus de leur tête que Stiles et Derek acceptèrent de revenir à des préoccupations plus urgentes. Tout d'abord un peu déboussolés par ce retour un peu brutal à la réalité, ils durent toutefois se décider à rompre leur étreinte.

Ils eurent juste le temps de remettre un peu d'ordre dans leurs vêtements et dans leurs esprits avant que la voix de Scott ne se fasse entendre.

- Stiles ? Derek ?

- On est ici, dit l'alpha suffisamment fort pour être entendu à travers la couche de décombres.

- Génial ! s'exclama le jeune homme avec un soulagement non dissimulé. Vous allez bien ?

- Oui, ne t'inquiète pas !

Cette fois, ce fut Stiles qui avait répondu.

- Ne bougez pas, on va vous sortir de là.

Rassuré par la présence des loups au-dessus de sa tête, Derek reporta son attention sur son compagnon. Ce dernier lui offrit un sourire « king size » qui créa quelques étincelles dans la poitrine de l'alpha. Après quelques secondes d'hésitation, il finit par se pencher vers Stiles pour un dernier baiser. Son geste lui fut rendu avec empressement.

L'envie n'avait pas complètement disparue mais elle s'était muée en quelque chose de différent et Derek dut avouer qu'il lui faudrait encore un peu de temps avant de savoir exactement vers quoi ce sentiment allait tendre.

Mais honnêtement, il ne voyait aucun inconvénient à prendre ce nouveau chemin en compagnie de Stiles.


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