Bonjour à tous

J'espère que vous passez un bon week end, comme d'habitude, voici la suite ^^. Je vous souhaite une bonne lecture.


« Les vivants ferment les yeux des morts, les morts ouvrent les yeux des vivants »

Proverbe Bulgare

Trois jours que nous courrions sans nous arrêter, avec pour seule compagnie un paysage identique qui défilait lentement sous nos yeux. La forêt avait depuis longtemps cédée la place à de grandes étendues de plaines rocheuses, et les nombreuses montées et descentes commençaient à me donner le tournis. J'étais une elfe, certes, mais du sang humain coulait dans mes veines, me rendant moins résistante que Legolas. D'autant plus que j'étais toujours blessée.

Soudain, Aragorn tomba à plat ventre sur un rocher, et je cru un instant qu'il avait perdu connaissance. Mais je le vis plaquer son oreille sur la roche, et il leva la main pour nous demander le silence. Je sentais pour ma part, toujours l'influence du mal devant nous, les orques emmenaient Merry et Pippin à Isengard, c'était évident.

Ils ont forcés l'allure, clama Aragorn en relevant la tête. Ils ont du sentir notre présence. Vite

Il se remit à courir rapidement, tandis que je me tournai vers Gimli, qui n'en pouvait plus mais qui continuait malgré tout à nous talonner. J'eu pitié pour lui un instant, avant de me rappeler qu'il ne voulait pas de pitié. Alors je repris un visage impassible.

Allez Gimli, l'encouragea Legolas, pour la première sympathique depuis notre départ

Trois jours et trois nuits de traque sans manger ni se reposer, suffoqua Gimli en me rejoignant. Et nulle trace de notre gibier sur ces roches nues. Alors que peut bien raconter un rocher ?

On va y arriver Gimli, l'encourageais-je en me remettant à courir à sa hauteur. Et la nature parle beaucoup vous savez ?

Vous commencez à devenir une elfe à part entière vous, grogna Gimli. On dirait Legolas quand il me dit que les arbres parlent entre eux

Et est-ce que cela vous fait me détester ? demandais-je, un peu anxieuse

Certainement pas, répondit Gimli. Je vous apprécie trop pour cela. Et puis, j'ai une excuse. Vous avez une parcelle de sang humain en vous

J'éclatai de rire et m'arrêtais net en sentant la douleur de ma blessure me rappeler à l'ordre. Saleté d'orques. Heureusement que leur flèche n'était pas induite de poison, ou j'y aurais laisser la vie. A cet instant, la pente commença à nouveau à monter et j'entendis Gimli grommeler dans sa barbe. Mais je ne me moquai pas, commençant à ressentir également la souffrance de ses trois jours sans trêve. J'étais habituée aux extrêmes, mais là, tout dépassait mon entendement.

Décidant de me remettre à courir à un rythme qui ne m'épuisait pas trop, je laissai Gimli derrière moi pour rejoindre Aragorn devant moi. La souffrance de la perte de Boromir était toujours aussi présente, mais je savais qu'il y avait pire ailleurs. Car mes pensées ne cessaient d'aller vers Frodon et Sam, en route vers le Mordor et peut-être même vers leur mort.

Qu'est-ce ? demandais-je à Aragorn en voyant quelque chose briller au sol un peu plus loin

On s'approcha rapidement et je constatai qu'il s'agissait de l'emblème de la Lothlorien. Une des broches de Merry ou Pippin.

Les feuilles de la Lorient ne tombent pas en vain, murmura Aragorn en l'a prenant entre ses doigts

Ils sont peut-être en vie, répondit Legolas en nous rejoignant

Saroumane les veux vivants, répliquais-je doucement. Ils n'y a aucune chance qu'ils soient morts. En revanche, dans quel état sont-ils ? Je l'ignore

Et ils ont moins d'un jour d'avance sur nous, renchérit Aragorn en se remettant à courir

J'entendis Gimli tomber violemment au sol et pivotai vers lui, un peu inquiète de l'état dans lequel nous le retrouverions à la fin. Legolas en fit de même, un sourire un peu moqueur sur les lèvres.

Plus vite Gimli, lança-t-il. Nous gagnons du terrain

Les longues distances m'épuisent, hurla Gimli. Les Nains sont de redoutables sprinteurs, sur les courtes distances

Courage on va les rattraper, clamais-je en me remettant à courir. Il ne faut pas perdre espoir

Ah l'optimisme des elfes à toute épreuve, grommela le nain tout haut

Soudain, alors que nous atteignons enfin le haut des rocheuses, Aragorn me barra le chemin d'un bras, examinant tout autour de lui.

Le Rohan, murmura-t-il. Pays des Seigneurs des Chevaux. Quelque chose d'étrange est à l'œuvre ici. Une force maléfique donne des ailes à ces créatures. Et se dresse contre nous

Le Mordor s'est étendue, répondis-je sur le même ton. Saroumane contrôle le Rohan, je le sais depuis longtemps

Legolas m'envoya un regard éloquent auquel je répondis pas un sourcil hausser. Qu'il ne me cherche pas celui-là, il me trouverait. Ce n'était pas parce que nos rapports c'étaient quelque peu améliorer que je supporterais de l'entendre me rappeler que je venais du Mordor.

Legolas, appela Aragorn. Que voit vos yeux d'elfes ?

Leur trace dévie au Nord-est, répondit l'elfe. Ils conduisent les Hobbits en Isengard

Mais puisque je me tue à vous le dire, clamais-je

Soudain, une tension extrême me prit au cœur et je tombai à genoux. Je savais ce que cela signifiait, et je serrai mon poing contre ma poitrine.

Que ce passe-t-il ? demanda Aragorn en me rejoignant

Le Mordor attaque Aragorn, murmurais-je en me relevant difficilement. Saroumane est prêt. Le Rohan est leur prochaine cible et nous ne pourrons rien y faire

Aragorn ne répondit rien, sachant que notre destin à tous était entre les mains de deux hobbits à présent bien loin de nous. Il m'aida à me redresser, puis on se remit à courir à la suite de Legolas.

Ils courent comme si les fouets de leur maitre était à leur trousse, clama ce dernier de façon philosophique

C'est à peu près cela, répondis-je sérieusement. Saroumane ne tolère pas de retard

On se remit alors à courir jusqu'au lever du soleil, et alors que le jour se levait. Je sentis la tension sur mon cœur s'apaiser. Le sang avait couler, mais où ? Et qui ?

Le soleil levant est rouge, murmura Legolas qui m'avait vue m'arrêter. Le sang a coulé cette nuit

Je levai les yeux vers lui, lançant un regard terrifiée et catastrophé. Legolas me regarda également et je serrai son bras, mettant de côté notre différent. Nos amis étaient sans doute morts, alors je pouvais faire preuve d'un tant soit peu d'humanité.

D'autant plus que Legolas agissait étrangement à mon égard. Depuis le décès de Boromir, il était à la fois distant et plus proche de moi. Je surprenais son regard sur moi, un regard plus conciliant à mon égard, mais dès que nous nous retrouvions face à face, il devenait indifférent. Froid.

Continuons, lui lançai-je. Il faut savoir de toute manière

Et je m'élançai à la suite de Gimli et Aragorn qui avaient continuer à courir devant nous. Les rattrapant aisément, je vis Aragorn s'agenouiller sur le sol avant de se figer. Moi aussi j'avais entendu le bruit des chevaux, quelqu'un approchait. Ou plutôt, plusieurs personnes approchaient

Cachez vous vite, ordonna Aragorn en m'entrainant à sa suite vers un grand rocher

Je m'agenouillai à ses côtés, imitée par Gimli et Legolas. Le nain nous avait à peine rejoint que des chevaux passèrent au grand galop devant nous. J'ouvris de grands yeux horrifiée en voyant Aragorn se relever et se planter en plein milieu de la clairière.

Cavaliers du Rohan, clama-t-il à voix forte. Quelles nouvelles de la Marche ?

Mais vous êtes malade ? demandais-je en me précipitant à ses côtés, imitée par les deux autres

Ma réplique fut confirmée par les cavaliers du Rohan qui nous rejoignirent rapidement, nous entourant sans issue de sortie, lances et épées pointées sur nous. Le bras de Legolas me poussa doucement derrière lui, et je crispai mes doigts sur l'une de mes dagues, mais Aragorn posa sa main sur mon poignet, m'indiquant de rester calme.

Que font un elfe, une femme, un homme et un nain dans le Ridermark ? demanda l'un d'entre eux en s'approchant

Je me tendis encore plus et les mains d'Aragorn et Legolas sur mes poignets ne me calmèrent plus du tout. Tout simplement parce que cette voix, je l'avais entendue plusieurs fois à travers la boule de cristal de Saroumane. Eomer du Rohan, le neveu du Roi. Le cousin de Jorika.

Il me connaissait, il m'avait déjà vue lors d'une patrouille en dehors du Mordor, aussi loin que j'ai pu m'approcher du monde des humains. Il m'avait déjà rencontrer, alors que je tuais un de ses soldats, aux portes noires. Nous nous étions affrontés, je l'avais gravement blesser, j'avais vaincu, il avait perdu. J'étais celle qui avait mit un des serviteurs de Sauron sur le trône du Rohan. Alors je baissai violemment les yeux au sol, espérant vainement passer inaperçu.

Parlez, ordonna Eomer. Vite

Votre nom dresseur de chevaux, clama Gimli d'une voix forte. Et vous aurez le mien

Je savais que ce n'était pas la meilleure des solutions mais je ne supportais pas non plus le ton de l'autre. Ce dernier descendit rapidement de cheval, s'approchant encore plus de nous et je me tendis à l'extrême, sentant les doigts de Legolas et Aragorn se crisper sur mes bras. Ils m'avaient sentit.

Je vous couperais la tête nain, cracha-t-il. Si elle sortait un peu plus du sol

Je sursautai lorsque Legolas lâcha violemment mon bras pour encocher une flèche à son arc, visant la tête d'Eomer. Mais je gardai résolument les yeux river au sol.

Vous seriez mort au moindre geste, clama Legolas en ne bronchant pas

Aragorn attrapa son poignet, le forçant à baisser son arc. Puis il m'obligea à décrisper mes doigts de ma dague. Eomer ne m'avait pas encore reconnu, mais le temps était compté.

Je suis Aragorn fils d'Arathorn, se présenta-t-il. Et voici Gimli, fils de Gloin, Legolas et Alzena du royaume Silvestre. Nous sommes des amis du Rohan et de Théodren, votre Roi

Vous mentez, cracha Eomer et je sentis son regard lourd sur moi. Je l'a reconnais, la fille unique du cavalier noir le plus fidèle à Sauron

Je relevai lentement les yeux, rivant mon regard à celui d'Eomer. Il dégaina son épée, je dégageai ma dague, prête à le tuer au moindre geste, même si cela ne prouverait pas ma bonne foi.

Elle est de notre côté, clama Aragorn en se plaçant entre nous tandis que Gimli s'interposait dans mon dos et que Legolas passa un bras autour de ma taille

Elle ne sera jamais de votre côté, répondit Eomer. Une âme aussi noire que la sienne ne peut avoir de rédemption. Cette fille est l'héritière d'un spectre, l'héritière du Mordor.

Elle est également la princesse héritière du royaume de Lothlorien, clama Aragorn tandis que je ne quittai pas Eomer des yeux. Elle est la petite fille de Galadriel et Celeborn, la nièce d'Elrond et je ne vous laisserais pas la tuer

Elle est responsable du malheur qui s'abat sur notre royaume, contra Eomer d'une voix suintante de haine. C'est à cause d'elle que nous sommes aujourd'hui banni

Avez vous été élevée dans la haine et la colère ? demandais-je en écartant Aragorn de mon chemin. Avez vous grandit en entendant votre père vous clamer que tout ce qui n'appartient pas au Mordor est mauvais ? Oui, j'ai fait des choses atroces, oui je suis responsable du malheur qui s'abat sur votre tête, mais lorsque je me suis retrouvée à le faire, je n'avais aucune notion du bien ou du mal. Je ne prétends pas pouvoir réparer mes erreurs, mais au moins puis-je faire en sorte que le monde soit meilleur grâce à moi. Ne me jugez pas Eomer, mes actes ne sont pas pires que les vôtres à leur juste portée

Legolas voulu me faire reculer, mais je me dégageai de son étreinte et me postai devant Eomer qui n'avait pas bronché.

Mais si vous vous décidez à me tuer moi ou mes proches, murmurais-je. Alors soyez sûr que je me battrai jusqu'au bout

Eomer me regarda plus pensivement, plus calmement. Il ne m'aimait pas, mais je le voyais réviser son jugement.

Comment va-t-elle ? me demanda-t-il finalement

Elle vit encore en Mordor, répondis-je calmement. Et c'est en partit pour elle que je me bat et que je souhaite voir tomber Sauron. Son âme sombre de jour en jour et plus nous perdrons de temps, plus il sera difficile de la sauver. Je ne vous demande pas votre confiance, parce que je serais moi-même incapable de vous accorder la mienne, mais pour elle, je vous demande de réviser votre jugement. De m'accepter

Eomer hocha la tête et ôta son casque, se tournant vers Aragorn qui me fit reculer. Cette fois ci, je n'opposai aucune résistance, pas plus que lorsque Legolas m'attrapa par le poignet et Gimli par le pan de ma tunique.

Théoden ne reconnaît plus ses amis de ses ennemis, répondit-il à Aragorn. Pas même ses proches. Saroumane a empoisonné l'esprit du Roi et revendique ses terres. Je suis entourée de fidèles au Rohan. Et pour cela, nous avons été banni

Il se tourna vers moi, me fixant de ses deux yeux.

Le magicien blanc est rusé, clama-t-il en rivant son regard au mien. On dit qu'il va et qu'il vient, vieillard sous un manteau à capuchon

Il se tourna vers Legolas, lui témoignant la même méfiance qu'à mon égard.

Et partout, continua-t-il tandis que je sentais les doigts de l'elfe se crisper sur les miens. Ses espions évitent nos filets

Nous ne sommes pas des espions, contra Aragorn en nous voyant nous tendre sous l'insulte. Nous traquons une bande d'Uruk-haï qui détiennent deux de nos amis

Nous avons massacré les Uruk cette nuit, répondit Eomer tandis que mon cœur se serrait

Il n'y avait pas deux hobbits avec eux ? demanda Gimli

Des gens petits, renchérit Aragorn. Des enfants à vos yeux

Il n'y a pas de survivants, répondit Eomer pour la première fois réellement désolé

Non, suffoquai-je

Je ne faisais pas que perdre deux amis, cela signifiait également que le sacrifice de Boromir avait été inutile. Eomer fut surprit par ma réaction, sans doute étonné de me voir réagir de façon humaine, mais je n'y fis pas attention.

On a brûlé tout les cadavres, continua-t-il plus doucement en indiquant l'épais nuage de poussière qui s'élevait dans le ciel un peu plus loin

Ils sont morts ? demanda Gimli, ébranlé

Je suis désolé, murmura Eomer en hochant la tête

Je frémis, mais refusais de laisser couler mes larmes tant que je n'aurais pas la constatation sous mes yeux. Alors je pris sur moi et me redressai difficilement.

Soudain, Eomer qui me fixait toujours, mais de façon moins brusque, siffla et appela deux noms.

Hasufel, fit-il. Arold

Je vis deux chevaux s'approcher et le premier fourra son nez dans le cou de Legolas, le second dans le mien. Je souris légèrement en caressant sa croupe.

Puissent-ils mieux vous profiter qu'aux précédents propriétaires, clama Eomer. Adieu

Je le vis monter en selle et appuyai ma tête contre celle du cheval qui souffla dans mes cheveux. Je me sentais apaisée contre lui, presque comme si je pouvais renier une réalité trop difficile à accepter.

Cherchez vos amis, termina-t-il. N'ayez pas d'espoir, il a abandonner ses terres

Je sentis mon cœur se serrer avant de rependre le contrôle sur moi-même. S'il y avait de l'espoir en Mordor, il y en aurait sûrement au Rohan.

On se retrouva rapidement seuls dans la clairière, avec deux chevaux pour compagnie. Je caressai la croupe du mien, inquiète du sort de mes amis et appréhendant la nouvelle souffrance qui m'atteindrait. Aragorn s'avança vers moi, monta sur le cheval et tendit une main dans ma direction pour m'aider à monter. J'obéis rapidement, montant avec légèreté sur le cheval, agrippant la taille d'Aragon qui talonna notre monture qui partit au galop.

Au fur et à mesure que nous nous approchions du bûcher, l'odeur devenait de plus en plus intenable, et bientôt, je fus obligée de plaquer ma capuche sur ma tête et de resserrer mon col pour y nicher mon nez. Ce n'était guère le moment de rendre mon faible déjeuné. Aragorn m'aida à descendre et on s'approcha du amont de fumée.

Une de leurs ceintures, déclara brutalement Gimli en se tournant vers nous

Je frémis et du me raccrocher à la monture de mon cheval qui ne broncha pas, me soutenant sans faille. Merry et Pippin ne pouvaient qu'être morts si leurs ceintures étaient ici.

Puissent-ils trouver la paix après la mort, murmura Legolas en elfique et je m'approchai de lui, attirée par son ton solennel

Nous les avons abandonner, répondit Gimli sans animosité

De rage, Aragorn donna un violent coup de pieds dans une tête qui valsa au loin dans un bruit sourd. Et soudain, je me figeai, à son instar. Il y avait deux marques au sol, qui rampait devant nous, s'éloignant du bûcher. Aragorn s'en approcha et je le suivis.

Un hobbit était allongé ici, murmura Aragorn en désignant la place puis en continuant à avancer. Et l'autre…, ils ont rampés. Leurs mains étaient ligotées, les liens ont été coupés, ils ont couru par ici. Ils étaient suivis

Il se mit à courir, et comme un automate, je le suivis, me dirigeant vers l'immense forêt qui nous faisait face.

Ces traces s'éloignent des combats, continua Aragorn avant de s'arrêter net devant l'entrée de la Forêt. Et vont dans la Forêt de Fangorn

L'effroi me déchira les entrailles. Je savais mieux que quiconque ce dont regorgeait cette forêt, combien de personnes parlaient de ces arbres vivants, prêts à tuer quiconque s'aventureraient dans leur domaine ?

Fangorn ? répéta Gimli, aussi figé d'effroi que moi. Quelle folie les y a conduit ?

Je ne répondis rien, à l'instar des autres, acceptant l'idée que mes amis soient passer par ici. Je ne les laisserais pas là-dedans, hors promesse, je n'abandonnerais personne ici.

Nous y allons n'est-ce pas ? demandais-je en me tournant vers les autres

Sans que je comprenne pourquoi, le premier à se raccorder à mon idée fut Legolas qui se plaça à mes côtés, prêt à en découdre. Aragorn hocha la tête et dégaina son épée, puis Gimli finit par se faire une raison et raffermit sa prise sur sa hache. Hochant la tête, j'attrapai mon arc et entrai dans la forêt. Quitte à mourir, autant le faire en combattant.

Brutalement, alors que nous avancions dans les profondeurs des bois grinçant, je sentis la volonté noire de l'anneau, quelque dans les marécages de la Mort, aux portes du Mordor et je m'y retrouvai projetée mentalement. Gémissant de surprise, je serrai mon poing contre ma poitrine, cherchant à savoir ce que je faisais, mentalement parler, au milieu de ses marécages abominables. Ce fut à cet instant que j'entendis le hurlement strident des Nazgul, et bien que sachant qu'ils ne pouvaient me voir, je me tendis. C'est à ce moment là que je constatai la présence de Frodon, Sam et d'une autre créature apeurée cachées sous un immense buisson. Levant les yeux au ciel, je me tendis en constatant la présence de mon père, non loin d'eux, appelant sournoisement l'anneau qui ne souhaitait qu'une seule chose, répondre à son appel. Je vis vaguement Sam attraper les doigts fébriles de Frodon, l'empêchant de sortir et d'enfiler l'anneau, ce qui les aurait condamner à mort à coup sûr.

Puis, brutalement, alors que l'oiseau ailé s'envolait vers le Mordor, n'ayant pas reçu l'appel de l'anneau, je repris pied dans la réalité, me rendant compte que j'avais arrêter toute la communauté de l'anneau, et que Legolas me tenait contre lui, m'empêchant de m'effondrer sur le sol. Allez savoir pourquoi cet elfe de malheur se trouvait toujours sur mon chemin.

Que vous arrive-t-il ? demanda Aragorn en constatant que je revenais à moi

Frodon et Sam sont en vie, répondis-je avant de mette la main sur le nom de la créature et de me tourner vers Legolas. Ils sont avec Gollum, la créature que vous gardiez emprisonner avant que nous vous la reprenions

J'avais dit cela naturellement, sachant qu'il était inutile de cacher ma part d'implication dans l'attaque de la Forêt Noire. La raison pour laquelle Legolas me haïssait autant d'ailleurs. Même s'il ne m'avait pas vue avant, il avait rapidement comprit que j'avais participer à l'extradition de Gollum.

Beurk, cracha Gimli un peu plus loin tandis que l'elfe m'aidait à me redresser. Du sang d'orque

Je me redressai lentement, décidant que la vie de Merry et Pippin était plus importante maintenant que je savais que Frodon et Sam étaient en vie. J'avais d'ailleurs redonner le sourire à mes compagnons et on se remit en route rapidement.

Ces traces sont étranges, murmura Aragorn en s'agenouillant à nouveau

Je m'approcha et me glaçai d'effroi. Des traces géantes de pas, certainement pas celles des orques, et encore celles des Hobbits. Les arbres, il ne pouvait s'agir que d'eux.

L'air est si lourd ici, répondit Gimli en me heurtant violemment en voulant sauter par dessus le marécage

Cette forêt est vieille, murmura Legolas en s'arrêtant net sur place, et que je heurtai sous le coup de Gimli. Très vieille. Pleine de souvenirs et de courroux

J'hochai la tête, mais le contournai pour rejoindre Aragorn un peu plus loin. Les paroles de l'elfe ne me rassuraient mais alors, pas du tout. Sous le coup de la peur, Gimli monta sa hache au niveau de sa tête, prêt à attaquer si jamais besoin était. Soudain, j'entendis des murmures rauques et je me figeai, me tournant vers Legolas en attente de réponse.

Les arbres se parlent entre eux, expliqua-t-il

Il se tourna vers Gimli qui tournait sur lui-même en attente d'une quelconque attaque.

Gimli, appela Aragorn. Abaissez votre hache

Ce que le nain fit avec un peu trop d'engouement. Brusquement, je sentis une présence dans notre dos et je pivotai sur mes talons, encochant une flèche à mon arc, prête à me battre.

Aragorn, lançais-je en elfique

Il y a quelque chose là-bas, compléta Legolas qui terminait un peu trop souvent mes phrases pour que cela me rassure

Que voyez vous ? nous demanda Aragorn en nous rejoignant

Je me figeai sur place en sentant la présence de Saroumane, dans sa blancheur. Je rengainai mon arc, dégainant mon épée, prête à me battre. Je n'imaginais même pas le sort qui m'attendrait en Mordor si Saroumane m'attrapait. Plutôt mourir à présent.

Le magicien blanc approche, murmura Legolas en indiquant d'un signe de tête l'endroit où l'on ressentait tout les deux la menace

Ne le laissez pas parler, répondit Aragorn. Il nous jetterait un sort

Je resserrai mes doigts autour de mon épée, prête à envoyer mes dagues au besoin.

Il faut aller vite, renchérit Aragorn

Et il pivota sur lui-même, à notre instar à tous. Mais tandis que je voyais la flèche de Legolas dévier de sa trajectoire, la hache de Gimli s'éclater à plusieurs mètres et Aragorn lâcher son épée devenue brûlante, j'ignorais la douleur que me provoquait ma propre brûlure et me jetai sur l'ombre.

Mais je fus expédier dix mètres plus loin, heurtant violemment un arbre, le choc me coupant le souffle et je lâchai mon épée que je ne pu retenir.

Vous suivez la trace de deux Hobbits, clama la voix de Saroumane, menaçante

Où sont-ils ? cracha Aragorn en se positionnant entre le magicien et moi toujours allongée au sol, le souffle court

Ils sont passés ici il y a deux jours, répondit Saroumane d'une voix étrangement calme. Ils y ont fait une rencontre inattendue

C'est à dire ? marmonnais-je

Cela vous réconforte ? demanda Saroumane sans se soucier de mon interruption

Qui êtes vous ? demanda Aragorn sans doute aussi interloqué que moi d'entendre Saroumane converser avec nous normalement. Montrez-vous

La lumière s'estompa lentement et je me demandais brusquement si je ne m'étais pas cogner la tête sur l'arbre lorsque j'y avais été violemment projeter. Car devant moi, ce tenait une personne que je n'aurais certainement pas cru revoir un jour.

Cela ne se peut, murmura Aragorn tandis que je me relevai lentement, me raccrochant aux branches avant de me rappeler que les arbres étaient vivants

Legolas et Gimli s'inclinèrent, mais je restai trop interloquée pour en faire de même. Comment Gandalf avait-il pu survivre à une telle chute ?

Un instant, je trouvai le destin injuste d'avoir fait survivre un vieillard plutôt qu'un homme comme Boromir. Puis mon amertume se calma et je baissai les yeux au sol, inclinant un peu la tête, refusant de laisser mes sentiments reprendre le dessus.

Vous êtes tombé, murmura Aragorn refusant toujours d'y croire

A travers le feu, expliqua doucement Gandalf. Et l'eau. Du plus profond cachot au plus haut sommet, j'ai combattu le Balrog de Morgoth. Quand enfin je pu jeter à bas mon ennemi, il alla se briser sur le flanc de la montagne. Les ténèbres m'entourèrent. Je m'égarai hors de la pensée et du temps. Les étoiles tournaient autour de moi, et chaque jour était aussi long qu'une existence sur Terre. Mais ce ne fut pas la fin, je sentis à nouveau la vie en moi. Je fus renvoyer ici. Pour accomplir ma tâche

Gandalf, murmura Aragorn qui ne pouvait visiblement pas accepter une telle histoire

Gandalf ? répéta le magicien, ne se souvenant visiblement pas de son nom. Oui…, on m'appelait ainsi. Gandalf le Gris. C'était mon nom

Gandalf, confirma Gimli tandis que je chancelai alors que ma tête tournait sous le choc brutal avec l'arbre

Je suis Gandalf le Blanc, fit Gandalf et je commençai à trouver qu'il y avait trop de Gandalf à la seconde. Et je reviens vers vous…, en ce moment décisif

J'eu envie de lui demander si le fait de m'envoyer contre un arbre était un moyen de me souhaiter la bienvenue, mais je m'abstins, sachant que mon humour noir ne serait pas le bienvenue.

Je soupirai de lassitude lorsque Gandalf se mit à marcher dans la forêt et que les autres le suivirent. Attrapant mon épée, je grimaçai en remettant mon épaule en place et marchai à la suite des autres, en silence. Je ne parvenais toujours pas à accepter qu'il soit revenu alors que Boromir était définitivement mort. Je décrochai un violent coup de pied dans une pierre et les arbres grincèrent. Grimaçant de rage, je me tins en place sous le regard étonné de Legolas qui s'était retourner.

Une nouvelle étape de votre voyage commence, clama Gandalf qui continuait de parler. Le Rohan est en guerre, rejoignons Edoras au plus vite

Manquait plus que cela, évidemment que le Rohan était en guerre. Et en guerre ouverte contre Saroumane lui-même Et je n'avais aucune envie de me retrouver aussi exposée au Mordor. J'étais courageuse, ou stupide selon les cas, mais pas assez pour risquer de me retrouver dans un aller simple pour le Mordor.

En sortant de la forêt, Gandalf se mit à siffler étrangement et je m'arrêtai sur place, entendant quelqu'un approcher, trop rapidement pour être quelque chose marchant sur deux pieds. Et je vus surprise de voir apparaître un remarquable cheval blanc. Même celui que montait Legolas et Gimli plus tôt dans la journée et qui était à présent à leur côté n'était pas aussi pur.

C'est un des Mearas, murmura Legolas. A moins que mes yeux ne soient mystifiées

Je me surpris à me dire que cela aurait pu être comique à voir. Mais je m'abstins à nouveau de faire part de ma pensée aux autres.

Gripoil, le présenta Gandalf et je fus visiblement la seule choquée de voir un cheval blanc portée un nom pareil. Le seigneur de tout les chevaux. Et l'ami qui a partagé tant de danger

Sûr qu'avec Gandalf, il avait du en voir de belles. Je grimaçai quand Aragorn me tendit une main pour que je monte derrière lui. Certes, j'aimais monter à cheval, mais quand c'était moi qui le contrôlait. Et pas comme une fillette en détresse. Mais je n'avais visiblement pas mon mot à dire.

Aussi me contentai-je de serrer mes doigts sur la tunique d'Aragorn quand le cheval partit au galop à travers plaines et rochers. Je commençai à ressentir de la fatigue et je posai ma tête contre le dos de mon ami, fermant mes yeux verts. Je ne souffrais pas, j'avais juste envie de ressentir un peu de détente.

Sauf que l'image qui s'infiltra dans mes pensées fut le visage blafard de Boromir, alors que nous le placions dans sa barque et je rouvris violemment les yeux, tombant net sur Legolas. Ce dernier m'adressa un sourire qui se voulu rassurant et ses yeux exprimèrent un calme paisible. M'inspirant de lui, je me mis à penser à Fondcombe et à ma famille et refermai les yeux, fatiguée. Je ne fis même pas attention que je m'endormais.

*0*0*

Alzena, appela une voix douce au plus profond de mon sommeil, à la frontière entre l'inconscient et le conscient. Alzena réveillez vous, nous arrivons à Edoras

Je clignai des paupière, tentant de me rappeler pourquoi je me retrouvais sur un cheval, agrippée à Aragorn et les doigts de Legolas qui caressaient doucement ma joue. Je me redressai doucement, distinguant une immense forteresse devant moi.

Edoras et le château d'or de Meduseld, nous apprit Gandalf tandis que j'admirai le travail des Hommes du Rohan. Demeure de Théodren, Roi du Rohan. Son esprit a été vaincu, l'emprise de Saroumane sur le roi est forte

Il se tourna vers nous, et particulièrement vers moi.

Prenez garde à ce que vous direz, clama-t-il. Nous ne sommes pas les bienvenus

Puis il talonna son cheval, et on l'imita. Alors que nous entrions dans l'enceinte, le drapeau du Rohan tomba à mes pieds et un frisson d'effroi me parcourut quand je me rappelai que j'avais pris part à l'annexion de ce royaume. J'avais aidée Saroumane à y mettre les pieds, à asservir l'esprit du Roi.

Les habitants étaient calmes, pas un bruit de retentissait, la tension qui régnait ici étai macabre comme si plus aucun espoir ne pourrait jamais y mettre les pieds. Les yeux des gens analysaient les oreilles de Legolas, la rousseur de mes cheveux, la taille de Gimli, la vieillesse de Gandalf. Seul Aragorn semblait échapper à leur inquisition.

Un cimetière paraitrait plus gai, murmura Gimli reflétant ma pensée la plus profonde

Nous finirent par descendre de cheval avant de monter les longs escaliers menant au palais. Gandalf prit immédiatement une posture de vieillard et, prévenant, Legolas mit son bras sous le sien. Mais Aragorn lui murmura quelque chose, et Legolas lâcha Gandalf pour se placer à ma hauteur et enlacer ma taille. Je me tendis, mais ne bronchai pas, sachant que s'il agissait ainsi, c'était pour une bonne raison.

Aragorn pense que nous devons paraître banals, m'expliqua Legolas en faisant semblant d'embrasser mes cheveux. Nous passerons pour un couple

J'hochai de façon quasiment imperceptible la tête et me détendis pour paraître plus naturelle. Aragorn aida Gandalf à monter les escaliers, et nous les rejoignîmes en haut.

A cet instant précis, les doubles battants de la porte s'ouvrirent et laissèrent apparaître deux hommes qui devaient appartenir à la garde rapprochée du Roi.

Vous ne pouvez entrer armé Gandalf Maisongrise, déclara l'un d'entre eux. Par ordre de Grima Langue de Serpent

Aussitôt, je me tendis. Tout simplement parce que je connaissais bien Grima. Un ami au temps où je ne comprenais pas grand chose à la vie extérieur. Quelqu'un en qui j'avais eu confiance, avant qu'il ne quitte brutalement le Mordor pour ne jamais y revenir. J'étais mal, très mal.

Pour masquer ma tension apparente, Legolas me plaqua contre lui et je fus obligée de ne pas broncher, sachant que si je me reculai ou si je me tendais, les autres le remarquerait immédiatement. Alors je me contentai de fixer un sourire pâle sur mes lèvres en attendant la suite.

Gandalf nous fit signe de nous désarmer et je soupirai à nouveau, obéissant néanmoins aux ordres. Sauf qu'Elrond m'avait accorder une seule chose me rappelant le Mordor, un poignard incrusté de diamants portant l'emblème du Mordor. Et les yeux du garde tombèrent immédiatement dessus. Son visage se tendit, mais il ne dit rien, sachant que pour l'instant, son royaume était aux mains du Mordor.

Je le regardai d'un air mauvais et il me répondit de la même manière, mais ni l'un ni l'autre ne réagit et je déposai ma dague au milieu des autres armes. Le garde carra les épaules et détourna son regard de moi, se tournant vers Gandalf.

Votre bâton, dit-il en désignant le manche de Gandalf

Vous ne priverez pas un vieillard de son appui, murmura Gandalf en s'affalant dessus

Le garde concéda et nous fit signe de le suivre. Je ne bronchai pas plus quand Legolas glissa ses doigts entre les miens que quand l'un des gardes m'envoya un rictus suspicieux. Et dire que je n'avais qu'une seule envie, leur faire ravaler leur pitoyable sourire.

La salle du trône du Rohan n'était pas en meilleur état que le reste du royaume. Les seules couleurs qui y régnaient étaient le rouge et le noir, les emblèmes du Mordor. Il n'y avait aucun doute, le Rohan avait succomber et se battait à présent contre du vent.

Mon seigneur, murmura alors une voix que je connaissais bien. Voici Gandalf le Gris

Je me retournai légèrement en entendant les doubles portes se refermer et Legolas me serra les doigts pour m'indiquer de ne pas broncher. Je me tournai alors vers Grima, relevant la tête pour être sûre de ne rien laisser transparaitre.

Il est annonciateur de malheur, clama Grima

La courtoisie de votre demeure a diminué dernièrement, intervint Gandalf en s'avançant tout seul vers le trône tandis que nous reculions derrière lui. Roi Théoden

Mes yeux furent attirés par les hommes qui nous suivaient, de chaque côté du mur, un air mauvais sur le visage. N'étant pas armée, je n'allais devoir compté que sur mes propres moyens. Restait à savoir si je ne les tuerais pas dans l'action.

Il n'est pas le bienvenu, chuchota Grima au Roi

Pourquoi vous ferais-je bon accueil ? demanda Théoden tandis que je relâchai délicatement les doigts de Legolas pour me préparer à attaquer. Gandalf, corbeau de Tempête

Question très pertinente mon seigneur, répondit Grima avant de se lever et de se tourner vers nous. Voici une heure bien tardive, qu'à choisit ce magicien pour apparaître. Je le nomme « mauvaise nouvelle » car elles font mauvais hôtes

Ses yeux tombèrent sur moi et il se figea de surprise tandis que je redressai encore plus la tête histoire de ne pas me laisser fléchir.

Fait silence, coupa Gandalf d'une voix méprisante. Garde ta langue fourchue derrière tes dents. Je n'ai pas passé par le feu et la mort pour deviser avec un vil serpent

Et il eu la bonne idée de montrer enfin son bâton à Grima dont la réaction fut immédiate. Son teint déjà blafard devint livide, et il recula, les yeux écarquillés par la peur.

Son bâton, cracha-t-il. Je vous avais ordonner de prendre son bâton

Aussitôt, tout le monde se jeta sur nous, prêt à nous jeter au sol. Pour ma part, je décrochai un magnifique coup de poing au premier qui m'approcha avant de courir vers Grima, la rage se reflétant dans mes yeux.

Je l'attrapai par le cou, le plaquant contre une des innombrables colonnes qui ornaient la salle du trône. Il poussa un cri de douleur quand je le jetai sans ménagement dessus.

Que fait tu encore ici ? demandais-je tandis que Gandalf s'approchait de Théoden. Qu'a tu fait pour servir à ce point le Mordor ?

Et toi ? riposta l'autre. Comment a-tu pu trahir ainsi ta famille ?

Ma famille était de l'autre côté des portes noirs, répliquais-je froidement. Je n'ai rien qui m'attend en Mordor. La trahison n'existe pas chez moi, je n'ai fait que choisir un camp qui se bat pour quelque chose de bien. Fuit Grima, si tu en a encore l'occasion

Et avant qu'il ne riposte quoi que ce soit, je le jetai au sol, où Gimli le maintint en posant un pied sur sa poitrine.

Je ne bougerais pas si j'étais vous, cracha Gimli en appuyant plus fortement

Ecoutez moi, clama Gandalf tandis que je me redressai, prête à me battre à nouveau. Je vous libère de ce sortilège

J'attendis que quelque chose se produise, mais Théoden éclata d'un rire froid et je ne pu que constater que le roi était encore plus atteint que je ne le pensais. Jusqu'à ce qu'il prenne à son tour la parole.

Vous n'avez aucun pouvoir ici Gandalf le Gris, répondit-il avec la voix de Saroumane qui me figea sur place avant de poser ses yeux sur moi. Alzena, quel plaisir de te revoir

Ce n'est guère réciproque, répondis-je froidement. Vous ne devriez même pas être ici

Votre père sera ravi d'apprendre que vous n'êtes qu'une traitresse, fit-il. Je n'imagine même pas le sort qu'il vous réservera

Mon père est mort, sifflais-je. Celui qui a prit son nom n'est qu'un spectre, sans la moindre état d'âme. Je n'ai pas peur de lui

Saroumane éclata à nouveau de rire tandis que je me tendais, ignorant Aragorn qui s'approchait de moi. Je ne devais pas oublier que toutes les blessures que j'infligerais à Saroumane ne serait en vérité donner qu'à Théoden. Qui n'était guère responsable de ce qui se passait.

Ce fut à cet instant que Gandalf fit tomber la cape grise qui le recouvrait, laissant apparaître la blancheur de sa tenue. Aussitôt, le rire de Saroumane mourut dans sa gorge tandis que Théoden se plaquait contre le dossier de son siège.

Je vous aspirerais Saroumane, clama Gandalf en écartant les bras. Comme le poison d'une plaie

Puis il dirigea son bâton sur Théoden qui poussa un cri de douleur. A cet instant, une jeune femme, sans doute de mon âge, apparut dans l'encadrement de la porte, dépassa Legolas en le bousculant et se précipita sur le roi. Mais Aragorn l'attrapa par la taille et la maintient sur place.

Attendez, murmura-t-il

Elle me repéra et m'adressa un regard interrogateur. J'hochai la tête et elle cessa de se débattre sans arrêter de regarder d'un air anxieux son roi qui se débattait sur son siège.

Si je sors, clama Saroumane. Théoden meurt

Vous ne m'avez pas tuer, riposta Gandalf. Vous ne le tuerez pas

Le Rohan est à moi, cracha Saroumane

Disparaissez, répliqua Gandalf en le plaquant contre son siège

Saroumane se jeta sur Gandalf, mais ce dernier fut plus rapide. Il riposta immédiatement et je sentis la présence de Saroumane disparaître violemment. Théoden était libre.

Le roi gémit lentement sur son trône avant de basculer en avant. La jeune femme que retenait Aragorn se débattit et rejoignit son roi pour le maintenir sur son siège. Et je constatai que les pouvoirs de Gandalf avait grandit puisque le roi du Rohan rajeunit, retrouvant une couleur de peau et de cheveux plus normal.

Je connais ton visage, murmura Théoden. Eowyn

J'étais mal, très mal. Je l'a connaissais elle aussi, la sœur d'Eomer.

Gandalf ? demanda Théoden en constatant nous présence à nous tous

Respirez de nouveau l'air libre mon ami, répondit Gandalf avec un sourire

Les gens du Rohan s'agenouillèrent lorsque Théoden se leva, et j'inclinai légèrement la tête, appréhendant sa réaction. Car Théoden se souvenait de moi, j'avais été la dernière image qu'il avait vue avant de sombrer dans le néant.

Sombres furent mes rêves dernièrement, murmura le roi

Vos doigts retrouveraient leur force s'ils empoignaient leur épée, fit Gandalf

Un des gardes lui présenta une épée que Théoden dégaina lentement sous le regard émerveillé de tous. Grima empoigna ma cheville, semblant attendre que je l'aide. Sauf que j'avais fait allégeance à quelqu'un d'autre.

Soudain, les yeux de Théoden nous tombèrent dessus, et visiblement, il me mettait dans le même sac que Grima. Je me tendis brutalement, prête à défendre ma vie, les gardes furent plus rapides. Deux d'entre eux m'empoignèrent par les épaules et sans que je comprenne pourquoi et comment, je me retrouvai plaquée contre le mur, l'épée de Théoden plaquer sur ma gorge.

Non mon roi elle est avec nous, clama Aragorn en s'avançant avant d'être retenu par un garde. Elle nous aide depuis le départ de notre quête

C'est en partie sa faute si j'ai été dans cet état, cracha Théoden en appuyant encore plus fort et je sentis le sang couler le long de ma gorge

Elle ignorait ce qu'elle faisait, clama Legolas, prenant ma défense pour la première fois depuis le départ. Elle suivait juste son père

Son père ? demanda Théoden, ébranlé

Je vous présente Alzena, intervint Gandalf. La fille unique d'un ancien roi du Gondor devenu depuis le cavalier noir le plus loyal à Sauron

Je grinçai des dents en sentant l'arme de Théoden appuyer encore plus fort sur ma gorge.

Elle est née et à grandit là-bas et n'avait aucune notion du bien ou du mal, continua Gandalf en s'approchant. Seulement, il s'agit également de la petite fille de Galadriel, l'héritière de la forêt de la Lothlorien

Impossible, murmura Théoden

Regardez ses oreilles et vous comprendrez, lâcha Legolas en voulant s'avancer avant de subir le même sort qu'Aragorn

Lentement, Théoden écarta une de mes mèches de cheveux et découvrit ma nature elfique.

Si vous lui ôtez la vie désormais, reprit Gandalf. Vous tuerez une innocente. Elle a apprit à faire la différence maintenant, et elle nous aide depuis le départ. Vous attenterez aussi à la vie d'une princesse et vous avez de forte chance de vous mettre Fondcombe et la Lothlorien à dos

Ainsi que la Forêt Noire, renchérit Legolas. Mon père est au courant de sa présence avec nous

Théoden hésita et se tourna vers moi, analysant mes longs cheveux et mes yeux verts.

Comment une aussi jolie jeune fille que vous a-t-elle pu commettre tant d'atrocités ? me demanda-t-il

Comment auriez vous fait si c'était vous qui aurait été élevée en Mordor avec pour seule compagnie des orques, des cavaliers noirs et Sauron ? demandais-je sans ironie. Je ne suis pas blanche de tout les crimes dont on m'accuse, mais je ne souhaitais rien de tout cela. Si je pouvais les effacer, je le ferais, rien que pour ne plus avoir à ressentir autant de remords

Théoden analysa ma réaction, puis son épée se dégagea de mon cou. Je ne bronchai pas et il m'adressa un hochement de tête avant de se tourner vers Grima. Je posai la main sur ma gorge, essuyant le sang qui y coulait.

Alzena, appela Grima en dernier état de cause. S'il te plait

Je levai les yeux sur lui, constatant qu'il était dans une mauvaise position.

Tu avait le choix, murmurais-je. Contrairement à moi, tu avait grandit en dehors du Mordor. Tu savait ce qu'il y avait de l'autre côté et qui s'y battait. Mais tu a choisit le Mordor. Je ne peux rien faire pour toi

Deux gardes relevèrent Grima et la double porte s'ouvrit violemment. Aragorn attrapa mon bras pour analyser ma gorge.

Je vais bien, lançais-je en m'écartant. Il n'a rien fait d'autre que de m'appuyer sa lame contre mon cou. Il n'a rien fait de mal

Des cris retentirent et on se précipita dehors où Grima venait d'être projeter dans les escaliers et peinait à se relever tandis que Théoden s'approchait de lui, prêt à le décapiter.

Je n'ai jamais fait que vous servir mon seigneur, clama Grima en rampant pour descendre les escaliers

Votre science médicale m'aurait réduit à marcher à quatre pattes comme un animal, siffla Théoden

Ne me renvoyez pas, supplia Grima en tournant les yeux vers moi

Mais Legolas s'interposa entre nous, le dégageant de ma vue. Baissant les yeux, je les rivai sur mes doigts. Grima avait été un ami avant tout cela, et je m'en voulais de ne rien faire pour lui.

J'entendis le bruit d'une épée que l'on lève et je fermai les yeux, ébranlée. Mais brutalement, le bruit s'arrêta.

Non mon seigneur, clama Aragorn. Laissez le partir. Il a fait couler assez de sang

Ecartez vous de ma route, hurla Grima que j'entendis s'enfuir

Je rouvris les yeux pour voir le regard inquiet de Legolas et Gimli sur moi, je me précipitai vers les autres, rejoignant Eowyn dehors.

Saluez le roi Théoden, continua de hurler Grima avant de monter à cheval et de quitter Edoras

Tout le monde s'inclina devant lui, et je baissai la tête, ignorant quelle posture prendre. Je vis Théoden se retourner vers nous et son visage prendre une couleur pâle.

Où est Théodred ? demanda-t-il en réclamant son fils unique. Où est mon fils ?

Je baissai la tête, à l'instar des autres et ne répondis rien. Ce n'était pas à moi d'annoncer la mort de l'héritier du Rohan. J'avais déjà eu beaucoup trop d'implication ici.

*0*0*

Je me tenais immobile dans la chambre qui m'avait été attribuée, ressentant pour la première fois depuis longtemps la souffrance. Depuis la mort de Boromir, aucun moment ne nous avait été accorder, mais maintenant que je m'étais reposée, lavée et nourris, le souvenir de son visage pâle, de ses mots me revenaient à l'esprit.

L'aurais-je aimée comme il le souhaitait ? Aurais-je été à la hauteur de son amour ? Tout cela, je l'ignorais, et je n'aurais jamais aucune réponse à mes questions.

Tout ici était morne, sans vie, bien loin de la beauté des lieux que j'avais pu constater à Fondcombe ou en Lothlorien. Les gens passaient dans les rues, la tête baisser, les vêtements usés. Personne ne semblait avoir un jour connu paix et calme. Et toute cette monotonie ne faisait que miner encore plus mon moral.

Que faite vous ? demanda une voix que je n'aurais pas cru entendre un jour dans ma chambre

Je me tournai vers Legolas, prudente.

Je réfléchis, répondis-je. Et avant que vous ne me demandiez quoi que ce soit, oui, cela m'arrive de réfléchir

Je n'avais guère l'intention de vous demander cela, murmura Legolas en s'asseyant à mes côtés

Je le regardai et le trouvai sincère. Alors je me contentai d'orienter mes yeux vers la vallée où je voyais les Rohirrims se balader. Une main fraiche se posa sur mes doigts et je sursautai, reposant mes yeux sur Legolas.

Je suis vraiment désolée pour tout ce qui vous ait tomber dessus en si peu de temps, murmura-t-il. Et aussi pour ma cruauté à votre égard. Je me suis agit comme un imbécile et je ne valais guère mieux que les autres à ce rang là

Vous excusez pour votre comportement est logique, répondis-je lentement. Mais vous n'avez rien à vous faire pardonnez sur les derniers évènements. Je ne regrette pas de vous avoir suivit, et je ne regrette pas de mettre attacher à vous tous. Même si cela implique que je souffre

Boromir n'aurait pas souhaiter que vous vous appesantissiez sur son sort, fit Legolas en serrant mes doigts

Je sais, répondis-je. Seulement la perte d'un être cher, c'est nouveau pour moi. Et c'est cruellement douloureux

Je refusai de laisser couler mes larmes, ne souhaitant pas montrer mes faiblesses. Mais Legolas sembla comprendre que je luttait pour ne pas sangloter et il entoura mes épaules d'un bras, m'attirant contre lui.

Fatiguée et à bout de force, ébranlée par les paroles de tout ceux à qui j'avais un jour porter préjudices, je posai ma tête sur son épaule, cherchant à calmer mes angoisses et mes peurs. Il entoura de son autre bras ma taille et je fermai les yeux, me laissant aller contre lui. Je ne me rendis même pas compte que je m'endormais lentement dans ses bras, leur chaleur me faisant oublier notre querelle. J'étais bien, tous simplement. Et à cet instant précis, je ne demandais rien d'autre.


Alors dites moi ce que vous en avez penser. Et surtout, ils se rapprochent tous les deux, on y arrive ^^. Allez, à Mercredi. Bizz