THE AFFAIR

Merci à johnnyboy7


EPILOGUE

12 ans plus tard...

Les murs sont recouverts du plus bel art que j'aie jamais vu. Je ne savais pas qu'elle était capable de faire ça. Des photographies en noir et blanc provenant de presque tous les coins du monde sont exposées.

Il est évident qu'elle avait été occupée.

"Edward? Où est-elle?" J'étire mon cou pour mieux voir dans la foule. Nous sommes dans un musée, il y a beaucoup de place mais c'est bourré.

"Je n'en suis pas sûr. Nous allons la trouver. C'est une grosse soirée pour elle. Je suis sûr qu'elle est très demandée."

"Bien sûr," je soupire pour moi-même et me souviens qu'il faut que je me calme. J'ai une tendance à être surexcitée. Tout spécialement ces derniers temps.

"Oh, je la vois," Edward me prend par la main et me conduit à travers la foule.

Il faut que je me dandine depuis que mon ventre est devenu trop rond pour que je puisse marcher normalement.

Irina parle avec quelqu'un dans un beau tailleur mais son visage s'illumine immédiatement quand elle nous voit, Edward et moi, nous diriger vers elle.

"Oh, vous êtes venus!" Elle m'étreint. Ses embrassades sont chaleureuses, pas comme celles des années passées. "Je suis si heureuse de vous voir. Ça fait si longtemps."

J'acquiesce et la serre fort.

"Je ne peux presque plus te tenir dans mes bras," elle se recule et évalue mon corps de femme enceinte.

"Sept mois," je pose ma main sur mon ventre. Le bébé est actif et je peux le sentir donner des coups de pied.

"Je ne t'ai presque pas vue," Irina étreint Edward aussi.

Il l'embrasse sur les joues. "C'est un merveilleux événement."

"Je suis tellement contente que vous soyez ici tous les deux. C'est littéralement le travail de toute ma vie..." Elle regarde autour d'elle.

"C'est très impressionnant," déclare Edward puis ils se tourne vers moi. "Mon cœur, je vais chercher à boire. Est-ce que tu veux quelque chose?"

"Non ça va," je tapote son bras.

"Irina, tu veux quelque chose?"

"Non merci." Elle sourit.

Edward m'embrasse avant de s'éloigner rapidement.

"Alors allons nous assoir? Je veux parler." Irina prend ma main et m'entraine dans un endroit plus tranquille.

Nous nous asseyons sur un banc en marbre et mes pieds sont reconnaissants.

"Je n'en reviens pas que tu aies pu venir en étant enceinte de sept mois. Je me serais plainte tout le temps." Elle touche mon ventre.

"Edward voulait que je reste à la maison, mais j'ai refusé."

Le vol vers New York avait été stressant pour lui. Il avait été contrarié tout le temps mais mon docteur m'avait clairement dit qu'il ne voyait aucun problème à ce que j'entreprenne ce petit voyage.

"Bien sûr il est toujours si protecteur quand il s'agit de toi." Elle rigola joyeusement. Ça faisait plaisir de la voir comme ça.

Nous parlons de son exposition un petit moment. Ça faisait de nombreuses années qu'elle y travaillait. Elle était très fière de tout et j'étais heureuse de pouvoir partager sa joie. Il n'y avait plus de haine entre nous. Plus maintenant.

"Parle-moi des garçons. Irina croisa ses jambes faisant s'envoler sa très belle robe bleue. "Ils m'appellent très rarement."

"Ils sont très occupés." Je soupire. "Euh, bon je ne sais pas si tu en as entendu parler mais Georges a signé avec les Red Sox."

"Quoi? Personne ne me dit rien!"

"Il ne voulait pas que quelqu'un le sache jusqu'à ce que ce soit définitif, ils lui ont fait l'offre finale il y a deux jours à peine." Il est un peu vieux pour commencer sa carrière maintenant mais comme son père, Georges a passé quelque temps dans la Navy avant d'arrêter sa décision.

"Oh je parie qu'il est très content." Irina sourit un peu tristement. Les garçons n'ont pas beaucoup de contact avec elle mais je peux dire qu'ils lui manquent.

"C'est vrai. La première chose qu'il va faire avec son chèque c'est payer son mariage!"

"Je l'ai rencontrée quand ils sont venus me voir l'an dernièr. Elle est si douce. J'approuve."

"Moi aussi. Il s'aiment vraiment beaucoup, " convins-je.

"Il a vingt-sept ans maintenant, j'ai vraiment peine à le croire, c'est bizarre." Elle but une gorgée de champagne.

"Et Théo sera diplômé de Yale au printemps," dis-je. "Il veut faire du droit, je ne pense pas qu'il ait le temps de respirer."

"Il a toujours été comme ça, de toute façon. Je parie qu'il stresse à l'idée de ne pas faire le bon choix."

"Ouais, mais il sait ce qu'il fait. Il essaie de choisir entre Harvard et Princeton pour le droit. Alors nous verrons."

"Et Sebastian rentre à Yale à l'automne alors nous essayons de faire en sorte qu'il soit prêt pour ça," dis-je. Ça me contrarie. Seb a l'université me donne des cauchemars.

"Oh je ne peux pas attendre de savoir dans quoi il va encore se fourrer," rit-elle, un peu pompette maintenant.

"Bien sûr, JF commence juste à conduire et il me fait de grosses frayeurs déjà, plusieurs par jour en fait, chaque fois qu'il monte dans la voiture. Je reste assise sur le canapé en attendant qu'il rentre à la maison," j'admets. "Je sais, c'est pathétique."

"Absolument pas. J'étais toujours près de la fenêtre quand Georges a commencé. C'est effrayant. Ils grandissent tellement vite."

"Je n'arrive pas à le croire."Je me dis que je ne vais pas me mettre à pleurer. Mes hormones sont sous contrôle ce soir et j'en suis reconnaissante.

"Et alors les autres? Fais-moi voir les photos." Irina se rapproche de moi sur le banc.

J'attrape gaiement mon téléphone et cherche les photos. "Dominic a huit ans. Il ressemble tellement a Georges, ça fait peur. Il veut jouer au base-ball lui aussi."

"Je suis sûre qu'Edward et toi l'entrainez déjà." Elle tourne le téléphone pour mieux voir les photos. "Il te ressemble beaucoup."

"Avec les cheveux fous d'Edward."

J'en fais défiler d'autres. "Et ça c'est Benjamin. Il a cinq ans."

"Absolument adorable." Irina rapproche encore le téléphone. "Je ne peux pas croire qu'il soit aussi mignon."

"Il lui manque des dents et tout."

Une fois de plus mes gènes semblent avoir gagné contre ceux d'Edward. Benjamin me ressemble remarquablement à l'exception de ses yeux verts. Il est bruyant et effronté et quelques fois il ne dit pas que de bonnes choses mais je l'aime jusqu'à la mort. Comment ne le pourrais-je pas?

"Et le bébé où est-il? " demande-t-elle avec impatience.

"Alexander à deux ans. Encore petit," je le lui montre.

"Oh, il y a si longtemps? J'avais oublié. On dirait que tu es enceinte chaque année."

"Presque," je ris.

J'ai été enceinte quatre fois en douze ans. Je ne voudrais rien y changer. J'aime que mes enfants soient rapprochés.

L'un dans l'autre j'ai sept enfants, bientôt huit. Après qu'Edward et moi nous soyons mariés, j'ai adopté ses quatre fils. Je les aime comme s'ils étaient les miens bien qu'il n'y ait que Jonathan Francis qui m'appelle 'maman'.

Il y a vingt-sept ans de différence entre Georges, l'ainé, et le plus jeune, celui qui n'est pas encore né. Notre famille n'est pas vraiment normale mais nous ne voudrions pas qu'elle soit autrement.

"Est-ce que tu sais si vous allez avoir un autre garçon?" me demande Irina.

"Nous voulons avoir la surprise. J'espère que ce sera une fille. Je veux juste une fille."

"Ce sera votre dernier?"

"Je ne suis pas sûre. Je n'ai que trente-cinq ans. J'ai encore quelques années pour en avoir un autre si nous le voulons."

"C'est compréhensible." Elle soupire. "Es-tu heureuse Bella?"

Je hoche la tête. "Très et toi?"

"Ouais, je pense que je le suis. Ça m'a pris beaucoup de temps pour le réaliser mais je le suis. Le chemin a été difficile pour nous, n'est-ce pas?"

"Oui, je suppose que tu as raison."

Irina et moi nous entendions bien heureusement. Il le fallait pour les enfants mais ça n'avait pas toujours été le cas, elle avait beaucoup de choses à me reprocher, c'est compréhensible. Ça nous avait pris deux ans pour arriver à communiquer et seulement quand c'était vraiment indispensable. Même à présent, nous n'étions pas copines, c'était courtois.

Elle avait fini par réaliser qu'elle et Edward ensemble n'était pas bon, ni pour l'un ni pour l'autre. Ils se bouffaient la vie l'un l'autre. Quand elle le laissa enfin partir les choses allèrent bien mieux. Nous vous voyions peut-être deux fois par ans pour les grandes occasions. Elle se tenait loin la plupart du temps et nous laissait vivre tranquillement, Edward et moi.

"Je vais m'excuser encore une fois mais nous avons fait ça tellement de fois que ça ne me semble plus nécessaire," dis-je calmement.

"Je suis d'accord avec ça. Ce qui est fait est fait. J'étais tellement en colère mais une fois que je me suis fait une raison ma vie a été bien meilleure. J'aime Edward, je le ferais toujours mais je ne l'aimais pas de la façon dont tu l'aimes. Je pense que je ne l'ai jamais aimé comme ça."

Elle tient mes mains entre les siennes pendant quelques secondes avant de se lever pour s'éloigner.

Je vois Edward arriver, il se plaint que d'un peu plus il allait appeler la police vu qu'il ne me trouvait nulle part. Je prends sa main et nous parcourons l'exposition. C'était vraiment du beau travail.

Pendant que nous nous arrêtons pour regarder les photos d'un village en Himalaya je sens de l'eau couler sur mes jambes. La choses suivante c'est que je suis debout dans une flaque d'eau.

"Edward!" je secoue son bras. "Je pense que je viens de perdre les eaux."

"Quoi?"

"Putain ma poche des eaux vient de se rompre," je lui murmure.

"C'est trop tôt. Tu en avais au moins pour encore un mois." Il parait perdu mais il se ressaisit rapidement.

Tous mes enfants sont arrivés en avance, je ne m'inquiète pas mais c'est vraiment inattendu.

"D'accord, ça va," dit-il. Il est un peu énervé. "Il faut que nous allions à l'hôpital."

Nous quittons discrètement l'exposition et il hèle un taxi. Il demande à ce qu'on nous amène à l'hôpital le plus proche - et le meilleur, il est un peu en colère. Je ne souffre pas pour le moment ... mais je sais que ça va venir. Je lui dis de se calmer.

L'hôpital Cedars-Siani est juste quelques immeubles plus loin, et il n'y a pas beaucoup de circulation ce soir alors nous y arrivons en un temps record.

On m'installe dans un fauteuil roulant avant que j'ai pu cligner des yeux, Edward téléphone à la maison il crie et je lui dis de raccrocher parce qu'il gêne tout le monde. Je ne pense pas l'avoir déjà entendu parler aussi mal.

Ils m'amènent à la maternité et me donnent une chambre pendant qu'Edward s'occupe des papiers.

Ma première contraction arrive quand il est dans le couloir et je m'agrippe au bord du lit pour m'aider. Ça se passe sans trop de drame mais c'est à ce moment-là que je réalise ce qui est en train de se passer.

"Edward!" Je l'appelle pour qu'il revienne et lui demande son téléphone.

"C'est incroyable. Je savais que je n'aurai jamais dû te laisser venir." Il passe ses mains dans ses cheveux.

"Tout va bien. "Je prends sa main et le calme.

J'appelle Georges pour qu'il sache ce qui est en train d'arriver. Evidemment tout comme son père il se met à crier au téléphone. Il commence à grommeler pour lui-même et ensuite essaie de me dire que j'aurais mieux fait de rester au lit pour une quinzaine de jours et ainsi ça m'aurait évité tout ce stress.

Je roule des yeux et le laisse s'énerver.

Avant de raccrocher il me dit qu'il va mettre tout le monde dans un avion pour venir à New York, le plus vite possible. Par tout le monde il veut dire : Théo, Seb, Jonathan F, Dominic, Benjamin Alexander, lui et sa fiancé. Edward dit qu'il paiera pour les billets et que nous ne bougerons pas pendant une semaine, peut-être plus, on doit réserver les chambres d'hôtel.

C'est beaucoup de choses à faire et nous ne sommes pas vraiment prêts mais nous faisons de notre mieux dans cette situation intéressante.

Cinq heures plus tard, notre fille est née.

Elle est petite mais en bonne santé. Elle hurle et ça me fait pleurer. Une fille. Ma fille.

Nous l'appelons Katherine, Kate. C'est le second prénom d'Esmée et je l'aime.

Je ne peux pas dire à qui elle ressemble. Elle n'a pas beaucoup de cheveux mais ils sont foncés. Sa première évaluation se passe bien et elle est emmaillotée dans une couverture rose et le médecin me la donne.

"Hey bébé," je fais courir mon doigt sur sa joue. Elle dort à présent elle est si précieuse.

Edward s'affaisse sur une chaise à proximité comme si c'était lui qui venait d'accoucher et il s'essuie le front avec une serviette. Il est en tenue chirurgicale, les docteurs le lui ont imposé s'il voulait rentrer dans la chambre.

"Une fille enfin!" Il rejette sa tête en arrière.

"Je ne peux pas le croire." Je pleure et j'essaie que les larmes ne tombent pas sur ma fille.

"Ça y est on en a fini?"

"Fini?"

"Avec les enfants?" Il se lève et s'assied sur le rebord du lit puis passe un bras autour de moi. "J'ai quarante-sept ans Bella. Plus d'enfant."

"D'accord," je hoche la tête. " J'ai tout ce que j'ai toujours voulu avoir. Pas besoin de davantage."


Voilà cette histoire s'achève ici

Je remercie toutes celles qui ont lu...

toutes celles qui liront...

celles qui ont laissé des commentaires...


Je vous retrouve à la fin de la semaine

pour le premier chapitre d'une nouvelle aventure...

A bientôt peut-être...!