Auteur : Scifigrl47

Pairing : Steve/Tony (soft)

Nombre de chapitres : 4.

Série : n°1

Univers : Films.


Traductrice : Star Spangled Girl (Euphy)

Beta-reader : Gwenhifar

N/A : Cette fiction est la première d'une longue série : "Où Tony Stark se fabrique ses propres amis (mais c'est Nick Fury qui lui a attribué une famille)" et n'est qu'un pre-slash au couple Steve/Tony, mais reste vraiment adorable ^^


! CECI EST UNE TRADUCTION D'UNE FICTION DE SCIFIGRL47 QUE VOUS POUVEZ TROUVER SUR ARCHIVE OF OUR OWN . ORG !


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Some Things Shouldn't Be a Chore

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Ça ne devrait pas être une corvée

Chapitre 01.

- J'ai trouvé un trognon de pomme en plein milieu du hall d'entrée.

Tony Stark leva les yeux de son dernier schéma en date, le visage éclairé par la projection holographique. Steve Rogers l'observait d'un air contrarié.

- Oooookay.

Sa réponse s'étira, alors qu'il essayait d'emmagasiner l'information.

Steve le fixait, et il se demanda ce qu'il était censé dire à cet instant. Cap avait une de ces façons de le regarder … comme s'il attendait quelque chose de lui, et Tony savait pertinemment qu'il ne remplirait jamais ses attentes.

- Et tu l'as ramassé ? demanda-t-il, finalement.

Steve fronça légèrement les sourcils.

- Bien sûr, répondit-il d'un air outré, mais là n'est pas la question. La vraie question c'est de savoir ce qu'il faisait là en premier lieu.

Tony ouvrit la bouche, hésita, la referma, puis la rouvrit :

- C'est pas moi, je …commença-t-il, puis fit un geste de la main, cherchant ses mots et déplaçant une fenêtre sur son écran en même temps, … ne mange pas.

Les sourcils de Steve se froncèrent.

- Mais tu dois manger.

- Mmmh, je vais m'y mettre. Juste après, promis. C'est une super idée. Je suis content que tu en ais parlé, Cap. Je m'y mettrai juste après, on en a fini maintenant ?

Il avait conscience du désespoir qui emplissait sa voix, car faire face à un Steve Rogers inquiet le rendait affreusement nerveux.

- Non, répondit le blond, en penchant la tête sur le côté, il y avait un trognon de pomme en plein milieu du hall, Tony. Par terre. Quelqu'un dans cette maison, l'a simplement … laissé tomber ici et est parti comme si de rien était. Mais pourquoi ? Comment on peut faire ça ?

Il y avait forcément un piège quelque part, et Tony ne savait pas trop comment s'en sortir.

- Sans s'en apercevoir ? dit-il au final. Attends, est-ce que c'est une discussion importante qu'on a là ? Parce que j'ai l'impression que c'est important, et pourtant je vois pas ce que je pourrais tirer d'un simple trognon de pomme au milieu d'un hall.

- Ça ne te gêne pas ? demanda Steve.

- Pas franchement, non. Parce que, de un, je ne l'ai pas vu. Et de deux, même si je l'avais vu, je ne l'aurais sûrement pas calculé parce que je ne fais pas attention à, euh, ce genre de choses.

Il fronça les sourcils devant son écran.

- C'est qu'un trognon de pomme, c'est pas la fin du monde, continua-t-il, en tapant sur son clavier. JARVIS, enlève le relais énergétique et montre-moi ce que ça donne sans le circuit. »

- C'est important, commença Steve, en même temps que l'IA répondait. Désolé JARVIS, s'excusa-t-il, en jetant un coup d'œil au plafond. La situation dégénère complètement. J'ai trouvé une serviette mouillée, les restes d'un repas et un chapeau rempli de sauce salsa sous la table basse ce matin une tasse de café depuis longtemps passé dans une des salles de bain, et six autres dans la cuisine. Toutes les chaussures que vous avez portées ces trois derniers jours sont entassées près de l'ascenseur. Et quelqu'un a jeté une vingtaine de stylos dans la cuisine-

- Ah, ça c'était sûrement moi, marmonna rapidement Tony, dans sa tasse de café.

Mais vu le regard rempli de déception de Steve, son ouïe de Super Soldat avait relayé le message quand même. Saloperie de sérum.

- Puis-je savoir pourquoi ? lâcha-t-il, d'un air blasé.

- Euh, j'étais pressé, il m'en fallait un qui marche et quand j'ai enfin trouvé, j'ai oublié de ranger les autres ? se justifia-t-il, d'une voix de plus en plus nerveuse et désolée. C'était que dans un coin de la cuisine, y'avait plein de place pour marcher, ailleurs que sur les stylos.

- Normalement, pas un seul centimètre carré du sol ne devrait être couvert de stylos, Tony, lui expliqua lentement Steve, d'un ton doux, comme s'il parlait à un gamin capricieux.

Tony aurait aimé pouvoir lui en vouloir pour cela, mais ça convenait étrangement à la situation.

- C'est pas grave, les femmes de ménage passent aujourd'hui, déclara-t-il, avant de grimacer, car son café était froid.

Il posa la tasse sur une pile de dossiers dont l'équilibre était déjà précaire, et qui tangua légèrement sous le poids de l'objet.

Steve le fixait avec tant d'insistance que Tony demanda :

- Quoi ?

Le blond prit la tasse, et en ramassa quatre autres qui traînaient par là.

- Ce n'est pas comme ça que ça devrait se passer, dit-il, d'une voix si ferme et si sévère, si Steve, que son interlocuteur en grimaça. Je ne dis pas qu'on devrait faire le gros du travail, mais comment veux-tu instaurer un sens de la responsabilité si tu emploies toujours des gens pour faire ça à ta place ?

- Mais j'aime les choses comme elles sont. Je suis nul à tous ces trucs de « responsabilité ».

En réalité, il était tout ce qu'il y avait de plus irresponsable, mais il détestait en parler.

Steve le regardait de cet air malheureux et pincé que Tony haïssait et auquel il ne savait jamais quoi répondre. La plupart du temps, il tentait de le leurrer en balançant quelque chose d'encore plus détraqué que lui devant Steve, et lui proposait par la suite de lui acheter les Dodgers une énième fois. Mais aucun de ses subterfuges ne fonctionnait vraiment.

Il inspira un grand coup et se lança.

- Steve, on passe notre temps à sauver le monde et quand ce n'est pas le cas, on a autre chose à faire, des choses importantes. Regarde, je-

Il baissa les yeux sur son projet actuel et, Dieu lui en soit témoin, il n'arrivait pas à se rappeler ce que c'était. Lorsqu'il l'avait commencé, ça lui avait paru très très important, mais à cette seconde précise, il n'avait aucune idée de ce que cet amas de fils, de métal et de, euh … est-ce que c'était un composant radioactif ça ? … enfin, de ce que ça pouvait bien être.

Il fallait qu'il s'en souvienne. Avant de fabriquer une autre bombe, accidentellement. Ou une intelligence artificielle de plus. Une IA causerait plus de problèmes, en réalité, mais Coulson flippait vraiment au sujet des EEI (Engin Explosif Improvisé). Il passait son temps à déambuler dans la tour en parlant de dommages collatéraux et Tony en avait vraiment marre d'être constamment menacé d'un taser sans raison valable.

- On est très occupés. C'est normal que ça soit un peu le bordel ici, rajouta-t-il, en ouvrant un plan qu'il étudia une seconde. Eh ! Mais c'est un grille-pain !

- Quoi ? demanda Steve.

- Non rien, t'inquiète pas, tout va bien. Mais, attends, pourquoi est-ce j'ai cru qu'un grille-pain avait besoin d'isotopes de plutonium ? Non, sérieux, même venant de moi, je trouve ça un peu abusé … ça aurait été tellement plus facile d'utiliser une impulsion électromagnétique, tellement plus stable, pour un résultat égal. En plus, personne n'aime avoir du pain grillé radioactif, dit-il, en pointant Steve de son tournevis, personne.

- C'est vrai, répondit-t-il, d'un air amusé qui ne dura qu'un moment, le temps qu'il se rende compte de ce qu'il avait entendu. Attends une seconde, tu as bien dit plutonium ?

- T'inquiète pas, tout est sous contrôle.

La carcasse métallique du grille-pain laissa tout à coup échapper un bip presque furieux, tant il était puissant.

- Oh non. Sérieusement ? JARVIS, est-ce que j'ai vraiment programmé une intelligence artificielle dans ce grille-pain ?

- Cela ne m'étonnerait pas de votre part, Monsieur, répondit l'IA, d'un ton étrangement amusé. A un moment, j'ai même pensé que vous alliez sautiller partout dans l'atelier en vous écriant 'il est vivant !' mais je sais aussi que vous préférez avoir un public pour vos exclamations théâtrales passionnées.

- Ca te dirait d'aller vivre dans le joli grille-pain, JARVIS ? Ça me ferait des vacances, maintenant que tu es devenu incroyablement acariâtre, déclara Tony, en souriant comme le fou qu'il était. Je ne comprends vraiment pas d'où te viennent tous ces défauts de personnalité.

- De vous, il me semble. Préféreriez-vous que ce panneau soit retiré de façon à ce qu'aucune explosion ou perte de membre éventuelle ne soit à déplorer ? questionna JARVIS, tandis que Tony ressoudait un morceau de métal.

- Aigri, tu es aigri ! chantonna son créateur en guise de réponse. Hey, Grille-pain, t'es vivant ? J'ai déjà été aussi loin dans ta programmation ? »

Il le piqua de façon expérimentale et l'appareil bipa à nouveau.

- Merde. Bon. Nous sommes les heureux détenteurs d'un grille-pain intelligent … ça c'est quelque chose hein ? Peut-être qu'au Baxter Building, ils ont un portail vers la Zone Négative, mais nous, on a de l'électroménager grognon. Avec la chance que j'ai, il sera sûrement allergique aux pains aux raisins ou un truc du genre, et on finira par se battre avec lui à coup de couteaux à beurre et de Poptarts rassis.

Il leva les yeux pour s'apercevoir que Steve avait posé ses mains sur son visage et que ses épaules tremblaient. Soit il riait, soit il pleurait, soit c'était le début de la dépression nerveuse, pas facile de deviner parfois. Toutes les options se ressemblaient, jusqu'à ce qu'on en arrive aux cris. Décidant qu'il avait peut-être poussé le bouchon un peu trop loin, Tony posa ses outils sur la table avec précaution et ignora délibérément le grille-pain lorsque celui-ci s'éloigna imperceptiblement du tournevis.

Erf, il l'avait pourvu de roues. Nom de Dieu, pourquoi avait-il- oh, c'est vrai. Pour une livraison éventuelle de toasts.

Il fallait vraiment qu'il arrête de fabriquer des trucs quand il n'avait pas dormi depuis des jours.

- Je confirme, déclara Steve, en relevant finalement la tête.

Eeeeet, oui. Tony était en train de faire ce truc où il n'arrivait pas à faire la différence entre ce qu'il pensait et ce qu'il disait à haute voix. Comme c'était gênant.

- Pour nous deux, en effet.

- Okaaay, je vais donc me concentrer pour former des phrases que j'ai vraiment l'intention de te dire, répondit Tony, en glissant ses deux mains dans ses cheveux.

Steve le fixa avec insistance.

- Tu as les cheveux pleins d'huile moteur maintenant.

- Ça arrive. Très souvent même. C'est pas grave, t'inquiète pas pour ça. Y'a de l'huile partout ici, c'est mon truc.

Dummy, qui se trouvait à côté de lui, lui tendit un torchon encore plus sale que ses mains.

- Je comprends pas en quoi tu crois que ça va m'aider, dit-il au robot, qui essayait en vain de lui essuyer le visage, tu- Stop ! Non, ne-

Il attrapa le chiffon en soupirant, surtout pour que Dummy arrête d'essayer de l'aider.

- Merci.

Le bras mécanique du robot s'abaissa piteusement et Tony soupira à nouveau.

- Non, je te remercie vraiment, c'est rien, c'est gentil d'avoir voulu aider- oh mon Dieu, n'essaie pas de nettoyer Steve ! Tu dépasses les bornes ! Non, ne-

Une de ses mains alla s'écraser sur son visage, tandis que Cap se faisait épousseter avec un chiffon sale.

Steve étant Steve, il resta parfaitement immobile et souriant pendant que le robot fou s'affairait autour de lui, faisant glisser le morceau de tissu noirci sur ses épaules et sa tête.

- Merci Dummy, dit-il, tu vois Tony, même lui se rend compte que nous devons prendre soin de nos quartiers.

- Dummy a été créé par un ado de 17 ans, avec une demie heure de sommeil au compteur, et deux bouteilles de rhum dans le sang, sans oublier la tasse de café pleine de germes que je buvais en oubliant à chaque fois qu'elle était là depuis des jours, lui fit remarquer Tony. Ça m'étonne pas qu'il soit un petit peu spécial.

Dummy bipa, fit un tour sur lui-même, se prit le bord du bureau, et manqua de tomber.

- Moui, je sais, moi aussi j'ai du mal avec le manque de place ici. Tu veux faire connaissance avec le nouveau grille-pain ?

Il souleva le petit appareil outré d'être ainsi malmené, et le posa sur le rebord de la table.

- Dis bonjour.

Les deux machines se mirent immédiatement à biper de concert. C'était adorable à regarder. Si bien que Tony se laissa aller dans sa chaise et les observa en souriant. Et puis il se rappela tout à coup que Steve était dans la pièce et pivota sur lui-même. Captain America, toujours héroïque bien qu'il soit habillé d'une de ses horribles chemises boutonnées jusqu'en haut et d'un de ses pantalons couleur kaki-armée, était en train de ranger son labo.

- Oh non. Non, non, non, lâcha Tony, avant de se précipiter derrière lui pour récupérer tout un tas de choses des mains de Steve. Entre autres : des tasses à café, des boîtes de pizza vides, une des flèches de Clint, quelques formulaires qu'il avait eu la flemme de remplir et qui étaient désormais des avions en papier, le récipient du mixeur rempli d'une matière verdâtre peut-être comestible et deux magazines automobiles.

- Non.

Steve lui sourit, parce qu'il prenait ça pour de l'aide et non pas de la désapprobation. Et il touchait ses affaires, les affaires de Tony : des choses potentiellement dangereuses ou gênantes ou tout simplement secrètes, comme la majeure partie de ses possessions.

Tony résista à l'envie de n'en faire qu'un gros tas au sommet duquel il se percherait, crachant et soufflant comme un dragon assis sur son pathétique petit trésor.

- Non, Steve, déclara-t-il, en serrant ses affaires, ses si précieuses précieuses affaires contre son torse. Je vois clair dans ton jeu, et c'est non. Définitivement.

Le blond réfléchit pendant un moment, puis soupira.

- Très bien. C'est ton espace, je comprends. Mais pour ce qui est des pièces communes … il est hors de question qu'on s'en serve de décharge. Si nous ne respectons pas notre espace vital, alors nous ne nous respectons pas les uns les autres. C'est aussi simple que cela et je ne vais pas vous laisser oublier ça.

- Quand tu dis ce genre de trucs, j'arrive presque à imaginer le drapeau qui flotte derrière toi, répondit Tony.

Et Steve en parut blessé pendant une seconde, alors il s'empressa de rectifier le tir avant que l'expression ne s'imprime vraiment sur son visage.

- Non, non, je ne me moquais pas. Mais tu as l'air tellement convaincu quand tu en parles, tu y crois tellement, que ça me laisse pantois.

Il lâcha toutes ses affaires sur son bureau en prenant soin d'éviter le grille-pain.

- Ecoute Steve, nous sommes des adultes, des super-héros et nous avons des caractères très différents. Qu'est-ce que tu veux qu'on y fasse ? Organiser une réunion de famille et donner une liste de corvées que chacun devra effectuer ou il se verra privé d'argent de poche ?

Trop occupé à trier le bordel de fils - et de bonbons qui y ressemblaient étrangement - qu'il avait créé sur son bureau, Tony ne remarqua pas tout de suite le silence inquiétant qui s'étirait encore et encore. Il releva brusquement la tête et s'aperçut que Steve souriait. On pouvait voir toutes ses dents bien blanches et bien alignées. L'estomac de Tony se noua d'un coup.

- Non, dit-il, hors de question, Steve Rogers. C'est chez moi ici et je ne te laisserai pas faire ça, je te l'interdis formellement, tu m'entends ?


- Ceci est une réunion de famille, expliqua Steve aux personnes rassemblées autour de la table.

Tony dût résister à l'envie de se frapper la tête contre la table de la cuisine.

Quelqu'un – très certainement Clint, vu qu'il aimait bien le prendre comme bouc émissaire dans ces cas-là – étouffa un rire. Natasha l'en pensait apparemment tout aussi coupable, car le bruit d'une chaussure allant frapper contre un os se fit entendre de sous la table, et Clint grimaça.

Imperturbable, Natasha acquiesça et demanda :

- A propos de quoi ?

- Du fait que nous devrions avoir un peu plus de respect pour nos quartiers, répondit Steve. Tony nous autorise à vivre ici et-

- Je tiens à préciser que je me fiche complètement de ce que vous faîtes à ma tour, le coupa Tony, en levant une main. Vraiment rien à branler.

Steve lui lança un regard noir. Du genre « je m'attendais à quelque chose de beaucoup mieux de ta part là, parce que c'est important pour moi ». Tony se laissa aller dans sa chaise en soupirant.

- Steve pense que nous nous comportons comme des bêtes sauvages dans une résidence pour vieux célibataires, se corrigea-t-il.

- J'ai vu votre labo, déclara tout à coup Coulson, de l'autre côté de la table, penché sur une pile de dossiers. Et je peux vous dire que c'est une insulte à l'hygiène d'une bande de vieux célibataires livrés à eux-mêmes. Sans aucun doute.

- Ne vous sentez pas obligé de rester. Vous pouvez toujours retourner dans votre petite cellule stérile que le SHIELD ose appeler 'quartiers personnels', si ça vous chante, répliqua Tony d'un ton doucereux.

- Je ne suis plus autorisé à choisir mes quartiers, continua Coulson, en haussant un sourcil. Toute une histoire avec un livreur de pizza, des flèches explosives, une formule magique, des anchois et une bouteille de tord-boyaux de contrebande.

- Pour ma défense- commença Clint, avant que l'agent ne lui donne un coup derrière la tête.

L'archer sourit, prenant cela pour une marque d'affection. Connaissant Coulson, c'était sûrement le cas.

- De ce fait, je suis coincé ici, et Steve dit vrai. Cet endroit est devenu une vraie décharge ces dernières semaines.

- Pour sûr, cela me peine de l'admettre, mais nous avons échoué à la tâche de garder nos appartements en bon état, lança Thor, alors qu'il polissait Mjölnir sur la table. Avec ses pieds.

- Et qu'est-ce que vous avez en tête ? Une Kaper Chart ? demanda Bruce.

Il soupira lorsque tout le monde se contenta de le regarder d'un air perdu.

- Ah oui, j'avais oublié que personne n'était normal ici et n'a donc été faire du camping quand il était petit.

- Je regrette, mais mes parents étaient plus que ravis de m'envoyer en colo, pendant des mois parfois, répliqua joyeusement Tony. Bruce leva les yeux au ciel, tandis que Steve retrouvait cet air pincé et malheureux qui rendait l'ingénieur si nerveux.

- Tu allais dans des colos de riches, n'est-ce pas ? demanda Bruce.

- Pffff, se contenta de souffler Tony.

- C'est quoi une Kaper Chart ? demanda Clint, tout en faisant glisser une tête de flèche contre son avant-bras de ses doigts agiles.

- Une liste de corvées, lui répondit Coulson, normalement utilisée chez les Scouts pour que chaque gamin ait une tâche à accomplir. En général, la liste est faite de façon à ce que les corvées soient facilement échangeables, et sert à instaurer un sens de responsabilité au sein du groupe. Elle convient tout à fait à des enfants de 10 ans.

Il referma son dossier et ajouta : C'est tout à fait ce qu'il nous faut.

- Non, contra Tony, d'une voix ferme, je paie déjà une équipe de nettoyage pour s'en charger, contentez-vous de ne pas laisser traîner vos sous-vêtements sales sur la table de la cuisine et cessez de cacher vos boîtes de cookies vides sous le canapé alors qu'il y a une poubelle à moins de 3 mètres, oui Thor, je sais que c'est toi-

- Il y avait des sous-vêtements sur la table de la cuisine ? s'exclama Steve d'un air abasourdi qui sous-entendait assez bien un 'mais qu'est-ce qui ne va pas chez vous ?!' qu'il était bien trop poli pour exprimer à haute voix. Qui a posé ses sous-vêtements sur la table ?

- J'ai pas regardé l'étiquette, Steve, répliqua sèchement Tony, je ne sais pas et je m'en fous. Je dis simplement qu'on peut se débrouiller sans avoir à nous humilier devant de potentiels invités avec une putain de liste sur le mur, comme si on portait tous des shorts et des bérets libellés au nom du « Joyeux Camp des Petits Branleurs ».

- Ce nom ne me parait pas approprié pour un endroit où les gens envoient leurs enfants, dit Thor, d'un air clairement désapprobateur, tandis que Steve disait : Tony, surveille ton langage, franchement, tu es en présence d'une dame.

Natasha eut l'air amusé, et Tony perdit brusquement patience.

- Cet endroit n'existe pas ! hurla-t-il, mais vous êtes en train de transformer ma tour en « Joyeux Camp des Petits Branleurs », et je ne veux pas y vivre ! C'est plus que hors de question ! Je paie les femmes de ménage et je ne laisse pas mon boxer sur la table de la cuisine !

- Ah, c'était pas moi alors, déclara Natasha, avant de récolter tous les regards dans la pièce.

- Le temps que le cerveau de Tony redémarre, commença Coulson, tandis que Steve rougissait furieusement en balbutiant, que Clint souriait d'une façon qui n'annonçait rien de bon pour son prochain entraînement contre ladite espionne, que Thor semblait se demander si c'était son boxer et que Bruce restait complètement inébranlable. Est-ce que quelqu'un à quelque chose à ajouter avant que je ne commande la liste ?

Tony secoua la tête, convaincu que ça n'allait pas passer. Il n'y avait pas moyen que les autres cautionnent de telles âneries, tout resterait tel quel et il n'aurait pas à faire ce stupide travail d'équipe. Il pourrait retourner dans son atelier crados, attraper la peste avec un de ses chiffons dégueulasses et payer des professionnels pour le soigner.

Il se laissa aller dans son siège en croisant les bras et offrit un petit sourire en coin à Steve, qui eut l'air déçu. Tony ignora la pointe de culpabilité qui menaçait de s'enfoncer dans son réacteur ARK. Il détestait se sentir coupable. Surtout si c'était à cause de Steve. Ca, ça faisait sérieusement mal.

Il jeta un coup d'œil ailleurs pour se changer les idées et commit l'erreur de croiser le regard de Clint. Celui-ci le fixait en plissant les yeux, avec son fameux Œil-d'aigle-qui-voit-à-des-kilomètres-de-distance. Tony ressentit une légère inquiétude quand un sourire étira les lèvres de Clint. Lentement, il fit non de la tête, mais le sourire de son vis-à-vis ne fit que s'élargir.

- C'est une bonne idée, dit finalement celui-ci.

Tony lui lança un regard noir. Traître. Connard. Lèche-cul. Il sut, en voyant le regard de Clint, que l'archer allait lui tirer la langue dès qu'ils auraient quitté la pièce.

- Tu me le paieras Barton, souffla-t-il.

Clint lui envoya un baiser, clairement pas inquiet, bien que Tony sache où il dormait.

Quoique, maintenant qu'il y pensait, il ne le savait peut-être pas. Il semblait bouger tard le soir et tôt le matin dans la tour, se la jouant espion. Et les espions, snipers de surcroît, avaient le don de rendre Tony très nerveux.

- Merci, Clint, dit Steve en ignorant Tony. Natasha ?

Elle était au téléphone, parlant à voix basse, mais croisa le regard de Steve, haussa un sourcil et acquiesça sèchement.

- Ca me va aussi, dit Bruce. Je préférerais que mon travail ne soit pas contaminé, parce que contrairement à tes machines complètement folles, ajouta-il en se tournant vers Tony, mes expériences peuvent être ruinées par un donut en stade de décomposition avancée abandonné dans le système de ventilation.

Tony résista à l'envie de se précipiter dans la cuisine pour serrer son tout nouveau grille-pain contre son lui.

- Mes machines ne sont pas folles, dit-il, blessé. Bon, elles ne sont pas particulièrement stables non plus, mais, franchement, qui peut se vanter de l'être ici ?

- Tu as fabriqué un grille-pain qui n'aime pas les bagels, fit remarquer Clint. Ce qui peut être gênant, tu sais. Pour un GRILLE-PAIN.

- C'est pas facile à faire griller les bagels, expliqua Tony, tu ne les aimerais pas non plus.

- Ton insistance continuelle à te fabriquer des amis commence à devenir plutôt flippante, Stark, remarqua Natasha et Tony se crispa. Elle l'ignora et tendit le téléphone à Thor : Tiens, c'est Jane.

Le visage de Thor s'illumina totalement : sourire jusqu'aux oreilles, yeux grand ouverts éclatant de joie. La totale. Il ne lui manquait plus qu'une queue à agiter. Sa ressemblance avec un jeune golden retriever et le fait qu'il ne se soit pas moqué de son nouveau grille-pain faisaient partie des raisons pour lesquelles il était le préféré de Tony. Il prit le téléphone.

- JANE ! hurla-t-il, et tout le monde grimaça à table. Parce que quand Thor hurlait, il faisait un sacré boucan.

Thor écouta ce que lui disait Jane avec un air très concentré. Il émit quelques « mmmh » en acquiesçant et ses yeux bleus s'écarquillèrent.

- Certes, dit-il, en donnant un grand coup sur la table. Je comprends. Il faut donc que je le fasse. Merci, ma très chère Jane.

Il rendit le téléphone à Natasha.

- L'on m'a informé qu'assister aux tâches domestiques est considéré comme un atout majeur chez un bon partenaire Midgardien. De ce fait, il est important que je fasse de mon mieux.

- C'était très bas de ta part, dit Clint à Natasha.

- Elle m'a promis une récompense si j'arrive à lui faire porter un tablier à froufrous et lui donner une photo, dit-elle avec un léger rictus au coin des lèvres. C'est ma manière préférée de me faire du fric. Trop facile.

- Et pourquoi penses-tu que ça sera facile ?

- Parce que tu vas montrer l'exemple.

- Okay, pour la moitié de la récompense.

- Marché conclu.

Elle tendit la main et il la serra.

- Est-ce que Clint vient juste d'accepter de porter un tablier à froufrous ? demanda Tony, à personne en particulier.

- On dirait bien, répondit Coulson, en retournant à sa paperasse. Natasha, restons dignes s'il te plait.

Elle haussa légèrement les épaules.

- Je ne peux que choisir le costume, je ne suis pas responsable de ce qu'ils font avec.

Coulson se frotta le front d'une main.

- Natasha, les photos.

- Resteront strictement confidentielles, assura-t-elle.

Steve se racla la gorge.

- Bien, puisque nous sommes tous d'accord-

- Oh non, grogna Tony, je ne suis définitivement pas d'accord.

- J'espère encore que tu changeras d'avis, dit Steve, d'une voix ferme. Merci à tous.

Tony s'écroula dans sa chaise alors que tout le monde quittait la pièce. Okay, très bien, se dit-il. De toute façon, ça ne pouvait pas être si horrible.

Steve ne trouverait jamais assez de choses à faire pour que cette stupide idée de liste ne fonctionne.

Comme promis, Coulson avait fait installer un grand tableau avec une grille pré imprimée dès le lendemain. Et comme promis, Steve passa une grande partie de la journée à remplir les cases avec une vingtaine de corvées faciles que chacun d'entre eux pouvait accomplir. Tony fixait l'écriture fine et nette du Captain, tandis qu'une migraine se formait doucement dans sa tête.

Arroser les plantes, lancer le lave-vaisselle, remplir la mangeoire à oiseaux, passer le balai dans la cuisine, faire du popcorn pour la soirée télé, faire le petit dej du dimanche matin, ramasser les verres sales dans les pièces communes, rassembler les serviettes sales, appeler Pepper, faire la liste des courses, nettoyer la cafetière et cette stupide liste s'allongeait encore.

- Question, commença Tony, tandis que les autres parcouraient la liste des yeux. On a une mangeoire à oiseaux ?

- Sur le balcon de la cuisine, répondit Bruce.

- On nourrit … des oiseaux. Mais pourquoi ? Les seuls à monter jusqu'ici sont les pigeons. Pourquoi nourrir ces espèces de rats ailés ?

- J'aime bien les pigeons, dit Steve en souriant. Ce sont des survivants. Ils sont malins et s'adaptent facilement.

- Evidemment, soupira Tony, et pourquoi 'appeler Pepper' est sur la liste ?

- Quelqu'un l'appelle déjà toutes les semaines, autant rendre ça officiel, expliqua Coulson, d'un air bien trop amusé au goût de Tony.

- Mais pourquoi est-ce qu'on l'appelle toutes les semaines ? demanda-t-il.

Tout le monde l'observa comme s'il était un gamin un peu lent. Et il eut beaucoup de mal à se retenir de taper du pied et voler leur stupide liste.

Il avait les moyens de se procurer de puissants explosifs et des lance-flammes. Cette chose allait périr. Périr dans d'atroces souffrances.

Alors que les autres étaient distraits, Clint en profita pour écrire 'Nourrir Œil-de-Faucon' dans une case vide, et Natasha lui prit le marqueur des mains. Il tenta de le récupérer, mais elle le connaissait trop bien, et passa un pied derrière ses jambes. Il trébucha en arrière et Thor le rattrapa en riant. Natasha écrivit 'le problème de Coulson' sur la ligne en face.

- Je ne suis plus responsable de lui, objecta Coulson alors que Clint riait.

Thor le remit sur ses pieds, et l'archer sourit en coin, en refusant de tenir debout.

- Pour l'amour de Dieu, ne cassez pas notre tireur d'élite, déclara Coulson, lorsque Thor souleva Clint comme un enfant, ses immenses mains encerclant son torse. Vous n'imaginez même pas tous les formulaires que j'ai à remplir à chaque fois qu'il finit à l'infirmerie.

- Ça arrive déjà assez souvent, ajouta Faucon, en tentant de mettre un coup de pied dans la tête de Thor. Le demi-dieu l'évita avec un grand sourire.

- Ils ont créé des formulaires rien que pour toi, Clint, dit Coulson, fini de jouer.

- Est-ce qu'on peut se concentrer ? demanda Steve, en tapotant la liste avec un sourire.

Thor reposa Clint au sol et celui-ci tint debout sans problèmes. Ils tentèrent de paraître innocents, mais leur jeu d'acteur était plutôt nul. Ils arrivaient à se donner un air tout à fait charmant en revanche.

- Très bien, continua Steve, Madame, Messieurs. Faîtes vos choix.

Tony n'arrivait pas à croire qu'ils étaient vraiment en train de faire ça. Il n'arrivait pas à CROIRE que Coulson écrivait son nom dans les cases correspondant à 'nettoyer la cafetière', 'rappeler le jour de lessive', et 'planifier le repas du mardi'.

Natasha avait un léger sourire amusé tandis qu'elle promettait 'd'arroser les plantes', 'mettre de l'engrais dans les petits pots de fleur et autres légumes du potager' qui se trouvaient dans la serre que Tony avait ajoutée à sa tour avec pour seule intention de s'en servir comme cabine de bronzage, et partager la tâche de 'nourrir Œil-de-Faucon' avec Coulson.

Steve devait 'appeler Pepper' cette semaine, 'faire le brunch du samedi' et 'faire la liste de courses', ce qu'ils allaient tous regretter car il détestait la nourriture de cette époque et essayait toujours de les faire manger sain.

Thor écrivit son prénom en belles lettres cursives à côté de 'faire le repas du jeudi soir' (toujours des pâtes, avant la soirée films – et nom de Dieu, que Tony adorait le jeudi avec ses pâtes, ses soirées télé passées sur le canapé à boire du chocolat chaud, manger du popcorn et discuter des incohérences scientifiques du film du jour, tout en demandant qui voudrait coucher avec quel acteur) et 'ramasser les serviettes sales'.

Bruce s'engagea à 'remplir la mangeoire à oiseaux', 'faire le café le matin', et 'ramasser après les soirées télé'.

Clint - qui savait vraiment cuisiner, était doué pour ça et après avoir fait le tour du monde, était revenu avec des recettes qui lui permettaient de préparer des repas délicieux avec très peu d'ingrédients – ferait les dîners du week-end et servirait de 'robot-sitter', les fois où Tony quittait New-York. Parce qu'il adorait Dummy et Butterfingers, même si JARVIS refusait qu'il leur apprenne plus de tours.

Et maintenant, tout le monde regardait Tony, avec impatience chez certains et agacement chez d'autres. Et Steve l'observait avec tellement d'espoir qu'il en grimaça.

- C'est complètement stupide, lâcha-t-il, en se rendant bien compte qu'il avait l'air d'un gamin, sans pour autant pouvoir s'en empêcher.

Clint leva les yeux au ciel et se pencha sur la liste.

- Je rajoute 'Câliner Stark', parce qu'il est d'une humeur massacrante depuis quelques jours.

- Je fabrique tes armes, déclara Tony, un air de dieu vengeur peint sur ses traits. Je te conseille de tenir compte de ce fait avant de m'emmerder, Barton.

Nonchalant, Clint lui sourit et jeta le marqueur sur le support du tableau.

- Le SHIELD me fera un autre arc.

- Tu crois vraiment que tu arriveras à te satisfaire des armes basiques du SHIELD après t'être servi de mes design fabuleux ? demanda Tony, avec un sourire en coin. Ou devoir attendre entre six et huit semaines avant d'avoir ton arme parce qu'ils doivent d'abord tout tester, comme les petits enfants apeurés qu'ils sont ?

- Tu lui donnes des armes non testées ? s'exclama Steve, d'un air horrifié.

Okay, il avait peut-être fait une erreur là.

- Noooooooooooon, répondit-il finalement, en étirant sa réponse dans l'espoir que Steve ait oublié sa question lorsqu'il aurait fini. Bon, ça avait peu de chances de marcher, mais il pouvait toujours essayer.

- Tu acceptes de armes non testées de la part de Stark ? demanda Coulson à Clint, qui avait l'air sur le point de prendre ses jambes à son cou.

- Non, nan, impossible, répondit-il.

- Eh, qu'est-ce que vous insinuez là, de la part de Stark ? questionna Tony, blessé.

- Tu te fais souvent exploser. Très souvent, dit Bruce.

- Véridique, confirma Thor, en croisant les bras sur son torse musculeux.

- Mais je fais plus attention quand c'est pour Clint, expliqua Tony.

- Tu fais plus attention quand c'est pour Clint ? répéta Steve, avec cette horrible, horrible note, que Tony n'arrivait pas à décrire, dans la voix. Et il le regardait d'un air si peiné, qu'il décida d'arrêter de parler pour ne pas empirer les choses. Tu veux dire que tu ne fais pas attention quand c'est pour toi ?

C'était le genre de conversation dont il ne voulait vraiment PAS FAIRE PARTIE. Il attrapa le marqueur et inscrivit ses initiales à côté de quelque chose. Il était quasi sûr que c'était 'passer le balai dans la cuisine', mais ça aurait tout aussi bien pu être 'adopter des orphelins de guerre', il s'en fichait. Il n'y avait aucune corvée pire que celle de rester ici, à discuter de ce qu'il appelait de l'opportunisme et que Steve appelait un manque d'instinct de survie.

Franchement, c'était un mec qui se battait en balançant un bouclier à ses ennemis qui lui disait ça. Tony n'était pas sûr qu'il puisse lui parler de tendances suicidaires latentes. A part s'il parlait d'expérience personnelle.

- Voilà, j'ai quelque chose à faire, déclara Tony, un peu trop fort et sèchement.

Il voulut reposer le marqueur, mais Steve lui prit des mains avant.

Il regarda, avec horreur, le blond écrire son propre nom à côté de cette saloperie de corvée CÂLIN, puis se tourner vers lui et le serrer dans ses bras.

Son cerveau, habituellement si fiable et compétent, gela totalement. Ce fut comme si l'interface de l'armure s'était éteinte après avoir dépensé toute son énergie, devenant tout simplement silencieuse et Tony eut l'impression de chuter une nouvelle fois. Sauf que ce n'était pas le cas. Parce que Steve Rogers l'enlaçait, le serrant contre son torse, ses épaules, et ses mains posées sur lui, et son corps solide, sexy et musclé pressé contre le sien sur toute sa longueur. Ses bras le serraient fort, si fort que la pression aurait dû être douloureuse, mais Steve ne faisait jamais d'erreur avec sa force. Il n'oubliait jamais et ne faisait jamais de mal à personne, sauf s'il en avait l'intention.

Bien sûr, Steve n'avait aucune idée de la souffrance que Tony ressentait à ce moment.

Son cœur battait un peu trop vite, un peu trop fort, le réacteur ARK sifflant presque, gémissant dans son torse. Son corps entier s'était crispé et figé, la panique grandissant dans son esprit.

Déchiré entre l'envie de se dégager, de fuir, et celle de lui rendre son étreinte, il se contenta de rester parfaitement immobile.

Et c'est à ce moment-là que Steve le relâcha, avant de faire un pas en arrière.

Pendant une seconde, Tony chancela, avant de lancer un regard choqué, à la limite de l'horreur, vers le blond.

Steve, dont les joues étaient passées au rose, ne fit que lui sourire.

- Qu'est-ce que c'était ça ? croassa Tony.

- Un câlin, dit Steve, avant de ramasser le marqueur qui était tombé par terre. Il valida sa corvée sur la liste, menton relevé, faisant de son mieux pour ne pas donner l'impression qu'il allait fondre en une flaque de gêne à même le sol. Mais il avait franchement du mal.

- Ouais, merci, super. Si jamais tu refais ça- dit Tony, en le pointant du doigt, avant de se rendre compte qu'il ne trouvait pas de menace appropriée. Ne refais jamais ça !

- Il a pas franchement le choix, fit remarquer Clint, d'un air amusé, il a pris cette tâche. C'est la sienne maintenant. Il va devoir le faire tous les jours.

- Tu la fermes maintenant, répliqua Tony, et efface-moi ça.

- Il se peut que j'ai réécrit par-dessus avec un stylo indélébile pendant que tu étais occupé, lui dit-il. Oups.

Tony les observa tous, en prenant soin d'éviter le regard de Steve. A la place, il tenta d'oublier à quel point ça avait été BON, et ça n'était pas facile, il avait une sacré bonne mémoire. Jurant tout bas, il sortit de la pièce à grands pas. Il se persuada que personne n'avait ri derrière lui, lorsqu'il arriva au hall en courant pratiquement.

- JARVIS, grogna-t-il, en dévalant les escaliers qui menaient à son atelier. C'est quoi ma corvée ?

- Passer le balai dans la cuisine.

- Fais chier. J'ai pas le temps de recommencer à zéro, commande moi 50 Roombas. Qu'ils soient envoyés dans la nuit, je les veux sur mon pallier à 9h demain matin, ou des têtes vont tomber.

Éventrer les petits appareils allait bien le défouler. Pour le moment, il se contenterait de se cacher dans son labo, en priant pour que le monde n'ait pas besoin d'être sauvé aujourd'hui.

Il n'était pas sûr d'être prêt à sortir de son antre.

Il avait l'horrible impression que le reste de sa journée allait être dédiée à se convaincre qu'il ne voulait pas passer le restant de ses jours dans les bras de Steve.


Voilà voilà :) le début d'une très très très très longue fiction, si on considère que les 6 autres fics qui la suive en font partie ... Mais elle est tellement bien ! Dur de passer à côté ! Je suis carrément fan de l'humour de l'auteur et j'espère que je réussirai à vous le retranscrire aussi bien.

Merci d'avance aux gens qui prendront la peine de dire quelque chose :)

La suite arrive !

Remerciements spéciaux pour : Clina9, Sylphe, Vampire1803, Amy W Key, Glasgow et bien évidemment Gwenhifar (L), pour avoir été fidèles et toujours me poster un com gentil ou élaboré.

- Star Spangled Girl.