Titre : Psychanalyse de la vie courante.

Auteur : Damoiselle A.

Résumé : Bella a vingt huit ans. Galeriste, sa vie personnelle est une succession d'échecs quand sa vie professionnelle est en plein essor. Constatant un problème, elle décide de tout faire pour y remédier… JW/BS AH

NDA : Bonjour à toutes (il n'est pas encore prouvé que des hommes se cachent parmi mes lectrices xD)

Je suis désolée de cette looongue absence sur la toile, mais comme je l'avais expliqué avant de partir et comme je l'ai expliqué en revenant à quelques unes d'entre vous, j'ai des études très prenantes qui ne m'offrent ni le temps ni la sérénité pour continuer d'écrire en période scolaire. J'ai voulu avancer pendant les vacances de Noël et je suis au regret de vous apprendre que mon ordinateur (ce saloupiaud) m'a lâché alors qu'il ne restait plus qu'à relire le chapitre 6 de Jazz et moi et le chapitre 11 de Vers la douceur. Tentant une récupération des données ce weekend et jusqu'à la fin des vacances, j'ai décidé de publier une nouvelle histoire (drabble donc courte) afin de tous nous occuper et de vous dire que je ne suis pas morte et que mon absence m'a même permis d'obtenir mon semestre brillamment (si, si). xD

Sur ce je vous souhaite une bonne lecture !

Bises à toutes ! Adèle.

MERCI A NINIE ET A DEAD APPLE POUR LEUR SOUTIEN SUR CETTE FICTION !


« Je me suis mis d'accord avec moi-même, ce qui est bien la plus grande victoire que nous puissions remporter sur l'impossible. »

A. Equiros

Jeudi 24 septembre 2015 – New York City

- Nous pouvons commencer, Miss Swan, annonça mon vis-à-vis.

Je la jaugeai pendant quelques secondes. Elle était rousse. Elle avait les yeux clairs et un physique d'athlète. Toute sa physionomie n'était que concentration et écoute. Elle semblait tendue dans un seul but : être présente devant vous. Pas de jugement, pas de problématique complexe, juste une empathie totale pour la personne qui se trouvait face à elle.

- La formalité est-elle nécessaire ? Demandai-je sur un ton curieux.

- C'est comme vous voulez, me répondit-elle avec un sourire encourageant.

- … C'est bien comme ça, repris-je en m'installant mieux dans le fauteuil.

- Si vous commenciez par me parler de ce qui vous amène ici…

- Si on doit aller au commencement… cela va prendre un peu de temps…

- Allez-y, on a tout le temps nécessaire.

Je laissais passer un temps pour rassembler mes idées. J'essayais de construire un discours plus ou moins cohérent. Constatant la bataille perdue d'avance, je décidai de me lancer. Sans filet.

- Je crois que ça a commencé lorsque je suis tombée amoureuse pour la première fois, expliquai-je en me sentant terriblement gênée du cliché que représentait cette phrase. C'est idiot mais cette première fois là, on s'en souvient toujours. Je suis tombée amoureuse d'un jeune homme. J'avais quinze ans, il en avait dix sept. Le malheur c'est que rien ne nous rapprochait, ni ses études, ni ses valeurs et encore moins sa vision de la famille. Je suis tombée amoureuse d'un homme qui était incapable de m'entendre parler d'art contemporain sans bailler au bout de trois minutes cinquante, souris-je avec une certaine tendresse. J'avais chronométré.

- Vous êtes galeriste c'est bien cela ?

- Oui, souris-je. À l'époque, si on m'avait dit que dix ans plus tard je ne serais pas mariée à Jacob et que j'aurais monté ma propre galerie d'art, je n'y aurais jamais cru. Nous sommes sortis ensemble pendant trois ans. Lorsque j'ai atteint ma dix-huitième année, nous nous sommes installés dans un appartement ensemble. Mon père approuvait, ma mère était contre.

- Ils sont séparés ?

- Depuis que je suis petite. Ils ont eu le temps de s'aimer, de faire un enfant et ils se sont séparés. C'est mon premier modèle de couple et il n'a pas été ce qu'on pourrait appeler une franche réussite. Au final, j'aurais peut-être dû commencer par-là.

- Ce n'est rien, continuez avec Jacob.

- J'ai eu mon diplôme et je me suis inscrite à la fac. Au début, je pensais à U-Dub… et puis, une amie à moi, Alice, m'a conseillée de postuler dans des grandes villes, New York, Chicago, Los Angeles dans ce que j'aimais le plus faire. Grâce à un petit boulot, j'ai postulé dans toutes les écoles d'art que j'aimais… Et j'ai fini par être prise à la School of Visual Arts de New York.

- Cela a mis fin à votre relation avec Jacob ?

- Cela a mis fin à beaucoup de choses dont ma relation avec Jacob, l'amitié que mon père entretenait avec le sien, l'entente cordiale entre mes deux parents et j'ai perdu la quasi-totalité de mes amis de l'époque. Seule Alice est restée et m'a soutenue. Elle a obtenue son entrée en médecine à NYU et nous avons choisi de nous mettre en colocation.

- Et que s'est-il passé ?

- En réalité, pas grand chose, constatai-je d'une voix éteinte. Nous avons travaillé d'arrache pied. Nous voulions réussir dans nos domaines respectifs. Alice voulait prouver au monde entier qu'on pouvait mesurer un mètre cinquante et être une grande femme. Quant à moi… je voulais réussir mon école. Je vivais ma passion. Je travaillais tout le temps, je produisais. Je suis entrée dans une sorte de psychologie particulière pendant cette période. J'avançais intellectuellement tout en digérant doucement ma relation avec Jacob. Je ne voulais pas d'un autre homme dans ma vie. Mais…

- Mais ?

- Alice avait un frère, Edward. Jeune, charmant, aimable. Le gendre idéal. Le modèle du parfait manipulateur aussi.

Je me sentis immédiatement coupable, comme à chaque fois que je médisais sur mon ex petit ami. Un effet pervers de notre relation. Je dus néanmoins me corriger.

- Non, je ne devrais pas être aussi méchante. Le pauvre m'a blessée sans le faire exprès.

- Que s'est-il passé ?

- Il n'a pas fait attention. Il a glissé… vers les hommes. Il n'a pas été brutal ou méchant. Je crois que le mal a été plus pernicieux. Il a été le petit ami parfait pendant deux ans… Il faut toujours se méfier des gens parfaits, ils cachent des choses… émis-je en pensant à cette histoire. Enfin, toujours est-il qu'après un mois de relation il couchait avec des hommes. Ce que je comprends et ce que j'aurais pu accepter. En fait, non. Je n'aurais pas accepté.

Je marquai une pause, clarifiant mes pensées.

- Disons que si notre relation avait été différente… S'il était venu me voir en m'expliquant qu'il aurait besoin d'une femme en tant qu'avocat, qu'il voulait des enfants, qu'il voulait se conformer à des attentes sociales et familiales mais qu'il était homosexuel, je lui aurais rendu ce service. Et de bon cœur. L'avoir fait de cette façon m'a juste donné le sentiment d'être une merde, une idiote et m'a dégoutée du sexe durablement.

- Et que venez-vous chercher en thérapie ?

- Je viens d'avoir vingt huit ans. J'ai des relations avec les hommes qu'on peut qualifier de médiocres au mieux et de néfastes dans la plupart des cas. J'ai perdu ma meilleure amie et une belle famille en or avec ma dernière histoire. Mes parents sont des soutiens que je vois deux fois par an. Ajoutez à cela un manque total de relations sociales décentes et le fait que ma seule réussite soit professionnelle. Aujourd'hui, ce que je cherche avant tout, c'est être en paix.


C'est un premier chapitre d'exposition, on y apprends deux trois petites choses quand même ^^. Comme je l'ai dit plus haut, les chapitres seront assez courts (environ 1000 mots) mais de fait ils seront publiés plus souvent (je vais essayer d'en faire un par jour jusqu'à ma rentrée, ce qui permettrait de clôturer cette histoire en une dizaine de jours ^^).

Alors qu'en avez-vous penser ? Je suis une folle complètement cinglée qui vous emmène encore sur des trucs chelous ? Bella est une folle à lier ? La psy est vraiment bizarre ? La vie de Bella est vraiment triste ou vraiment drôle ? A vos claviers !