NdlA : Bonjour à toutes et à tous. Je m'excuse d'avance au cas où certains personnages pourraient être OOC. C'est voulu. J'ai écrit ce que je voudrais lire, comme fanfiction sur ce fandom.

Aucuns des personnages de Ghost Hunt que vous connaissez ne m'appartient. Les autres, sortent de mon imagination, mais si l'envie vous en dit, pas de soucis, je suis très prêteuse.

Sur ce, bonne lecture, j'espère.


Chapitre 1 : Fuite

Mai Taniyama sauta en arrière pour éviter les mains décharnées qui tentaient de la saisir à la gorge. Atterrissant en position accroupie, elle joignit l'index et le majeur et fendit l'air de la main droite en plusieurs gestes rapides. D'une voix ferme, Mai prononça le mantra que lui avait appris son amie Ayako.

" Rin, Pyo, To, Sha, Kai, Chin, Retsu, Zai, Zen!" s'écria-t-elle.

Les formes menaçantes et translucides qui l'entouraient quelques instants plus tôt se désagrégèrent, ne laissant que Mai et sa coéquipière dans la pièce.

« Pfiou ! souffla avec soulagement une grande femme avec des cheveux auburn, habillé d'un hakama rouge et d'un kendogi blanc, nommée Ayako Matsuzaki. Heureusement que je t'ai demandé de me donner un coup de main! J'aurais eu beaucoup plus de mal toute seule. Se félicitait Ayako en lançant un regard reconnaissant à Mai. Tu t'es d'ailleurs drôlement bien améliorée, dis-moi ! »

Mai, épuisée se contenta d'un signe de tête, tandis qu'elle parcourrait ses jambes et ses bras du regard pour rechercher d'éventuelles blessures. Rassurée par son inspection, Mai se tourna vers son amie qui était maintenant appuyée contre la cloison de la pièce.

La jeune fille sourit malicieusement. Ayako, prêtresse de son état, à la tenue habituellement si soignée, avait l'air d'avoir croisé une tornade. Ses longs cheveux qu'elle portait d'ordinaire attachés quand elle travaillait, s'étaient tous détachés et étaient maintenant tous emmêlés. Une longue trace de boue striait une de ses joues. La blancheur de son haut et de ses chaussettes n'était plus qu'un vague souvenir.

« Bah, ils n'étaient ni très puissants, ni très dangereux, mais seulement…indénombrables ! Plaisanta Mai. Tu vas bien ? Pas trop de casse ? l'interrogea-t-elle, mais Ayako secoua la tête.

— Bah, des toiles d'araignées, de la poussière et de la boue. Rien qu'un bon bain ne saurait arranger ! Dit-elle avec bonne humeur. Et toi ? Et ce fut au tour de Mai de secouer la tête.

— Idem. Par contre, mes pauvres bas… ils sont foutus. » Lui répondit, désolée, la jolie fille aux cheveux châtains qui portait des bas sous une jupe qui ressemblait à celle de son uniforme. Bas qui étaient maintenant en piteux état.

Mai soupira lourdement, faisant voleter un bout de toile d'araignée qui s'était accroché sur une mèche de ses cheveux.

Elle était bonne pour en racheter de nouveaux, sur le chemin du retour car ces bas étaient ceux qu'elle portait ce jour-là, la mission n'étant pas très éloignée de chez elle. Elle se rassura en pensant que même en s'achetant plusieurs paires de nouveau bas, elle n'entamerait même pas le bénéfice qu'elle se ferait avec la récompense de la mission qu'Ayako et elle venaient de mener à bien.

Elle était heureuse que son amie l'ait appelée.

Ayako baissa les yeux sur lesdits bas de son amie. Elle éclata de rire.

« Mon dieu ! Vue comme ça, tu as l'allure d'une paysanne ! Se moqua-t-elle, tandis que Mai lui tirait la langue de manière puérile. Allez, viens, allons réclamer notre dû et nous rentrerons en train. Tu pourras t'acheter de nouveau bas tout à l'heure. Il y a un magasin de vêtements pas loin de chez moi. »

Mai acquiesça, le sourire toujours aux lèvres.

« Hum hum. Heureusement que l'on n'est pas loin de chez toi. Je pourrais au moins me débarrasser de la majorité de toute cette crasse avant de rentrer chez moi. »

Seul l'écho du rire d'Ayako lui répondit, étant donné que celle-ci avait déjà descendus les escaliers qui menaient, au grenier qu'elles avaient dû vider de ses occupants d'outre-tombe.

~°~_T_T_

La maisonnette d'Ayako, située dans la banlieue de Tokyo, était très jolie. Au-delà d'un portail en fer forgé s'étendait deux rangées d'azalées d'un rose vif du plus bel effet dans ce jardin de taille moyenne. Ci et là était plantés de petits buissons de jeunes bambous taillés pour ressembler à des boules de verdure posées sur une pelouse impeccable.

Au milieu de tout cela, serpentait une allée de dalles faite de rochers plats et disposés de manière sinueuse. L'allée étant délimitée par deux cordes de chaque côté, soutenue par des poteaux qui faisait office de barrière improvisée empêchant un visiteur rêveur de marcher sur la pelouse par inadvertance.

Tandis que la maitresse de maison poussait doucement le portail pour entrer, Mai, elle, admirait le petit jardin.

« A chaque fois que je viens ici, je ne peux m'empêcher de m'extasier sur ton jardin. Il est vraiment magnifique. » La félicita la jeune femme. Ayako sourit avec plaisir.

— Heureusement ! Vu le temps que je lui consacre quand je ne suis pas en mission, j'en suis très fière, mais tu le sais déjà, non ? Allez, viens. Les jardins ne se mangent pas, et il faut que je me mette quelque chose sous la dent avant de tomber dans les pommes ! » Lui répondit la prêtresse en l'entrainant à sa suite dans l'allée menant à une véranda protégée des regards par un rideau de fins bambous. Mai rit et se laissât faire.

— Je ne vais pas m'attarder, tu sais Ayako. Il faut que je rentre prendre une douche. Ensuite, il faut que j'aille faire quelques courses : Les filles viennent à la maison, on doit réviser ensemble ce soir. » expliqua l'étudiante.

A ces mots, Ayako se souvint qu'effectivement, la jeune Mai était encore au lycée, et que ses examens se passeraient la semaine prochaine. Elle se reprocha de l'avoir oublié, et prit un air désappointé.

« Ah, dommage. J'espérais que tu resterais un petit peu. Tu prendras bien une tasse de thé, quand même ? lui proposa Ayako avec espoir. Ce qui fit rire Mai.

— Bien sûr. »

Les jeunes femmes se débarbouillèrent tour à tour dans la salle de bain de la rousse et se rejoignirent autour de la table basse, dans le salon.

Le temps n'était pas très joyeux, mais les jeunes femmes n'y faisaient pas attention, trop absorbées dans leur discussion. Elles ne voyaient pas la pluie qui tombait maintenant drue, ni les hirondelles qui faisaient des acrobaties en rasant le sol. Elles ne voyaient pas non plus la personne qui se trouvait maintenant devant la véranda, et qui se mit à actionner vivement la clochette pour s'annoncer.

Surprise, Mai se tourna vers Ayako pour lui demander si elle attendait quelqu'un. Ayako lui fit non de la tête avant de se lever et de se précipiter vers l'entrée. Mai resta dans le salon, et rajusta sa jupe sur ses cuisses en attendant qu'Ayako ramène son invité.

« Oh ! Quelle heureuse surprise ! Mais entrez, entrez. Allons, ne faites pas le timide. » disait Ayako à la personne qui ne souhaitait apparemment pas entrer, puisque l'homme déclina l'invitation poliment d'une voix grave et profonde qui fit tout de même tendre l'oreille à Mai. Ne voulant pas importuner son hôtesse, Mai se leva et récupéra ses affaires pour prendre congé. Se faisant elle arriva à la hauteur d'Ayako qui se tenait toujours à la porte, et avisa enfin l'inconnu à la voix grave.

En voyant l'homme qui se tenait debout en face d'elle, Mai se senti blêmir de plusieurs teintes, mais ne pipa mot. Elle regarda longtemps le visage du chinois, remarquant que ses cheveux avaient poussés durant l'année où ils avaient disparus, lui et son patron. A part cela, rien n'avait changé, ni dans son attitude, ni dans sa posture qui démontrait clairement qu'il aurait préféré se trouver n'importe où plutôt que sur le perron de Matsuzaki-san. Elle en avait pour preuve le fait que Lin-san gardait le regard obstinément baissé, refusant de croiser le sien. Mai senti une bouffée de colère l'envahir, mais elle n'en laissât rien paraître et garda un visage aussi impavide que celui de son vis-à-vis.

Ayako observait la réaction de son amie avec une grimace et elle se tourna vers l'homme qui embarrassait tant Mai avec un regard accusateur qui glissa sur lui comme de l'eau sur les plumes d'un canard. Elle reprit.

« Je suppose que vous n'êtes pas venu pour mes beaux yeux. Donc, dites-nous donc ce qui vous amène, Lin-san. » Enchaina Ayako en ignorant le sourire goguenard que Mai lui destinait.

Lin Koujo leva les yeux sur les deux femmes qui lui faisaient face en souriant, l'une d'une manière crispée, et l'autre moqueuse. Il retint un soupir.

— C'est Naru qui m'envoie… »

— Bien sûr, qui d'autre ? » Le coupa Ayako narquoisement.

— ... Il a reçu un cas intéressant et vous demande de bien vouloir lui prêter main forte encore une fois. » Termina-t-il, d'un ton égal. « Le client possède une grande maison dans la ville de Yokohama. Nous partons demain matin à 10h00, car nous n'avons pas encore récupérés la totalité de notre équipement. Le point de rendez-vous est à la SPR.» Expliqua Lin-san à Ayako.

Malheureusement pour lui, Ayako, elle dévorait le chinois du regard, et ne devait pas écouter un traitre mot de ce que le beau brun disait. Ce qui ne faisait qu'accentuer le sourire de Mai, qui même si elle se sentait blessée de ne pas avoir été invitée, ne pouvait s'empêcher de penser qu'Ayako était vraiment trop transparente. Son sourire disparut lorsqu'elle repensa à la mission à laquelle elle n'avait pas été conviée, la colère refit surface avant d'être balayée d'un soupir. Pendant que Lin réexpliquait tout ce qu'il venait de dire à Ayako qui semblait encore sous le charme, Mai réfléchissait intensément.

Quand Naru et Lin avaient disparus, Mai avait cru qu'ils reviendraient rapidement. Un moment. Elle avait refusé d'y croire, et avait continué à attendre, faisant même le ménage tous les jours au bureau. Quelques temps. Elle s'était mise en colère. Souvent. Elle avait pleuré. Longtemps. Ils lui avaient manqués. Et c'était toujours le cas. Mais depuis, elle s'était fait une raison et avait pris la décision de ne jamais plus laisser son bonheur dépendre de qui que ce soit. Décision qui avait été accueillie avec des hourras de la part de ses amis : Bô-san, Ayako et John. Et en ce jour, elle était surprise mais fière de sentir que même si elle était heureuse de savoir qu'ils étaient de retour, sa détermination était intacte. Elle ne retomberait pas dans le panneau. Arrivée à ce point de ses réflexions, elle se félicita donc in petto de ne pas avoir été forcée de le revoir.

Certes, la fuite n'était peut-être pas la meilleure manière de faire, mais c'était en tout cas la meilleure option qui s'offrait à la jeune femme pour l'instant. Elle ne se sentait pas encore la force de lui faire face et devrait encore laisser de l'eau couler sous les ponts avant de pouvoir le faire sans avoir peur de ses propres réactions. Mais le temps qu'elle mettait à réfléchir mettait en péril cet équilibre, c'est pourquoi Mai prit la décision de fuir dès maintenant, laissant par la même occasion la chance pour Ayako d'être seule à seul avec Lin-san.

« Mah. Je vais vous laisser discuter de cette mission et du bon vieux temps. Il faut que je me sauve, les filles ne vont pas tarder à arriver chez moi, et je suis encore là. » Lâcha Mai innocemment, ne manquant pas de remarquer l'éclat qui avait traversé le regard d'Ayako quand elle l'avait pris dans ses bras pour la saluer. « Fais attention à toi. Appelles moi une autre fois ! Je me suis bien amusée aujourd'hui ! cria-t-elle à celle-ci alors qu'elle dépassait vivement Lin-san qui la regardait hébété. « Lin-san, j'ai été contente de vous revoir ! Vous m'avez l'air en pleine forme ! continuait Mai qui était maintenant dans la ruelle qui desservait la maison d'Ayako. Bye Bye ! ».

Lin-san ne savait pas comment réagir. Il lui semblait que Taniyama-san n'avait pas compris qu'elle aussi était incluse dans l'invitation, puisqu'elle courrait vers le portail comme si elle avait des poltergeist à ses trousses. Il se ressaisit rapidement pour lui courir après mais elle avait pris trop d'avance, et il dû se résoudre à lui crier de loin.

« TANIYAMA-SAN ! VOUS ETES VOUS AUSSI INVITEE ! JE SUIS PASSE CHEZ VOUS MAIS VOUS N'ETIEZ PAS LA ! » Lui criait-il de toute la force de ses poumons, faisant se retourner les badauds qui se trouvaient dans la rue. La jeune fille s'arrêta, tandis que Lin-san s'appuyait sur ses cuisses pour reprendre son souffle.

~°~_T_T_

« …. VOUS N'ETIEZ PAS LA !

Cette phrase fit piler la jeune fille, et son cœur se rempli de joie, mais cet instant d'euphorie ne dura qu'une fraction de seconde. Elle serra les poings et resta immobile et silencieuse quelques instants. Puis lança sans se retourner à Lin-san.

— Désolée, ce sera sans moi. J'ai mes examens la semaine prochaine et je dois réviser. » Dit-elle, la tête baissée. Tandis que Lin-san analysait ce qu'elle venait de lui annoncer, Mai redressa la tête. Elle se fit violence pour faire un sourire, puis elle se tourna en direction de Lin-san, qui était toujours accroupi.

— Amusez-vous bien avec Ayako ! Prenez soin de vous ! »

Et elle s'en allât pour de bon. Abandonnant un brun estomaqué dans la ruelle, en compagnie d'Ayako qui les avait suivis. Soudain, Lin tilta. Qu'avait-elle dit ? Avec Ayako… Matsuzaki-san ? Lin avait trois points d'interrogation autour du crâne. Taniyama-san disait vraiment des choses bizarres, des fois.


NdlA: J'espère que vous avez aimé. Si oui, ou non, n'hésitez pas à me laisser un commentaire! Ils sont toujours bienvenus.