NdlA: Hello! Me revoilà une dernière fois pour poster le dernier chapitre de SeS! J'espère que ce chapitre vous plaira et on se retrouve en bas!

Bonne lecture!


Chapitre 20 : Décision et épilogue

La température était agréable, ce qui n'empêcha pas Gemma Davis de remonter le col de son pull sur sa gorge pendant qu'elle retournait à la voiture. Le temps n'y était pour rien, si elle avait froid. La cause en était plutôt la tombe qu'elle venait de visiter, en compagnie de son fils.

Ce matin même, leur ami Lin leurs avait proposé, à son mari et elle, de s'y rendre avant de rentrer en Angleterre. Son mari avait décliné l'invitation, mais son fils avait décidé de se joindre à elle, à son plus grand étonnement.

Lorsqu'elle lui avait demandé la cause de sa décision, il lui avait seulement répondu qu'il avait besoin de prendre l'air pour réfléchir à quelque chose qui le tracassait. Sa mère, sans avoir pipé mot, s'était dit qu'il y avait surement d'autres endroits plus indiqué pour la réflexion, mais si tel était son désir, elle ne s'en mêlerait pas. A y regarder de plus près, un cimetière pouvait être un endroit assez reposant et silencieux pour ce genre de chose.

La tombe d'Eugène, son autre fils, était située à l'extrémité du cimetière. Une simple stèle de béton, posée sur un lit de verdure et auréolée de bouquets de fleurs déposés par ses soins, portait son nom, son prénom et les dates de sa naissance ainsi que celle de sa mort, qui étaient malheureusement tellement proches. Gemma s'était recueillie brièvement, mais sans la tristesse qui lui avait étreint le cœur si souvent durant les années passées. Savoir que son fils était décédé n'avait pas atténué la douleur, mais cela l'avait aidée à faire son deuil, chance que n'avaient pas toutes les familles de disparus qui gardaient toujours espoir de revoir leur proche en bonne santé.

Devait-elle bénir ou maudire la capacité de son dernier fils qui lui permettait de retrouver les personnes disparues ?

Vue de l'extérieure, cette capacité était une bénédiction qui permettait à des inconnus de rentrer chez eux. Mais seulement lorsqu'ils étaient en vie, hélas. Morts, Oliver ne voyait que leurs derniers instants et où les autorités devaient commencer les recherches du corps. S'ils étaient encore en vie, il pouvait les retrouver, mais si le disparu venait à mourir alors que son fils tenait un objet leur ayant appartenu, il voyait et ressentait toutes les émotions et la douleur que les victimes ressentaient avant de passer dans l'au-delà.

Par la fenêtre de la portière qu'elle avait refermée sur elle, elle observait Oliver, surnommé Naru par ses amis japonais, qui se tenait debout dans une posture rigide devant la tombe de son feu frère jumeau. Durant les années où elle n'avait reçue des nouvelles que par le biais de Lin, il avait grandi et était devenu un beau jeune homme dans la force de l'âge.

Celui-ci avait fui la maison, il y avait deux ans de cela, lorsqu'il s'était avéré que la police japonaise piétinait sur le cas de son frère. Pour sa sécurité et leur tranquillité d'esprit, ils ne l'avaient pas retenu. Ils avaient simplement demandés à Lin de l'accompagner, ainsi, celui-ci pourrait leur donner des nouvelles et veiller sur Naru.

Le dénommé Lin vint s'appuyer contre la portière, à son côté et elle lui adressa un sourire.

« Comment va-t-il, Lin ?

— Vous le connaissez mieux que moi, Madame.

— Pas de ça entre nous, Lin. Je t'ai déjà dit de m'appeler Gemma, comme tout le monde, le gronda gentiment la mère de Naru. Alors ?

— Il a été perturbé pendant un moment, mais je crois que c'est passé, à présent.

— Alors tant mieux. Penses-tu qu'il changera d'avis, quant à revenir avec nous ? lui demanda encore Mme Davis.

— Je ne pense pas, Mad…Gemma, la prévint Lin en se penchant vers elle.

— Ah, dit doucement la femme. J'avais espéré qu'il reviendrait avec nous, et qu'il pourrait enfin tourner la page. Je ne suis pas sure que rester au Japon l'aidera à oublier, expliqua-t-elle au chinois qui réprima un sourire.

— Sauf votre respect, Gemma, je pense que vous faite erreur. Naru est quelqu'un de très fort mentalement… et il y a autre chose qui l'empêcherait de partir avec vous, même s'il le désirait.

— Ah bon ? Est-il en danger, Lin ? demanda la matrone, inquiète.

— Dans un certain sens, oui. Mais ce n'est pas le genre de danger que vous imaginez, temporisa le chinois avec un demi-sourire. Je vais vous dire de quoi il s'agit parce que je sais que vous vous ferez du soucis si vous n'êtes pas au courant. Par contre, ne le dites à Davis-san qu'une fois seuls dans l'avion, et surtout pas devant Naru. En fait, dit le chinois en baissant la vois et en surveillant la silhouette de son ami au loin, il y a une jeune femme qui…

— Une jeune femme ? le coupa Gemma. Serais-ce la jeune femme dont nous a parlé Madoka dans ses lettres ? Tani… Tani.. bulbitia l'anglaise qui cherchait le nom de famille de la demoiselle.

— Taniyama. Taniyama Mai, oui.

— Comment est-elle ? demanda avidement Gemma.

— Elle est…commença Lin qui cherchait les adjectifs appropriés pour décrire Taniyama-san. Elle est maladroite, vive, têtue, drôle et très courageuse.

— C'est sûr qu'elle doit être têtue si elle veut mettre le grappin sur mon Noll, dit l'anglaise avec fierté pendant que Lin hochait la tête.

— C'est elle qui l'a ramené quand ils ont été coincés dans la grotte dans notre dernière enquête, précisa le brun.

— Bon sang de bois ! jura Gemma.

— Hum, acquiesça le chinois. Mais je ne me ferais pas trop de soucis pour lui, si vous voulez mon avis. D'après ce que j'ai entendu, elle a décidé de le faire sortir de ses gonds pour le secouer un peu.

— Parfait. C'est une femme comme ça que je veux pour mon fils » approuva la mère en souriant d'un air entendu à Lin qui se disait in petto qu'il valait mieux pour Naru que Mrs Davis et Taniyama-san se rencontrent le plus tard possible.

Oliver Davis, connu sous le nom de Shibuya Kazuya alias Naru-chan éternua soudainement, avant de soupirer profondément.

Sa mère et Lin devaient surement être en train de parler de lui là-bas, vu que c'est ce qu'ils faisaient dès qu'il avait le dos tourné. Comme Madoka avec lui, sa mère avait toujours su tirer les vers du nez à Lin et celui-ci adorait sa mère, ce qui la mettait d'office en position de force. A l'heure qu'il était, Lin avait du tout lui raconter sur leurs dernières enquêtes et surtout, qu'il se passait quelque chose avec Mai.

'Mai ' pensa-t-il avant de faire une grimace à la tombe qui lui faisait face.

Cela faisait deux semaines et quatre jours qu'elle avait quitté son bureau et depuis, il n'avait pas eu de nouvelles de manière officielles. Pourquoi officielles ? Parce que Bô-san se faisait un devoir de lui envoyer moult messages texto, images et autres qui l'informait des moindres faits et gestes de son assistante en temps réel. Si lui n'y voyait pas d'inconvénient, il doutait que la jeune femme apprécie que son colocataire envoie des photos d'elle en serviette de bain à son ancien patron. En y pensant, Naru se permit un sourire carnassier en pensant qu'il pourrait toujours faire chanter Bô-san avec ces photos, mais il chassât ses idées de revanche quand ses yeux revinrent malgré lui sur la pierre tombale de son frère jumeau avant de soupirer lourdement à nouveau.

' Qu'est-ce que tu aurais fait à ma place, Gene ?'

Son frère avait toujours été d'un naturel beaucoup plus avenant que lui. Il avait été le premier à dire ses quatre vérités à Lin, concernant son aversion pour les japonais. Aversion dont Naru avait eu conscience bien plus tôt que son frère, mais contrairement à lui, peu lui importait que Lin l'apprécie ou pas. En cela, Naru trouvait que Gene et Mai se ressemblaient beaucoup, et il était sûr que si Gene avait été vivant, lui et Mai sortiraient depuis longtemps ensemble.

Le jeune homme se senti mesquin d'éprouver du soulagement à l'idée que Mai ne puisse pas sortir avec son frère, avant de se morigéner. Son frère était mort et pas lui. Il fallait donc qu'il avance, qu'il vive et surtout, qu'il cesse de se poser cette éternelle question.

' Tu voyais le moyen de permettre aux âmes tourmentées de reposer en paix. Moi, je ne vois que les derniers instants de vie des moribonds. Pourquoi est-ce toi, que la mort a pris et pas moi ? Pourquoi, dans la mort, tu es revenu me chercher ? '

Naru avait toujours pensé que c'était pour qu'il retrouve son corps et parce qu'ils étaient jumeaux, que son frère l'avais hanté, toutes ces nuits. Mais à son arrivée, il était tombé sur une jeune fille, qui sans s'en douter, avait doucement mais surement changé sa manière de voir les choses, et d'appréhender la vie et son but. Venu rechercher le corps de son frère, il avait fait la connaissance de cette rousse explosive, d'un moine facétieux, d'une mikko égocentrique et d'une médium impavide.

Ils étaient devenus, au fil du temps, beaucoup plus que de collègues, des amis même. En rajoutant ces données à l'équation, Naru s'estimait en droit de douter des intentions premières de l'esprit de son frère. Mais une autre question le taraudait.

' Pourquoi elle ? Parmi toutes les personnes qui habitaient dans cette région, pourquoi ses pas l'avaient-ils menés à elle ?'

Lorsqu'il l'avait rencontrée, Mai ne faisait montre d'aucun pouvoir spécial, mais une fois à son contact, elle avait commencé à en développer. Pouvoirs qui ressemblaient beaucoup à ceux que possédaient Gene. Que dire du fait qu'elle le voie dans ses rêves ? Une fois, Mai lui avait avoué sans s'en rendre compte qu'elle le voyait dans ses rêves prémonitoires, mais qu'il lui semblait être plus gentil, plus doux et plus souriant.

Tout ce que lui, Naru n'était pas, mais que Gene était. C'était donc Gene, qu'elle voyait dans ses rêves et pas lui.

Elle avait été amoureuse de lui à un moment, il en était sûr. Mais c'était avant qu'il ne parte comme un voleur pour rentrer s'entrainer en Angleterre afin de mieux maitriser son kikko ainsi que la débauche d'énergie que cela engendrait. Il était parti alors que Gene, lui restait dans ses rêves, pour ce qu'il en savait, elle était peut-être tombée amoureuse de l'esprit de son frère ?

' Non, tu n'aurais pas fait ça. Tu ne l'aurais pas encouragée à s'engager dans une voie sans issue telle que celle-ci, alors quoi ? '

Naru continuait de se torturer l'esprit même s'il avait parfaitement entendu Lin venir se mettre à ses côtés pour se recueillir à son tour. Lin qui savait exactement à quoi pensait son jeune ami, étant donné la tête qu'il faisait. De plus, connaissant Naru, Lin devinait aisément de quoi il était question dans le débat intérieur que menait Naru dans sa tête.

« Naru, il est parti, annonça Lin. Depuis la naissance, vous aviez toujours été ensemble et en mourant, il te laissait seul pour la première fois de ta vie, qu'aurais-tu fais à sa place ?

— Je… Je ne sais pas, Lin, répondit Naru, les yeux fixés sur la tombe.

— Si, tu sais, le détrompa le chinois qui parlait les yeux fixé sur l'horizon. Si tu avais été à sa place, tu te serais débrouillé pour qu'il puisse faire ton deuil et qu'il soit entouré de personnes qui l'aiment. Tu te serais débrouillé pour que quelqu'un prenne ta place, afin qu'il ne se sente jamais seul.

— Peut-être, admit Naru de mauvaise grâce.

— Non, c'est sûr. Je vais te dire quelque chose, Naru. Quelque chose que je n'ai dit à personne, même pas à ta mère, annonça-t-il. Le jour où Gene m'a enguirlandé au sujet de mon racisme, je me suis excusé comme je l'ai fait face à Mai-san. Et puis, je lui ai demandé pourquoi il faisait tant d'effort pour me rallier à lui, alors qu'il pouvait faire comme toi et m'ignorer. Tu sais ce qu'il m'a répondu ?

— Non, mais tu vas me le dire, le railla Naru.

— Ne sois pas moqueur avec moi, s'il te plait. Ce jour-là, il m'a répondu que personne n'était éternel, lui comme les autres et qu'il viendrait un jour où tu aurais besoin d'aide et où il serait dans l'incapacité de t'aider. ' Ce jour-là, je voudrais que vous soyez là pour lui, Lin-san '. Voilà ce que ton frère m'a dit.

— Qu'est-ce que je suis censé comprendre ? demanda Naru, perdu.

— Tu es sensé comprendre que s'il t'a demandé de retrouver son corps, c'était pour que ta famille et toi puissiez le laisser partir en paix. Et si tu es là, entouré par ta famille, moi, et les autres de la SPR, c'est parce que ton frère avait peur que tu ne sois à jamais seul s'il venait à disparaitre. Je ne suis ni aveugle, ni medium, Naru, mais je vois bien que tu tiens à Mai-san, et Gene s'est débrouillé d'une manière qui nous dépasse pour que tu sois avec quelqu'un qui peut te permettre d'aider les autres sans mettre ta vie en danger. Pourquoi crois-tu que Mai arrive à canaliser ton kikko comme il le faisait lui ? Toi comme moi, sommes des scientifiques et nous ne croyons pas au hasard, assena le chinois au japonais qui soupira encore.

— Non, je suis un scientifique et Tu es un empêcheur de tourner en rond. Très bien, tu m'as convaincu. Que me conseilles-tu, Ô Conseiller Du Cœur ? ironisa Naru.

— Si tu avais été plus jeune, je t'aurais corrigé comme tu le mérites, mais puisque tu es adulte, sache que je suis …agacé. Bougonna Lin, en se dirigeant vers la voiture.

— Oh ? Tu es agacé… Qu'est-ce que ça va être quand je vais avouer malencontreusement à ma mère que ce soir, tu as rendez-vous avec une sublime rousse et que ça fait près d'un mois que tu te sauves presque tous les soirs pour aller la retrouver ? insinua Naru qui nota avec plaisir l'air furibond de Lin quand celui-ci se retourna.

— Si tu fais ça, Oliver Patrick Davis, je te jure que je dis à Gemma que tu t'es conduit comme un mufle pendant un an avec Mai-san. Et je lui raconterais tout et l'emmenrait même rencontrer Taniyama-san! menaça-t-il en se retournant pour reprendre sa progression vers la voiture. Il feignit d'ignorer le petit rire que laissât échappé le brun, mais n'ignora pas la question que lui posait Naru, car il était évident que le temps de la plaisanterie était révolu et que le jeune homme voulait une réponse. Quelle qu'elle soit.

— Que dois-je faire ?

— Laisses la revenir. Si tu la poursuis, tu vas lui faire peur et elle va te frapper. Et bien que j'aurais bien aimé être aux premières loges, il vaudrait mieux lui laisser le temps de bien réfléchir.

— Tu as raison.

— Il faut dire qu'en te regardant…II y aurait de quoi faire réfléchir n'importe qui….termina le chinois.

Tu es bien là, toi.

— Je n'ai pas le choix. Tout est de la faute de te mère », lui affirma Lin avant de sourire fugacement et de prendre place derrière le volant tandis que Naru montait avec sa mère à l'arrière.

_T_T_

Après avoir déposé sa mère à l'hôtel, Lin et lui se dirigèrent vers la SPR avec un soupir de soulagement de la part du plus jeune. Grace au chinois, il avait passé tout le trajet à parler, chose qu'il avait en horreur.

A parler de Mai, ce qui le mettait en plus mal à l'aise.

A parler de Mai Taniyama à sa mère

Naru fusilla encore une fois la nuque de Lin qui restait stoïque, à l'avant. Fatigué, il se laissa aller en posant sa tête sur l'appui tête et ferma les yeux en se pinçant l'arête du nez. Cela lui fit du bien, jusqu'à qu'il entende Lin s'adresser à lui de la banquette avant.

« Je crois que quelqu'un va avoir sa réponse plus tôt que prévu »

Il fronça les sourcils avant d'ouvrir un œil pour voir que Lin avait l'index pointé sur quelque chose qu'il ne parvenait pas voir de sa position. Il fut obligé de se pencher pour voir ce que montrait le chinois et déglutit difficilement en reconnaissant la silhouette de Mai, à la fenêtre de son bureau.

« Ahem. Tu gares la voiture et tu…commença Naru avant d'être coupé par le chinois.

— Je ne rien du tout, le coupa Lin. Je te dépose et je vais à mon rendez-vous qui était secret jusqu'à que tu le dises à ta maman. » Lui répondit le chinois avec un sourire carnassier qui semblait déplacé et assez effrayant sur le visage du chinois.

Passablement énervé par le regard moqueur que lui avait jeté son chauffeur avant de prendre congé, le jeune directeur se retint à grand peine de claquer la porte en entrant dans le bureau. Se montrer d'humeur massacrante était la meilleure manière de braquer Mai et il n'avait vraiment pas besoin de ça. Tendu à l'extrême, il ôta son manteau pour le suspendre à la patère et rectifia la position de ses boutons de chemises aux poignets. Le tout, pour retarder au maximum le moment où il devrait se retourner et affronter Mai du regard.

Rasséréné par ses poignets bien serrés par ses manches, il se tourna avec un bonjour sec aux lèvres lorsqu'il s'aperçut qu'il n'y avait pas de Mai dans le bureau. Quelle était encore cette diablerie ? Il était pourtant sur que Mai y était, lorsque qu'il avait poussé la porte. Preuve en était, le parfum qui flottait dans l'air. Un mélange de jasmin et d'il ne savait quoi d'autre qu'il aurait reconnu entre mille dans le noir le plus complet. Par la suite, ses oreilles aux aguets captèrent un faible tintement métallique, dans la cuisine, et il poussa un discret soupir de soulagement. C'était donc ça. Elle devait faire du thé, mais Naru se demandait s'il s'agissait d'une bonne ou d'une mauvaise chose.

Ne sachant que faire, il décida d'opter pour un terrain neutre et s'installa dans le sofa en feignit un intérêt soudain pour les revues people qui s'entassaient sur la table basse. Naru ne faisait jamais rien à moitié, c'est pourquoi, il sursauta quand Mai posa le plateau de thé devant lui : il s'était vraiment plongé dans la vie des stars durant quelques minutes et n'avait pas entendu la rousse arriver avec son chargement.

Sans mots dire, celle-ci lui jeta un regard curieux avant de lui servir une tasse de thé, un léger sourire aux lèvres.

« Quelque chose d'intéressant ? demanda-t-elle moqueuse, à son patron qui ignora la question en buvant quelques gorgées de son thé.

— Merci. Non, les choses habituelles. Une actrice qui trompe son fiancé avec son réalisateur, le divorce d'un magnat de la finance et d'un ex-mannequin, le fils drogués d'un homme politique en vue… La routine, quoi. Répondit-il laconiquement à Mai qui pouffa dans sa tasse. Celui-ci dissimula son sentiment de satisfaction de se savoir capable de la faire rire. Mais la rousse reposa sa tasse lentement sur la table et frotta ses mains sur ses cuisses, comme pour assagir quelques plis invisibles. Naru se tendit.

Ils y étaient.

— Naru, commença Mai. Je vais aller droit au but et être claire. Ça nous évitera des quiproquos ou tous les trucs du genre que toi et moi adorons utiliser en temps normal, lui annonça-t-elle, ce qui arrangeait Naru : Il n'avait pas envie de jouer et souhaitait savoir à quoi s'en tenir. Je veux poser quatre conditions avant de te donner ma réponse, le prévint-elle.

— Donc, tu veux me poser quatre questions, et si j'ai tout juste, tu restes, c'est ça ? lui demanda-t-il d'une voix basse qui fit écarquiller les yeux de la jeune femme. Elle ne lui était donc pas si indifférente. Il savait qu'il n'aurait pas dû jouer de son charme dans un moment pareil, mais il ne pouvait s'empêcher de vouloir profiter de la situation, car ce qu'il avait compris, dans le cimetière, c'était qu'il ne cherchait pas qu'une assistante, finalement. Et Mai serait parfaite pour le rôle qu'il souhaitait lui donner…A condition qu'elle accepte de jouer, bien sûr.

— C-c'est à peu près ça, répondit la rousse, incertaine au début mais elle se reprit. Il ne fallait pas qu'elle flanche. Pas maintenant.

— D'accord, pose tes conditions, lui dit-il en se renfonçant dans le canapé dans une pose détendue, les bras étalés le long du dossier du sofa qui indiquait sa confiance.

— Je veux une augmentation.

— De combien ?

— Dix pourcents.

— Je t'en propose cinq sur les trois prochaines affaires, puis tu auras les dix si tu me prouve que tu les mérite. Répondit Naru, tout en sachant très bien, en son for intérieur que ses capacités justifiait amplement l'augmentation demandée.

— D'accord. Ensuite, je veux mes weekends de libre, sauf si nous sommes en missions. Dans ce cas-là, je veux pouvoir décider si je récupèrerais mes jours ou tu me les paieras en heures supplémentaires.

— Ça ne me semble pas très raisonnable, en sachant que les fantômes et tutti quanti n'attendent pas la semaine pour poser problèmes, mais c'est d'accord.

— Ensuite, je veux que tu me dises s'il te plait quand tu me demande de faire quelque chose. Cette clause est non négociable, affirma Mai qui se demanda fugacement pourquoi son patron lui faisait penser à ce moment-là à un chat qui aurait eu les moustaches pleines de crème.

— C'est d'accord. Ensuite ? l'invita-t-il a continuer, une lueur malicieuse dans le regard qui fit frémir Mai de la tête aux pieds.

— Et la dernière de mes demandes : Puisque je suis maintenant au courant pour toi et tout le reste, je veux que tu te rentres bien dans le crâne que tu n'est plus obligé d'accepter les propositions de diner de Masako. Termina-t-elle les joues brûlantes, tandis que Naru se mordait la joue pour ne pas éclater de rire.

— C'est noté. A moi maintenant. Pourquoi veux-tu rester ? Es-tu sure de faire le bon choix ? demanda-t-il encore, en se penchant sur la table une nouvelle fois. Cette fois-ci, la rousse releva fièrement le menton pour lui répondre.

— Oui, je suis sure que le choix que je fais est le bon.

— Bien, si tu es sure. Mais rappelles toi que je te le rappellerais constamment.

— Bah, dit-elle en balayant sa phrase d'un mouvement de la main. J'ai l'habitude de tes commentaires sarcastiques.

— Dis-moi pourquoi, maintenant. Insista le jeune homme.

— Tout simplement parce que je te connais, même si tu en doutes, plaisanta la jeune femme. Je sais que tu te prends pour un monstre et tout un tas de bêtises aussi grosses que toi alors que ce n'est pas vrai.

— Tu insinue que je suis gros ?

— Presque. Ta chemise est serrée au niveau de la taille, non ? plaisanta Mai tandis que Naru s'étouffait avec la gorgée de thé qu'il venait d'avaler.

— Pardon ?

— Oublies. Je reste. Que tu le veuille ou non et il va falloir te faire à cette idées, Davis-san ! » appuya Mai en enfonçant son doigt dans la poitrine du jeune homme alors qu'elle s'était levée pour prendre congés.

Naru la regarda interloqué, se lever, débarrasser sa tasse et se préparer à partir comme s'ils venaient de parler boulot. Mais après tout, c'était ce qu'ils venaient de faire, non ? Une part du jeune homme se révolta à cette idée et il se leva à son tour.

— Tu t'en va ?

— Bah oui, pourquoi ? Nous sommes samedi, patron. » Lui rétorqua Mai qui mettait sa veste en cherchant son écharpe du regard.

Elle poussa un petit cri étranglé lorsque la porte qu'elle avait ouverte avant, se referma en claquant. Fermée par la main de Naru qui se trouvait à la hauteur de son oreille gauche. Dissimulant un sourire victorieux, elle se retourna et le défia du regard. Mal lui en pris, car la patience de son patron avait été mise à rude épreuve durant cette discussion et qu'il n'avait pas l'habitude de ne pas avoir le dernier mot. Lacune à laquelle il était en train de remédier en l'empêchant de bouger ne serait-ce que d'un cheveu parce qu'il l'avait plaquée contre la porte.

Mai leva les yeux et lui rendit son regard d'un air bravache pendant que Naru la regardait avec un sourire satisfait sur ses lèvres pleines.

— Est-ce que c'est ce que je crois ? lui dit-elle, taquine.

— Pas du tout. C'est seulement l'avenant à votre contrat de travail, Taniyama-san, rétorqua Naru qui était un peu vexé par la réaction de la jeune femme. Par contre, il manque quelque chose pour que cela soit vraiment officiel.

— Ah Oui ? Quoi donc ? s'interrogea Mai, faussement naïve.

— Votre signature.

— Bien sûr. Où dois-je signer, chef ? continua la rousse qui décidément, s'amusait comme une folle.

— Ici, lui répondit son chef en désignant ses lèvres.

— Je ne crois pas que… voulu se dérober la médium, avant de se faire couper la parole par son patron qui lui susurra à l'oreille.

— Embrassez-moi, Taniyama-san, s'il vous plait. »

Mai se senti fondre dans ses bras avant de réfléchir longuement à la bonne conduite à tenir. Réflexion qui dura à peine deux secondes avant qu'elle ne s'empare de ses lèvres.

Après un long baiser qui les laissât tous les deux essoufflés comme s'ils avaient courus le marathon, Mai se dégagea doucement et se glissa par la porte entrouverte, couvée par le regard bizarrement fiévreux de Shibuya Kazuya, appuyé contre le chambranle de ladite porte.

La jeune femme avait encore un aveu à lui faire, mais celui-ci était bien le plus dur à faire, mais elle se lançât.

« Je crois que … j'ai encore des sentiments pour toi. Et si toi tu ne m'aime pas, lui dit-elle en le regardant droit dans les yeux, cette fois-ci, tant pis pour toi. Je te ferais m'aimer quand même ! s'écria-t-elle avant de s'enfuir par l'escalier poursuivit par le rire de Naru.

— C'est trop tard, Taniyama-san, dit-il sans savoir que plus bas…

— JE T'AI ENTENDU, NARU ! » cria Mai d'en bas, le faisant avaler sa salive de travers.

Lorsqu'elle arriva en bas de l'escalier qui donnait sur la rue, elle le leva le pouce à l'intention d'une voiture noire qui démarra silencieusement, pour tourner à droite à l'intersection.

A l'intérieur, se trouvaient un moine, un chinois, une prêtresse, un prêtre et une ex-contremaître qui s'apprêtaient à aller sabrer le champagne pendant que leur amie et nouvelle assistante se faisait rattraper par son patron qui lui proposa d'aller dîner en tête à tête.

FIN


NdlA: Et voila! C'est avec une certaine émotion que je clôture cette fanfiction qui j'espère vous a plut. Etant à l'origine un OS, je vous demande de me pardonner pour le scénario qui s'est fait au fur et à mesure puisque je travaillais sans filet la majeure partie du temps. Pour la suite, car suite il y a, elle est en cours, mais j'ai déjà une fiction sur le fandom de Fairy Tail que je voudrais absolument reprendre.

Si le cœur vous en dit, passez me voir qui sait? Peut-être que ça vous plaira. En tout cas, je voudrais remercier chaleureusement toutes les lectrices et lecteurs qui sont passés me laisser de gentilles reviews qui m'ont très souvent remotivée pour reprendre l'écriture de cette fic qui somme toute m'a pris pas mal de temps.

En tout cas, MERCI à tous, je vous aime!