Préparez vos mouchoirs, car voici le dernier chapitre ! Et puisqu'il est bien moins long que les précédents (cette longueur me suffisant amplement), je vous ai même casé de petits bonus à la fin, youhou ! Voui, je vous aime ).


Chapitre 9 : Epilogue de la vie du Poisson.


Sa longue cape volant derrière lui au rythme précipité de ses pas, Aphrodite tournait en rond dans son temple depuis quelques heures déjà. Il était en proie à un nouvel accès de rage, alors que disparaissait plus bas la cosmo énergie du chevalier du Capricorne.

Maudissant la défaite de son frère d'arme et mordant nerveusement l'intérieur de sa bouche, il ne put empêcher une légère angoisse de prendre naissance en son cœur. Il reporta alors son attention vers le palais qu'il était censé protéger au nom d'Athéna, et repensant à la personne à l'intérieur, il eut un faible sourire.

Bah, tant que ses roses parvenaient à protéger le Grand Pope, alors tout irait bien, il n'aurait pas vécu pour rien, au final. Revenant de ce brusque accès de sentimentalisme, son sourire se fana. Les doux reflets dorés de son armure sur les pierres exposées au soleil le mirent bien plus mal à l'aise, tout d'un coup. Quelque chose lui disait que bientôt il rejoindrait son frère. Un moment de retrouvailles dans le monde des morts qui serait bien lourd. Lourd de la trahison du Poisson.

Car il avait bien changé au fil du temps. Il n'était aujourd'hui plus qu'un stupide et méprisable chevalier, un jouet entre les mains des dieux. Aux mains de celle qui l'avait choisi enfant et qui lui avait pris son frère; aux mains de celui qui le torturait habilement depuis des années, et qu'il avait appris dans sa folie et sa faiblesse à considérer plus que celle qu'il devait protéger.

Mais pour s'apaiser, il se disait qu'il n'était pas le seul. Ils étaient tous les jouets des dieux après tout, pauvres chevaliers et humains. De leur vie dépendaient les humeurs des divinités, et même les morts ne pouvaient échapper à ce destin, entre les mains d'Hadès.

Comme pour son frère et lui-même. Eux qui vivaient au travers l'un de l'autre, tels d'étranges miroirs. Le nom d'Aphrodite avait pris au fil du temps une saveur particulière, car il était son frère, il le devenait de plus en plus à chaque seconde, dans ce miroir que reflétait les autres de lui. Et pourtant.

Et pourtant il s'éloignait chaque jour qui passait de l'image qu'il gardait de son jumeau. Cruelle réalité qui était la sienne depuis l'obtention de son armure. Au final il n'était plus ni l'un ni l'autre, malgré son déni permanant de cette réalité. Il se perdait dans les méandres de celle qu'il avait cru créer pour se protéger, mais qui n'était au final qu'un fait de la déesse de l'amour.

Car c'était bien elle qui lui avait soufflé cette idée de se faire passer pour l'enfant mort. Lui ressentait en son âme celle de son jumeau, cela aurait pu lui suffire et éviter une telle chute. Mais la déesse l'avait en son pouvoir, elle lui avait chuchoté à l'oreille, au travers du chant de ses roses, ce qu'elle souhaitait le voir devenir. Et comme un enfant aimant envers sa mère, il avait accepté, car c'était un doux cosmos maternel, dont il avait tant besoin, qui le lui commandait.

Il était Eros après tout. L'enfant divin de la déesse, elle ne pouvait donc pas lui vouloir du mal, non ?

Et elle ne lui en avait jamais fait en fin de compte, elle l'avait seulement modelé à son image, sans tenir compte de son avis et de ses sentiments, comme n'importe quel dieu le ferait avec l'humain qu'il avait choisi comme pantin.

Et c'est là qu'était apparu Saga, le seul à le comprendre, au moins un peu, même s'il avait saisi une autre partie bien sombre de sa malédiction trop tard, quand lui-même vivait le même enfer. Prisonnier à son tour de l'Autre, il avait compris que le Poisson était enchainé depuis longtemps, pas vraiment vivant, jamais libre d'être ce qu'il souhaitait réellement, sous le joug du nom qu'il portait maintenant. Sous la peur de ne pas être digne de son frère. Le Gémeau avait tout de même tenté de l'aider, quand Arès avait décidé de l'achever pour en faire son deuxième pantin. Il avait utilisé ses maigres ressources pour qu'il ne sombre pas totalement, pour qu'il ne s'oublie pas totalement.

Alors maintenant qu'il n'y avait plus de retour en arrière possible, le Poisson irait jusqu'au bout, pour lui, pour Saga, pour Arès, pour cette vie bancale qui avait été donnée aux pauvres êtres qu'étaient le Gémeau et lui. Il ne souhaitait pas mourir de cette façon, il aurait apprécié être digne de cette armure. Pouvoir servir Athéna était son but premier après tout.

Un sourire triste vint se ficher sur ses lèvres à la disparition du cosmos de Camus. Ils étaient encore deux renégats à vivre, se dirigeant droit vers lui. S'adossant au pilier de son temple, il regarda monter les marches zodiacales les deux chevaliers qui menaçaient son univers actuel.

Déesse, pouvait-on lui reprocher ses faiblesses actuelles et passées ? Il n'avait fait que suivre ses convictions au début. Seul son frère et la beauté mortelle de ses roses lui importaient, et même si déjà son âme était entachée par la violence et l'acceptation de son rôle d'assassin, son innocence perdurait encore en partie.

Et il avait fallu Arès pour bouleverser sa vie, ses principes et sa morale. Arès pour lui montrer une autre voie, à laquelle il croyait maintenant. Et Saga, Saga qu'il avait appris à aimer plus que son nom…

C'était pour eux qu'il se battrait maintenant. Pour celui en qui il croyait maintenant, cet autre dieu guerrier dont il épousait la cause. Et cet homme qui était le seul à le comprendre.

Son armure quant à elle ne semblait pas voir ça comme une trahison. Pas envers elle en tout cas, vu qu'il la portait toujours, fait étrange. Et c'est ce qui le fit sourire, quand ses yeux rencontrèrent ceux des deux jeunes bronzes. Tant qu'il se battait avec beauté, pour la beauté, alors l'armure d'or l'épaulerait, seulement curieuse du résultat. Puisqu'elle était elle-même narcissique.

Ils étaient tous deux narcissiques, il l'avait apprit il y a bien longtemps. Tous les chevaliers des Poissons avant lui avaient étés d'une beauté peu commune, il le savait, son maître le lui avait dit.

Se décalant du pilier qui lui servait d'appui, il se présenta alors à Pégase et Andromède, mettant de côté toute appréhension, acceptant pleinement le combat. Tout ce qu'il voulait c'était qu'ils n'atteignent pas Saga. En même temps, tuer de ses propres mains l'un de ces renégats lui vaudrait les honneurs d'Arès, s'il en ressortait vivant.

Souriant, il laissa passer Pégase, un seul ennemi lui suffisant amplement. Et puis il n'avait aucun doute de la douce mort qui attendait celui qui emprunterait son chemin de roses.

Mais Andromède se montra coriace, trop coriace pour le Poisson qui se défendit de toute ses forces mais avec cet étron au cœur, celui de connaître d'avance la valeur du chevalier en face de lui. Ce disciple d'Albior aux valeurs nobles, bien différentes des siennes, même s'il ne s'était jamais considéré comme un monstre, au contraire.

Ses valeurs étaient certes différentes, mais pouvait-on le lui reprocher ? La beauté, l'amour, la force avaient dicté ses actes comme pêcheur, mais n'était-ce pas là le signe qu'il était digne de son armure ? Car telles étaient les valeurs qu'elle-même défendait. Que les Poissons célestes revendiquaient depuis la nuit des temps.

Et ces valeurs l'accompagnaient depuis trop longtemps pour qu'il y renonce maintenant, pas de cette façon.

Seulement l'enfant était fort, très fort et aucune de ses roses ne semblaient pouvoir le vaincre. Prisonnier de la tempête nébulaire, le Poisson fulmina. Ce sale gamin prétentieux était bien trop fort pour lui. Une seule de ses armes semblait de taille contre lui, mais rien que d'y penser …

Ho et puis tant pis ! Ses roses blanches étaient précieuses, trop précieuses pour qu'il ne s'en soit servi sur aucun autre adversaire jusqu'ici, mais contre celui-ci il n'avait pas d'autre choix. Elles représentaient la mort de son frère en son cœur. Les pétales se teintant doucement de sang restaient gravés dans son esprit, comme la plus belle des choses qu'il n'est jamais vu en sa vie, la plus terrible pour lui aussi. Alors faire l'honneur à ce jeune imbécile d'une mort pareille !

Mais il le sentait, son temps sur cette terre finissait, et son devoir en tant que dernier chevalier et second du Pope était de tuer l'enfant. Alors si la seule mort qui convenait au gamin était celle de la rose blanche, il devait l'accepter, même à contrecœur.

Et ce fut la dernière chose qu'il vit avant de s'éteindre, sa précieuse rose se ficher dans le muscle tendre et vital qui cesserait rapidement de battre pour s'éteindre définitivement. Et dire qu'il n'avait rien contre ce Shun, mais voilà, il avait réussi à le tuer pour le Pope, même s'il n'aurait plus la chance de l'entendre le féliciter, la mort le fauchant au même instant.

On dit souvent qu'on voit sa vie défiler devant ses yeux avant de mourir. C'est faux, l'instant est trop court pour qu'on se remémore tout. Au mieux on en voit de petits bouts, ceux qui nous ont le plus marqués.

Et il eut cette chance. Au début il vit un sourire fou mais complice, quand un masque tombe, laissant place à un visage aux yeux rouges. Puis la première fois que Saga parvient à se délivrer d'Arès devant lui, ces yeux qu'il n'avait revus depuis des années et qui lui criait pardon. Ensuite leurs corps entremêlés. Puis soudain une vague de bleu turquoise, un souvenir des nuits qu'il passait contre son frère, le nez dans ses cheveux. Pour finir, son dernier souvenir avant de partir pour le monde des morts fut celui de rires cristallins, celui de trois personnes heureuses ensemble, une famille unie.

Il partit donc le sourire aux lèvres. Sa vie n'avait pas été des plus belles, des plus justes ni des plus agréables, mais il y avait eu de bons moments, il avait été heureux quand il y repensait, même s'il ne méritait sûrement pas cette chance.

Il sentit alors à la lisière de sa conscience quelque chose de doux sur sa joue, quelque chose qui le rassura profondément avant de sombrer définitivement. C'avait été comme la caresse d'une petite main sur sa peau, une main si douce qu'elle ne pouvait appartenir qu'à une personne, son frère. Et ce fut sa dernière pensée, celle d'un pardon accordé d'entre les morts, alors qu'un autre pétale de rose venait caresser ses cheveux, puis un autre et encore un. Des dizaines de pétales venaient encadrer celui qui les avaient créé et aimé toutes ces années durant. Qui avait flatté leur beauté comme on flatte une divinité.

En un ultime hommage envers le plus beau des chevaliers...

Un étage au-dessus, alors que l'Autre jubilait de la défaite de ses adversaires, Saga sentit son cœur se serrer une nouvelle fois, lourd de tant de morts inutiles. Il n'avait jamais voulu cela, mais pourtant ce n'est pas de culpabilité qu'il pleurait alors que disparaissait le cosmos de son amant. Il avait sincèrement aimé le Poisson, son cœur pleurait de l'avoir perdu à jamais, mais il pleurait aussi de la vie qui avait été donnée au petit garçon perdu, qui s'était accroché à sa jambe lors de leur première rencontre.

Une vie voulue par la déesse de la beauté, qui avait décidé de le recueillir dans son jardin de roses. Une vie bouleversée, un frère sacrifié en qui il croyait toujours. Et un mensonge qui avait entaché son âme et guidé ses actions jusqu'à ce point.

Oui, car tout ça été dû à un nom, une apparence aussi. Un simple nom, le nom d'une rose morte que l'on voulait faire revivre, le nom de la déesse aux roses qui l'avait détruit.

Aphrodite, le simple nom d'un mensonge.


Voilou ! The End. Mon dieu que cette fin me parait cruche maintenant qu'elle est écrite X). Enfin j'espère que cette fiction vous aura quand même plu jusqu'au bout, moi je suis très heureuse de l'avoir faite.

Je vous remercie infiniment de m'avoir lu et soutenu jusqu'au bout. Pour vous voilà les quelques petits bonus écris en vrac dont je vous ai parlé. Ce sont de gros délires tout mignons qui faisaient pas avancer l'histoire, qui n'étaient pas importants du tout, mais que j'ai envie de mettre quand même.

Gros bisous !

Chibi !


Bonus 1 : Un surnom à la hauteur du personnage (Juste parce que j'aime autant le trio démoniaque que le trio d'assassins ^^).

Alors que les douze ors/ futurs ors étaient réunis dans le grand colisée d'entrainement, Shura observait consciencieusement le combat opposant Aldébaran à Aiolia, quand il se sentit soudainement s'agiter à sa droite. Reportant son attention vers l'italien du même âge que lui, qui affichait un sourire victorieux sans raison aucune, son esprit se demanda rapidement ce qu'il allait encore bien pouvoir se passer.

Il comprit rapidement la nouvelle bourde de son imbécile d'ami quand il vit ce qu'Angelo regardait, mais il se contenta de sourire en ce demandant s'il tenait ou non sa vengeance.

Aphrodite reçut à ce moment-là une grande tape sur la tête, qui le fit immédiatement se retourner, furieux, pour rencontrer les yeux noirs du jeune Cancer.

-Ben alors « Affreux », qu'est ce qui t'arrive ?

Content de sa dernière trouvaille, sûr d'avoir trouvé LA pire offense envers l'autre apprenti, Angelo déchanta bien vite quand il vit le sourire du bleuté apparaitre.

-Hmm Aphro, Affreux, c'est amusant. Mais tu sais Angelo, Milo qui a quand même trois ans de moins que toi m'a sortit la même blague il y a déjà bien longtemps. Alors si tu veux que j'arrête de te nommer le chevalier de la tortue, je crois qu'il va falloir que tu fasses un peu plus d'efforts.

Devant l'air subitement blême de son ami, Shura eut du mal à ne pas rire. Il l'aimait bien cet Aphrodite. Décidemment, les trois assassins formaient un sacré trio.

Bonus 2 : Blue Lipstick.

Contemplant les rayonnages divers d'un marché quelconque d'une ville dans laquelle il venait à peine d'être envoyé en mission, Aphrodite s'ennuyait. Quand soudain son regard s'accrocha à un tube de rouge à lèvre, mit en avant pour sa teinte bleutée. Attrapant l'objet dans ses mains, le chevalier l'ouvrit pour constater la douce couleur, peu ordinaire, du rouge à lèvre.

Ses lèvres s'étirant d'amusement, il repensa aux colères de sa mère quand enfant son jumeau et lui piquaient ses affaires de maquillage. Dans un geste mécanique, il se passa l'objet sur les lèvres et sortit son bout de miroir de sa poche. Constatant que la couleur lui allait parfaitement bien, il acheta plusieurs tubes au marchand qui le regardait depuis tout à l'heure, l'air totalement décontenancé.

Il rigola alors en imaginant la tête qu'aurait Arès en le voyant revenir ainsi.

Bonus 3 : Terrible secret !

Christophe n'en revenait toujours pas. Assis à côté des jumeaux dont les yeux rougis et pleins de larmes semblaient leur faire mal, il soupira. L'éternuement sonore que produisit l'ainé lui fit de la peine et il ne put s'empêcher de lâcher, à moitié ironique.

-Et bien, vous avez de la chance de n'être allergiques qu'au parfum des Iris, j'ose à peine imaginer ce qui serait survenu si vous étiez allergiques à tous les pollens.

Bonus 4 : Voyeurisme. (Attention yaoi !)

-Pardonne-moi, s'il te plait !

Pieds et mains attachés au lit Popale, le cœur tambourinant, Aphrodite hallucinait, alors que l'homme au-dessus de lui s'excusait de tout et de rien depuis tout à l'heure. Si la position était déjà assez compromettante, les paroles du Gémeau qui venait de se libérer de l'emprise de son double maléfique l'était plus encore, et elles se frayaient petit à petit un chemin dans le cerveau choqué du Poisson.

Non mais COMMENT CA le Gémeau s'excusait de l'avoir maté involontairement à chaque fois que le Pope se payait son corps !