La fin de la procession disparue peu a peu. Devant les portes de King's Landing, William Baratheon attendait à la droite de son père, Lord Renly Baratheon, frère du roi, que son suzerain quitte la capitale, pour une visite de courtoisie à son ami de longue date, Eddard Stark, gardien du nord. La chaleur était accablante en cette chaude journée d'été, mais William restait droit, immobile, il ne décevrait pas son père aujourd'hui.

De son vrai nom William Storm, le jeune homme était un bâtard. Tout du moins l'avait il été, jusqu'au jour où, unique fils de Lord Renly, il avait été légitimé par son père et reconnu comme son unique héritier, futur prince de Storm's End, fils légitime d'une des personnalités les plus influentes du royaume de Westeros.

Depuis ce jour, il avait quitté la vielle forge de sa mère pour apprendre le métier de prince, lui le fils de personne se voyait montrer une opportunité inespérée de prouver sa valeur. Il avait été instruit au maniement des armes par les meilleurs maitres d'arme du royaume, avait apprit les bases nécessaires à l'instruction d'un prince de sang royal par les meilleurs maestres de la Citadelle, et depuis ces jours au combien éreintant mais précieux, il s'était vu confier le droit de seconder son père ici, a King's Landing, maitre des lois de Westeros.

Alors que la procession disparaissait au loin, et sur ordre de son père, les hommes restant remontèrent sur les chevaux, traversant au pas les artères de la ville pour revenir au château, ou une foule d'affaires les attendaient, maintenant que le roi était parti. Bien entendu le rôle de William serait minime, confiné au Donjon rouge pendant que le conseil privé du roi remplacerait celui ci, le temps de son absence. Il était néanmoins connu de tous que même quand le roi était présent, c'était ses hommes de l'ombre qui accomplissaient la majeure partie du travail, Robert Baratheon s'adonnant plus que de raison à la chasse et la luxure qu'aux taches royales qui lui incombait.

D'après les dires de son père, ce conseil aurait bientôt une nouvelle tête, la précédente main du roi ayant décédée la semaine dernière, d'une mort qui restait pour le moment entourée de nombreux mystères, le vieux Jon Arryn ayant été retrouvé mort dans sa chambre par une domestique, qui avait depuis étrangement disparue de la circulation.

Le conseil qui siégeait actuellement était, cette fois encore des dires de son père et aussi, admit il, de par sa propre expérience, « un véritable nid de vipères » dans lequel il valait mieux réfléchir à deux fois avant d'agir. Peu de personne pouvait en effet se targuer de jouer le jeu des trônes de meilleures manières que le fourbe Petyr Baelish, maître du trésor ou l'omniscient eunuque Varys, l'araignée, maître des espions.

Ces deux fortes personnalités avaient un ascendant non négligeable sur les autres membres, que ce soit son propre père ou le vieux maestre Pycelle, il était donc aisé de penser que les semaines à suivre prendraient un tour intéressant entre les quatre hommes ( « Si on peut considérer Varys comme un homme... » William ironisa t-il en son fort ).

Ainsi donc les membres du conseil chevauchaient, encadrés par les silhouettes imposantes de la garde royale, dont l'avant garde était confiée au géant Gregor Clegane, qui fendait la foule de citoyens venu assisté a l'évènement.

Les portes de la citadelle s'ouvrirent pour eux, et enfin ils furent séparés de la populace par les épaisses grilles, symbole du monde séparant le commun des mortels de ceux amenés à les gouverner.

Son père se tourna vers lui, hocha légèrement la tête avant de tourner les talons, suivit par les membres du conseil, traversant silencieusement la cour encore agitée par le désordre qu'avait provoqué le départ du roi. Ce simple geste le rassura, il sut que son père était satisfait, William répondu à ses attentes, son devoir du jour dument accomplit.

Ainsi se retrouva t- il seul. Loin d'être un jeune homme solitaire, cette absence de gens de son âge allait peser sur lui pendant les longues semaines a venir. Tous les jeunes nobles étaient parti avec le cortège royal. Son rang avait creusé un fossé profond entre lui et tous les jeunes pages ainsi que fils de servant du château. Les membres du conseil était de plus tous sans enfant, aussi normal que cela soit pour le maestre et l'eunuque, et intriguant dans le cas de Baelish. Un homme dans la force de l'âge, connu pour posséder la majorité des bordels de la capitale et réputé pour sa richesse et son « talent de parole » comme aurait dit Lord Stannis, l'oncle de William.

Il était midi, et son estomac était vide, a cette heure, les cuisines seraient pleine de monde, ainsi décida t-il de descendre prendre un morceau avant d'aller s'entrainer a l'épée avec le maître d'arme, Ser Aron Santagar. Et de retrouver son seul ami resté au château, Lancel Lannister, neveu de roi et de la reine, Cersei Lannister

Chap 2

Assise sous l 'Arbre Cœur aux côtés de son père, Eddard Stark, Roxanne, en appliquant ses conseils, nettoyait son épée. Délicatement et avec précision, le sang séché disparaissait au fur et a mesure qu'elle passait le chiffon rugueux sur la lame. C'est dans le Bois des Dieux que son père lui montrait le maniement de l 'épée et les gestes les plus habiles pour gagner un combat. En effet, Roxanne n'avait jamais voulu appliquer les conseils de sa mère, Catelyn: la posture et le comportement d'une lady ne l'intéressaient pas. C'est pour cela, que, éloignée du regard de sa mère, son père avait accepté de l'aider. C'est lui qui, à ses 11 ans lui avait offert cette épée qu'elle appréciait tant. Une lame assez fine, digne d'une dague, en acier Valeryen et au manche doré, orné de sculptures argentées. La jeune femme l'avait nommé IceLight. Étant obligée de porter les robes, elle l'a fixait généralement dans son dos et essayait de l'avoir sur elle le plus souvent possible.

Ned Stark était anxieux, il attendait la visite du roi Robert et restait le plus calme possible. Fixant une feuille au sol, sans prêter attention à l'action de sa fille, quelque chose le tracassait. Soudain, un cor sonna, il couru vers l'entrée de la ville, patientant l'arrivée du roi.

Roxanne, ainsi que sa mère, son frère Robb et sa sœur Arya le rejoignirent. Ils pouvaient voir au loin la bannière Baratheon s'élever au plus haut, tout en s'approchant d'eux.

Les gardes arrivèrent les premiers, suivit du carrosse de la reine, Cersei Lannister, puis de son fils Joffrey, accompagné de son limier, Sandor Clegane. Roxanne avait entendu un tas de rumeurs sur la cause de son visage défiguré. Cela l'intriguait bien plus que le regard de Joffrey, posé sur elle, auquel elle ne prêta pas attention. Le roi passa les portes, salua sa famille et partit avec Ned, discuter seul à seul.

Roxanne, les salutations faites, rejoignit sa chambre et s'allongea sur le lit. Ce fut la première fois qu'elle rencontrait le roi. Remplie de fierté, elle ne pouvait s'empêcher de penser, lors de leurs arrivées, quelque chose l'avait gêné. La reine peut-être.. le prince, ou même son limier à l'allure impressionnante et horrifiante. Au son des tambours et trompettes qui provenaient d'en bas, elle su que le festin avait commencé et s'y rendit. Elle longea le grand couloir sombre et percuta un homme. Elle s'excusa puis, voyant le visage de la personne lui faisant face, sursauta :

« Sont où vos chiottes ici ? Bordel, j'vais finir par me pisser d'ssus, je fais que m'paumer depuis tout a l'heure » gronda Sandor Clegane

Éberluée, la jeune femme ne savait quoi répondre « C'est bon, j'vais dehors, merci jeune lady » Sur ces mots, il tourna les talons et partit en grommelant. La soirée venait à peine de débuter qu'un des invités était déjà sous l'effet du vin.

Elle passa la porte en bois et arrivé dans la grande salle. Tous dansaient au rythme de la musique, d'autres s'enivraient de vin et de rôti , fraîchement préparé la journée même.

Cat discutait avec la reine, Robb était assit parmi les gardes et Ned faisait danser Arya. La jeune femme s'essaya dans un coin de la salle, une assiette en main et observait les invités. Joffrey arriva près d'elle « Puis-je vous demander de danser avec moi ma lady ? » Roxanne leva la tête, le fixa puis lui répondit d'un ton glacial « Je ne danse pas merci » Honteux de s'être fait refuser une danse, le prince retourna à sa place, près du limier qui était revenu.

Fatiguée de ces festivités, elle regagna rapidement sa chambre et se coucha. Le lendemain matin, elle fut réveillée par sa Septa, Mordane, qui lui annonça que son père avait quelque chose a lui dire, elle se prépara rapidement et se dirigea vers la cour. Ned l'attendait, trois cheveux scellés à ses côtés, ainsi que des coffres a ses pieds :

« Qu'est ce que cela ? Vous partez ? »

« Nous partons » avait il répondu en hochant la tête « Port Réal, Robert m'a nommé sa nouvelle Main, il y a un cheval pour toi et un autre pour ta sœur. Septa Mordane, réveillez la et amenez la, nous devons partir au plus vite »

« Mais, je ne veux pas partir ! Et l'entraînement, comment vais je faire ? »

« Tu n'as plus besoin de moi, tu te débrouille bien désormais, en parlant de cela, peux tu aller me chercher Glace, j'ai du la laisser près du terrain d'entraînement hier »

La jeune femme s'exécuta, traversa la cour, longea le Bois des Dieux, pour arriver sur une petite plaine, dont une parcelle était entourée de clôture et remplie de sable. Des mannequins d'entraînements s'y trouvaient, ainsi que deux hommes. L'un s'entraînait à l'épée, l'autre lisait, assis contre la clôture. Le chevalier était grand et blond, il semblait très habile au maniement de la lame, le second était nain, tout aussi blond, au visage malicieux. La voix du premier retentit :

« Une lady armée d'une épée ? C'est intéressant, sais tu te battre ? »

« Jaime sais tu à qui tu t'adresse ? »

« Cela m'est complètement égal mon cher frère, approche ! » Il fit un signe de la main à Roxanne, qui, intimidée s'approcha hésitante :

« C'est une des filles Stark Jaime, un peu plus de respect je te pris »

« Ah vraiment ? Alors je me présente, je suis Jaime Lannister et voici mon frère, Tyrion. Je ne me suis jamais battu contre une femme, prends ton épée ! »

Roxanne peu sur d'elle mais déterminée à le battre, s'arma d'IceLight et fondit sur Jaime. Ce dernier arrêta l'épée puis riposta, ses gestes précis étaient difficiles a éviter, mais Roxanne s'en sortait bien. Les lames s'entrechoquèrent en un bruit strident, puis, la jeune femme élança violemment son épée sur son adversaire. Jaime recula, stoppé par l'un des mannequins, il n'y avait plus d'issus. Roxanne lui porta un coup au jambes, l'homme perdit l'équilibre et tomba, sous les éclats de rire de Tyrion.

« Tu vois Jaime, même les lions se font croquer ! »

L'homme se releva, dépité de sa défaite et partit. La jeune femme prit Glace et fit de même en direction de la cour, afin de rejoindre son père.

« Ne t'inquiète pas, il s'en remettra ! » Fit le petit homme au loin.

Elle donna l'épée à son père puis monta à cheval. Sa Septa monta dans un petit carrosse, dans lequel on installa les coffres et malles, sa sœur prit le troisième cheval et ils partirent avec quelques gardes du Nord et du roi. Ce dernier les rejoindrait au plus vite, le temps de se lever, de boire un ou deux verres de vin et il serait partit.

La route vers Port Réal était longue et fatigante, Winterfell était assez reculé du reste des grandes villes de Westeros. Le Nord était grand et le Sud semblait très loin. Lorsque les filles voulaient dormir un peu, elle s'installaient dans le carrosse aux côtés de Septa Mordane qui leur contait des histoires. Les pauses qu'ils faisaient pour dormir et manger ne duraient que quelques heures car ils devaient être arrivés au plus vite.

Chap 3

Comme à son habitude, les cuisiniers le laissèrent passer. Avec les années, William avait apprit à faire ce qu'il aimait appeler sa « face de cérémonie », un air lourd, noble et fier qui en imposait au plus faible et ne laissait au gens aucuns doute quand à sa noblesse et sa détermination. Il attrapa un morceau de sanglier farci, puis sorti manger à l'air libre, sifflotant «La pluie de Castamere » avec détachement.

Baratheon jusqu'au bout des ongles, le puissant Lord Tywin Lannister était néanmoins son modèle depuis que les maestres et ses différents tuteurs lui avait narré, souvent à sa demande, les exploits de son héros. Son intelligence tactique et redoutable sur un champs de bataille, politicien habile et plus rusé que tous les hommes de King's Landing réunis, seigneur de Castral Rock et père de la reine.

Malheureusement l'homme était rarement présent dans la capitale, et c'est ainsi que William se dirigea vers les terrains d'entrainement, des chansons pleins la tête, et espérant que le jour viendrait ou les bardes chanteront des chansons sur le bâtard de Duskendale, un surnom dont il espérait bien vite être débarrassé.

Il passa d'abord par sa chambre, une pièce de taille respectable, soigneusement rangée, tapissée de draperies au couleurs de la famille Baratheon ( Un cerf couronné sur fond jaune ), dont le luxe apparent n'était que le reflet des envies de grandeur du jeune homme. Il ceignit son épée, Sunburn, une épée de belle ouvrage, forgée par les meilleurs forgerons de Storm's End, mais bien loin des canons du genre. En effet rares étaient les épées forgées d'acier Valeryen, celle de son père, DragonCrusher, était la seul qu'il avait jamais vu, mais il avait entendu dire par Lancel que le vieux Ned Stark dans le nord avait une lame d'une taille incroyable forgée dans ce rare acier.

Passant sa cote de maille et ses gant d'entrainement, William Baratheon rêvait de gloire et de bataille, de mettre le monde a ses pieds, il défaisait en rêve les guerriers qu'il idolâtrait, le frère de la soeur, membre de la Garde Blanche Jaime Lannister; le garde du corps du prince Joffrey, Sandor Clegane au visage dévasté, ou encore la Montagne, son terrible frère aussi large que haut.

S'extirpant de ses doux rêves, il descendit les escaliers quatre à quatre, pressé d'en découdre pour le moment avec le vieux maître d'arme et son ami Lancel.

A sa grande surprise, le terrain était quasiment vide, la chaleur et le départ du roi avait du ôter toute volonté aux soldats restant de s'entrainer sous ce soleil de plomb. Vide, mais pas entièrement, sous la tribune, a l'ombre, se tenait son père, accompagné du seigneur Baelish ( que les gens surnommaient aussi Littlefinger, pour une raison qui échappait à William ), qui s'entretenait avec Lancel et le Maitre Santagar.

Le sourire lui vint aux lèvres, bien que son ventre se noua... Rares pour lui étaient les occasions de prouver sa valeur devant deux membres du conseil, dont son père. Il savait que celui ci le tenait en très haute estime, mais la peur de décevoir toutes figures d'autorités était une de ces plus grandes faiblesses.

S'avançant vers le petit groupe, William ne fut surprit d'entendre la voix mielleuse de Baelish lui venir aux oreilles «... On ne me raconte que du bien de vous Lannister, vous êtes un guerrier né, le digne fils de votre père ! Tient ! Lord Renly, votre fils ! Que dites vous d'un petit pari tient ! Je mise 15... aller disons 20 pièces d'or sur le jeune Lancel, quand dites vous Renly, Vous n'oseriez pas douter de votre fils maintenant alors ! »

Renly Baratheon regarda silencieusement William. Tout deux se comprenaient parfaitement, ils détestaient Littlefinger et ses manières doucereuses. Une occasion pareille de lui clouer le bec ne se représenterait peut être pas de si tôt.

« Aller au diable Littlefinger ! Je prends le pari, je doute fort que vous aillez mieux à faire que de perdre bêtement votre argent aujourd'hui ! » lança t- il enfin.

Dans le feu de l'action, William n'avait même pas jeté un coup d'œil à son ami. Lorsque son regard croisa celui de Lancel, il ne pu s'empêcher de sourire. Celui-ci le lui rendit, une lueur amusée dans le regard. Les deux amis s'étaient souvent affrontés sur le cour d'entrainement, mais seulement devant l'œil sévère du vieux maitre d'arme. Cette occasion, et le pari placé sur leurs têtes rendaient ce combat particulièrement enivrant pour eux. Étant sensiblement du même niveau, le vainqueur aurait alors le droit de se vanter pour un long moment, ce duel était dans la lignée des grands combats de l'histoire de Westeros, tels que l'affrontement de Robert Baratheon et Rhaegar Targaryen sur le Trident.

Au signal de Maitre Santagar, les deux jeunes hommes se mirent face en face, en position de combat au milieu du terrain. Sans bouclier ni aucunes protections, le duel arrêterai à la première goutte de sang.

Chap 4

William respira, la pression était énorme, lui nouait les épaules et pesait sur sa conscience. Bien qu'il n'en avait pas l'air, le jeune homme, de basse extraction, résistait encore mal à la pression. Il détestait Littlefinger pour l'avoir mit dans cette situation, et ce jura intérieurement de le lui faire payer un jour. Le soleil était à son zénith, le jeune guerrier pouvait sentir la transpiration couler le long de son dos. D'un geste de la main, il écarta une goutte qui lui tombait devant les yeux, jeta un dernier coup d'œil à l'adversaire et fonça sur lui.

Se jetant en avant, il plaça une série de feintes avant de tenter un grand coup d'estoc que son ami para aisément. La violence de l'impacte se répercuta dans son bras. Il se savait plus fort que Lancel, mais ce dernier était encore plus endurant que lui, et leurs techniques étaient à peu près égales. Pour que William ai une chance de gagner, le combat devrait être bref, il savait qu'il s'épuiserait avant son adversaire. Il fit donc pleuvoir une série de coups que Lancel para non sans difficulté. La force brute avait souvent était une alliée de la famille Baratheon, notamment pour son oncle Robert. William enchaina donc avec une série de coup d'estoc et de taille, frappant comme si sa vie en dépendait, oubliant toutes techniques pour faire plier son ami à sa volonté.

La plupart de ses coups auraient été mortel pour un vulgaire soldat, mais Lancel était rapide, rompu au maniement de l'épée depuis son plus jeune âge. De plus, ce dernier était l'écuyer du roi depuis de nombreuses années maintenant. Il avait prit des leçons, assisté à des duels auprès des meilleurs, de son oncle Jaime Lannister, le Régicide, au vieux maitre de la garde blanche Barristan Selmy.

De coups en parades, de feintes en esquives le combat se poursuivait, laissant les deux amis haletant sous la chaleur oppressante de ce bel après midi d'été.

Ce qui s'en suivit eu l'air de durer une éternité pour le jeune William, cette seconde le marquerai a jamais, bien qu'il l'ignorai pour le moment. D'un geste rapide et leste, le jeune Lannister se déplaça d'un pied sur le côté, tout en parant la lame de son adversaire du plat de son épée. De sa main libre, il envoya un rapide coup de poing dans les côtes de son adversaire, qui sous le coup de la fatigue et de la douleur, ne put s'empêcher de se recroqueviller. Cet instant lui fut fatal. D'un léger geste du poignet, il arracha Sunburn des mains de William, pour ensuite d'une légère estafilade le marquer de la joue avec sa propre épée.

Le jeune homme senti un filet de sang vermeil couler le long de sa joue. La colère lui embrumait l'esprit, dans sa honte d'avoir perdu, il sentit les larmes lui venir au yeux, mais fils de Prince et neveu de roi, il les ravala à grande peine. A genoux, il attendait, que quelqu'un parle enfin, de pouvoir s'isoler du monde pour réfléchir.

Sans grande surprise, la voix de Baelish lui vînt la première aux oreilles

« Bien, bien mes jeunes amis ! Quel combat, ce fut incroyable ! Vous êtes sans conteste deux des meilleurs jeunes lames du royaume. Mais, mon très cher Renly, tout combat doit avoir son gagnant n'est ce pas? 20 pièces d'or ! Et bien sur 10 iront a vous Lancel, joli mouvement final. » dit il en souriant.

William senti une main se poser sur son épaule, l'aidant a se relever. En levant la tête, il vit que son ami l'aidait à se relever, tout sourire:

« J'ai eu un coup de chance Lord Baelish. Beau combat William, je doit t'avouer que je ne pensais pas gagner »

A partir de ce moment, il sut qu'il détestait Lancel. C'était un sentiment purement égoïste de sa part, mais la défaite qu'il venait de lui infliger devant son propre père et un membre éminent du conseil ne pourrait jamais être oubliée.

Il lui grogne en retour ( « mercitoiaussibiencombattu » ), puis, penaud, se tourna vers son père. A sa surprise, il ne lu aucune déception dans ses yeux; pour son grand soulagement, il lu dans les yeux de Lord Renly Baratheon le même sentiment de revanche qui l'habitait en ce moment.

Fouillant dans sa bourse, il lança les pièces à Littlefinger

« Tenait Baelish, vos seuls amis ! Ne vous en faites pas, mon fils aura sa revanche. » annonça d'un ton impérieux le prince de Storm's End.

Faisant signe à son fils de le suivre, Renly Baratheon s'éloigna du terrain d'entrainement. Sans un seul mot pour Lancel et Littlefinger.

William le suivit, les pensées encore embuées dans les méandres de sa défaite, la tête rentrée dans les épaules, attendant que son père parle le premier.

« Tu t'es battu comme un Baratheon doit le faire » annonça il enfin « Mais tu manque clairement d'expérience. J'ai de grands projets pour toi mon fils, et je sens que des grands changements sont à l'œuvre dans ce pays. Je sais que tu peux en être un acteur majeur, dont les bardes chanteront tes chansons pendant des siècles, ou rester simple spectateur, mais n'oublis jamais nos mots, Nôtre est la furie. Écoute bien, jusqu'au retour de notre bon roi, tu va t'aiguiser l'esprit, pour qu'il devienne encore plus tranchant qu'une larme en acier Valyrien. J'ai demandé aux seigneurs Varys et Pycelle de t'instruire dans l'art de la politique, de la diplomatie et autre fourberie dont tout seigneur à besoin pour se faire un nom dans ce monde. Passé ces deux mois, j'aurai d'autres plans pour toi que je dois rapidement concrétiser. »

William n'en croyait pas ses oreilles, ce qu'il entendait était au dessus de ses espérances les plus folles. L'orgueil gonflé, il se jura de ne plus jamais décevoir son père, il étudierait pendant ce laps de temps comme si sa propre vie en dépendait.

« Je me montrerai digne de vos attentes père » dit il en un souffle.

Arrivé à la porte de sa chambre, Renly Baratheon se retourna vers son fils, posa sa main sur son épaule et lui dit « Je n'en doute pas... Tu es un vrai Baratheon », puis entra dans sa chambre, laissant le jeune William, encore fourbu du combat mais la tête pleine de rêve, seul dans le long corridor.

Chap 5

Après un long mois de marche, les murs de Port Réal se voyaient au loin. D'immenses remparts entouraient la ville et une gigantesque porte la fermait du reste du monde. Les Stark la passèrent et arrivèrent dans la cour. Un homme, chauve les attendaient et les saluèrent :

« Lord Stark, vous avez fait vite, bon voyage ? »

« Lord Varys, nous avons fait aussi vite que possible »

« Suivez moi je vais vous présenter au conseil » Arya suivit Septa Mordane pendant que des gardes montaient les malles dans les appartements et Roxanne restait avec son père.

Il tenait à lui montrer comment se passait la vie à la cour . Ils passèrent dans la salle du trône, ce qui ne laissa pas la jeune femme indifférente . Il était encore plus impressionnant que dans les histoires que Mordane lui racontait quand elle était plus jeune. Il imposait un respect et faisait passer une envie inconsciente de s'installer dessus . Enfin ils arrivèrent dans la salle du conseil, le chauve, qui s'avérait être un eunuque, s'assit près d'un vieil homme, longue barbe, cheveux blanc. Appelé Pycelle. A sa droite se trouvait un homme aux cheveux courts et à la barbe naissante, portant un cerf sur sa tenue. Il s'agissait de Lord Renly Baratheon, frère du roi et père de William Baratheon, bâtard reconnu. Ned prit place, commença à parler mais fut couper par Pycelle, qui, d'un air gêné lui demanda :

« Excusez moi Lord Stark mais peut être devriez vous.. » il fit un geste de la main en direction de Roxanne

« Oui c'est vrai, pourrais tu sortir le temps du conseil, vois tu c'est un conseil privé et tu ne peux pas rester » La jeune femme acquiesça et partit.

Patientant devant la porte, elle attendait le retour de son père. Se demandant de quoi ils pouvaient parler, les heures passèrent. Deux heures s'étaient écoulées, las de patienter, elle décida d'écouter à la porte afin d'entendre les conversations du conseil. Elle posa son oreille sur le bois puis se concentra.. rien, aucun son, elle réessaya quand une voix la fit sortir de ses pensées :

« Ce n'est pas très poli d'écouter aux portes quand on est une lady » l'homme portait une mallette sous le bras, il n'était pas très grand et un sourire sournois se lisait sur son visage. Ses cheveux étaient parsemés de légers cheveux gris et, contrairement aux seigneurs qu'elle avait pu voir, celui ci ne portait pas de barbe mais une moustache. Méfiante, elle lui demanda :

« Est ce que je vous connais ? »

« Je suis Lord Baelish, grand argentier de la cour, ravi de vous connaître lady Stark »

« Comment savez vous mon nom ? »

« J'étais présent lors du conseil restreint tout à l'heure, votre père nous a raconté son voyage et, votre nom est ressorti . Il y a deux portes pour accéder à la salle, nous avons emprunté l'autre pour sortir » Il se pencha vers elle « Ce n'est pas la seul ruse qu'il puisse y avoir à King's Landing croyez moi »

« Je n'ai pas pu rester dans la salle.. père m'a demandé de sortir avant de commencer, alors pourquoi m'y avoir amené ? »

« C'est un conseil privé, c'est pour cela qu'on l'appelle 'conseil restreint'. Votre père voulait certainement vous présenter à la cour, sage décision »

Sur ce, il salua la jeune femme et partit. Intriguée par cette rencontre, elle se demandait si tout le monde était aussi étrange à King's Landing et trouva sa septa dans la salle principale qui observait les servantes préparer la pièce. Un banquet aurait lieu au retour du roi. Les tables étaient dressées, des bancs rajoutés, les nappes aux broderies dorées étaient mises. Les cuisiniers se pressaient à préparer les plats, la salle était pleine. Roxanne s'avança vers Mordane, discuta un peu avec elle de ce qu'elle et Arya avait fait pendant qu'elle était avec Eddard et lui demanda où se trouvait sa chambre. La septa l'accompagna, tout en continuant de bavarder. Elles traversèrent un corridor étroit, menant à des escaliers en colimaçon. En haut se trouvait la porte de sa chambre. Elle y retrouva sa malle, ainsi que son épée. La pièce était chaleureuse, des broderies de fleurs ornaient son lit à baldaquin, dont les rideaux qui en tombaient étaient en soie. Roxanne enleva sa cape, il faisait bien trop chaud dans la capitale pour la porter et mit un collier que sa mère lui avait offert. Prête pour le banquet, elle feuilleta les livres qui se trouvaient sur une étagère, en prit un et le lu en attendant l'arrivée du roi.