L'Empire des Rêves

par

marquise des Ombres

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Fan Dom/Disclaimers : Alice au pays des Merveilles de Tim Burton ( sorti en 2010 ) et accessoirement propriété de Lewis Carroll

Genre : Aventure/Fantastique/Romance

Pairing principal : Alice Kingsleigh ( Burton/Carroll ) et ses autres personnages + OC ( créations personnelles )

Rating : K+ voire T

Parution : 2013

Ndla :Voici ma deuxième fic sur Alice – j'espère qu'elle vous plaira. Amis lecteurs, les reviews sont toujours les bienvenues ^^ Les éléments historiques cités sont réels bien que détournés par moment pour répondre aux besoins de cette histoire.

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Chapitre I

Faux espoirs

Cinq mois s'étaient écoulés depuis qu'Alice Kingsleigh avait refusé la demande en mariage d'Hamish Ascot et qu'elle était revenue du Pays des Merveilles. Avec toute l'impatience résultant de ses nouveaux projets, elle préparait son voyage qui la conduirait sur les routes parfumées de l'extrême Orient. Chaque minute de son existence était consacrée à la préparation de son expédition et tout ce qui n'était pas « la Chine » ne faisait que rebondir sur son esprit fertile.

— Alice ! appela Helen Kingsleigh. Alice !

— Oui ? répondit-elle en tournant enfin son visage vers sa mère.

— Lady Wetscliff te parle, voyons ! reprit cette dernière en adressant un sourire contrit à ladite aristocrate. Où as-tu donc la tête ?

Les trois femmes se trouvaient au beau milieu d'Hyde Park, installées sous une rotonde en fer forgé. Il s'agissait du nouvel endroit à la mode, un salon de thé en plein air. Entres les petites tables sinuaient des stewards vêtus de costumes à rayures blanches et rouges. Sur leurs bras tendus reposaient des plateaux garnis de théières fumantes et de gâteaux colorés.

— Pardonnez-moi, souffla la jeune femme. J'étais en train d'imaginer que les serveurs étaient des otaries et qu'ils nous servaient du poisson en guise de pâtisseries.

— Alice ! s'indigna sa mère.

— Quelle imagination étrange, commenta Lady Wetscliff d'un ton guindé. Je disais donc, comptez-vous allez au bal donné par les Hampton la semaine prochaine ?

— Oh mais c'est l'événement le plus attendu de la saison ! déclara Helen en jetant un regard appuyé à sa fille. Bien sûr que nous irons.

Et déjà les deux femmes étaient reparties dans leur conversation et Alice avait retrouvé ses idées fantasques.

Elle retint un nouveau rire en voyant les animaux aquatiques habillés de rayures passer entre les tables.

— Merci pour ce charmant moment Lady Wetscliff. Nous nous verrons au bal des Hampton.

Alice et sa mère saluèrent l'imposante vicomtesse et s'engagèrent dans l'allée fleurie du parc.

— Je n'ai guère apprécié ton attitude, déclara Helen en prenant son bras.

— Je ne faisais pourtant rien de mal, se défendit-elle.

— Tu as passé l'âge de rêvasser de la sorte.

— Je ne suis plus une enfant, mère ! s'offusqua Alice.

Helen s'arrêta pour regarder sa fille. Au dessus d'elle, les rayons d'un beau soleil filtraient à travers le feuillage des chênes et autres arbres. Des ombres délicates jouaient sur le visage d'Alice vêtue d'une robe en taffetas jaune pale.

— Je le sais, dit-elle en posant une main sur sa joue. Tu es une femme désormais et bientôt tu vas me quitter pour aller au bout du monde.

Des larmes perlaient au coin de ses paupières et Alice la regarda, attendrie.

— N'est-ce pas le propre des enfants ? répondit-elle en souriant.

— Je suis fière de toi, poursuivit Helen. Tout comme ton père l'aurait été.

— Vous auriez certainement préféré que j'épouse Hamish… déclara sobrement la jeune anglaise.

— J'ai compris qu'Hamish n'est pas fait pour toi comme tu n'es pas faite pour lui, reprit-elle en se remettant en route. Il n'a pas ton imagination... débordante !

— Je crois qu'il n'en a pas du tout, rebondit Alice. Une des sœurs Chattaway et lui feraient un très beau couple !

Elles se mirent à rire, bras dessus bras dessous.

— Hâtons-nous ou Margaret va s'inquiéter, suggéra Madame Kingsleigh en accélérant le pas.

La nuit tombait doucement sur la capitale anglaise. Au loin, Big Ben faisait teinter son carillon, accompagnant la rumeur de la ville bourdonnante. Assise dans l'encadrement profond d'une fenêtre, Alice contemplait la rue charrier ses fiacres et ses badauds.

Un sourire éclaira furtivement ses traits en voyant un homme pourvu d'un haut de forme et d'une redingote.

Un instant, elle se revit là bas, dans ce monde au-delà des rêves. Devant elle défilait le visage de tous ceux qu'elle avait appris à aimer dont celui d'un être singulier à la folle chevelure rousse.

Soudain, l'inconnu leva la tête et Alice poussa une exclamation surprise. Ce dernier avait un regard vert presque luminescent dans la lumière du soir. Ses joues et son front blêmes contrastaient avec les mèches échappées de son chapeau et son sourire… était celui d'un ami disparu.

— Chapelier ! s'exclama-t-elle tandis que son cœur bondissait dans sa poitrine.

Se levant prestement, elle se rua hors de sa chambre, se précipita dans les escaliers et sortit de la maison.

— Chapelier ! cria la jeune femme en franchissant le portail aux armoiries des Manchester.

Déjà, la silhouette chapeautée disparaissait au coin de la rue et Alice dut relever ses jupons pour la rattraper.

— Attendez ! s'écria l'Anglaise en posant une main sur l'épaule du redingoté.

Lorsqu'il se retourna, le sourire d'Alice mourut sur ses lèvres.

— Oui, Mademoiselle ? demanda un jeune homme au visage parsemé de tâches de rousseur.

— Pardonnez-moi… murmura-t-elle. Je vous ai pris pour quelqu'un d'autre.

Triste, elle fit demi-tour. Elle aurait pourtant juré qu'il s'agissait de son ami. A travers la fenêtre de l'étage, c'était bien son visage qu'elle avait vu et ses yeux couleur d'absinthe…

Une fois rentrée, elle se confronta aux regards surpris du majordome et à celui de sa sœur.

— Mais où étais-tu ? demanda cette dernière en s'approchant de sa cadette.

— Enfin Alice ! Nous sommes chez ta sœur et son époux ! surenchérit Helen qui venait d'arriver.

— Encore un lapin blanc ? ironisa Lowell en s'appuyant contre l'encadrement des portes du salon.

Alice l'ignora en sentant néanmoins ses yeux clairs peser sur elle.

— J'ai seulement cru reconnaître… une amie, hésita la jeune femme en jugeant inutile d'attiser la curiosité de son entourage.

— Tu n'as pas à sortir seule comme si tu avais le diable aux trousses, rétorqua Margaret. Pense à notre réputation !

Un petit rire sarcastique secoua le torse de son beau frère.

— Vas donc te changer veux-tu, nous dînons dans une demi heure, poursuivit son aînée en retournant dans le salon en compagnie de sa mère.

Alice grimpa vivement les marches et alors qu'elle s'apprêtait à entrer dans sa chambre, une main s'abattit sur le chambranle de la porte.

— Alice, Alice… souffla Lowell. Quelle jeune femme étonnante.

— Vous m'avez suivie ? lança-t-elle.

— Je voulais m'assurer que vous ne repartiez pas à la recherche de quelques amis imaginaires, répondit-il.

— Ecartez-vous Lowell.

La voix d'Alice avait claqué dans l'air alourdi mais son beau frère ne bougea pas d'un millimètre.

— Ne soyez pas virulente chère Alice. Je ne veux que votre bien.

— Comme celui de ma sœur, je suppose ! rétorqua-t-elle. Vous semblez oublier la scène à laquelle j'ai assisté.

Elle se rappelait distinctement le baiser qu'il avait échangé avec une des invités lors de la party des Ascot.

— Oh ça… balaya le lord d'un revers de main. Vous n'êtes pas innocente au point de croire qu'un homme se satisfait d'une seule femme le long de sa vie ?

— Vous ne méritez pas Margaret, cracha-t-elle. Maintenant écartez-vous !

Un sourire carnassier assombrit les traits de Lowell.

— Elle peut-être pas mais vous si. Nous sommes les mêmes ma chère, extravagants et… changeants.

Prompt, il saisit son poignet afin de ramener la jeune fille contre lui.

— Je peux vous jurer que vous y viendrez, souffla-t-il tout contre son visage. Votre attitude transpire l'indécence et je me ferais une joie de dompter vos élans fantaisistes !

Pour affirmer ses propos, il fit glisser sa langue sur sa lèvre supérieure avant de la relâcher dans un éclat de rire ténu.

Le cœur prêt à bondir hors de sa poitrine, Alice se rua dans sa chambre en fermant à double tour la porte derrière elle.

S'écroulant à moitié sur la courtepointe recouvrant le lit, Alice fixa le plafond du baldaquin avec dégoût. Elle était dans une cage en compagnie de vautours. Inutile d'imaginer son beau frère en volatile cette fois-ci, son comportement œuvrait suffisamment !

Une larme brilla au coin de ses paupières tandis que le visage du Chapelier s'imprégnait dans son esprit.

— Si seulement… murmura-t-elle en pensant à l'inconnu qu'elle avait pris pour son ami.

Le départ pour la Chine n'arriverait jamais assez vite.

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