Bonjour amis lecteurs et écrivains !

Merci de lire ces lignes, car ça veut dire que vous m'avez suivie durant les 8 précédents chapitres jusqu'à celui-ci, qui est le dernier !

J'ai dû mal à croire que c'est déjà fini après un peu plus d'un mois d'écriture...Quand je me consacre à quelque chose, je suis peut-être un peu trop motivée pour mon bien.

Bref ^^.

Si je reçois des avis en ce sens, je vous écrirai un chapitre supplémentaire, une petite histoire indépendante qui sera postée comme un 10ème chapitre. N'hésitez surtout pas à me donner votre avis et faire des suggestions !

Comme c'est le dernier chapitre...Je n'en attends que plus ardemment vos retours !

Sur ce, bonne lecture ! :'-)

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- Cui cui, cui cui, cui cui...

Oui, oui, c'est bon, j'arrive.

- Cui cui, cui cui, cui...

Clic.

J'éteins la sonnerie en soupirant. Certes, c'est moins violent, mais je crois que je ne m'y ferai tout de même jamais.

Voici la dernière trouvaille de Nowaki en matière de réveil, pas plus tard qu'hier, après que je lui aie dit que je ne pouvais pas accepter qu'il me réveille tous les jours à sa façon (avant que je n'y sois trop habitué).

Dès le lendemain, il a ramené un réveil aux bruits de la nature. Quatre sonneries au choix.

C'est la première matinée depuis et je le regrette déjà. Je n'ai jamais rien compris à cette manie de réinventer la nature chez soi. Ce n'est pas cela qui va nous rapprocher d'elle. Et surtout, les bruits enregistrés sont vraiment ridicules.

J'ai essayé toutes les sonneries du réveil, hier, plusieurs fois. La chute de la cascade, qui me rappelle la chasse d'eau, les braiements de chèvre, qui m'ont fait sauter au plafond alors que j'étais parfaitement réveillé, quand au bruit des vagues...disons que ça ne vaut guère mieux que les chutes d'eau.

Ne restaient plus que les gazouillements d'oiseau qui conviennent à peu près.

Nowaki a cru bien faire, une fois de plus. Quel maladroit...En même temps, je suis vraiment mal placé pour le dire. Je n'ai pas osé refuser son cadeau. Je me suis dit qu'après tout ce qui s'était passé, je lui devais bien ça.

Bref.

Je m'étire, prêt à me lever pour le petit déjeuner qui m'attend, bien que je n'entende pas un bruit, ni ne sente les odeurs habituelles de cuisson.

Tandis que je m'étire, mon bras heurte quelque chose à côté de moi. Je jette un coup d'oeil.

Nowaki.

...Il ne s'est pas réveillé !

Mon premier élan est d'aller le secouer mais je me retiens juste à temps.

Après tout, il peut bien se reposer un peu. J'imagine que ses horaires de fou à l'hôpital ont fini par avoir eu raison de lui. S'il continue comme ça, c'est lui qui va s'user la santé.

Ceci dit, si on ne se dépêche pas...

Je contemple son visage endormi. C'est une occasion tellement rare...L'envie me prend de faire le petit déjeuner en le laissant dormir encore un peu, mais vu mes talents culinaires, c'est une mauvaise idée.

Et si...?

Et si pour une fois...?

Une idée ridicule me passe par la tête.

Je rougis de gêne. Puis me retiens de ne pas éclater de rire.

Oh, et puis après tout, pourquoi pas ?

Souriant en moi-même, je m'étends doucement contre lui en glissant les mains le long de son corps, du torse à ses cheveux en passant bien sûr par le cou. Il commence enfin à s'ébrouer.

Mes mains dans ses cheveux, jouant avec ses mèches comme il aime si bien me le faire, je lui murmure à l'oreille, mon souffle dans son cou, sourire au coin des lèvres :

- Bonjour, Nowaki-san.

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La mélodie habituelle de fin de cours retentit pour la deuxième fois dans les couloirs. Je réalise distraitement, sans raison, à quel point nous nous fions aux réveils et aux sonneries en tout genre dans notre vie de tous les jours...

Takahashi s'enfuit sans demander son reste, comme les autres. Je crois que sa dernière tentative pour m'adresser la parole l'a définitivement découragé de venir me poser des questions à la fin du cours.

Je soupire. Je suppose que j'aurais pu faire un effort avec lui, tout de même. Ce n'est pas une rigueur excessive qui va aider les étudiants à s'intéresser pour de bon à la littérature...

Non, c'est ridicule. Seuls les meilleurs comprennent l'importance d'une telle rigueur, et c'est à eux que s'adresse mon cours !

Takahashi devrait avoir compris ça avec Akihiko, non ?

En même temps, ce n'est pas en le surprotégeant de cette façon qu'Akihiko va lui apprendre les rigueurs de ce monde...C'est même tout le contraire : il est du genre à se renfermer sur lui-même et à s'entourer de nounours dans un appartement luxueux !

Voilà ce que je rumine en me dirigeant vers le bureau, entre autres choses, dont la soirée dédicace prévue ce samedi. Décidément, je suis dans la lune aujourd'hui.

Un courant d'air brutal sur le côté m'ébouriffe brusquement les cheveux.

Je me retourne, intrigué. J'ai juste le temps de voir Takatsuki filer comme une flèche vers le bout du couloir. Je n'ai même pas le temps de vérifier s'il est débraillé ou non.

Bon sang, ne me dites pas qu'ils se sont fait pincer pour de bon, cette fois-ci ?

Un peu plus inquiet que je ne voudrais l'avouer, j'accélère le pas vers le bureau en m'efforçant de ne pas courir.

Quand j'ouvre la porte en trombe, j'y trouve un Myiagi, abattu, un gros nuage noir flottant sur la tête, avec des livres éparpillés un peu partout.

Je ne sais pas depuis quand ça lui a pris, mais depuis quelques temps, il lui arrive quelques fois de balancer une pile de livres pour exprimer sa colère. A croire que j'ai déteint sur lui.

Je n'ose pas poser mon sac ni engager la conversation. Le doute continue à me tirailler. Ont-ils été surpris, oui ou non ?

Finalement, je me décide à prendre la parole.

- Myiagi-sensei, j'ignore ce qui s'est passé, mais si jamais vous avez des soucis avec l'université, vous pouvez compter sur...

- Qu'est-ce que tu t'imagines encore, Kamijou ?

Il relève la tête brusquement. Son visage est encore plus sombre que je l'imaginais. Rien à voir avec sa moue moqueuse habituelle.

Il me fixe de ses yeux noirs, sourcils froncés. Il a l'air aussi agacé que la fois où il m'a convoqué pour l'affaire du lancer de craie.

Et après, on s'étonne que je tende rarement la main pour proposer mon aide...

Je suis irrité une fois de plus par ce revirement de situation, mais je ne me démonte pas. Après tout, rester froid et poli en toutes circonstances envers mes collègues reste ma spécialité.

- Excusez-moi si j'ai mal compris, mais j'ai vu Takastuki-kun s'enfuir tête baissée vers l'autre bout du couloir. Et quand j'arrive, vous êtes muet comme une tombe. Que voulez-vous que je pense ? Vous vous êtes faits surprendre, n'est-ce pas ?

Les yeux de Myiagi s'agrandissent. La stupeur s'y mêle à l'exaspération.

- Hein ? Pas du tout ! C'est juste ce gamin qui n'en fait qu'à sa tête, comme d'habitude. Ah, les jeunes d'aujourd'hui...

Alors, c'était juste l'explosion d'une scène de ménage ? Dans l'université ?

Presque furieux, j'abats mon sac sur la table. Oui, décidément, ça m'apprendra à m'inquiéter pour les autres !

Aussi insensible que d'habitude à mon humeur, Myiagi regarde par la fenêtre ouverte en s'allumant une cigarette.

- Comme c'est un gamin, et qu'en plus nous avons un grand écart d'âge, il est obsédé à l'idée de ne pas être à la hauteur.

Tiens, ça me rappelle quelqu'un, à ses débuts...

- Et en même temps, il ne me dit rien, jusqu'à ce qu'il finisse par me balancer toute sa rancoeur à la figure...

Encore un point commun.

- Il ne comprendra donc jamais que je l'aime comme il est ?

Je souris malgré moi, en sortant mon bentô.

- Si vous voulez, pour vous aider à résoudre vos problèmes de couple, je peux vous recommander quelqu'un.

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Le samedi matin, Nowaki et moi partons tôt pour nous rendre dans le parc d'attraction au coeur de Tokyo, avec la grande roue.

C'est une idée de Nowaki pour se faire pardonner de son comportement de ces derniers temps. Je lui ai dit que ce n'était pas nécessaire, mais comme d'habitude quand il veut nous organiser un tête-à-tête, il a particulièrement insisté.

Je lui dois bien ça, moi aussi, d'autant plus qu'il a accepté de m'accompagner à la soirée dédicace sans la moindre hésitation.

D'habitude, je fais tout pour éviter ce genre d'endroit bruyant et artificiel, sinon nous nous y serions rendus plus tôt. Mais je savais que cela ferait plaisir à Nowaki. Je l'ai toujours perçu comme un grand gamin, et lui-même ne fait rien pour me démentir. Après tout, quand on s'est rencontré pour la première fois, une de ses fusées à eau avait failli m'atterrir dans la figure.

Son regard émerveillé quand nous quittons la file d'attente confirme mes pensées.

- Regarde, Hiro-san !

La tête rentrée dans les épaules, je jette un coup d'oeil dans la direction qu'il m'indique et me fige d'horreur.

Des mascottes. Trois.

Un lapin, un nounours et une créature mignonne un peu bizarre du genre que seuls les Japonais osent inventer.

Des gamins tout sourire piaillent autour d'eux tandis que leurs parents ont toutes les peines du monde à les empêcher de bouger pour la photo.

Ne me dis pas que...

- On y va, Hiro-san ?

- Je...Quoi ?!

- Allez, ça nous fera un bon souvenir.

- Pas question. Hors de question que je m'embarque là-de...

A peine ai-je le temps de le réaliser que je me retrouve coincé entre le lapin et le nounours, Nowaki m'enlaçant derrière moi. Le photographe se trouble un instant avant de retrouver rapidement son sourire commercial.

- On sourit messieurs ! Monsieur, devant, souriez, s'il vous plaît.

Dans tes rêves, le vieux !

Clic !

La troupe se disperse tandis que je me dirige à toute allure dans la direction opposée, la tête rentrée comme une tortue dans mon manteau, Nowaki sautillant joyeusement derrière moi.

Je siffle entre mes dents :

- On se calme, gamin. Ne me refais plus jamais ça, tu entends ? Plus jamais.

Nowaki chantonne, le regard dispersé aux quatre vents.

- Hé, ho, tu m'écoutes ?

- Et si nous faisions les montagnes russes, maintenant ?

Rien à faire. Ah, je te jure, les gosses...

D'ailleurs, tandis que nous faisons la queue, une classe entière passe à côté de nous pour les autos-tamponneuses. Nowaki les regarde sautiller, rêveur. Bien qu'il ait toujours été un peu puéril, il a toujours été doué avec les enfants. Ce n'est pas par hasard qu'il a choisi de les soigner. Et à force d'y penser, je me demande si je n'ai pas eu toujours ce désir, moi aussi.

Mais pour le moment, il y a un autre gamin dont je dois m'occuper.

- Hé, Nowaki, donne ton ticket, c'est à nous !

- Hein ? Oh, excusez-moi monsieur.

Le gardien de l'attraction prend le ticket tandis que je lâche un soupir.

La scène se reproduit plusieurs fois. Dès que nous terminons une attraction et que des enfants se montrent un peu bruyants - or les occasions ne manquent pas dans ce genre d'endroit - Nowaki ne peut s'empêcher d'avoir la tête ailleurs.

Entre deux stands, j'aperçois Myiagi et Shinobu, chacun une glace à la main. On dirait vraiment un père et son fils. Myiagi me fait signe avant de s'éloigner avec son protégé.

Le midi, nous faisons une pause pour manger des takoyaki. L'après-midi est plus tranquille. Nous nous asseyons tranquillement à une table pour déguster des mochi avec du thé.

Le moment de tranquilité que j'attendais depuis le début.

- Atttends un instant, je reviens.

Je me lève devant Nowaki interloqué et m'éloigne vers le plan d'eau.

Je reviens quelques minutes plus tard avec un paquet emballé que je pose précautioneusement devant lui. Il me fixe les yeux ronds.

- Que...?

- Ouvre. Mais fais très attention.

Muet comme une carpe, il dénoue lentement le noeud qui tient légèrement le papier et découvre enfin le contenu.

- Un...Un poisson rouge ?

J'avais repéré un stand de vente à proximité du plan d'eau. Je savais qu'il avait toujours souhaité un animal de compagnie, je le savais.

Son sourire s'élargit jusqu'aux oreilles, il a des étoiles plein les yeux.

- Joyeux anniversaire.

Je ne peux m'empêcher de sourire en voyant le visage de plus en plus éberlué de Nowaki.

- Mais...c'est dans trois semaines !

- Je sais. J'ai juste pensé que c'était un moment approprié.

Le visage de Nowaki commence enfin à s'éclairer. Il regarde de plus près le poisson rouge.

- Tu ne m'avais pas dit que tu ne voulais pas d'animaux à la maison ?

Je soupire.

- Un poisson rouge, ça passe encore. Par contre, c'est ton poisson, c'est toi qui t'en occupe !

Il éclate de rire à mon air renfrogné.

Et comme je le craignais, il se lève pour me serrer dans ses bras.

- Non mais...!

- Merci, Hiro-san. C'est le plus bel anniversaire de ma vie. Et tu ne sais pas à quel point.

Nous rentrons chez nous à pied, pour prolonger le moment passé tous les deux, Nowaki fredonnant un air avec son poisson à bout de bras dans son sac d'eau.

- Hiro-san, comment tu as su pour mon anniversaire ? Je ne me souviens pas de l'avoir dit.

Cette question innocente me fige d'indignation.

- Ah, parce que, en plus, tu as fait exprès de me le cacher ? J'ai dû le demander à Tsumori et je m'en serais vraiment bien passé, crois-moi !

Je n'avais pas spécialement envie de fouiller dans les papiers de Nowaki, c'est pour ça que je m'y suis pris autrement. Néanmoins, Tsumori n'a pas lésiné sur les moqueries quand je suis allé le voir. D'autant plus qu'il a trouvé un peu suspect qu'on lui ait nettoyé et rangé de fond en comble l'appartement avant son retour.

Nowaki et moi marchons en silence, jusqu'à ce qu'il me réponde, embarassé.

- Et bien...je n'avais pas spécialement envie de te le cacher, crois-moi. C'est juste que...

Il s'interrompt pour regarder tout autour de lui.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu as reconnu quelqu'un ?

Il s'arrête et reprend la parole, sur un tout autre ton.

- Il y a un café par là, on peut y aller ?

- Hein ?

- On pourra parler là-bas.

- Pouquoi pas chez nous ? On va être en retard pour la séance dédidace. Akihiko m'a fait promettre de venir au début.

- Il est 18h, ça commence à 21h. On a largement le temps. On n'a qu'à manger un petit quelque chose en même temps.

Je m'apprête à lui demander ce qui lui est encore passé par la tête quand je me rappelle ses paroles chez la thérapeute : je ne lui ai confié grand chose en retour. Ou plutôt, pas encore.

Alors, ça y est ? Il va enfin me dire ce qui se passe ? C'est peut-être le moment ou jamais.

- OK, ça me va.

Le café est plutôt calme pour un samedi soir. Ce qui me convient très bien après notre journée de folie au parc d'attraction.

Nous sommes attablés devant deux salades et un thé. J'ai eu ma dose de glaces, de râmen et de mochi pour l'année qui vient. Apparamment, Nowaki aussi.

Il boit une gorgée de thé avant de prendre la parole.

- Tu sais, si jusque maintenant...je ne t'ai pas parlé de mon passé...C'est parce que j'y trouve rien à dire, tout simplement. J'ai passé mon enfance dans l'orphelinat. J'ai arrêté mes études et j'ai trouvé un petit boulot chez le fleuriste pour devenir indépendant le plus vite possible. Non pas que j'ai été mal traité, au contraire, je pense que j'ai eu une enfance très heureuse et je remercierai jamais assez les gens qui s'occupent des gamins là bas. Seulement, comment dire...Je n'avais pas spécialement d'objectifs, je voulais seulement subvenir à mes propres besoins.

Il fait une pause, le regard dans le vague. Je le laisse plongé dans ses souvenirs, interdit. Je ne sais pas trop quoi dire, alors je me tais.

- Je ne t'ai jamais donné la date de mon anniversaire, parce que ce n'est pas vraiment la date de ma naissance. C'est la date où j'ai été recueilli par l'orphelinat. Alors, tu sais, jusque maintenant, je n'avais jamais accordé d'importance particulière à cette date. Au contraire, chaque année, ça me rappelle d'où je viens, et tous les souvenirs qui vont avec.

Je me fige. Mince...comment aurais-je pu y penser ?

- Nowaki...je suis désolé...je n'aurais pas dû fouiller dans tes affaires...

Nowaki sourit en regardant le fond de sa tasse. Il lève le regard vers moi. Un regard doux, bleu lagon.

- Mais aujourd'hui, c'est différent. Même si ce n'est pas vraiment ma date d'anniversaire non plus, ça n'a aucune importance. Tu m'as offert un très beau cadeau et une merveilleuse journée, qui n'est pas encore terminée.

Je rougis à cette allusion. Je suppose qu'il ne parlait pas que de la séance dédicace.

Nowaki poursuit en s'approchant. Je ne peux m'empêcher de jeter des coups d'oeil nerveux autour de moi.

- Tu sais, tu ne m'aurais pas offert de cadeau d'anniversaire, j'aurais été tout aussi heureux. Tout ce qui compte pour moi, c'est d'être avec toi.

Je fronce les sourcils une fois de plus à cette remarque innocente.

- Dans ce cas-là, nous n'avons qu'à relâcher le poisson ! Je suis sûr que ça lui fera plaisir.

Nowaki se rassoit en me regardant d'un air joueur.

- Trop tard, il est à moi maintenant.

Et flûte. Je me suis fait avoir !

- Hiro-san, à partir de maintenant, ce jour sera celui de mon anniversaire. D'accord ?

Dans n'importe quelle autre circonstance, je l'aurais rabroué en lui lançant à quel point je trouve ça riducule. Mais après ce qu'il vient de me raconter, je comprends à quel point c'est important pour lui.

Je comprends aussi, enfin, pourquoi il tient autant à avoir une vie familiale : ses bentôs, ses gestes affectueux et spontanés, la maison, le poisson rouge, les enfants, les jeux...Tout ce qui est cher à Nowaki correspond à l'image qu'il se fait du foyer idéal.

C'est à moi de lui apporter ce bonheur.

Gêné, je regarde ailleurs pour lui répondre.

- Si...Si tu veux.

Son regard s'illumine. Je rougis en retour.

- Nowaki...est-ce que tu souhaiterais...

Il me regarde, interrogateur.

- Oui ?

Devrais-je le lui demander maintenant, après tout ce que nous avons déjà traversé récemment ?

Non. Je me dégonfle au dernier moment.

- Excuse-moi, je m'embrouille. Je ne sais plus ce que je voulais dire.

Nowaki n'est visiblement pas dupe mais il sourit en retour à mon silence.

- Je comprends. Nous avons eu une grosse journée.

Lorsque nous sortons du café, il m'attire à moi pour m'embrasser. Comme d'habitude, je n'ai pas le temps de résister.

- Merci, Hiro-san.

- I...Idiot !

Deux heures plus tard, nous nous rendons tranquillement vers la cité des congrès pour la séance dédicace, en silence, jusqu'à ce qu'une question me revienne brusquement à l'esprit.

- Au fait, Nowaki...C'était quoi ton délire avec les plats préparés ?

- Hein ?

- Quand tu étais chez Tsumori !

- Que...Ah !

Il me répond en fuyant mon regard.

- Eh bien, disons...que ça m'embêtait que tu ne te nourrisses que de nouilles instantanées.

A mon tour de regarder ailleurs.

J'ai du mal à croire qu'il ait pu être aussi attentionné, même en pleine dispute. Non, je n'y crois toujours pas.

Quand nous approchons vers l'entrée noire de monde, je m'approche de Nowaki.

Doucement, je lui prend la main.

Et croise nos doigts.

Akihiko est sans doute derrière la porte, aussi impassible que d'habitude, Hito-sensei, en train de trépigner d'impatience dans la queue, et Misaki, en train de bouder dans son coin.

Nous, nous continuons d'avancer.

Main dans la main.

FIN