Je n'ai pas voulu vous faire trop attendre après cette horrible révélation dans la première partie de l'épilogue et je vous remercie toutes pour vos messages.

Je rappelle que cette histoire appartient à Johnnyboy7 : There Will Be Blood

et qu'elle était initialement traduite par Lilouand. (les liens sont sur mon profil)

A cela j'ajoute un grand merci à SBRocket et PtiteWam pour leur aide.

Petite annonce en passant SBRocket publie une nouvelle fic Hooligan qui mérite tout votre attention : s/9216457/1/

Epilogue 2-Always and Forever

(Pour Toujours et à Jamais)

Un an plus tard

BELLA POV

"Blood may be thicker than water, but love is thicker than anything."- Goldie Nash

"Le sang est peut-être plus épais que l'eau, mais l'amour est plus fort que tout." - Goldie Nash

All things Twilight related belong to Stephanie Meyer.


"Isabella Swan," il y eut un coup à ma porte, "il est temps de libérer la chambre. L'encre sur tous les papiers est sèche."

"Tout est emballé et prêt." Je jetai mon sac à dos par-dessus l'épaule, qui ne se composait de rien d'autre que de quelques livres. Je jouissais de la sensation du jean sur mon corps après deux années dans une salopette grise hideuse.

"Nous sommes sûrs que vous allez nous manquer ici." Le gardien me conduisit le long du couloir, loin de la chambre qui avait été mon sanctuaire le temps passé ici. "Vous est la seule qui était vraiment gentille."

"Vous allez me manquer aussi," mentis-je.

"Qu'allez-vous faire maintenant que vous êtes une femme libre?"

"Je n'en ai honnêtement aucune idée."

Je ne savais pas ce qui était à ma disposition à présent. Je n'avais pas de perspective de travail, et pas le moindre argent. Heureusement, je n'étais pas complètement sans ressource. J'avais eu la chance de terminer mes études supérieures pendant que j'étais sous les verrous. J'avais rempli mon temps avec les cours et fini quelques années de scolarité facilement en seulement deux ans. J'avais maintenant un diplôme en littérature, ce qui ne m'aidait pas vraiment dans le monde réel, mais au moins c'était quelque chose. Pourtant, j'avais foiré grave. Je voulais juste arriver à sortir, et ensuite redémarrer.

"Assurez-vous juste de rester à l'écart de cette famille. Ils ne sont pas bons pour vous," m'avertit-il.

"J'essaierai," mentis-je à nouveau. Les Cullen étaient la seule famille qu'il me restait. J'étais encore quelque peu furieuse après eux et j'avais beaucoup de choses à dire avant que tout soit pour le mieux dans le meilleur des mondes à nouveau. Je ne pensais pas que cela le redevienne véritablement, cependant.

"Bon, eh bien, c'est ici que je vous quitte. Profitez bien." Il me fit un signe de la main et rebroussa chemin.

J'entrai à l'intérieur d'une pièce avec une seule table et m'assis sur l'une des deux chaises pour attendre. C'était habituellement l'endroit où l'on récupérait ses affaires quand on vous laissait partir. Quand j'avais été arrêtée, je n'avais rien, alors je ne savais pas particulièrement ce que je faisais là. Ne pouvaient-ils pas encore me laisser partir?

Je vérifiai la montre à mon poignet – l'énorme montre d'Edward – et un petit sourire se glissa sur mes lèvres à l'image de lui la portant. J'abaissai mon bras quand il commença à devenir lourd à regarder la montre pendant trop longtemps.

Je ne pleurais plus sur Edward ou notre enfant. Je n'avais plus de larmes à donner. L'année écoulée avait été difficile. J'avais littéralement versé toutes les larmes de mon corps et j'étais étonnée que mes yeux ne soient pas tombés. Maintenant cela n'avait plus d'importance ce que je ressentais à son égard; il avait disparu et il ne l'entendrait jamais. Je l'aimais et tenais à Edward, même si j'étais encore furieuse. Si seulement j'avais eu une dernière chance au moins de lui parler. Je n'avais jamais eu cette conclusion à laquelle j'aspirais désespérément.

Il avait disparu et ne reviendrait jamais.

Au cours des huit derniers mois, des choses avaient commencé à faire surface au sujet de la mort d'Edward qui la faisait paraître comme un bain de sang. C'était entièrement du fait d'Aro. Il avait entendu parler du retour d'Edward et avait pris l'initiative pour avoir vengeance pour ses fils. Dans les journaux, Edward était vénéré et considéré davantage comme héros, ce dont j'étais heureuse. Son nom n'était pas calomnié et je n'avais pas eu à lire toutes les mauvaises choses qu'il avait faites. J'avais recueilli presque tous les articles que j'avais pu avoir dans les mains parce que je voulais juste lire à propos de lui. C'était la seule façon de pouvoir me sentir près de lui à nouveau.

Les fleurs avaient cessé d'arriver – juste un autre rappel qu'Edward avait disparu – et les visites de la famille devinrent moins nombreuses, mais je voyais encore Esmé de temps en temps. Elle ressemblait à une autre elle-même en plus vieille. Je ne l'avais jamais vue bouleversée et après la mort d'Edward, elle semblait juste malade. C'était comme si la vie avait été aspirée hors d'elle. Carlisle était presque dans le même état mais le cachait bien. La famille s'était remise à présent de tout cela, cependant, comme je l'avais entendu dire, leur position dans le monde souterrain n'avait pas baissé d'un iota. Ils étaient encore craints et dominaient toujours, ce qui je suppose contrariait énormément Aro.

"Isabella Swan, vous n'avez qu'une seule chose," dit une voix douce depuis la porte.

"Je ne me rappelle pas avoir quoi que ce soit quand je suis arrivée." Je me levai.

Elle me tendit une petite enveloppe en papier kraft et je l'ouvris. Je la retournai et une bague en tomba. Elle était d'un argent brillant avec un joli diamant dessus. C'était la même bague que celle qu'Edward m'avait rapportée du Maine; la dernière chose que j'avais même eue de lui.

"Elle est très jolie," dit-elle.

"Merci," soupirai-je, glissant la bague à mon quatrième doigt de la main gauche. J'étais déterminée à ne pas pleurer quand je la verrai là. "Puis-je partir maintenant?"

"Oui bien sûr. Avez-vous un chauffeur? Vous ne pouvez pas partir sans chauffeur."

"J'en ai un." Je hochai la tête et passai devant elle. Carlisle s'était assuré de m'envoyer quelqu'un afin que je n'aie pas à rester ici plus longtemps que nécessaire.

"Eh bien alors, à la prochaine."

"J'espère que non." Je fis signe de la main et passai à grand pas les portes.

Je me tenais debout sur les marches en pierre de la prison un minimum sécurisé et pris une profonde inspiration. L'air de Juillet était encore chaud mais pas désagréable. Ce n'était pas comme si je n'avais jamais été en plein air pendant mon séjour, mais c'était un nouveau type de liberté, que je ne prendrai jamais plus pour garantie.

Je marchai le long de la route sinueuse vers les grilles, qui s'ouvrirent pour moi.

"On dirait que la criminelle a surgi de son poulailler," dit une voix grave. Il était appuyé sur le côté d'une Mercedes noire avec des lunettes de soleil. Ses épaules carrées le faisaient paraître menaçant mais je savais qu'il y avait un cœur en or à l'intérieur.

Je courus et passai mes bras autour du cou d'Alec alors que j'étais décollée du sol. Il était maintenant bien plus grand que moi et faisait probablement plus d'un mètre quatre-vingt.

"Ils t'ont envoyé me chercher?" Je m'accrochais à lui étroitement.

"Je me suis porté volontaire," rit-il modestement.

"Je ne peux pas le croire. Tu n'es pas venu me rendre visite en un an." Je frappai son bras quand il me reposa. "Qu'est-ce qui ne va pas avec toi?"

"J'étais occupé." Il se frictionna l'endroit. "Ouch, ça fait mal."

"Tu le mérites." Je l'examinai de haut en bas. "Oh mon Dieu, regarde-toi. Tu es imposant."

Il n'était pas de la taille d'Emmett, mais il était évident qu'Alec avait passé la puberté et bien pris. Ses muscles étaient extrêmement définis et il ressemblait à un homme, plus au petit garçon dont je me souvenais. Ses cheveux noirs étaient courts mais couvraient encore ses yeux bleu foncé.

"Et qu'est-ce que c'est?" Je passai ma main sur ses joues mal rasées où de petits poils dépassaient.

"Je sais, cool, non?" Il sourit. "Et je me suis rasé hier soir."

"Tu as bien grandi. Qu'est-il arrivé à mon petit Alec?"

"N'aie pas les larmes aux yeux pour moi. Nous avons un long trajet à faire." Il ramassa mon sac à dos et le jeta sur son épaule.

"Où allons-nous?" J'allai vers le côté passager de la voiture.

"Ne commence pas avec les questions. Laisse-moi juste conduire."

"Et tu conduis?" Je n'avais pas encore réalisé alors que je m'asseyais dans le cuir rembourré du siège. Il avait seize ans à présent, alors je suppose que c'était normal, mais je n'avais jamais pensé voir le jour où il serait derrière le volant d'une voiture. "Qui t'a appris?"

"Emmett a essayé, mais j'ai fini par apprendre tout seul. Il n'a aucune idée de ce dont il parle, soit dit en passant. Je pense qu'il a besoin de prendre des sortes de cours." Alec démarra la voiture et elle rugit instantanément.

"Où allons-nous?" Demandai-je à nouveau, espérant qu'il voudrait bien me le dire cette fois.

"J'ai dit que je ne répondrai pas à ça." Il sortit facilement de l'allée et s'engagea sur la route.

"Comment se passe les choses à la maison?"

Alec soupira. "Dur. M'man ne veut pas sortir de sa chambre la plupart du temps. Je crois vraiment qu'elle est malade. Carlisle ne sait pas quoi faire, mais elle commence à aller mieux. Emmett est occupé et Jasper garde un œil sur moi, donc nous avons tous notre travail. M'man n'est de toute évidence plus elle-même."

"Ce doit être dur de perdre un enfant," dis-je sans même y penser. Ma poitrine commença à se contracter et je dus repousser la douleur. Je n'allais pas pleurer, pas maintenant. Je ne pouvais pas penser à ça. Je m'étais entraînée pour garder la souffrance à distance.

"Elle voit un thérapeute et tout."

"Comment vont les gars?"

Il haussa les épaules. "Je ne sais pas. C'était si bizarre au début; passer de quatre à trois. Je pense que nous nous en remettons juste. Comment vas-tu?"

"J'ai pleuré pendant des mois." Je regardai par la fenêtre et me rappelai ces moments horribles que j'avais eus avec la mort d'Edward. "Je me sentais si faible. Je voulais lui dire tant de choses, mais je n'ai jamais eu la chance."

"Je vois ta bague." Il désigna ma main gauche. "Il l'aurait voulue là."

"Non, il ne l'aurait pas voulue." Je secouai la tête.

"Edward t'aimait, Bella. Bien qu'il disait beaucoup de merde comme ne pas vouloir se marier ni fonder une famille, je pense qu'il serait passé par là pour toi."

De toute évidence, Alec n'était pas au courant de la mémorable dispute qu'Edward et moi avions eu juste avant que tout ne dégringole.

"Il me manque," pensai-je à voix haute.

"Il nous manque à tous."

Le trajet fut silencieux après cela. Je voulais m'endormir mais je pensais que je devrais profiter du soleil. Je regardais les arbres que nous dépassions pendant une heure environ jusqu'à ce que la voiture commence à ralentir.

"Où sommes-nous?" Je me redressai dans mon siège.

"Aéroport privé." Répondit simplement Alec et il tourna avec la voiture sur le tarmac.

"Pourquoi?"

"Parce que nous partons." Il tendit le bras vers la banquette arrière et prit mon sac. "Allons-y." Il bondit hors de la voiture.

"Attends, je ne peux pas partir. Ne suis-je pas en probation ou je ne sais quoi?" Je courus vite après lui et dus crier par-dessus le vrombissement du moteur de l'avion.

"Je ne sais pas. Est-ce que je ressemble à un avocat? Monte dans l'avion."

Il m'était difficile de faire confiance à un Cullen après tout ce que j'avais enduré, mais qu'allais-je faire sinon? Ce n'était pas comme si je pouvais courir chez Papa et faire que ma vie revienne miraculeusement à la normale.

Je regardai Alec avec curiosité pendant quelque secondes. "Es-tu en train de me kidnapper?"

"Oui." Il commença à gravir les marches descendues. "Je te laisse ici si tu ne te dépêches pas."

Je serrai les dents et montai derrière lui. L'avion était beau et cher, tout comme les Cullen le voulaient. Il n'y avait personne à l'intérieur, mais je pouvais entendre la voix du pilote à l'avant. Alec alla lui dire que nous étions prêts à partir, et les escaliers se replièrent.

"Je n'aime pas ça." Je m'assis dans un siège à côté de lui.

"Je te promets que tout va bien se passer. Oh, et en passant, nous ne serons pas de retour à la maison pour un moment."

"Donc tu es en train de me kidnapper. Où diable allons-nous?"

"Je ne peux pas te le dire, mais si tu veux rester ici, c'est le moment de le dire."

J'hésitais sur quoi faire, mais décidai de ne pas bouger. C'était un mélange de curiosité et de manque d'enthousiasme sur ma situation actuelle dans la vie. Je penchai pour l'hypothèse qu'il ne pouvait m'emmener dans un mauvais endroit.

"C'est très louche." Je m'adossai et croisai les bras alors que l'avion décollait.

J'essayais de rester éveillée afin de pouvoir mener l'enquête sur ce que je faisais exactement dans cette aventure, mais mes yeux ne voulurent pas rester ouverts après la troisième heure. Le ronflement du moteur de l'avion m'endormit rapidement et je rêvai à Dieu sait quoi. La plupart de mes rêves actuellement n'étaient pas marquants.

"Bella, il est temps de se réveiller." J'étais poussée doucement.

"Non." Je me retournai.

"Bella, je suis sérieux. L'avion ne peut pas rester au sol très longtemps," la voix grave d'Alec emplit ma tête, "et tu dois te changer."

"Me changer?" J'ouvris les yeux. Son jean et son tee-shirt d'avant avaient été remplacés par un polo bleu clair et un bermuda blanc. "Est-ce que tu vas aller nager?"

"Non, mais il fait chaud à l'extérieur ici. Va te changer." Il me tira de mon siège et me poussa vers le fond de l'avion.

J'allai dans les toilettes et retirai mes vêtements, mettant le sort en jean et le débardeur vert qui m'avaient été fournis. J'étais encore confuse quand je revins essayant de ne pas trébucher sur mes baskets.

"Où sommes-nous exactement?" Demandai-je alors que les escaliers se dépliaient.

"Brésil." Alec sourit et sortit.

"Brésil?" Je le suivis. "Es-tu sérieux? Nous ne pouvons pas aller au Brésil."

"Pourquoi pas?" Il haussa les épaules. "C'est génial ici."

"Je ne peux pas le croire." grommelai-je en me dirigeant vers la voiture qui attendait, et Alec pris le siège du conducteur.

Je vis des panneaux qui indiquaient 'Rio' quand nous sortîmes en voiture de l'aéroport privé et d'immenses buildings commencèrent à nous entourer de tous les côtés alors que nous nous enfoncions dans la ville. Je n'avais aucune idée de ce qui allait venir, mais Alec semblait confiant et ne remettait rien en question.

"Comment diable sommes-nous sortis du pays? Ne t'ont-ils pas suivi?" Demandai-je, essayant de faire disparaître de mon esprit le malaise que je ressentais. Je devrais être excitée puisque c'était la première fois que j'allais à l'étranger et au Brésil, pas moins, mais j'étais trop anxieuse.

"Tout est bon. Nous avons l'autorisation."

"Qu'est-ce que ça veut dire?"

"Arrête de poser des question." Il leva les yeux au ciel. "J'avais oublié combien tu étais enquiquinante."

"Eh bien, peut-être que je ne le serais pas si j'avais quelques réponses."

La voiture s'engagea à travers les rues, et je remarquai que les hauts gratte-ciels se raréfiaient alors que nous atteignions l'extrémité est de la ville.

"Bon, il est temps de sortir." Alec arrêta la voiture quand nous nous trouvâmes sur les quais.

"Maintenant un bateau?" A ce stade, je suivais juste le mouvement.

"Je ne veux rien savoir. Avançons." Il laissa la voiture là où elle était et traversa les rangées de bateaux qui tanguaient dans le port. Je le suivis sans un mot.

Nous rejoignîmes un petit bateau au bout qui avait été conçu pour la vitesse et pas pour le luxe puisqu'il n'y avait que deux places. Il ressemblait assez à une balle de revolver. Alec m'aida à descendre et ensuite mis en route le bateau dans un bruit de tonnerre.

Il prit magistralement le large sans même s'embarrasser à consulter un manuel ou les directions, ce qui me rendit curieuse quant à combien de fois il avait fait ça. Pour ma part, je n'avais jamais entendu dire qu'il pilotait un bateau à moteur, mais il s'en sortait bien. Je restais agrippée au côté avec les jointures blanches alors qu'il fendait les vagues. Comme ses frères, Alec avait une propension à aller vite. Je suis sure qu'il y avait une sorte de réglementation sur la vitesse qu'il violait.

Même à notre vitesse rapide, le voyage en bateau dura environ quarante minutes. Il faisait suffisamment clair pour voir l'immense île vers laquelle Alec se dirigeait. Même si j'étais confuse au-delà de l'entendement, je devais admettre que le paysage était magnifique. L'eau bleue nous entourait de toutes parts et si nous n'allions pas si vite, je parie que je pourrais carrément voir le fond. L'ile au loin était montagneuse et un feuillage vert recouvrait chaque colline.

"Qu'est-ce exactement?" Demandai-je au-dessus du ronflement du moteur.

"L'Ile Esmé."

"Comme dans… une île pour Esmé?"

"Ouais, Carlisle l'a achetée pour elle il y a quelques années. Il a dit qu'ils n'y étaient pas retournés depuis un moment, cependant. Ça vient d'être aménagé ici."

J'étais à court de mots quant à quoi dire. Je n'avais jamais fréquenté de gens qui avaient assez d'argent pour acheter à quelqu'un leur propre île. Je ne pensais même pas que les Cullen fussent aussi riches, mais j'avais de toute évidence sous-estimé leur richesse même après toutes ces années.

Nous approchions de l'île et je vis un quai, mais Alec ralentit juste le bateau dans l'eau et le laissa dériver lentement. Il s'arrêta sur la plage, encore dans l'eau, mais pas très loin du sable.

"Bien, dernière étape du voyage. Tout le monde descend." Alec retira ses chaussures et sauta par-dessus bord, atterrissant dans l'eau dans un plouf. Les vagues n'arrivaient qu'à ses genoux vu qu'il était tellement grand.

"Y a-t-il des méduses ici?" Je regardai dans l'eau, me souvenant de notre à présent tristement mémorable séjour à Miami il y avait deux ans. C'était dégoûtant sur le moment, mais assez hilarant à présent. Jasper et moi riions à ce sujet à l'occasion.

"Je vais te porter." Alec tendit les bras.

"Je peux marcher." Je me levai dans le bateau et bien sûr mon cul maladroit tomba presque par-dessus bord, mais Alec me rattrapa et me plaça par-dessus son épaule.

"C'était vite dit." Il commença à avancer dans l'eau, m'aspergeant le visage.

"Je ne vais pas gagner là, si?" Je sentais le sang se précipiter vers ma tête d'être à l'envers.

"Nope." Il continua à marcher dans les vagues, et tout à coup l'eau fut remplacée par le sable.

Il me porta toute la remontée de la plage, et je ne pouvais pas vraiment voir où nous allions parce que ma tête bourlinguait contre le dos d'Alec. Je pense être restée comme ça environ dix minutes mais cela pouvait être plus.

"Cela devient ridicule. J'ai besoin de réponses." Je lui giflai le derrière. "Dis-moi où nous allons."

"Calme-toi là, Bella. Tu ne peux pas dompter l'étalon une fois qu'il est libre."

"Waouh, on croirait entendre Emmett."

"Évidemment, oui," ricana-t-il.

Il me reposa enfin et mes pieds s'enfoncèrent légèrement dans le sable. Je remarquai que nous étions devant une imposante maison de plage. Elle avait d'immenses fenêtres et de l'extérieur, il semblait qu'il y avait au moins trois niveaux. Je pensais que j'étais en train de regarder une carte postale avec des palmiers bordant le chemin qui conduisait à la maison.

"Qu'est-ce que c'est?" Demandai-je.

"Notre nouveau domicile."

"Je ne comprends pas."

"Est-ce que la prison t'as rendue stupide?" Grinça-t-il. "Je t'ai kidnappée et maintenant nous allons vivre ici pendant un certain temps. Tu n'as rien de mieux à faire." Nous nous engageâmes dans le chemin. "Personne n'est au courant pour l'île en dehors de Carlisle."

"Et Charlie? Je dois au moins l'appeler."

"Pas possible, Bella-roo." Il ouvrit la porte de la maison et y entra.

* en vo 'No can do, Bella-roo' – allusion à une réplique de dessin animé: no can do, buck-a-roo ou buck-a-row, qui est la version espagnole de cow-boy anglicisée: vaquero

Tout était très 'bord de mer' – si ça semblait sensé – avec des meubles blancs cossus, des parquets de bois brut, des fenêtres ouvertes et une ambiance rustique.

"Viens." Il me fit entrer à l'intérieur.

"Je n'ai même pas le choix dans ce domaine?"

"Pas vraiment. Qu'espérais-tu faire d'autre?"

"Je… je ne sais pas, mais le Brésil n'était pas sur ma liste pour une destination permanente."

"Arrête avec les questions."

"Qu'est-ce que diable il se passe?" Je ne bougeai pas, croisant les bras. "Je n'aime pas ça du tout."

"Pas de bol. Tu es ici et tu vas apprécier." Alec prit ma main et me conduisit rapidement dans l'escalier jusqu'au premier étage. Il me poussa dans une pièce. "Je reviens tout de suite."

Je m'aperçus que j'étais dans une colossale bibliothèque. Les rayons allaient jusqu'au plafond et il y avait même des escaliers conduisant à un autre étage. La pièce était totalement différente du reste de la maison, et je pensais que j'étais dans un château antique ou je ne sais quoi.

"Waouh." Je regardai tout autour de moi, bouche-bée et avec stupéfaction.

Je me demandais où exactement je me trouvais. Brésil, ça c'est sûr, mais c'est tout. Je ne savais même pas vraiment si c'était la maison de Carlisle, mais il était évident que quelqu'un vivait ici. Je pouvais le dire simplement en la traversant. Et qu'y avait-il avec Alec? Il prenait ça très bien pour un gars qui venait juste de passer me prendre et quitter sa maison. Tellement de questions sans réponses; voilà ce qu'était devenue ma vie dernièrement.

Je me dirigeai vers le bureau en bois sombre devant la fenêtre ouverte et y pris un exemplaire de Les Hauts de Hurlevent. C'était un de ces vieux exemplaires et probablement une première édition. L'ordinateur était chaud, donc quelqu'un venait juste de l'utiliser.

Je retournai le livre dans mes mains, essayant de savoir à qui il appartenait, mais il n'y avait pas de nom ou quelque chose comme ça.

"Je n'ai jamais compris pourquoi tu aimais tant ce livre. Il est tellement sombre," dit une voix rauque de l'autre côté de la pièce.

Je laissai tomber le livre de mes mains et il atterrit avec un bruit sourd au moment où je me retournai.

Je fixais du regard un fantôme; ça devait être ça parce sinon alors la prison m'avait rendue folle.

Edward se tenait debout dans l'embrasure de la porte, l'image parfaite de la beauté masculine. La chemise blanche sur son corps était complètement déboutonnée, exhibant des muscles définis qui roulaient sous sa peau bronzée. Les cheveux bronze dont je me souvenais étaient un peu plus clairs maintenant avec plus de blond dedans et toujours indomptés, mais son visage était le même: fort, déterminé, ciselé et net.

"Bonjour, Bella." Dit-il, et le sourire dont j'avais rêvé étira ses lèvres.

Mon corps tremblait tellement que je ne pouvais pas voir correctement. Je m'adossai au mur opposé. "Qui diable êtes-vous?"

Il avança d'un pas nonchalant dans la pièce et je voulais sauter par la fenêtre à chaque pas qu'il faisait. L'homme vint si près de moi que je pouvais sentir son odeur, et je fermai les yeux, espérant que j'allais me réveiller de ce cauchemar.

"Tu es exactement la même." Je sentis une main chaude prendre ma joue en coupe. "J'espérais qu'il en serait ainsi."

"Arrête de faire ça! Tu n'es pas réel; tu ne peux pas l'être." Je secouai la tête.

"Bella, ouvre les yeux."

"Non, tu ne peux pas me faire ça. Tu es mort." Je le poussai fort dans le torse, mais je voulais le tenir. "Tu n'es pas Edward!"

"Si."

"Tu es foutrement mort. Reste mort. Je sais comment gérer ça maintenant."

J'ouvris les yeux, et l'homme avait le culot de toujours avoir ce sourire en coin sur la figure.

Je ne pouvais plus me contrôler quand ma main le gifla de toutes mes forces. Peau contre peau et un bruit fort résonna sur les murs. J'avais besoin que ce son m'assure que ce n'était pas mon imagination. Peut-être que j'essayais de savoir s'il était réel, ou peut-être j'avais juste besoin de faire sortir ma frustration, mais je le fis encore une fois. Mes frustrations ne disparaitraient jamais véritablement, mais avec chaque gifle, elles allaient mieux.

Après la cinquième forte gifle en pleine face, les joues de l'homme furent rouges, et ses cheveux lui tombaient sur le visage.

"Edward est mort." Ma voix se fêlait.

"Je suis là, Bella." La voix grave de l'homme était pleine de remords et triste, mais ferme.

"Edward Anthony Cullen, je jure devant Dieu que si c'est toi, je vais te tuer moi-même."

"C'est vraiment moi." Il s'avança timidement. "Tout ce que je peux dire c'est que je suis désolé."

Il ouvrit la bouche pour continuer mais il y avait quelques petites choses que je voulais lui sortir d'abord.

"Est-ce tout ce que tu as à me dire?" Je le poussai. "Tu m'as abandonnée. Tu m'as laissée pourrir pendant deux ans et tout ce que tu as à dire c'est que tu es 'désolé'?"

"Je..."

"Non, tu n'as pas à parler. Comment as-tu pu me faire ça à moi!" Ma gorge me faisait déjà mal d'avoir crié et ça n'allait que devenir pire, "Je pensais que tu étais supposé te battre pour moi ou faire quelque chose. Je n'ai pas eu un mot, pas un appel, ou quoi que ce soit." Je le giflai à nouveau parce que maintenant je n'avais plus aucun contrôle sur ma rage.

"Je ne pouvais pas." Edward n'arrêta pas ma main. "Il ne m'aurait pas laissé faire."

"Il?"

"Carlisle"

"Ce n'est pas une excuse. Tu m'as envoyé des putains de fleurs pendant un an et tu penses que c'est tout ce dont j'avais besoin de ta part? Je voulais savoir où tu étais et comment tu allais. Je voulais que tu... sois là pour moi. Personne ne me disait rien. J'ai pris pour ton compte, Edward, et tu m'as laissée en plan! J'ai tout perdu à cause de toi. J'ai gardé tes putains de secrets et qu'est-ce que j'ai eu? Rien!"

Il ne dit rien et je me doutais qu'il attendait que je continue, mais ma respiration devenait trop rapide pour parler de façon cohérente.

"Je ne voulais pas te laisser. Je le jure, mais les choses sont arrivées si vite que je n'ai pas pu les arrêter et ensuite je ne pouvais pas revenir pour te chercher quand je me suis rendu compte que tu n'allais pas sortir. Je me suis battu avec lui pendant un an pour qu'il me laisse revenir."

"Donc pendant que tu étais assis là au Brésil, tu m'as laissée me débrouiller en prison?" Je lui demandai l'évidence, juste pour clarifier, "Je n'avais pas de famille, je n'ai pas eu la scolarité que j'aurais dû avoir. J'ai perdu... tout."

Bien sûr je sur-dramatisais quelque peu, mais l'essentiel était là. S'il pensait que ce 'retour d'entre les morts' résolvait tout, il était revenu pour un monde de souffrance.

"Penses-tu que ça a été facile pour moi? Je devenais fou parce qu'il n'y avait rien que je puisse faire." Si je n'avais pas cru que cet homme était Edward auparavant, je ne pouvais plus le nier quand il passa sa main dans ses cheveux et les tira. "S'il y avait eu quoi que ce soit que je puisse faire, je l'aurais fait."

Je le giflai encore une fois, juste parce que je pouvais et je me demandai si je devais lui mettre un coup de genou dans les couilles. Je ne le fis pas pour qu'il puisse garder sa virilité.

"Pourquoi es-tu en vie?" crachai-je.

"Tout était faux. Toute la fusillade a été mise en scène par Carlisle. Aro et Black me collaient aux basques, essayant de me trouver, et j'ai dû aller plus loin en souterrain. J'ai emménagé ici de la Suisse. Carlisle a trouvé un leurre et l'a payé pour prendre pour moi." Expliqua-t-il rapidement.

"Il a payé un homme pour être exécuté pour toi?"

"C'est comme ça que ça marche, Bella; c'est comme ça que ça a toujours marché dans des situations comme celle-là. Je voulais vraiment te le dire et j'espérais que tu ne me haïrais pas pour ça, mais ça devait être fait."

"J'ai pleuré sur toi." J'étais déterminée à ne pas laisser les larmes couler. "Personne ne m'a dit une seule chose et j'ai eu mal au ventre pendant une année entière parce que je croyais que tu étais mort; pas que je m'en soucie parce que je suis encore furieuse après toi. Et ta mère? Lui as-tu dit?"

"Non, personne ne sait à part toi, Carlisle et Alec. Tous les autres pensent que je suis mort. C'est de cette façon que ce doit être."

Je quittai son côté et m'élançai vers le grand bureau près de la fenêtre. Je me mis à ouvrir les tiroirs au hasard et déplacer les papiers.

"Qu'est-ce que tu fais?" Me demanda-t-il.

"Je cherche une arme. Je vais te tuer et ensuite je vais aller en bas et tuer Alec et ensuite je vais prendre l'avion pour tuer Carlisle. Vous méritez tous de foutrement mourir."

Mes mains trouvèrent le métal d'un grand pistolet et j'armai le truc facilement. Il était lourd et je remarquai que c'était le même que le doré qu'Edward aimait. Je le pointai droit sur sa poitrine de à travers la pièce.

"Vas-tu me tuer?" Edward souleva les sourcils.

"Oui," dis-je avec détermination.

"Bella, écoute-moi. Je sais que tu es blessée, mais je t'ai fait venir ici pour demander ton pardon."

"Tu penses que je peux te pardonner après tout ce que tu as fait?"

"Je te supplierai si c'est ce que tu veux." Sa voix se fêla presque. "Je ramperai pour ton pardon."

J'appuyai sur la gâchette et même si mon bras eut un mouvement de recul, je tins l'arme bien droite. J'avais été au stand de tir suffisamment de fois par le passé – avec Edward ironiquement – pour savoir comme le manier.

Il ne broncha pas à la balle et, bien sûr elle ne le toucha pas, comme je le voulais, mais ça faisait passer le message. Le mur derrière lui avait maintenant un énorme trou dedans.

"Je suis navré, Bella." Edward marchait lentement vers moi, ne semblant pas avoir peur de l'arme à feu que j'avais dans la main.

"Je m'en fous. Je ne veux pas entendre tes excuses." Je tremblais.

Le canon de l'arme était maintenant appuyé contre la peau de sa poitrine alors qu'il avait fait les derniers pas en avant. Pendant un instant, j'avais pensé qu'une balle ne l'aurait pas blessé. Ses muscles étaient durs comme un roc alors même si je lui tirais dessus, ça ne ferait rien.

Les mains d'Edward me prirent l'arme, la cassant aisément en morceaux et la jetant derrière lui.

"Tu es écœurant. Esmé est chez elle et peut à peine bouger parce qu'elle pense qu'elle a perdu un fils et tu ne peux pas lui dire que tu es ici, ou à moi d'ailleurs. Après toutes les merdes que nous avons traversées, je ne peux pas avoir un putain de coup de fil? Pensais-tu que je balancerais?"

"Bien sûr que non. Tout le monde doit penser que je suis mort; tu n'es même pas censée être ici. J'ai envoyé Alec pour toi avant que Carlisle ait une chance de t'enlever."

"Alec." Je devenais furieuse contre lui aussi, "Il savait que tu étais ici depuis le début et il ne pouvait rien dire?"

"Il est un bon acteur. Je lui avais dit qu'il devait garder le silence jusqu'à ce que tu sois là."

"Je te déteste foutrement. Je ne peux presque même pas te regarder."

Edward baissa la tête. "J'avais besoin de te voir. Je ne peux plus rester assis là et penser te parler ou te voir ou... t'embrasser. J'ai besoin de toi ici avec moi."

"Et si je ne veux pas être ici?" Je sentis une larme chaude dévaler mon visage.

"Bella, je suis désolé pour tout ce que je t'ai fait subir et pas seulement pour cette dernière année, mais avant ça. Je n'ai jamais voulu que ce soit ta vie et..."

"Arrête de parler." Je tins ma tête qui commençait à me faire mal. "Je ne peux plus supporter ça."

"M'aimes-tu toujours?"

"Est-ce tout ce que tu as à me demander après deux années?"

"Oui, c'est tout ce que j'ai besoin de savoir. Tu peux repartir à Forks ou à Chicago ou ailleurs; je m'en fous à partir du moment où tu réponds à cette question." Il enleva mes mains de mes cheveux et les tint. "M'aimes-tu toujours?"

"Je ne sais pas." Je pleurais carrément à ce stade. "Je ne peux pas répondre à ça."

"Pourquoi pas?"

"Parce que tu m'as blessée si sérieusement, Edward. Je ne t'avais pas parlé au cours de ces années et ensuite tu surgis à l'improviste? Sais-tu à quel point... c'est dingue? Je ne peux pas gérer ça."

"J'ai voulu t'appeler chaque jour sans exception et te dire que je pensais à toi, mais je ne pouvais prendre ce risque. Tu dois comprendre ça. Je n'ai touché aucune autre femme ou regardé qui que ce soit d'autre en deux putains d'années; je ne peux pas te sortir de ma tête."

Je lui repris mes mains et tentai de me calmer. J'avais besoin de penser à tout cela et sans le nouveau Fantôme Edward qui me regardait fixement en face. Se pouvait-il que ce soit vraiment arrivé? Edward est-il vraiment là après toutes les larmes que j'avais pleurées sur lui? Il devait y avoir un truc.

"Qu'as-tu fait pendant tout ce temps?" Demandai-je, juste pour dire quelque chose.

Il haussa les épaules. "M'assoir sur la plage et lire la plupart de temps. C'est une vie ennuyeuse. Tout le monde pense qu'Alec est allé dans un pensionnat, mais il m'a suivi au Brésil quand j'y suis venu. Carlisle appelle peut-être une fois tous les deux mois. Nous ne pouvons parler qu'un instant, mais je lui demande toujours de tes nouvelles. Personne d'autre ne sait que je suis vivant."

"C'est tellement invraisemblable. Je ne peux pas le croire. J'ai tout perdu à cause de toi." Réitérai-je.

"Je sais que ce n'est pas la position rêvée en ce moment. Tu es une fille intelligente et je suis heureux que tu sois restée aussi longtemps avec moi, mais tu mérites tellement mieux. Je pense que tu le sais."

"Tu m'as abandonnée." J'avais l'impression d'être un perroquet, me répétant toutes les cinq secondes.

"Et pour ça je suis désolé."

"Désolé n'arrange rien."

"Tu n'es pas supposée être là. Carlisle va vraiment être sacrément furax, mais je devais te voir. J'ai besoin de ton pardon."

"Alors tu n'es pas revenu à Chicago il y a un an? Ce n'était pas toi?"

"Non," il secoua la tête, "J'ai juste été ici tout ce temps."

"Peux-tu même y retourner?" reniflai-je.

"Un jour. Je vais probablement avoir à revenir bientôt pour quelque chose et tout l'enfer va se déchaîner."

Je ne savais vraiment pas quoi dire. Je voulais crier et hurler et pleurer, mais être juste si près d'Edward faisait resurgir de profondes sensations qui m'avaient manquées. Autant je le haïssais autant je voulais juste qu'il me tienne. Ça paraissait pathétique, mais je m'en foutais.

"Je vois que tu as gardé la bague," Edward fit attention à ma main, "et tu as eu la montre."

"Oui." Je hochai la tête, "Est-ce qu'Embry travaille pour toi aussi?" Je grognai à cette possibilité. J'avais entendu dire qui était vraiment Seth et quelle était sa raison d'être dans ma vie. En gros il m'avait juste surveillée pendant la totalité du semestre où nous étions en cours ensemble tandis qu'il jouait au flic sous couverture. Son rôle était 'essentiel' dixit Carlisle. Tous ces mensonges me rendaient malade.

"Non, j'avais juste dit à Carlisle de s'assurer que tu l'aies."

"Je ne la veux pas." J'ôtai la montre et la lançai sur le bureau. Elle atterrit avec un bruit sourd.

"M'aimes-tu toujours, Bella?"

"Arrête de me demander ça." Je me détournai de lui.

"Pourquoi? J'ai besoin de savoir et je te laisserai partir, mais dis-moi ce que tu ressens?"

"Je ne sais pas. Je veux te tuer mais je ne peux pas."

"Pourquoi?"

"Parce que je t'aime foutrement toujours!" Lui criai-je avec tout ce que j'avais à donner. "Je ne peux pas m'en empêcher et j'aurais dû juste te laisser tomber à la seconde où j'ai été mise en prison, mais ce n'était pas une option. Je ne peux pas l'expliquer."

"Carlisle appelle ça une-fois-dans-une-vie, l'amour de Roméo et Juliette." Edward prit mes mains à nouveau. "Bella, je sais que nous avons à parler de beaucoup de choses, mais j'ai besoin de toi. Je n'ai jamais avoué ça à qui que ce soit dans ma vie. Ces deux dernières années ont mis les choses en perspective. Je te laisserai partir si tu le veux, mais je te demande... je te supplie de rester ici."

"Non," dis-je avec autant d'enthousiasme que j'avais. "Je ne peux pas. J'ai gaspillé beaucoup de ma vie en ce qui te concerne. Je ne le referai pas à nouveau. Je t'aime, mais je ne me remettrai pas dans cette merde."

"Je suis désolé. Je ne le dirai jamais assez."

"J'ai l'impression que tu t'attends juste à ce que je te pardonne et je ne peux pas faire ça là maintenant. Je ne te connais même plus."

"Je suis toujours le même Edward."

"Non, tu ne l'es pas."

"Si, Bella," dit-il avec force, prenant ma main et la posant sur sa poitrine, sur son cœur. Je pouvais sentir le tatouage qu'il avait fait faire pour moi et sa peau était chaude.

"Pourquoi me fais-tu ça? J'aurais pu juste rentrer chez moi et..."

"Et faire quoi?"

"Vivre." Je haussai les épaules.

Il laissa tomber ma main et alla à son bureau. Il prit le téléphone et commença à composer un numéro.

"Qu'est-ce que tu fais?" Demandai-je

"J'appelle un avion pour que tu puisse rentrer chez toi et vivre. Tu peux être partie dans une heure."

Mes pieds me portèrent inconsciemment et je déconnectai le téléphone du mur.

"Je te donne ce que tu veux. Tu n'entendras plus jamais parler de moi et je ne t'ennuierai plus." Il ne levait pas la tête. "Je suis désolé de t'avoir fait venir ici."

Je ne savais pas quoi faire. J'avais tellement de questions auxquelles il allait répondre, mais soudain je ne voulais pas entendre tout ça. Ses excuses ne signifiaient rien pour moi. Je n'étais pas prête à lui pardonner.

Autant je le haïssais avec ma tête, autant mon cœur ne voulait pas se taire. Edward était là et j'étais là; enfin à nouveau ensemble. Il avait raison. Nous avions un lien qui était indestructible, et cela s'était seulement intensifié maintenant.

Une fois encore, mes pieds me portèrent vers lui. Je ne pouvais pas m'en empêcher.

"Le pardon vient avec le temps, Edward. Tu ne peux pas simplement apparaître et t'attendre à ce que tout redevienne normal." Je parlai calmement.

"Je me rends compte de ça. Je te demande de me donner une chance. Je passerai le reste de ma vie à essayer de rattraper ça pour toi. Tout ce que tu veux, tu peux l'avoir."

"Je ne sais pas si je me soucie même assez de toi pour te donner cette chance." Mentis-je.

"Je traverserai le feu, Bella. Que puis-je faire? Dis le moi et je le ferai."

"Je ne sais pas mais tu ne peux pas juste me garder prisonnière sur cette île. Nous ne nous sommes pas vus depuis une éternité et il y a tant de choses que je veux te dire."

"Alors dis-les," il me suppliait presque, "Dis-moi tout."

"Nous avons besoin de temps pour tout ça. J'ai besoin de te frapper et de crier après toi et de t'ignorer afin que tu saches comment ça fait."

"Nous avons tout notre temps, Bella. Nous n'allons nulle part. Du moins... je ne vais nulle part; plus jamais. Je reste ici que tu choisisses de le croire ou non."

Ce n'était pas bien et il commençait à me convaincre que je devais rester ici... avec lui. D'un côté, je voulais rester et le faire souffrir. Je ne savais pas en quoi ça consisterait, mais je voulais juste le faire griller jusqu'à ce qu'il ressemble à un charbon de bois. Et d'un autre côté, je voulais rester pour moi. Qui en avait quelque chose à foutre de lui? Je méritais un peu de bonheur après tout cela. Le seul problème: Edward était mon bonheur.

"Regarde-moi," dis-je.

Il leva légèrement la tête mais ne dit rien.

Je ne pouvais pas réprimer le sourire que j'essayais de combattre alors que je le fixais. Il était encore exceptionnellement attrayant et paraissait plus jeune, si c'était possible. Je pouvais dire que ses yeux étaient tristes. Le vert avait terni quelque peu et je ne pouvais me souvenir l'avoir vu si torturé.

"Tes cheveux sont plus clairs." Je fis courir ma main dans ses boucles soyeuses.

"C'est le soleil." Il expira. "Tes cheveux sont plus foncés."

"Je n'ai pas remarqué."

"Tu es toujours la même, cependant." Ses doigts retracèrent les lignes de mon visage.

"Je devrais te haïr en ce moment; je te hais toujours mais... je t'aime." Je voulais me botter les fesses pour ressembler à une héroïne de roman d'amour, idiote et capricieuse, sans consistance. Maintenant je comprenais pourquoi il y en avait tant. Elles avaient toutes un grand amour qui les avait jetées en prison. Bon, peut-être pas, mais c'était le même concept.

Je touchai son visage, faisant courir une main le long de sa joue. Je devais m'assurer qu'il était bien réel.

"Je t'attendais." Il embrassa ma paume, ce qui envoya une décharge électrique dans mes veines. Pour la première fois en deux ans, j'avais l'impression de pouvoir à nouveau respirer.

"Je n'aime pas tout ce secret."

"Je sais que nous avons beaucoup à discuter. Je répondrai à toutes les questions que tu veux. Plus de mensonges."

"Et Charlie et Renée et... tous les autres? Ils sauront que j'ai disparue si je reste ici."

"Je le dirai à Carlisle dans quelques mois. Peu importe où tu es, cependant; nous devons juste rester cachés. A partir de maintenant, nous avons tous les deux disparu de la carte."

"J'ai l'impression qu'il n'y a aucune solution à tout cela."

"C'est pourquoi nous devons parler," dit-il avec espoir. "J'ai beaucoup de choses à te dire."

"J'ai beaucoup de chose à te dire aussi." Je soupirai, me souvenant de la chose la plus importante, "J'ai perdu le bébé."

Il respira profondément. "Je sais."

"Tu sais?"

"Eh bien, j'ai supposé, quand je n'ai pas entendu dire que tu étais visiblement enceinte, que quelque chose était arrivé, alors j'ai passé quelques coups de fil et parlé en secret aux médecins. J'ai en fait piraté leurs dossiers depuis la Suisse. C'était incroyablement facile de garder un œil sur toi par voie électronique." Dit-il, monsieur l'expert qui s'en tient aux faits.

"Je présume que tu as eu ce que tu voulais alors."

"Bella, ne dis pas ça. J'ai été un connard et je le sais, mais si... c'est ce que tu voulais, alors j'aurais dû m'en arranger. Les enfants n'ont jamais été mon but dans la vie, mais avec toi cela n'aurait peut-être pas été si mal. Je ne pouvais pas le savoir à ce moment-là. J'avais juste besoin de temps."

"Du temps que nous n'avons pas eu." Je retins les larmes. "J'avais juste besoin que tu sois là et tu n'y étais pas."

"Je suis désolé."

"Tu es si bon pour exprimer tes émotions maintenant." J'étouffai un rire. "Qu'est-il arrivé?"

"Je me suis entrainé depuis le jour où je suis arrivé ici. J'avais mes discours en mémoire depuis longtemps." Il enleva sa chemise blanche déjà déboutonnée, et je voulais vraiment laisser danser mes doigts sur son ventre. C'était un miracle que je n'aie pas encore explosé.

"Qu'est-ce que tu fais?"

"J'ai fait faire ça après avoir su à propos du bébé." Edward désigna son épaule droite. Je touchai avec légèreté la petite paire d'ailes d'ange qui était faite tout en blanc et contrastait avec sa peau récemment bronzée. "Je voulais au moins t'envoyer plus de fleurs, mais il était trop tard à ce moment-là."

J'étais trop émue pour dire quoi que ce soit.

"J'avais une commande permanente avec le fleuriste pour livrer des roses chaque fois qu'ils recevaient un nouvel arrivage." Edward essuya mon visage. "Au cas où tu te poserais la question."

"Oui, en fait," dis-je stupidement. "C'était vraiment adorable, avec le tatouage et tout. Au diable les roses. Elles ne m'ont rendue que plus en colère chaque fois que je les recevais."

"Je sais à quel point tu aimais ce bébé, et même si je n'étais pas d'accord avec ça, je comprends."

"En as-tu parlé à quelqu'un?"

"Non, et toi?"

Je secouai la tête. "Je ne pensais pas qu'Esmé puisse supporter un autre choc."

"Je pensais que je t'aurais laissé dire quelque chose, si tu l'avais voulu."

"M'aimes-tu toujours?" Demandai-je, ayant besoin de savoir.

"Comment peux-tu même me poser cette question?" Il reposa son front contre le mien. "Je ne pense pas avoir même aimé comme ça dans ma vie. Ça fait mal en fait. Tu as mon cœur et mon âme; je suis prêt à te donner tout le reste. Simplement... reste avec moi. J'ai besoin de toi ici."

Je ne pouvais pas m'en empêcher alors que je me hissai sur la pointe des pieds et ajustai mes lèvres aux siennes.

C'était l'un de ces baisers explosifs, éruptifs, électrisants et interminables qui ne pouvaient seulement être vus que dans un film. Après deux ans de séparation, aucun de nous deux ne se retenait et des flashs de souvenirs du temps où j'étais heureuse avec Edward commencèrent à affluer. Pouvions-nous à nouveau avoir ça? Tout me disait que oui. Ça allait prendre des années, des tonnes de larmes, et beaucoup de cris de ma part, mais étais-je même prête à lui donner cette chance?

A quoi renonçais-je en ne restant pas? La chance du véritable amour? Une unique étincelle dans une vie? J'étais jeune mais je savais qu'Edward et moi avions ça. Nous avions traversé tout ça et la force de mes sentiments rendait presque impossible pour moi de refuser la possibilité de rester.

Une fois que nous fûmes tous les deux épuisés, nous nous écartâmes légèrement. Le front d'Edward était contre le mien alors que son souffle balayait mon visage. J'avais des petites larmes sur mon visage et il les essuya. J'avais pris ma décision et au regard dans ses yeux, je pouvais dire qu'il savait ce que je pensais.

"Je t'aime, Bella. Pour toujours et à jamais."


Je vous retrouve pour la suite de cette histoire : Il va y avoir la liberté (There Will Be Freedom Johnnyboy7)

LyraParleOr