-Enfin au lieu de nous reprocher cette disparition nous devrions retrouver Merrin et Pipin. Ils sont en danger de mort. Je ne sais pas pourquoi ils les ont kidnappés mais ça ne me dit rien qui vaille.

Après qu'Aragorn déclara ces tristes paroles qui résonnaient tel un glas dans le cœur de chacun, il les mena vers Merrin et Pipin. Alors qu'ils se dirigeaient vers les lieux de la bataille, Harry les suivit. Il fallait qu'il en sache plus sur ce monde avant de pouvoir gambader joyeusement. Plus il passait du temps ici plus cet endroit lui semblait hostile et contraignant pour ceux qui y vivaient. Pourtant le sentiment que ce monde était irrationnel persistait depuis la veille même s'il le savait faux. Harry n'avait vraiment pas l'impression de vivre en ce moment mais il avait plutôt l'impression de flotter comme encore pris dans un rêve fantastique mais irréel. Dans tous les cas ces étranges personnes semblaient être les plus fiables pour savoir ce qui se passait en ce monde. Rapidement ils sortirent de la forêt et le paysage qui avait été la veille si abondant de richesses végétales et de vies se trouvait désert. La chaleur, le sable créée par les roches rouges se décomposant sous leurs pieds, apparurent à leurs yeux, comme mort comparé à la forêt dont ils venaient juste de sortir. Aragorn sachant que ce contretemps avait permis aux Uruks de prendre de l'avance les firent accélérer et tous commencèrent à courir. Boromir qui venait juste de se rétablir et Gimli furent vite devancés. Aucune parole ne fut échangée. L'objectif était d'intercepter le convoi avant que quoi que ce soit n'arrive de fâcheux. Les Uruks n'étaient pas connus pour leur grande intelligence et un accident était vite arrivé. Harry lui toujours sous son sortilège de désillusion, les suivit sans grand problème à son étonnement. Son corps semblait avoir changé tant en apparence qu'en capacité physique. Bien sûr un ou deux sorts en plus et il les suivit naturellement. Au fil du temps qui s'écoulait Harry voyait bien que ses camarades de voyage (?) devenaient de moins en moins confiants quant à la réussite de leurs projets. Heureusement une épingle qui appartenait aux enfants qu'ils cherchaient fut trouvée et eut tôt fait de les encourager mais il se trouvait qu'un certain membre de la compagnie ralentissait le convoi et les Uruks eux gagnaient en vitesse. Au bout du troisième jour de course Legolas craqua : ayant assez d'attendre Gimli et d'entendre ses obscénités sur la situation comme quoi un nain n'était pas fait pour ça, il essaya de le convaincre de monter sur son dos.

-Non, un nain ne montera jamais sur le dos d'un elfe, ça ne s'est jamais vu ! Tu tentes de m'insulter moi et les miens ? Mais figure-toi que je peux tenir le rythme. Se récria Gimli face à cette proposition insolite.

-Et si je te révèle un secret en échange de monter sur mon dos ? Essaya de marchander l'elfe tout en continuant de courir sur le même alignement que le nain qui lui semblait essoufflé par ce brin de causette.

-Quel genre de secret ? demanda Gimli mordant à l'hameçon.

-Tout ce que je peux te dire c'est qu'il est lié aux elfes…

Harry sentit sa peau frissonner. Etait-ce le moyen d'en savoir plus sur son corps ? Sur ce monde ? Il lui suffisait d'écouter pour peut-être enfin avoir les réponses à ses questions. D'un bond puissant il se rapprocha des deux individus. Sauf qu'il y avait une chose à laquelle il n'avait pas pensé. Legolas grâce à ses sens d'elfe le sentit parfaitement. Les empreintes de pas aidant, il fit arrêter tout le monde d'un geste. Rapidement Legolas se rapprocha d'Harry à un tel point que leurs souffles se mêlaient. Harry ne pouvait pas reculer, la peur le tenant immobile, peur de briser le moment, espérant juste que l'autre finisse par se détourner. Soudain Legolas avança un peu plus et infailliblement les lèvres se touchèrent tout comme le reste de leur anatomie. Choqué Harry ne réussit pas à maintenir son sortilège. Cela demande tout de même un minimum de réflexion un sortilège et ça Harry venait juste d'apprendre que cela n'était pas possible lors d'une déconnexion complète du cerveau. Cela faisait combien de temps depuis qu'il n'avait plus eu ce genre de contact ? Apparaissant tout d'un coup, la petite troupe faillit faire un infarctus voyant un elfe embrasser le jeune homme ! Le nain sembla balbutier quelques mots devant cette vision. Cette réaction eut le mérite de faire atterrir Harry brutalement devant la réalité. Il essaya alors de s'enfuir. Reculant pour s'échapper de cette étreinte, il trébucha au sol. Aragorn en profita pour le bloquer. Blocage qui fut réduit à néant par Harry qui d'une rotation de bras s'en dégagea. Profitant de l'effarement général il s'enfuit au large.

Voyant qu'ils commençaient à le rattraper, il essaya d'aller plus vite, encore plus vite toujours plus vite. Devant cette incroyable vitesse il se sentit aussi libre qu'un oiseau. Il volait presque ne touchant le sol que pour aller plus vite toujours plus vite…Sautant de rocher en rocher il chercha une cachette profonde. Mais bientôt se fut une plaine qui se dévoila à ses yeux. Tout d'un coup il remarqua que des cavaliers arrivaient devant lui. Se sentant pris comme un rat, il chercha désespérément une issue. Mais il n'y avait rien. Rien qu'une pleine verte, et pas l'ombre d'une cachette se profilait. Mais que lui avait-il prit de les suivre hors de la forêt ? D'un saut puissant il arriva au milieu de ces étranges hommes se déplaçant sur des chevaux. Ceux-ci semblaient étonnés de ce qu'ils voyaient. Son apparence trompeuse d'un jeune garçon leur avaient sûrement intimé qu'il n'aurait jamais assez de cran pour se mettre volontairement dans leurs rangs. Harry savait que dans quelques minutes l'elfe arriverait. Il avait une chance… Un sourire se dessina sur ses lèvres. Levant la tête il aperçut un cavalier blond se démarquant plus que les autres.

-Que fait un étranger sur les terres du Rohan ?

-Je suis pourchassé. Déclara-t-il rapidement reprenant son souffle. A cet instant Legolas le seul qui avait réussi à le suivre se précipita à l'encontre d'Harry. Ou plutôt il crut pouvoir aller à l'encontre d'Harry mais des cavaliers du Rohan lui barrèrent la route. Le plus grand d'entre eux semblait rayonner sur ces compères. Il semblait évident que celui-ci était le chef. Le regard de cet homme fut attiré par un détail insignifiant, un minuscule détail qui aurait pu passer pour une ombre, un petit tatouage sur la main de l'individu qui se tenait devant lui mais qui changea tous les calculs de l'homme.

-Cet esclave se dit pourchassé par vous. Il vous appartient elfe ? Demanda l'homme sur son cheval à l'elfe blond.

-Esclave ? Demanda Harry choqué. Il existait donc des esclaves dans ce monde ?

-Allons ton tatouage sur ta main ne saurait nous mentir. Répondu vexé l'autre comme si on avait remis en doute son intelligence.

-Oui, en effet on peut dire qu'il m'appartient. Déclara naturellement Legolas. Harry faillit s'étouffer. Il était bien dans une mauvaise passe. Bien sûr, il avait la possibilité de s'échapper, mais si on le traitait ainsi, qui sait ce qu'il deviendrait dans une ville, où les gardes ne seraient pas une dizaine, mais bien une centaine. Cependant il n'hésita pas à démentir une nouvelle fois.

-Je ne suis pas un esclave et vous ne pouvez pas le prouver ! Harry tira sur sa chemise de manière à ce qu'elle lui tombe sur la main.

L'homme soupira, cela n'allait pas être facile, il le sentait mais peu importe, avant qu'il ne quitte cette terre qu'il avait maudite, il se comporterait en chevalier. Il y avait peu d'esclaves sur cette terre et lui-même n'était pas familier avec ce genre de technique mais il n'aimait pas être pris pour un imbécile. Bien qu'il n'en ait jamais rencontré il savait reconnaitre un esclave, tout de cet être répondait parfaitement au critère. Etre esclave était un statut peu favorable celui-ci se situant entre ennemi et domestique, entre objet et animal. Il était donné en même temps qu'un tatouage et la perte de l'honneur de la personne. Il avait entendu des histoires où suite à des révoltes ou à des guerres, le maître du territoire, ne voulant pas tuer tout le monde, avait donné le statut d'esclave. Pourtant il n'avait jamais entendu une de ces histoires concernant des elfes. Ils étaient pourtant très respectueux de la vie. Mais il savait bien qu'aucune réponse n'était envisageable de la part d'un elfe.

- Je dois te dire que tu es bien intrépide voire inconscient pour t'adresser à moi ainsi. Maintenant enlève ta chemise si tu n'as pas de tatouage alors je te croirais et te laisserais ta liberté, si cela est faux alors je te remettrais à l'elfe. Si Harry était choqué de susciter un tel manque de courtoisie il le fut plus en songeant qu'il ne pouvait pas se dépêtrer de cette situation. La chance légendaire des Potter avait de nouveau frappé ! Refusant d'exposer ses tatouages tout comme d'exprimer la moindre approbation à être un esclave, il ne bougea pas.

-Bien, tu m'obliges donc à enlever tes vêtements moi-même ! L'homme enleva son casque et descendit de son cheval. Ses cheveux blonds noués en une queue se balancèrent entre ses omoplates. L'homme était musclé sans aucun doute et était le plus grand de la troupe. Harry grogna, un bruit dont lui-même était surpris mais dont il laissa libre court. Ses muscles se tendirent et une sorte d'aura sembla émaner de son corps.

-Je ne suis pas un es-cla-ve. Murmura avec force Harry en détachant bien tous les mots.

Si l'autre sembla un instant surpris par cet échange, il ricana et continua de s'approcher. Peut-être que les esclaves étaient des sous hommes comme avait souvent dit son oncle. Peut-être que son oncle n'était pas si fou que ça. Harry toujours campé sur ses pieds ne semblait pas vouloir bouger d'un pouce. Legolas retint son souffle et observa Eomer se pencher près de l'oreille du jeune homme. Il entendit parfaitement ce qu'il lui murmura :

-Tu ferais mieux de coopérer ou ça pourrait mal tourner pour toi. Le jeune homme à ses mots faillit exploser de rire. Lui se faire avoir pas un vulgaire humain armé d'une épée alors que lui avait la magie ? Par Merlin ! Bien qu'il se soit retenu, l'homme vit bien qu'il se gaussait de lui. La lueur d'amusement présente dans ses yeux ne mentait pas. Il dégaina et d'un coup trancha les vêtements et laissa une entaille rouge sur la peau café au lait. Celui-ci surpris regarda son torse. Bien, les épées n'étaient pas à prendre à la légère surtout que l'homme qu'il avait devant lui en avait une grande maîrise. Même un homme ayant beaucoup d'expérience dans ce domaine aurait eu du mal à ne pas le trancher en deux. Il le regarda avec un peu d'admiration et mais celui-ci ne semblait pas s'en préoccuper. Il regardait une chose bien plus intéressante : son torse. Cette partie de son anatomie n'avait rien de remarquable. Elle était comme celle que vantaient certains magazines, plate sans muscle voyant, sauf si on les contractait et imberbe. Pourtant cela eu l'air de les choquer. Que diraient-ils en voyant ces tatouages ? Son impulsivité reprit le dessus et sachant de toute façon que sa chemise serait enlevée il la retira et regarda le visage devant lui se décomposer. Un sourire se déposa sur ses lèvres. La réaction était plus drôle que prévu.

-Trois maîtres ? Murmura bêtement l'homme

-Si chaque tatouage doit représenter un maître alors je dirais quatre. Reprit narquoisement Harry. Sous ce ton arrogant l'homme reprit conscience.

-Je vois que tu refuses d'accepter la réalité. Tu es un esclave et ton maître dont le tatouage à ton bras prouve l'appartenance te récupérera. Je n'ai pas que ça à faire ! Sans ménagement Harry fut projeté contre la poitrine de l'elfe. Essayez de ne pas le perdre cette fois !

-J'y veillerai seigneur… Demanda l'elfe implicitement

-Eoner neveu du roi Théoden !

Soudain apparurent à la traine Boromir, Aragorn et Gimli. Les cavaliers du Rohan alors changèrent de formation, Eomer remonta sur son cheval pour pouvoir tous les encercler, lances pointées sur leurs gorges.