SLASH HP/DM, angoisse, scènes violentes, romantisme (un peu plus tard...)

Résumé complet : Harry et Drago sont en septième année et ont du mal, chacun de leur côté, à avancer. Ils se retrouvent par hasard plusieurs fois au même endroit, au même moment, et les choses finissent par tourner d'une manière à laquelle ils ne s'y attendaient pas. Douleur, amour, et espoir se heurtent, tandis qu'Harry et Drago essaient de survivre à leurs familles, à leurs amis, et plus effrayant encore... à leurs sentiments. Seul l'amour peut vaincre la douleur.

Note de la traductrice : En fouillant dans mon ordinateur, j'ai retrouvé cette traduction que j'avais faite il y a longtemps d'une courte fanfic de Blanchemalfoy. Elle avait été publiée à l'époque mais avait été supprimé par le site, tout comme la VO, que je n'ai pas réussi à retrouver sur Internet non plus. Je vous l'offre à nouveau aujourd'hui, corrigée et révisé, pour votre plus grand plaisir, j'espère ! Elle est composée de cinq chapitres et j'en publierai un par semaine. Bonne lecture :)


Chapitre 1 : Septembre

Drago n'attendit pas que la nuit tombe pour rejoindre Harry. Son cœur était tellement empli de haine et de rancœur quand il pensait à sa vie qu'il se fichait de savoir si quelqu'un allait le voir, si Rusard allait l'attraper et lui donner une retenue, ou même si Dumbledore allait finalement réunir suffisamment de courage pour l'expulser de l'école. Il ne se souciait d'aucune de ces choses. Il espérait juste blesser, au moins autant qu'il l'avait été. Il voulait que ce sentiment de vide et de confusion s'en aille.

Son père s'était enfuit de prison, et depuis, sa vie était devenue un véritable enfer. Le Ministère de la Magie avait saisi la plupart des biens des Malefoy pour se venger. Comme si Fudge n'avait pas compris que Lucius Malfoy n'agirait jamais qu'en servant ses propres intérêts. Depuis ce jour-là, il n'y avait plus eu de dîners dans des restaurants de luxe, plus de vêtements neufs, plus rien. Drago était aussi pauvre que Weasley, si c'était possible. Comme si tout ça n'était pas suffisant, Draco avait aussi été choisi pour rejoindre les Mangemorts plus tôt qu'il ne s'y était attendu.

Il n'avait pas encore reçu la Marque, mais les choses qu'il avait endurées entre les mains de ces monstres avaient été suffisantes pour lui donner des cauchemars toute une nuit. Il ne savait pas que ça serait si horrible, ou si dur à supporter. Il avait toujours pensé que c'était une sorte de jeu. Ça ne l'était pas. C'était atroce. Il avait vu des gens mourir, et ça l'avait effrayé. Il n'avait jamais réfléchi à la signification de la mort, ou à quel point elle pouvait être terrible. Malheureusement, il le savait maintenant, et il n'allait jamais l'oublier.

Depuis sa sixième année, sa vie était en perdition. Son père n'avait jamais été si peu attentif à lui, et sa mère si froide. Sa vie avait été détruite et tout était la faute d'Harry Potter.

Il avait toujours reproché à Harry tout ce qui se passait mal dans sa vie — il avait donc évidemment blâmé Harry pour l'emprisonnement de son père et tout ce qui s'était passé après. Chaque nuit, il s'endormait la tête pleine d'idées de représailles. Il voulait pouvoir rejoindre Harry une fois de plus. C'est lui qui allait tuer Harry Potter.

Ainsi, la première chose qu'il fit en prenant le train pour Poudlard pour sa septième année fut de chercher Harry, mais il ne le trouva nulle part. Il ne se montra pas non plus au festin de bienvenu, à la grande frustration de Drago. Le matin suivant fut à peu près semblable : aucune trace d'Harry à la table de Gryffondor et aucune trace d'Harry pendant les cours. C'était comme si l'Attrapeur de Gryffondor avait disparu de la surface de la Terre. Puis il entendit la Sang de Bourbe parler à la Belette un peu avant le dîner, et il découvrit qu'Harry était caché dans la quatrième chambre de la Tour d'Astronomie. Drago alla donc le trouver, baguette en main.

Il était trop aveuglé par la haine pour réaliser ce qu'il était en train de faire, que c'était irréfléchi. Pour lui, tout était très simple. Si quelque chose de mauvais dans sa vie était de la faute d'Harry, alors Harry devait obligatoirement mourir. Peut-être que Drago allait enfin retrouver son ancienne vie.

Draco ne prit pas la peine de frapper quand il entra furieusement dans la pièce, heurtant une chaise qui tomba bruyamment au sol. Son regard glacial repéra Harry, assit dans un coin, sur le sol froid et poussiéreux, perdu dans ses pensées. La chose la plus irritante était le manque de réaction d'Harry. Ce n'était pas la première fois, mais Drago en était tout autant énervé. C'était comme s'il n'avait jamais été dans la pièce, comme s'il n'existait pas. Drago n'avait jamais autant haï cette indifférence.

Alors comme ça, Harry Potter n'en avait rien à faire de Drago, hein ? Drago allait l'obliger à s'excuser pour ça.

- Lève-toi, Potter ! cria Drago, sa baguette pointée sur le visage de Harry.

Harry ne bougea pas.

- J'ai dit, LÈVE-TOI !

Mais il ne semblait même pas l'avoir remarqué. Les yeux du garçon aux cheveux corbeau étaient étrangement vides, et Drago sentit des frissons parcourir sa colonne vertébrale.

- POTTER !

Drago le poussa avec sa baguette.

Et alors, tout alla très vite. Une minute avant Harry était assis sur le sol, les yeux perdus dans le vide, et celle d'après, avec une vitesse incroyable, il était debout, sa baguette pointée sur le visage de Drago. Drago cligna des yeux quelques secondes avant de réaliser ce qui venait de se passer.

Ils se fixèrent, et Drago remarqua que les yeux d'Harry n'étaient plus vides ; cependant, ils n'exprimaient rien. Ses yeux verts étaient maintenant plus froids encore que ceux de Drago. Qu'importe combien de fois Drago avait vu ces yeux-là avant, il ne pouvait se faire à cette version sombre d'Harry Potter.

Harry n'avait jamais semblé si intrépide, hardi et déterminé à faire... quoi ? Le tuer ?

Leurs regards se mesuraient silencieusement, mais aucun d'entre eux ne voulait détourner les yeux. Finalement, Harry brisa le silence en s'adressant à lui d'une voix calme :

- Parle.

Drago fronça les sourcils, puis il se mit à sourire. Harry lui répondit en touchant du bout de sa baguette sa gorge découverte.

- Papa t'aurait-il finalement envoyé me tuer ? demanda Harry avec agressivité.

Les yeux de Drago brillèrent avec haine à la mention de son père.

- Je n'ai pas besoin d'un ordre pour te tuer. Je peux le faire de mon plein gré et en trouver tout autant de satisfaction.

Harry ricana.

- Je n'en doute pas. Comment pourrait-il en être autrement ? Mais je pense que tu as besoin d'une petite mise à jour, Malefoy. Si tu es venu pour me tuer, tu perds ton temps. La seule personne qui peut me tuer c'est le patron de ton père. Je ne pense pas que tu sois lui, alors abandonne.

Drago enragea.

- Comment peux-tu en être aussi certain ? Tu es formé de chair et de sang comme le reste d'entre nous. Je sais que tu aimerais être immortel, mais ce n'est pas le cas !

- Tu es venu ici pour me tuer ? demanda avec curiosité Harry, avant de ricaner. Comme tu es brave.

- Ta gueule, Potter ! Voyons si tu serais aussi courageux sans ta baguette !

Harry fit l'impensable. Il baissa sa baguette, la jeta négligemment sur le sol, ouvrit les bras et lui sourit d'un air narquois.

- Je suis tout à toi. Viens, Malefoy. Lance-moi ton meilleur sort et achève-moi. Voyons à quel point tu es puissant. Mieux encore ! Voyons donc si la prophétie est vraie !

Draco pointa aussitôt sa baguette sur Harry, mais pour une raison ou une autre, il ne pût prononcer un mot. Ses mains étaient figées et ses lèvres tremblaient. Il agrippa plus fortement sa baguette, ses lèvres bougeant légèrement, mais ne prononça pas mot. Ce n'était pas juste, réalisa-t-il, totalement abattu. Ca ne pouvait pas être un duel équitable. De cette manière-là, si Drago gagnait, tout le monde dirait qu'il avait triché parce qu'Harry était sans défense.

- Récupère ta baguette, Potter. Battons-nous en duel comme des hommes, pas comme des enfants.

Harry ricana plus encore.

- Oh, et depuis quant le Furet est-il devenu si noble ?

- Ne pousse pas ta chance, Potter, grogna Draco. Contente-toi de le faire !

Le visage d'Harry s'assombrit.

- Ne me dis pas ce que je dois faire.

- Récupère simplement ta baguette ! Pourquoi est-ce si difficile ? Tu ne veux pas me tuer, toi aussi ?

Drago n'avait pas le pouvoir de lire dans les yeux d'Harry, mais il n'apprécia pas la fureur qu'il y lisait à cet instant. Il ne pouvait pas non plus comprendre pourquoi Harry rendait les choses si compliquées. Ce n'était pas censé être aussi difficile. Deux mots, et tout serait fini. Ses tremblements s'intensifièrent. Il réalisa alors qu'il n'était pas ici pour tuer Harry. Il était là pour être tué.

- Qu'est-ce que tu veux, Malefoy ? murmura Harry, la mâchoire serrée.

Drago ne savait pas. Il avait été si sûr de lui en arrivant ici, mais à présent, il ne savait plus vraiment. Et il l'avait réalisé depuis un bon moment maintenant.

Il voulait qu'Harry fasse quelque chose. Oui, c'était le plus simple. Harry devait recevoir tous les tords, comme d'habitude.

Ce qui était arrivé à Drago durant l'été lui revint par flashs, lui donnant assez de courage et de haine pour finalement faire quelque chose contre Harry. Sans baguette. Ses poings pouvaient frapper Harry pour lui donner une leçon qu'il n'allait jamais oublier. Personne ne salissait un Malfoy et survivait pour en conter le récit.

Il se jeta sur un Harry surpris, et tenta de lui asséner un coup au visage. Ils tombèrent, l'air leur manquant dans les poumons le temps d'une seconde. Dès qu'ils eurent repris leur souffle, le combat commença enfin. Harry ne s'était pas du tout attendu à une réaction de colère de la part de Drago, alors qu'il était lui même énervé, attendant justement d'avoir une chance de calmer sa rage sur quelqu'un d'autre.

Harry ne pouvait supporter plus longtemps le sentiment de perte et d'amertume dans son cœur. La haine l'aidait à supporter la douleur et à garder les pieds sur terre. Il n'était plus le même Harry. Plus après la mort de Sirius. Il n'allait plus jamais être le même, malgré les efforts de ses amis pour le sortir de sa déprime. Il ne désirait de toute manière pas en sortir. Il était relativement satisfait de son univers morne et sombre. Et maintenant Malefoy était là, à agir exactement comme il le voulait. Harry avait une excuse pour se comporter ainsi, surtout que Drago méritait sa furie. Après tout, il était totalement incapable, lui aussi, de faire oublier à Harry la mort de Sirius, et toutes les autres dont il était coupable.

Pourtant, ce n'était pas la première fois que Drago essayait.

Harry inversa leur position et se retrouva au-dessus de Drago. Il tint fermement ses mains contre le sol et bloqua sa taille avec ses jambes. Harry avait envie d'abîmer le joli minois de Drago jusqu'à ce que ses yeux froids deviennent rouges et enflés.

Mais au lieu de ça, il pressa sa bouche sur celle de Drago jusqu'à ce que leurs lèvres deviennent rouges et enflées. La langue de Drago chercha la sienne, et quand elles se rencontrèrent, Harry sentit un plaisir familier se propager dans son bas-ventre. Ils avaient déjà joué à ce jeu-là auparavant, un jeu qui avait commencé il y a précisément un an.

Tout avait commencé de la même manière. Une remarque acerbe, un combat, un baiser plein de haine. Et puis… le sexe. La première fois, ça les avait pris par surprise. Le sexe était la dernière chose à laquelle ils s'étaient attendus. Mais ça avait été si ravageur que c'était devenu une véritable drogue pour eux. Et tout ça les surprenait encore, même après tout ce temps.

Le sexe les avait aidés à oublier leur douleur. Mais ils se haïssaient encore, ce qui rendait les choses encore plus complexes.

Harry se sentait honteux, mais il ne pouvait partir. C'était son secret le plus sombre, et jamais il ne le confierait à ses amis. Jamais. Il savait que Drago pensait la même chose. Harry était une tâche dans la vie de Drago. Si Lucius Malfoy découvrait ce qu'ils faisaient ensemble, Drago le tuerait.

Il y avait eu une pause de deux mois dans leur relation, si bien qu'à présent, ils étaient incapables de se contrôler. Ils étaient si frustrés, sans mentionner l'excitation. Mais il y avait quelque chose d'autre. Toute la douleur et la haine s'étaient accumulées pendant l'été, et ils avaient besoin de les évacuer, vite. Ils avaient besoin de se prendre mutuellement. C'était leur seul moyen pour enrayer leur désir de tout arrêter et de mourir.

Harry se concentra sur ce qu'il devait faire : arracher tous les vêtements que portait Drago. Le blond ne lui rendait pas les choses faciles. Il ne l'avait jamais fait, en fait. Drago était à ce moment-là trop occupé à essayer d'enlever la cape, la robe et le pantalon d'Harry.

Ils ne parlaient pas. La seule chose audible dans la pièce était leurs respirations haletantes alors qu'ils s'embrassaient, se léchaient et se mordaient. Le cou exposé de Drago était un véritable cadeau pour les dents et la bouche d'Harry. Il laissa un grosses marque rouge dessus, et Draco grogna quelque chose de particulièrement vulgaire.

- Ne fais pas ça ! Les autres pourraient le voir! se plaignit Draco. Je suis obligé de mettre des pulls à col roulé. Je déteste ça !

- Tu aime ça, rétorqua Harry, amusé. Tu sais que tu aimes ça.

Drago titilla les mamelons d'Harry.

- C'est faux. Et Pansy remarquera.

- Oh, exact, grimaça Harry. Ta belle fiancée. Comment ai-je pu l'oublier ? Je devrais avoir plus de considération pour cette pauvre fille. Après tout, je baise avec le jeune marié, dit Harry avec un sourire narquois. Ne t'inquiète pas. Je vais essayer de ne pas le refaire, tu sais, pour Pansy.

- Ferme-la, Potter ! Ta bouche ne devrait-elle pas être ailleurs ?

- Non, ricana Harry Mais je pense que la tienne le devrait.

- C'est à ton tour de me sauter, lui dit Drago en lui jetant un regard froid.

- Comment le saurais-tu ? Il s'est passé deux ou trois mois depuis la dernière fois où nous nous sommes vus, protesta Harry.

Drago remercia la lumière d'être aussi faible dans la pièce. Grâce à ça, Harry ne pouvait pas remarquer son embarras.

- Et puis, il n'y a jamais eu de choses comme "ton tour", dit Harry en frottant son corps contre celui de Drago. Nous n'avons jamais fixé de règle. Et ça ne t'as jamais arrêté jusqu'à maintenant !

Drago gémit comme Harry frottait plus rudement son corps contre le sien.

- Tu ne préférerais pas plutôt commencer les choses sérieuses ? Je suis ici pour ça.

Drago n'eut pas le temps de répondre. Harry descendait déjà le long de son corps, le rendant fébrile et passionné.

Drago haïssait quand il faisait ça. Il le haïssait pour lui offrir autant de plaisir. Pansy n'avait rien de comparable. La bouche de Harry l'engloutit tout entier, semblant avide de le prendre. Drago fit des va-et-vient avec ses hanches alors qu'il se sentait se rapprocher de l'orgasme. Il pouvait exploser à tout moment. Mais Harry s'interompit. Drago humidifia ses lèvres, ferma les yeux et refusa de les réouvrir. Il savait ce qu'il allait se passer ensuite. Harry allait le faire supplier, et Drago détestait ce moment.

Le blond sentit un doigt toucher son torse. Ca le fit frissonner, mais il ne regarda pas Harry. Un autre doigt rejoignit le premier, puis une langue. Drago se mordit la langue pour empêcher tout son de sortir de sa bouche. Ses orteils se contractaient, ses mains s'agrippaient. Harry continua un moment, et Drago finit par renonce.

- Baise-moi, murmura Draco.

- Quoi ? Je ne t'ai pas entendu, dit Harry d'un air sadique.

- Baise-moi, répéta Draco.

- Ouvre les yeux.

- Non ! refusa Drago.

- Alors, je te laisse te débrouille avec ton… problème… tout seul.

Drago désirait en être capable, mais il n'avait juste pas la force de l'envoyer balader. Il avait désespérément besoin de cette dose d'adrénaline, de cette nuit de sexe sauvage et dénuée de sens, que seul Harry pouvait lui offrir. Qui aurait pu penser que Drago Malefoy deviendrait le jouet sexuel d'Harry Potter ? Bien que, si Drago était vraiment honnête avec lui-même, ce qu'ils faisaient était tout sauf dénué de sens.

Drago ouvrit rageusement les yeux et croisa le regard d'Harry. Il soupira. Il haïssait ce regard victorieux, cet éclat de haine.

- Contente-toi de me baiser, Potter, ordonna-t-il, à bout.

Et Harry le fit, plus durement qu'il ne s'y attendait, mais ce fut tout aussi bon. Drago le détestait tant.

Il y avait quelque chose qu'Harry aimait mais que jamais il n'avouerait à Drago. Il aimait les yeux de Drago quand il le prenait. Il aimait voir les pupilles glaciales se dilater jusqu'à ce qu'elles ne soient plus que des perles d'argent. Il aimait la manière que ses hanches avaient de bouger comme accrochées à un fil invisible. Il aimait son odeur, et la manière dont il gémissait doucement quand il était sur le point d'exploser. Il aimait la manière qu'avaient leurs bouches de se livrer bataille jusqu'à la fin.

Non, Harry n'était pas immortel. Il savait cela. Et être avec Drago lui permettait d'oublier qu'il était Harry Potter, le soi-disant sauveur du monde sorcier. Drago lui faisait réaliser qu'en vérité, il était parfaitement humain.

Quand sa respiration se calma, Harry se coucha à coté de Drago et ses yeux se perdirent dans le vide. Ils revenaient rapidement à la réalité après. Désireux que ça ne se produise pas, il tourna le regard vers Drago. Ce qu'il vit le surprit. Les yeux de Drago étaient brillants de larmes. Harry resta sans voix. Il voulait lui demander ce qui n'allait pas, mais il ne savait pas comment. Ce n'était pas comme si ça lui importait, de toute façon.

- Tu es frustré parce que tu ne m'as pas tué ? demanda Harry à la place.

- Oui, répondit Drago, un sourire narquois sur les lèvres.

- Il y aura une prochaine fois. Tu pourras réessayer, dit Harry en tournant le regard vers le plafond.

- C'est ce que je fais à chaque fois. Ca ne marche jamais.

- Je t'ai dit que…

- Ouais, ouais, le coupa Draco, ennuyé. C'est cette putain de prophétie qui te rend immortel pour tout le monde sauf le Seigneur des Ténèbres.

- Tu n'as jamais vraiment essayé, tu sais, lui rappela calmement Harry. J'aimerais que tu le fasses parfois.

Ils restèrent silencieux pendant un long moment. C'était étrange, mais Drago n'avait pas envie de partir.

- Alors, comment c'était, tes vacances d'été ? demanda Harry.

Drago se leva brusquement et sortit du lit pour chercher ses vêtements. Harry lit de la fureur dans son regard.

- J'ai touché un point sensible ?

- Ca ne ta regarde absolument pas, répliqua furieusement Drago.

Harry se leva à son tour et attrapa les poignets de Drago pour voir s'il y avait des marques dessus.

- Tu ne les as pas rejoins, remarqua Harry.

Drago s'arracha à sa prise.

- Comme je te l'ai déjà dit, ça n'est pas ton problème.

- De toute façon, je m'en fiche pas mal, dit Harry en haussant les épaules.

- Je sais, dit Draco, d'une voix étrange. Pas mal de choses t'importent peu en ce moment.

Harry fronça les sourcils.

- Qu'est-ce que c'est supposé dire ?

Drago secoua simplement la tête et enfila sa chemise. Mais Harry n'allait pas le laisser partir comme ça.

- Oh, non ! Tu ne partiras pas tant que tu ne m'auras pas donné des réponses ! déclara-t-il.

- Laisse-moi partir ! cria Drago.

- Qu'est-ce que tu es venu faire ici, d'ailleurs ? Comment est-ce que tu m'as retrouvé ?

- Est-ce que ça importe vraiment ?

- OUI !

Drago soupira.

– Garde tes mains loin de moi, et après nous parlerons.

Harry recula lentement, mais, comme d'habitude, Drago resta silencieux. Dès que le blond fut libre, il prit le reste de ses vêtements qui traînaient sur le sol et les enfila. Harry le laissa faire. Il se sentait patient cette nuit. Mais lorsque Drago tenta de partir, Harry l'arrêta à l'aide de sa baguette.

- Va te faire, Potter !

- D'accord, mais tu n'as toujours pas répondu à mes questions.

- Tu n'as rien demandé.

Harry haussa un sourcil.

- Est-ce que tu te souviens ce qui est arrivé la dernière fois que tu as essayé d'être drôle ?

Drago s'en souvenait très bien. Harry lui avait fait payer son arrogance. Drago le détestait tant. Si quelqu'un pouvait les voir maintenant… Quelle disgrâce cela aurait été pour sa réputation de Serpentard.

- Je te tuerai un de ces jours, Potter, je le ferai, murmura Drago, amer.

Harry se contenta de sourire, mais son sourire était plein d'amertume, et Drago le détesta encore plus.

- J'ai entendu la Belette et la Sang-de-Bourbe parler de toi, commença Drago. C'est comme ça que je t'ai retrouvé.

- Et pourquoi voulais-tu me retrouver ?

- Je dois te faire un dessin, ricana Drago.

- Tu es juste venu ici pour baiser ? dit Harry avec un sourire narquois. Hé bien, je ne savais pas que j'avais un effet si dévastateur sur ta libido. Comme c'est intriguant…

Drago déglutit difficilement. Pourquoi s'autorisait-il à être humilié de la sorte ?

- Je voulais aussi te tuer. Je voulais vraiment, murmura Drago.

- Tu aurais mieux fait.

Drago le fixa sous un autre jour.

- Je sais.

Harry lui lança un regard méfiant, comme s'il cherchait à savoir si Drago disait la vérité. Cette haine habituelle était présente, brûlant à l'intérieur de ses yeux bleus, mais il y avait autre chose. Quelque chose qui disait à Harry que ce n'était pas seulement la haine qui l'avait poussé à la retrouver. Il y avait quelque chose de différent chez Drago. Mais ce n'était pas la Marque des Ténèbres, alors quoi ?

- Que t'est-il arrivé ? demanda Harry calmement.

La respiration de Drago s'accéléra.

- Ce ne sont pas tes affaires.

- Que s'est-il passé ? insista Harry.

- J'ai dit que…

- J'ai entendu la première fois. Mais tu es le fils de mon ennemi. J'ai besoin de savoir ce qui s'est passé.

- Pourquoi je te le dirais à toi ? Je suis aussi ton ennemi !

- PARLE !

- NE HURLE PAS ! Tu n'as pas le droit, cria Drago, en crachant au visage d'Harry.

Il ignora le regard dangereux que lui lança le garçon aux cheveux corbeaux après ça et poursuivit :

- Je suis fatigué de tout ça ! Je suis fatigué que tout le monde me dise quoi faire ! J'ai ma volonté propre ! Je ne suis pas juste un pantin ! Tu es exactement comme lui !

Harry essuya son visage, son sang bouillait.

- Tu vas payer pour ça.

- Allez, viens ! ricana Drago. Donne-moi ton meilleur coup ! Je n'en ai rien à foutre de toi ! Je ne peux plus prendre sur moi, de toute manière ! Je suis fatigué. Je suis fatigué de mon père, fatigué de ma vie, et si fatigué de toi et de cette maladie! Pourquoi ne me laisses-tu pas juste tranquille ?

La voix de Drago se brisa.

- Pourquoi ne me laisse-t-il pas seul? Pourquoi est-il obligé de me faire faire tout ça ?

Harry le regarda, stupéfait. Il ne voulait pas savoir de quoi Drago parlait. Il ne voulait pas, parce qu'il le savait déjà.

- Tu as été initié, déclara Harry, sa voix tremblant légèrement.

Drago acquiesça, les yeux fermés comme si ça évitait de montrer sa faiblesse à Harry. Harry le plaignait.

- Comment te sens-tu ? demanda gentiment Harry.

Drago respira profondément avant de répondre.

- Je vais bien. Mais tu t'en fiche pas mal, pas vrai ?

Drago sonda profondément les yeux d'Harry.

- Ca a toujours été le cas. Tu te fiche de tout. Tu te soucies juste de ta revanche et de ce stupide par…

- Ne continue pas, le prévint Harry, ses yeux brillant de cet habituel dégoût. Drago lui obéit.

Drago marcha jusqu'à l'autre bout de la pièce, près de la fenêtre, aussi loin d'Harry qu'il le pouvait. Il ne comprenait pas ce qu'il venait de se passer. Il avait tellement changé depuis l'année dernière, qu'il était passé par des moments difficiles pour comprendre et s'adapter à son nouveau soi. Par exemple, Harry le répugnait toujours, mais ses sentiments pour le garçon avaient d'une certaine manière changé, et il était trop effrayé pour essayer de les analyser.

Comme ce besoin qu'il avait eu d'être avec Harry depuis qu'il était entré dans le train. Il s'était convaincu qu'il désirait simplement vider sa colère sur Harry, mais ce n'était pas seulement ça.

- Il m'a fait tué un homme, s'entendit dire Drago, comme si quelqu'un d'autre parlait à sa place. Tu dois te demander pourquoi j'ai un semblant de moral tout à coup. Je ne savais juste pas… Je n'avais jamais imaginé… C'était si réel et douloureux… Et j'ai senti chaque parcelle de peur de cet homme. Je ne savais pas. Comment aurais-je pu? Je ne voulais pas le faire non plus. Mais il me l'a fait faire. Il a dit que je ne serais plus son fils si je ne le faisais pas, que je souillerais le nom des Malefoy. J'ai tué quelqu'un.

Harry essaya de vider son esprit, pour ne pas y penser, mais il n'y parvint pas. Il serra les poings pour s'empêcher de marcher jusqu'à Drago pour le prendre dans ses bras. Il était mélangé entre pitié et fureur. Drago ne méritait pas sa pitié. Ce qu'il méritait, c'était d'être enfermé en prison pour le reste de sa vie. Harry sentit l'urgence de blesser Drago. Lucius Malefoy était un salopard de traiter son fils de cette façon, et Drago était idiot de croire aux menaces de son père.

- Qui était-ce ? eut la force de demander Harry.

- C'était un Mangemort qui avait trahi le Seigneur des Ténèbres.

Hé bien, pensa Harry, au moins, ce n'était pas un innocent… C'était une pensée réconfortante, mais il y avait trop peu de choses qui l'étaient ces jours.

- Mon père est hors de contrôle, dit Drago calmement, ne réalisant pas encore qu'il avait dit toutes ces choses à Harry. Il laisse les gens me torturer.

Harry serra les poings plus encore.

- Parles-en à Dumbledore.

- NON! cria Drago. Je ne ferai pas ça.

- Alors cesse d'être une poule mouillée et accepte ce qui t'arrive sans te plaindre ! cria Harry en retour.

Drago le regarda avec incrédulité.

- Comment peux-tu dire ça ? Comment peux-tu rester si… froid ?

- Que veux-tu que je te dise? J'ai mes propres problèmes. Tu as tué un Mangemort. Génial ! Un de moins. Un de moins à s'occuper. En fait, tu nous as fait une faveur.

Harry sourit doucement.

- Si tu es venu ici en t'attendant à ce que je t'aide...

- Je n'attendrais jamais rien de toi ! protesta Draco, nauséeux.

- Parfait !

Mais ça ne l'était pas. Au fond, Harry se sentait un peu différent. Pendant un bref moment, il avait voulu être le même vieux Harry, celui qui voulait sauver tout le monde, qui croyait encore à de bonnes choses dans ce monde. Il voulait aider Drago. Mais il ne devait pas. Il ne pouvait pas.

Comment pouvait-il demeurer si indifférent quand Drago était honnête avec lui ? Ca ne ressemblait pas à Drago d'être comme ainsi. Harry pouvait voir dans ses yeux bleus onyx que Drago avait désespérément besoin de lui.

Comment Harry pouvait-il l'aider, s'il ne pouvait pas s'aider lui-même ?

Une des choses qu'il avait apprise sur Drago, c'était que le blond ne connaissait rien de la vie et de la douleur. Drago avait été surprotégé toute sa vie, un petit prince dans une cage dorée. Maintenant qu'il avait eu un aperçu de ce qu'était vraiment la vie, il avait peur. Pour Drago, les insultes et les blagues stupides avaient été un jeu amusant. Il avait été élevé en étant gâté, en commandant tout ceux qui n'étaient pas à son niveau.

Drago essayait encore de conserver son air supérieur, mais il avait beaucoup changé depuis l'année dernière. Trop de choses s'étaient passées dans sa vie pour qu'il puisse rester le même.

- Je peux faire quelque chose ? demanda Harry, le prenant par surprise.

Drago le fixa comme s'il était devenu fou.

- Je ne veux pas de ton aide.

- Alors pourquoi est-ce que tu es venu ce soir ?

- Pour baiser, bien sûr. J'en ai besoin, et toi aussi, ricana Drago.

Harry ne se donna pas la peine de le nier. La présence de Drago lui était très commode cette nuit.

- N'oublies pas que tu es aussi venu pour me tuer, lui rappela Harry.

Draco haussa les épaules.

- Oui, mais chaque fois que je viens ici, je réalise que j'ai besoin de toi en vie.

Harry sourit. Ce fut à ce moment-là qu'il remarqua qu'il était encore nu. Il commença à ramasser ses habits, mais Drago l'interrompit :

- Je t'aime bien sans tes vêtement, Potter. J'ai toujours aimé le fait que je sois habillé et toi non. Tu sembles vulnérable de cette manière. J'aime beaucoup ça.

Harry sentit son corps se réveiller à la vue des yeux prédateurs de Drago.

Il laissa tomber ses habits sur le sol, s'avança vers Drago et le tira contre son corps.

- Tu l'as encore embrassée ? demanda Harry.

Draco fronça les sourcils, essayant de comprendre de quoi il parlait.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Tu as embrassé Pansy aujourd'hui ?

- Non.

Embrasser Pansy était devenu de plus en plus nauséeux et difficile, mais Drago n'allait pas le dire à Harry.

- Bien. Je peux le dire quand tu l'as embrassé la plupart du temps. Mais aujourd'hui je ne suis pas…

Harry laissa sa phrase en suspension.

- Tu étais en train de penser à lui.

Les yeux d'Harry cillèrent, mais il ne dit rien. Il ne disait jamais rien, en fait. La mort de Sirius Black revenait souvent entre eux, mais ils n'avaient jamais prononcé son nom à voix haute, ou quoi que ce soit qui puisse s'en approcher.

- En quoi ça t'importe que j'aie pu embrasser Pansy ? demanda Drago, curieux.

Une grimace déforma le visage d'Harry.

- Elle est dégoûtante. Je ne sais pas comment tu fais pour t'en accommoder.

Drago ne savait pas non plus. Comment s'était-il accommodé d'elle ?

- Je crois toujours que tu devrais aller parler à Dumbledore si tu en as envie, dit Harry, agaçant Drago.

Draco le repoussa.

- Qui a dit que j'en avais envie ? Ce n'est pas le cas !

Harry le fixa, énervé.

- De quoi te plainds-tu alors ? Pourquoi m'as-tu raconté tout ça ?

- Oublie, d'accord ? Je ne sais pas à quoi je pensais… Ce n'est pas ton problème. Je peux m'en occuper tout seul.

Harry savait que Drago mentait, mais il ne dit rien. Au lieu de ça, il soupira. Lui aussi, était fatigué. Plus qu'il ne le pensait.

- Pourquoi ne rejoins-tu pas l'Ordre ?

Drago lui lança un regard furieux.

- De grâce. C'est une bande de loosers. Pour être honnête, j'aimerais juste être indépendant. Je hais les deux cotés.

Parfois Harry ressentait la même chose, mais à présent, tout le monde comptait sur lui et il ne pouvait rien dire. Une idée noire traversa son l'esprit. Si Drago continuait de travailler pour Voldemort, alors un jour ils devront se rencontrer et se battre l'un contre l'autre. Et alors ? Harry serait-il capable de tuer Drago ? Après tout ce que… Qu'importe le nombre de fois où Harry s'était dit que tout ça était dénué de sens, il savait que ça ne l'était pas.

- Pourquoi tu es venu ? demanda Harry, épuisé. Il ne voulait pas être triste.

Drago remarqua son soudain changement de comportement et il fronça les sourcils.

- Qu'est-ce que ça peut te foutre ?

- Pourquoi faisons-nous ça ? Chaque fois, on dit que c'est la dernière fois et chaque fois… on revient pour en avoir un peu plus.

L'expression de Drago changea.

- Je ne sais pas. Ne me pose pas des questions auxquelles je n'ai aucune réponse.

Peut-être était-ce parce qu'ils ne supportaient pas d'être séparés. Leurs corps étaient devenus dépendants l'un de l'autre. C'était difficile de dire quand c'était arrivé, mais les choses étaient ainsi. C'était pour ça que Drago avait regardé Harry si désespérément. Le corps d'Harry était comme une drogue dont il avait besoin pour survivre. Il en était restée loin trop longtemps.

– Pourquoi penser à ça maintenant ? répliqua Drago, gêné.

C'était parce que leur liaison arrivait à sa fin, et Harry ne savait pas si c'était une bonne ou une mauvaise chose.

Il cessa d'y penser quand Drago captura ses lèvres pour un violent baiser. Ils étaient à nouveau partis. La seconde fois était toujours la meilleure.